Vous êtes fan de la technique Pomodoro et pourtant…. il y a des jours où cette stratégie ne fonctionne pas. Vous pouvez alors tromper le GPS de votre cerveau. En cas d’urgence, voici la Solution Rescue N°2 : mettre un post-it sur son cerveau.

Si vous êtes comme moi, il y a des jours où il est… hum… « difficile » de se mettre au travail… Je suis une formation en ligne et je dois réviser le module 1, je me suis inscrite à un MOOC et les cours ont commencé, je veux apprendre l’italien et Duolingo vient de me rappeler mon objectif quotidien (non atteint !)…

Je vous ai confié que j’utilisais la technique Pomodoro pour entamer des révisions ou tout simplement travailler.
Je découpe mon objectif final (réviser une année entière de cours ou écrire un rapport de stage) en mini-missions (réviser une heure de cours du thème choisi ou écrire le plan de l’introduction). J’affectionne le terme de mini-missions que j’ai emprunté à Jean-Philippe Lachaux.
Chaque mini-mission correspond à un Pomodoro : 25 minutes de concentration totale ! Je règle mon minuteur sur un Pomodoro et c’est parti pour une attention focalisée sans distraction aucune : j’ai organisé la résistance ! C’est-à-dire que j’ai coupé les alertes et les notifications sur mon ordi, mis mon portable et ma tablette en mode « Avion ».

Au bout de 25 minutes, je peux être fière de moi ! Presque sans m’en rendre compte, je viens de réaliser une mini-mission. Mini-mission N°1 : DONE ! Je peux alors m’accorder une petite pause de 5 minutes. Pour ma part, elle sera composée d’une partie de Candy Crush (ou plusieurs parties selon la qualité de ma prestation en matière de regroupement de bonbons !).

Et peu à peu…. Mini-mission N°2 : DONE ! 5 minutes de consultation de mails. Mini-Mission N°3 : DONE ! 5 minutes de pause café. Mini-Mission N°4 : DONE ! 20 minutes de vidéos YouTube !!!! Et peu à peu, je me rapproche de mon objectif final…

Seulement voilà… il y a des jours où cette stratégie ne fonctionne pas. Voici 2 SOLUTIONS RESCUE !

SOLUTION RESCUE N°1 : Tromper le GPS de son cerveau

Si vous lisez le blog de Boîte Crânienne, ça devrait vous dire quelque chose…. Pour les autres, en guise de rattrapage : je m’inspire de Barbara Oakley et de sa conception, somme toute très gestaltiste, de se concentrer sur le contenu d’une tâche à réaliser. Je ne pense pas à la mini-mission que je dois réaliser. Je ne pense pas à l’objectif à atteindre. Je ne pense pas au but que je dois atteindre en 25 minutes. Je ne pense pas à la destination de mon Pomodoro.

Et là, vous pourriez me dire : « Dites donc ! En formulant la consigne comme ça, je ne pense qu’à une seule chose : ma mini-mission, mon mini-objectif, ma destination ! ». Et vous auriez raison !!!! Car si je vous dis « Ne pensez pas à un éléphant rose… », à quoi pensez-vous ??

Tromper le GPS de son cerveau consiste à se focaliser sur le chemin : rédiger, réviser, structurer ses idées, ranger…. Tromper le GPS de son cerveau revient à FAIRE. Juste FAIRE. Sans penser à la destination (un article écrit, un cours appris, retranscrire des notes prises à la volée, obtenir un classement de tous ses mails dans les bons dossiers….).

J’utilise cette stratégie en ayant pleine conscience de « manipuler » mon cerveau ou plus exactement de « manipuler » un facteur anxiogène. Si parfois, penser à une mini-mission, aussi petite soit-elle, ne suffit pas à me mettre en mouvement et me pousse à procrastiner, il est fort à parier que l’idée même de cette mini-mission est une source d’anxiété et d’inconfort. Inconfort psychologique que je tente de fuir en me réfugiant dans un plaisir immédiat et soulageant : la procrastination est effectivement une drogue à effet immédiat mais fugace.

Alors… je cesse de penser à l’objectif à atteindre et me concentre sur le CONTENU de la mini-mission. Je pars sur le chemin des révisions ou de l’écriture pour 25 minutes… sans m’imposer la contrainte d’une destination à atteindre. 

Et c’est presque magique ! Et tellement logique ! Un pas après l’autre : je me rapproche de mon objectif final !!! Mais chut….. ça reste entre vous et moi….

SOLUTION RESCUE N°2 : Mettre un post-it sur son cerveau

L’idée de cette stratégie vient d’une tendance mentale : nous mémorisons plus facilement une tâche inachevée.   Si je vous demande de réaliser une vingtaine de tâches (faire un gâteau, dessiner une maison, fabriquer un collier, assembler un puzzle…) et  je ne vous laisse pas le temps de terminer toutes ces activités : certaines sont terminées, d’autres inachevées. Revoyons nous quelques temps après cette expérience : je vous demande alors de me citer les tâches que je vous avais demandé de réaliser. Vous vous remémorerez plus facilement les activités inachevées que celles que vous avez pu terminer. L’expérience initiale menée sur des enfants par Bluma Zeigarnik dans les années 20 montre que les activités incomplètes sont citées 2 fois plus que celles terminées.

C’est ce que l’on appelle l’effet Zeigarnik, du nom de cette psychologue américaine : notre cerveau garde une trace mnésique plus forte d’une information ou activité incomplète. C’est un peu comme s’il mettait un post-it pour mieux s’en souvenir.

Une explication serait que notre organisme est ainsi sujet à une tension inconfortable et douloureuse que seul l’accomplissement de l’activité pourrait soulager. En termes gestaltistes, il pourrait s’agir d’une forme inachevée tendant à sa complétude.

Une stratégie « Stop à la procrastination » a vu le jour à partir de cette tendance mnésique : si je commence une activité, un post-it portant son nom est « accroché » à mon cerveau. Avec une couleur et une taille beaucoup plus importantes que les post-it des tâches de ma To-Do-List (celles que je remets au lendemain notamment !).

J’affectionne cette stratégie Post-It parce qu’elle a un second avantage que vous découvrirez si vous l’expérimentez : quand je débute une tâche, même par une toute petite bouchée-une toute petite action, je m’aperçois très souvent que cette tâche n’a pas l’ampleur que j’imaginais. En termes de travail à faire, d’énergie à dépenser, de temps à consacrer…. Et poser cette mini-pierre d’un édifice auquel je redoutais de m’atteler permet très souvent de réduire mon anxiété et de faire descendre la pression.

Concrètement : Ouvrir un classeur de cours, créer un document Word, classer ses cours dans des pochettes de couleur… et c’est tout ! Une mini-bouchée à avaler, une mini-pierre à poser, une mini-action à accomplir qui lance un cercle vertueux. Cette tâche que je repoussais indéfiniment, que je redoutais, qui me faisait peur : JE L’AI COMMENCÉE !!!!! Pour moi, c’est synonyme d’une mauvaise conscience qui se tait et d’un processus de procrastination qui s’éteint !

Mettez un post-it sur votre cerveau

La stratégie POST-IT fonctionne pour moi. Pour à peu près tout ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon cerveau !

 

Et pour vous ? Qu’en dira votre cerveau ? Vous essayez et on en reparle ?

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