Les petits kifs n’existent pas

Quand une collègue, devenue depuis amie, me fait prendre conscience que les choses que je trouve insignifiantes, voire sans intérêt, sont précieuses et à chérir. Un kif absolu qui aurait pu passer inaperçu. À côté duquel je serais passer sans même m’en rendre compte…

J’ai habité et travaillé pendant un peu moins de 2 ans à Amsterdam. Échange d’un lundi matin avec Marianne, ma binôme hollandaise avec qui je travaille. Un échange apparemment anodin entre collègues au lendemain d’un week-end qui se demandent poliment ce qu’ils ont fait les deux derniers jours passés et si ledit week-end était bon.

Marianne me demande donc ce que j’ai fait la veille : un dimanche particulièrement doux et ensoleillé pour la saison (et je bénis le ciel de ne pas avoir à supporter le traditionnel couplet des « au-dessus des normales saisonnières » puisque je ne pipe rien au batave…). Mon compagnon et moi avons l’habitude d’occuper nos week-ends à sillonner le pays ou à découvrir des nouveaux endroits dans Amsterdam. Nous avions décidé d’un week-end tranquille et nous n’avions rien fait de particulier. Telle a donc été ma réponse : « Nothing special. »

Et Marianne de me répondre : « Moi, j’ai pris un café en terrasse. Au Café de Jaren. Au soleil. Maurice (son amoureux) m’a rejointe et on a passé un long moment à discuter. Il faisait beau. C’était un super moment ».

Heu… A ce moment précis, j’ai pris conscience que je passais à côté de mon bonheur. Moi aussi, j’avais pris un café au soleil en terrasse. En compagnie de celui qui partageait ma vie. On avait discuté de nos prochaines vacances : un échange enthousiaste et aux perspectives réjouissantes. Moi, j’avais vécu le MÊME MOMENT. Et pour moi, c’était RIEN DE SPÉCIAL.

Cet échange date de plus de 15 ans. Et je m’en souviens chaque jour. Parce qu’il a résolument transformé MA MANIÈRE DE VOIR LES CHOSES et DE LES VIVRE.

Avant, je passais à côté de mon bonheur. Non pas parce que je ne vivais pas de moments heureux. Moi aussi, j’avais vécu un moment identique et en avais éprouvé beaucoup de plaisir. C’est peut-être cette dimension qui me frappe le plus : j’avais éprouvé du plaisir et de la joie en ce dimanche après-midi. Ne serait-ce que pour cette dimension émotionnelle agréable, il aurait été juste de donner un peu plus d’égard à ce moment. Seulement voilà, ce moment ne méritait pas pour autant  l’étiquette « SPÉCIAL ». Il était classé dans la catégorie des choses sympas et anodines.

Et c’est à ce moment précis, un lundi matin, sur une esplanade de Sloterdijk, un gobelet de café à la main et une cigarette dans l’autre, que j’ai décidé de changer mon regard sur le cours de ma vie. Le cours quotidien, le cours régulier, le cours de tous les jours.

Cette prise de conscience de mon peu de considération pour les moments simples mais importants a modifié :
– ma manière de CONSIDÉRER les moments de mon quotidien qui m’apportent plaisir, bien-être ou joie
– ma manière de VIVRE ces moments-là : un peu comme si la considération que je leur accordais maintenant leur conférait plus de valeur
– ma manière de les ANTICIPER et de les PRÉPARER : comme on se prépare pour une fête, je m’habillais le coeur (comme pourrait dire la Rose du Petit Prince)

Depuis cette discussion d’un lundi matin, je chéris les moments tels que : prendre un café au soleil, déjeuner avec une amie, regarder ma série préférée (du moment) avec un repas thaï tout juste livré à domicile, marcher longuement dans les rues au petit matin quand il fait froid et sec, m’offrir un verre de vin en lisant un magazine…

Il ne s’agit pas de porter un regard nombriliste sur chaque moment vécu. Il ne s’agit de s’observer de manière égotique. Il s’agit de prendre conscience de chaque moment qui nous permet d’éprouver une émotion agréable. Il s’agit de donner une importance à chaque moment qui nous rend heureux, sereins ou joyeux. Il s’agit d’honorer chaque petit bonheur. Chaque petit kif qui pourrait passer inaperçu dans la quête souvent romanesque et grandiose du Bonheur.

Cette discussion apparemment légère d’un lundi matin m’a permis de comprendre que le Bonheur avec un grand « B » n’existait pas. Il n’est pas de sentiment d’extase constant ou d’état persistant de gaie plénitude.

C’est la somme de chaque petit kif qui fait que nous sommes heureux.
C’est la somme de chaque petit kif qui fait que nous sommes heureux.
C’est la somme de chaque kif qui fait que nous sommes heureux. 

Il n’y a pas de petit kif. Il y a des moments simples de kif absolu. Il y a des moments éphémères de pur bonheur. C’est en prenant conscience et en donnant valeur à chacune de ces expériences que nous nous construisons une vie heureuse. Quelle que soit le contenu de notre existence et la réalité de notre quotidien. Parce qu’un café au soleil, un magazine attendu et enfin feuilleté, une discussion avec une amie, un repas partagé avec un proche, un rayon de soleil qui nous effleure la joue au travers de la vitre d’un train… font notre quotidien.

Quel que soit notre vie, aussi difficile ou douloureuse soit-elle, il est (au moins) un de ces instants dans notre quotidien. Ne laissons pas passer inaperçu ce kif total. Accordons toute sa valeur à chacun de ces moments de bonheur absolu.

 

 

Crédit Photo Boîte Cranienne 

Après un burn-out : mes 7 clés pour une vie heureuse

Le burn-out touche AUSSI les entrepreneurs. Moi, j’en ai fermé ma première boîte. Comme dans toute expérience, j’ai voulu en tirer des leçons et apprendre de mes erreurs. Notamment parce j’ai récidivé : j’ai créé une nouvelle boîte ! PARTIE 3 : QUELS APPRENTISSAGES  ?

 

Si vous regardez le nom de domaine « mafuckinentreprise« , vous constaterez qu’il est déjà pris. Ce nom de domaine m’appartient. Pourquoi ? Parce que je pourrais écrire un blog sur TOUT CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE quand on monte une boîte. Je pense que j’ai à peu près tout cocher lorsque j’ai créé Mikado & Co. Que j’ai fermé après 18 mois d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis sa création : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

Un échec professionnel, certes. Mais quelle leçon… tant professionnelle que personnelle. Pas au sens punitif du terme. Au sens « apprentissage » : j’ai tellement appris sur moi, sur mes limites, sur ce qui était important pour moi et sur ce qu’il était bon de mettre en place pour une deuxième aventure entrepreunariale. Début 2016, je récidivais en créant Boîte Crânienne.

 

C’EST PARTI POUR LES 7 APPRENTISSAGES (ou les clés pour une vie d’entrepreneuse heureuse) !

 

APPRENTISSAGE 1 : JE SUIS AGILE

Fini, la jolie boutique où tout est prêt, complet et parfait ! Je me suis rappelé ma-vie-d’avant : la gestion de projets. Et qu’est-ce qui est en vogue dans la gestion de projets au XXIème siècle ? La méthode agile ! Alors… il va falloir s’assouplir, bondir de clients en clients, sauter de missions en missions, rebondir d’un projet sur un autre. Haro sur le perfectionnisme ! Je décide d’avancer petit à petit. Et surtout en relation avec mes clients.

Je débute Boîte Crânienne avec des « conférences à la maison » : des présentations de 2 heures devant des élèves et leurs parents. J’ai en tête des ateliers en petits groupes mais je reste humble et à l’écoute : oui, ça serait pertinent pour les élèves de travailler en plus petits groupes MAIS je suis en prise avec leurs parents pour comprendre leurs besoins et leurs attentes. Une des valeurs de la méthode Agile : « collaboration avec le client » !  ET le satisfaire en priorité. Alors je m’adapte et réfléchis à apporter une solution au regard de mes compétences et de mes acquis. Ma limite ? Celle de ne pas savoir : j’oriente vers un(e) pair qui maîtrise cette question (TDAH, graphothérapie…).

Non seulement je construis mes offres en prise direct avec les clients que je rencontre, mais ces offres prennent vie comme des poupées gigognes : elles évoluent, elles se transforment, elles répondent aux stimuli de mes clients. Un des principes de la méthode Agile ! Livrer le plus souvent possible des versions opérationnelles.

Ma première participation au forum de ELLE Active me donne une autre opportunité en avril 2016, les interventions en entreprise s’enchaînent, une mission d’accompagnement de toutes les équipes éducatives d’un Foyer d’Accueil Médicalisé s’offre à moi… sous le regard bienveillant de mon mentor et maître (j’adore écrire ce mot !) : le Docteur Nadia Medjad. C’est auprès de cette spécialiste des neurosciences appliquées à l’apprentissage que j’ai eu la chance de me former. Nadia veille sur moi et me met le pied à l’étrier de bien des missions… ma fée bleue ! (vous verrez : j’ai 2 fées sur mon berceau professionnel !)

Je construis Boîte Crânienne comme une start-up qui se respecte : petit à petit ! Et non pas comme une boutique à l’ancienne avec tous les rayons achalandés et un agencement presqu’immuable. Je ne m’épuise plus à construire en masse et à produire sans cesse : une méthode énergivore, chronophage, peu productive et déprimante (tout ça pour… ça ???? WTF !!!)

Aujourd’hui, je gagne en énergie et surtout en efficacité. Boite Crânienne avait une cible très étudiante à sa création (« pour réussir des études heureuses »). Puis j’ai repris les missions en entreprise avec ce nouveau positionnement et ces nouvelles connaissances (« pour une vie professionnelle ou étudiante heureuse »). Aujourd’hui, je souhaite axer mon activité sur l’entreprise principalement. Mon objectif en avril 2018 : modifier le site en conséquence, mettre en avant la conférence-spectacle, cibler plus directement et plus lisiblement les entreprises. Parce que… oui… quand on regarde ce site ou mon profil LinkedIn, si vous ne me connaissez pas ou si vous n’avez jamais travaillé avec moi, vous NE SAVEZ PAS que j’interviens essentiellement en entreprise. Alors je vais modifier ma présentation avec agilité et adaptabilité !

 

APPRENTISSAGE 2 : JE NE SUIS PLUS SEULE

Ne t’emballe pas, Happy Brainy ! Je suis un ours solitaire. Je ne suis pas devenue une aficionada des soirées réseaux ou autres rassemblements interactifs. Je suis cependant plus en contact avec mes pairs. Et pas seulement ! Je travaille aussi avec d’autres indépendant(e)s qui ne font pas le même métier : webmaster, graphiste… Parce que ça me permet de ne pas être seule tout le temps !  Travailler en contact avec d’autres indépendants me donne l’occasion d’échanger sur ce statut d’indépendant, d’échanger quelques mots sur le café que l’on savoure ou le week-end à Copenhague, d’échanger aussi sur un projet qu’on est en train de faire. Ce dernier point est extrêmement précieux : avoir un regard extérieur sur une mission qu’on est en train de réaliser. Avoir une respiration d’un tiers pour avoir un autre point de vue (au sens littéral comme au figuré), pour créer un espace de parole et d’échange. Ne plus être seule. Être entourée.

Je me suis inscrite à une formation d’infopreneur, formation que je n’ai pas suivie mais qui m’a permise de rencontrer ma fée verte : Sandra Boré de EfferveScience. Je l’ai suivie dans des évènements, elle qui est si active dans ce genre d’interactions ! Grâce à elle, j’ai fait la connaissance d’Alexandra Vassilacos, ancienne chasseuse de tête qui vous accompagne aujourd’hui pour décrocher le job idéal,  Sébastien Lim avec qui Alexandra s’est associée dans Co-Wanted 2.0, Marina Bourgeois, Catherine Borie, Selma Païva auteure de « Internet est une table pour deux »….Fidèle à la méthode Agile, je privilégie individus et interactions !

Idem pour mes clients : je vais au contact comme y disent au rugby ! Je privilégie le plus possible les conversations en face à face. Je suis devenue adepte des petits-déjeuners business ! Petits déjeuners que je partage avec discernement et attention : je choisis qui et quand (je développe les QUI et QUAND un peu plus loin). Je ne cède pas à une frénésie de relations sociales et professionnelles : ce que j’avais beaucoup pratiqué avec Mikado & Co. Mon agenda était alors empli de petits-déjeuners, de déjeuners et de cafés à partager avec des pairs, des clients, des potentiels futurs clients, des professionnels d’une profession (on ne sait jamais… le business, ça tient à peu de choses !), des anciens collègues… Bref, un temps passé à beaucoup échanger pour un résultat épuisant et peu fertile. Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI et QUAND.

Je retrouve avec un vrai plaisir la table de ma cuisine ! Parce qu’elle et moi ne sommes pas toujours collées l’un à l’autre, nos retrouvailles sont une fête ! Je chéris les après-midis où je travaille seule sur cette amie de bois à 4 pattes. Quand je « sens » qu’il est temps de renouer avec mes congénères, je descends travailler dans le café en bas de chez moi. J’ai découvert depuis peu les espaces de co-working et notamment le génial AntiCafé (il y en a même à Lyon, mes chers gônes !). Je ne prendrai pas le métro pour m’y rendre mais j’apprécie d’y finir une journée commencée par un cours donné à 9H  à La Défense ou d’y travailler entre 2 rendez-vous donnés dans le quartier du Louvre.

 

APPRENTISSAGE 3 : JE SUIS À L’ÉCOUTE DES SIGNES

Dès que je frôle la surchauffe, je NE PEUX PLUS l’ignorer. Pourquoi ? Parce des signes me sont envoyés. Oui, oui, Happy Brainy ! Pas des signes de l’au-delà ! Des signes de moi à moi. Dès que je charge trop la mule professionnelle, je suis alertée par 2 sortes de signes : des signes physiques et des signes émotionnels.

Signes physiques : tachycardie de foliiiiie !!!! Moi, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout, hypocondriaque. Cependant, la première fois où j’ai ressenti ce symptôme, la manifestation était tellement violente que j’ai appelé mon amie Nadia (le Dr Nadia Medjad) pour savoir si je devais appeler les pompiers ! Si ce n’est pas grave, c’est impressionnant : imaginez qu’on vous étrangle et que votre coeur rate un battement de temps en temps. Yummy ! Cette petite sensation qu’un main invisible vous serre-le-kiki et que votre coeur essaie de protester ! Impressionnant… et très utile ! J’ai attaqué 2017 avec un programme raisonnable et tout à fait réalisable dans des conditions optimales de bien-être. Et en février… tout s’est emballé ! Mon amie Li-Cam et moi avons décidé de créer lab21, un laboratoire de bonheur sous forme de mini-formations en ligne : lancement du site et du e-shop en moins de 3 mois. J’ai eu l’opportunité et la chance de devenir la coach de la piscine de la Web@cadémie : 3 jours très remplis par semaine pendant 3 semaines. Et j’ai enchaîné les évènements : ateliers de consoeurs, conférences de confrères, soirées networking (oui… je n’avais pas encore trouvé mon rythme de croisière de l’ours solitaire qui va dans le monde !). Je découvre la puissance de FaceBook et de LinkedIn : je publie, je relaye, je partage…  (pour lab21, je publie un post par jour pendant un mois). Sur ces entrefaites professionnelles, v’là t’y pas que des réjouissances amicales se sont greffées : dîners, spectacles… Hum… un peu trop, non ?? Je te le confirme, Happy Brainy. Carrément trop ! En plus de mon coeur qui rate un battement sur 10, je développe un autre symptôme. Plus latent, plus lancinant (dis donc… mais ça ne me rappellerait pas quelque chose ??!!) dont les examens se révèlent négatifs (heu… je veux bien, moi… mais ça existe pour-de-vrai ! On fat quoi alors ? On fait… rien ??).

Signes émotionnels : si les signes physiques sont nouveaux pour moi (un coeur n’est pas un métronome !), je reconnais les signes émotionnels que je connais. Quand je suis triste, c’est que ça craint velu ! Et qu’il faut opérer un changement : ralentir, supprimer une activité, changer mon programme.

Je prends alors un engagement envers moi-même : contrairement à la période « burn-out », j’ai bien conscience d’avoir un peu dépassé les limites (ou bien chargé la mule). Je m’engage à faire un break TO-TAL cet été. Et en août 2017, je fais effectivement un break total : loin, sans FaceBook, sans LinkedIn, sans mail. Je supprime même les applications de mon téléphone pour éviter la tentation (et délivre-nous-du-mal) et respecter mon temps OFF-OOO-AFK (Off, Out Of Order, Away From Keyboad) : LIRE L’ARTICLE.

Alors… vous me direz… elle est bien gentille, Boîte Crânienne ! Quand on est au bout du rouleau, on est bien contente de savoir qu’on va être en vacances dans 2 mois ??!! Et bien carrément, en fait ! Parce que ça m’a permise de tenir la distance à 2 titres :
1- je savais que cette période avait eu un début et allait AVOIR UNE FIN !
2- je savais que cette période m’avait appris la règle N°4

 

APPRENTISSAGE 4 : JE RESPECTE MES (NOUVELLES) LIMITES

Les 6 premiers mois de 2017 m’ont appris que mes limites n’étaient plus les mêmes qu’avant. Quand on a fait un burn-out, il est une réalité immuable : nos limites sont différentes. Le seuil de tolérance (à la pression, à la charge de travail, à l’enchainement des missions…) est plus bas : notre résistance au stress est amoindrie. Et puis c’est tout !

Les 6 premiers mois de 2017 ne ressemblaient en rien à ma vie d’avant pourtant ! Avec Mikado & Co, j’en faisais bien plus ! Et bien justement… ÇA, C’ÉTAIT AVANT ! Ce premier semestre m’apprend à travailler différemment. Beaucoup de personnes qui ont fait un burn-out parlent de la difficulté d’accepter ce nouvel état de fait : la fatigue qui arrive plus vite, les manifestations du stress qui sont plus imminentes… La difficulté d’accepter. Accepter qu’on est différent. ET c’est plutôt une bonne nouvelle si on y réfléchit logiquement ! C’est notre manière de fonctionner d’avant qui nous a amené(e)s au burn-out. ET si, comme moi, on est un peu dur du neurone (et de la feuille !), notre corps se charge vite de nous rappeler cet état de causalité.

Alors, j’ai pris de nouvelles habitudes. Je me suis adaptée. J’ai effectué des ajustements créateurs en Gestaltiste que je suis !  Je me concentre donc sur l’essentiel : QUAND. Je ne mets jamais plusieurs missions importantes dans une même semaine (dans la mesure du possible de mes clients). Je garde une journée par semaine pour travailler sur la table de ma cuisine. Je dispose de mon emploi du temps pour me donner le plus de confort et de plaisir possible. Revenons sur « dans la mesure du possible de mes clients » : parfois, si c’est un allégement du calendrier est impossible pour mon client, je vais proposer une alternative (un programme un peu différent qui économise mon temps et mon énergie). Et si je décide (et non : « je dois » !) honorer plusieurs missions importantes dans un délai rapproché,  je prévois un jour OFF ensuite pour me récompenser et récupérer.

Pour la G.I. que j’étais dans une vie antérieure, ça pique un peu… mais c’est comme ça. Et ça, c’est à accepter (ÇA, c’est la nouvelle situation ! Pas le clown qui fait grave flipper ! Ok… je sors…).

 

APPRENTISSAGE  5 : JE DÉPLOIE MES ANTENNES 

Vaderetro, les personnes toxiques ! Parce dans le secteur du développement personnel et de l’accompagnement (coaching et formation), ça existe ! Moi, naïvement, je pensais que les professionnels de cette profession incarnaient les valeurs qu’ils prônaient dans l’exercice de leurs fonctions : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… QUE NENI !!!!! Au début, j’étais très étonnée de ce constat… Puis, je me suis dit que les relations hiérarchiques pervertissaient peut-être la qualité relationnelle et reproduisaient une maltraitance que ces professionnels avaient appris ou subi dans leur vie d’avant (la plupart des consultants, coachs et autres mentors viennent souvent du monde du salariat).

J’ai rencontré Patriiiiiiiick ! Un homme extra-ordinaire pour qui j’ai travaillé ! Un professionnel remarquable, d’une grande intelligence et d’une pertinence pétillante. Et surtout un homme qui incarnait pleinement les fameuses valeurs de ce métier : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… Whaaaaa….. Ça existe ! Et bien autour de moi, je ne veux que des personnes « bien cablées ». Dans mon entourage professionnel, je veille à avoir des personnes qui sont BONNES pour moi. Des relations qui sont BONNES pour moi.

J’ai développé mes antennes : je SAIS tout de suite si la relation sera nourrissante et bienfaisante pour moi. Je sais. Pas « je sens ». C’est une espèce de connaissance immédiate et holistique de la situation. Aurais-je développé mon Innsaei, ce concept islandais qui décrit notre monde intérieur d’où naissent entre autres l’empathie et l’intuition ? Tu veux en savoir plus Happy Brainy ? Je t’invite à regarder ce documentaire dans lequel d’éminents penseurs et spiritualistes débattent du concept islandais de l' »innsæi »: ICI.

 

Note pour plus tard 
C’est tout le paradoxe de l’importance accordée à ces valeurs finalement :
quand on recherche l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect…
on en devient exigeant, élitiste et parfois intolérant… 

 

APPRENTISSAGE 6 : C’EST MOI QUI CHOISIS 

Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI.  Je choisis avec une extrême attention les personnes avec qui je travaille et pour qui je travaille. Je choisis mes partenaires et mes clients. Alors… oui… je lis dans ta tête, Happy Brainy, ça fait du tri ! Et une fois de plus, tu as raison ! Ça fait moins d’associations et moins de clients et moins de missions.

Ma réponse en 2 bandes :

1- Je crois en la physique depuis ma terminale C (LA terminale scientifique du siècle dernier !) : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Travailler pour/avec des personnes toxiques (ou des personnes avec qui la relation est toxique) est un inconfort et une tension qui amènent peu à peu à un climat délétère et propice à un burn-out. Je t’entends, Happy Brainy ! « Propice au burn-out »… et non « un climat entrainant forcément un burn-out ». Et tu auras raison (encore une fois), Happy Brainy ! Des relations délétères sont un facteur potentiel du burn-out. Sans aller jusqu’au burn-out, ce genre de relations n’est pas le terreau du bien-être et du plaisir. Et moi, je veux du kif !!!!!

Je me fous de collaborer avec celui ou celle qui pourra m’apporter de la notoriété, je me fous de travailler pour un client qui m’ouvrira des portes. Si c’est le cas, c’est un cadeau-bonus. Je ne le ferai pas à tout prix. Et surtout pas au prix du plaisir et du confort que je recherche dans mon travail.

2- Moins de clients, d’associations et moins de missions = moins d’argent ! Je gagne moins mais je gagne en qualité de vie. Tu sais quoi, Happy Brainy ? Quand tu vis pendant un an sur ton PEL, tu revois tes priorités ! Et finalement, je me suis concentrée sur l’essentiel. Pas l’essentiel vital parce que j’ai la chance d’avoir de quoi me loger et me nourrir. L’essentiel heureux : ce qui est important pour moi. Et encore une fois, de cette manière, je mets le bonheur au centre de ma vie professionnelle.

Le plaisir est au centre de mon activité : il est toujours présent. Même quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera/pourra être source de plaisir.  Cette année, j’ai crée une conférence-spectacle avec un comédien : ce projet me fait vibrer ! C’est LE projet qui est au coeur de cette année. Parce que c’est celui qui me procure le plus de plaisir, de bien-être et de bonheur : dans sa création et dans son animation.

 

APPRENTISSAGE 7 : J’ÉQUILIBRE PERSO-PRO

Je suis plus attentive à respecter les temps « persos » : les week-ends et les soirées. Je n’ai aucun mal à ne pas travailler en vacances et en mini-breaks (des week-ends en dehors de Paris). Ma difficulté : les week-ends et les soirées au cours desquels il ne se passe rien d’extra-ordinaire ! D’où ma grande vigilance ! Il peut m’arriver de travailler le week-end pour 2 raisons : soit parce que je suis partie en mini-break la semaine précédente (et je rattrape ce qui était un week-end anticipé), soit parce que j’ai envie de passer 3 heures sur un projet qui m’éclate (et pas parce qu’il faut ou parce que je veux m’avancer). Un projet qui m’éclate comme m’éclaterait de faire des pompons (oui, c’est mon truc !). 2 conditions : seulement pour 3 heures et lors de week-ends super cocooning (où j’ai une super dose des 3R : se Reposer-se Ressourcer-se Réjouir).

Je suis attentive à garder des plages de repos et lutte avec ce fuc%*ng sentiment de culpabilité quand je finis par faire une sieste après avoir piqué du museau pendant 30 minutes sur mon ordi. C’est ça aussi, les nouvelles limites ! La nouveauté vient avec l’aménagement des plages de repos : aujourd’hui, je suis fatiguée. Et si je veux profiter pleinement du kif absolu qu’est pour moi l’animation d’une conférence, je dois être en forme donc re-po-sée. C’est l’entrainement que je dois suivre : me reposer avant ! Pour l’ancienne G.I. (dans une vie antérieure !) que je suis, ça pique un peu. Mais c’est comme ça. C’est une réalité que je dois accepter et avec laquelle je dois composer. Pour mon bien-être et…  ma performance ! Parce qu’animer une conférence en étant fatiguée, c’est cramer beaucoup de ressources pour un plaisir très moyen et une performance diminuée.

Enfin, je me récompense : à chaque mission qui m’a coûté un peu plus que les autres (en temps, en énergie…), je me récompense. Par un café en terrasse avec un magazine, par mon déjeuner préféré, par un verre partagé avec un ami, par une promenade avec mon amoureux. Je me récompense et me félicite. Quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera source de plaisir : ne serait-ce que par cette récompense que je m’accorde.

 

Ces 7 clés sont précieuses pour moi. J’en ajuste les applications à intervalles réguliers : je modifie mon comportement, je change mes habitudes, je m’adapte. Ces 7 apprentissages sont le gardien de la bonne santé : la mienne et celle de mon entreprise. Lors de mon témoignage pour  Oser Rêver Sa Carrière en février 2018, une toute petite phrase en apparence sans importance a été prononcée par une des participante : Cécile Tardy. Si toi aussi Happy Brainy, tu culpabilises parfois en travaillant moins, en faisant une sieste, en allant au yoga, en déjeuner looooooonguement avec un ami, en allant te faire masser, en décalant une mission…. garde la phrase de Cécile en tête : « Je suis mon outil de travail et mon unique ressource ». PRENDRE SOIN DE SOI, C’EST PRENDRE SOIN DE SA BOÎTE.

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES

Les conséquences du burn-out d’une entrepreneuse

Comment ça se passe quand on est entrepreneur et qu’on est sujet au burn-out ? Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. Après les causes, passons aux effets…  PARTIE 2 : LES CONSÉQUENCES 

 

Vous avez envie de savoir comment on peut en arriver là ? Comment on en arrive à fermer sa boîte après 2 ans et demi d’existence  ? Au moment même où arrivent ce que l’on attend depuis sa création : les appels entrants , les propositions de partenariats et les demandes de clients pour de nouvelles missions ? Raison : burn-out. ET plus précisément 7 facteurs qui m’ont conduite au burn-out : A LIRE ICI.

 

 CONCRÈTEMENT… COMMENT ÇA SE PASSE ??  C’EST PARTI POUR LES 7 CONSÉQUENCES d’un burn-out !

 

CONSÉQUENCE 1 : JE SUIS UN LAPIN DANS LES PHARES

Souvenez-vous…  j’aime les challenges et les défis et ça tombe plutôt bien : monter sa boîte dans un domaine totalement nouveau est une source intarissable de challenges ! Mais point trop n’en faut ! Depuis la création de Mikado & Co, je suis toujours en zone de turbulences. Une zone très énergivore : il convient de puiser sans cesse dans ses ressources pour faire face à des contraintes très exigeantes de son environnement. Et j’en crame de l’énergie et des neurones  ! Je suis en situation de stress permanent et mon mode de réaction est celui « lapin dans les phares ».

Vous suivez Boîte Crânienne ? Alors vous connaissez FFF ? FFF comme
les 3 modes de réaction à un facteur de stress :

– FIGHT : vous êtes dans une dynamique de combat et vous réagissez de
manière agressive face au facteur de stress ou à l’agresseur. En l’espèce, vous seriez  donc du genre
à hurler contre votre interlocuteur pour décharger votre colère, voire à tenir des propos véhéments
et faire preuve d’une certaine violence (verbale ou… physique ??!). Vous pouvez même ne pas vous reconnaître
dans cet épisode de Hulk : normal, vous avez peur et vous luttez pour votre survie !
Vous êtes de la famille de 
Monsieur Hulk !
– FREEZE : vous êtes en mode « lapin-dans-les-phares », paralysé/e face à l’agresseur.
En l’espèce, vous n’arrivez plus à réfléchir : cette impression de neurones gelés vous prive de votre capacité
de poser des questions sur l’acte ou même de comprendre ce que l’on vous explique. Vous regardez
votre interlocuteur sans pouvoir répondre : vous êtes muré(e) dans une camisole de silence.
Vous êtes de la famille de Monsieur Rabbit.

– FLEE : vous vous dites que votre seule chance de vous en sortir, c’est la fuite ! En l’espèce, vous vous
entendez dire à votre interlocuteur : « Heu… on va remettre ça à plus tard… oh désolé/e, j’ai complètement
oublié, il faut que j’y aille.. un rendez-vous important que j’ai complètement oublié ! ». Si vous ne pouvez pas
vous enfuir physiquement et devez participer à cette conservation que vous ne voulez pas avoir, vous allez
vous échapper intérieurement et faire le vide dans votre tête. « M’en fous… je ne suis pas là ! ». Vous êtes absent(e)…
Vu de l’extérieur, on pourrait vous confondre avec Monsieur Rabbit : vous n’êtes plus dans l’échange et
avez coupé 
l’interaction. Le processus est cependant différent :
vous faites partie de la Famille des Anémones

Moi, je n’ai plus de cerveau ! Au bout de 18 mois, j’accuse le coup de cette marche forcée et d’un mode de fonctionnement en flux tendu. Je n’arrive plus à réfléchir et à avoir des idées innovantes, originales et pertinentes. Je regarde les documents que j’ai écrits quelques mois plus tôt avec une espèce d’admiration étonnée : « Whaaa… mais comment ça claque ! Heu… c’est moi qui ai écrit ça ??? ». Peut-être connaissez-vous cette sensation ? Celle de se sentir incapable de mener à bien des tâches habituelles. Même les activités simples et faciles me semblaient insurmontables. Alors vous imaginez bien qu’imaginer un fil conducteur original ou un parti pris novateur… pfff… Forget about it!

 

CONSÉQUENCE 2 : J’AI TROP LA FATIGUE… 

Je dépense beaucoup d’énergie pour honorer les missions. Le tout dans un état de sidération en mode « lapin dans les phares ». Quelle énergie dépensée… Alors RE-POS ! Le week-end, il faut dormir un peu plus, faire des ch’tites siestes, se changer les idées en faisant des activités sympas, voir ses amis pour se changer les idées…. Heu… d’accord… mais moi, j’ai trop la fatigue ! Et même si je dors, si je prends un vrai week-end, si je fais un mini-break… je suis toujours aussi fatiguée ! Je n’arrête pas de penser et de répéter « Je me coucherais par terre, là, maintenant, tout de suite ! »

Happy Brainy, pour ne pas confondre « épuisement » et « burn-out », je t’invite à visionner la vidéo explicative de Sandra Boré : avec des oeufs, un pile et un sens pédagogique simplisme, Sandra va t’éclairer sur la différence : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 3 : J’AI LA TRISTESSE…

Schématiquement, un Hulk sera sujet à la colère, une Anémone à la peur et un Lapin dans les phares… à la tristesse !

Tout me saoule, tout me fatigue et plus rien ne me fait kiffer ! Je suis fatiguée et triste. J’ai la tristesse… et parfois la larme facile (ceux et celles qui me connaissent savent que ça ne me ressemble pas pourtant… dites donc… mais ça ne serait pas un signe, ça ?? Un signe de quoi ? Je ne sais pas. Mais un signe que « ça ne va pas du tout ! »).

« Heu… t’es sûre que t’as fait une dépression ? » On a tendance à confondre « dépression » et « burn-out ». Et c’est bien normal ! Ce sont des cousins proches. Sans entrer dans une analyse différentielle, disons que « burn-out » rime avec « travail ». Travail au sens général du terme : le travail d’un salarié ou d’un entrepreneur en tant qu’actif, le travail d’un étudiant en tant qu’étudiant, le travail d’une mère en tant que mère. Selon le Dr Dominique Servant, psychiatre et psychothérapeute : « Pour le burn-out, il y a un lien avec le travail. La dépression, elle, survient parfois sans aucune cause ou avec d’autres facteurs, d’autres événements de vie. Mais le burn-out peut mener à des états dépressifs. » Catherine Vasey, psychologue et auteure de « Burn-out : le détecter et le prévenir » précise : « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel. »

« Un burn-out non pris en charge, qui s’installe dans la durée, peut évoluer vers un « état dépressif ». Notamment parce que le cortisol accumulé va détourner une partie des précurseurs des neurotransmetteurs du bien-être, entraînant des symptômes dépressifs, mais aussi parce que le burn-out en entamant profondément l’estime de soi et les différents domaines de vie peut effectivement déboucher sur une dépression. », extrait d’un article de Sandra Boré sur la mécanique du burn-out à l’occasion d’un documentaire du même nom diffusé en février 2018 sur France 5 : L’ARTICLE.

En attendant un article de Sandra Boré consacré à cette différence (Oui, Sandra, ceci est un appel, une demande, une requête !) , je vous propose de lire les 7 différences proposées par Samuel Dock, psychologue clinicien : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 4 : J’AI LE CORPS QUI LÂCHE !

Je connais des personnes qui, un matin, n’ont pas réussi à se lever de leur lit. D’autres dont le coeur ou le cerveau a lâché. Comme ça. Sans prévenir. Un burn-out, c’est violent. Notamment pour le corps. Et selon moi, d’autant plus si on des ressources mentales importantes.

Je m’explique : quand on en a sous le pied, on peut charger la mule et on ne bougera pas une oreille ! Cette dynamique est pernicieuse : plus nos ressources sont importantes et plus loin sont nos limites, plus la période d’oxydation de notre pile interne va se prolonger. Et vous comprendrez aisément que les effets sont d’autant plus délétères que la durée de résistance à un environnement toxique est longue.

Et puis un jour… c’est le corps qui lâche ! J’ai eu beaucoup de chance : je ne sais pas si on peut dire qu’il y a des petits et des gros burn-out mais je sais j’ai eu de la chance que les manifestations du burn-out que je vivais n’ont pas été dévastatrices et d’une extrême violence. Il y a eu 2 épisodes qui m’ont alertés : un total black-out (ou le bon malaise vagal des familles comme Serrault qui tombait la tête dans ses rognons pour « Le bonheur est dans le pré ») au bon milieu d’un parterre d’un millier de collègues de mon compagnon (je vous fais grâce du récit épique de cet épisode…) et un dysfonctionnement persistant et inexpliqué (on ne va pas entrer dans les détails ! Retenez qu’il y a « un truc qui cloche pendant des mois »). Deux signes qui disent quelque chose de la situation de burn-out et du processus à l’oeuvre : une conséquence durable et insidieuse ET un pic d’alerte. Deux manières de mettre en « maux » ce qui se passe pour beaucoup de personnes victimes de burn-out : une lame de fond insidieuse et sourde ET un tsunami violent et inattendu.

 

CONSÉQUENCE  5 : JE SUIS AVEUGLE AU DANGER

Je suis de celles qui savent poser leurs limites, dire non et que personne ne maltraite (Pour dire non et poser mes limites, j’ai appris ! Je suis une ancienne poupée-qui-dit-oui !). Personne ne s’essuie les pieds sur moi. Personne ! Et bien… dans cette période de machine à laver psychologique et physiologique… comment dire… j’ai perdu mes réflexes. Mes réflexes de protection, de préservation et de respect de MOI-MÊME.

J’ai travaillé pour des personnes certes brillantes mais à la compagnie délétère. Des personnes que j’admire professionnellement (encore aujourd’hui par honnêteté et objectivité intellectuelles) mais dont je dirais (et toujours aujourd’hui !) : « Humainement, c’est une merde » (Si je fais preuve de bienveillance, je pourras dire que c’est la relation avec cette personne qui était néfaste. Pas la personne en elle-même.)  Je me suis retrouvée dans des situations qui, aujourd’hui, me semblent ubuesques : aujourd’hui, et avant cette période, je n’en aurais pas accepté le quart. Je me souviens particulièrement d’un évènement au cours duquel je justifiais intérieurement mon comportement en me disant : » Tu penses au client final. Tu es orientée client à mort et tu lui donnes la priorité. » Ben voyons….

Poor me… dans tous les sens du terme ! En repensant à cette période, je me plains, suis désolée pour moi-même et ressens même de la peine pour celle que j’étais et ce que j’endurais. Et en même temps, je suis affligée et presqu’amusée au sens « pauvre fille » du terme. Il n’y a pas de jugement ou de moquerie dans ce regard froid porté sur ce « moi » de l’époque ! Il y a de la sidération et de l’incompréhension : « Mais comment ai-je pu en arriver là ? »

Cette dimension relationnelle toxique était pour moi une conséquence du burn-out qui grandissait ET UN FACTEUR ADDITIONNEL  à ce burn-out. La dimension relationnelle est en effet un facteur principal ou aggravant du burn-out entrainant épuisement mental, perte de repères, dévalorisation et dé-estime de soi.

 

CONSÉQUENCE 6 : JE PERDS LE SENS

Le sens dans tous les sens du terme : la signification de cette petite entreprise et la direction que je souhaitais lui donner. Cette perte de repère a fait de moi une « Working dead » (#SanBo). Un fonctionnement automatique s’enclenche : quand faut y aller, faut y aller ! En rendez-vous, en formation, en rendez-vous… Je ne repose même plus la question de savoir si ça me plait, si ça a un intérêt pour moi, si….

Je perds alors les 2 repères qui sont les plus importants pour moi LE CADRE et L’OBJECTIF.  Ces 2 mots sont si importants pour moi que je pourrais me les faire tatouer ! Et celles et ceux que j’ai accompagnés savent de moi combien ces 2 repères sont essentiels pour moi (Heu.. Je vous entends ! Qui a dit que j’ai tendance à bassiner tout le monde avec ces 2 mots ??)

La vie devient alors un cercle vicieux  : plus je travaille et me consacre à ma boîte, plus je suis épuisée et consume mes capacités cognitives. Et moins j’ai de ressources cognitives, plus je travaille pour rattraper le temps, éponger le retard, relever le niveau. Plus je travaille, moins j’ai de plaisir. Et moins je kiffe, plus je suis triste. Et ça n’en finit pas…

 

CONSÉQUENCE 7 : JE VOMIS MA BOÎTE 

De plus en plus, penser à mon métier me donnait la nausée. « Formations », « coaching », « accompagnement thérapeutique », « clients », « patients », « projets »… je vous hais. Mikado & Co, je te VO-MIS ! (Celles et ceux qui me connaissent ne manqueront pas de noter la violence de mes propos… moi, l’émétophobe !)

Et un jour… en revenant d’un voyage à l’autre bout du monde et une frayeur médicale (se révélant être sans gravité), j’ai dit : BASTA ! Je ferme ma boîte en octobre 2013. A ce moment charnière que j’attendais depuis le début ; celui où je récoltais ENFIN les fruits des graines que j’avais semées depuis 18 mois.

Incompréhension de mes proches : « Quoi ?? Mais pas maintenant ! Tu as fait le plus dur ! Et toutes ces bonnes nouvelles que tu reçois ». C’est vrai… OUI…  MAIS NON ! Je n’ai plus envie. Ce n’est pas une idée ou un argument. C’est une émotion et un sentiment. Et c’est sans appel ! (Comme pour quitter quelqu’un : il n’y a rien à répondre à « je n’ai plus envie ». Pas de « je vais faire un effort », je serai plus », « je serai moins »… c’est sans appel. BASTA !).

C’était la bonne solution ? Je ne sais pas. Je sais seulement que ça m’a permis de mettre un terme à cette spirale nuisible et insidieuse. J’ai eu de la chance : je ne suis ainsi sauvé la peau ! Je n’ai pas touché le fond. Parce que le fond, ça se paie très cher en burn-out. Sur le moment et sur le long terme. Je m’en suis plutôt bien sortie. Parce que ça aurait pu être bien pire. Fermer ma boite m’a permis d’arrêter les frais : les frais physiques, mentaux et émotionnels. Peut-être aurais-je pu faire autrement : faire un break, lever le pied, changer mes habitudes… Peut-être… A ce moment-là, une seule issue me paraissait possible et juste : FERMER MA BOÎTE.

J’ai récupéré quelques mois d’allocations-chômage puis j’ai vécu pendant un an avec mon PEL que j’ai vidé. C’est ça aussi la réalité du burn-out des entrepreneurs/euses : si on s’arrête de bosser, on vit comment ?? Et avec quoi ??

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée

Le burn-out toucherait 2 salariés sur 10 selon une étude Think réalisée en 2015. Mais le burn-out (ou épuisement professionnel) n’est pas seulement un fléau salarié. Le burn-out touche les étudiants, les jeunes mamans et… les entrepreneurs/euses. La preuve : ça m’est arrivé. Récit de Ka. di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. PARTIE 1 : POURQUOI ?

 

Quoi ??? Quand on monte sa boîte, on y fait bien ce que l’on veut !!! Comment peut-on être sujet/te au burn-out quand on est entrepreneur/se ? C’est une question ô combien pertinente ! A laquelle je n’ai pas la réponse. Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Comment j’ai fermé ma première boîte après 2 ans et demi d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis la création de Mikado & Co : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

 

 POURQUOI ??  C’EST PARTI POUR LES 7 FACTEURS qui m’ont fait exploser en vol !

 

FACTEUR 1 : I CAN DO IT!

Passer de salariée dans le monde de la direction de projets informatiques à indépendante dans le secteur du conseil et de la formation revient à monter 2 marches à la fois. Et 2 marches à gravir en même temps… c’est trop haut ! J’ai créé Mikado & Co dans un secteur où personne ne me connaissait ! Si je disposais de solides bagages pour me lancer dans ce métier (en termes de formations, de pratiques d’accompagnement et de connaissance du monde de l’entreprise), qui le savait à part moi ? Personne !

J’ai observé mes pairs (formateurs/trices, coachs, consultants/tes) et la manière dont ils s’y étaient pris pour monter leur petite-entreprise : ils/elles avaient tous/toutes débuté en étant que prestataires dans un cabinet/boîte de formation. Pour deux raisons : celle de se faire connaître dans le milieu et de gagner leurs galons ET celle de se faire connaître par les participants et leur entrentreprise.  J’ai bien commencé à travailler pour des cabinets qui me « prestaient » chez leurs propres clients pour animer des formations clé-en-mains mais j’ai surtout développé très rapidement mes programmes-à-moi ! Et comme j’ai une éthique, moi, Môssieur, je n’en ai surtout pas parlé aux participants et clients des formations que j’animais (normal… je le faisais pour le compte des cabinets qui m’employaient… et même si je n’étais pas une de leurs employées, c’était tout comme pour moi : je ne vends pas ma came dans le dos de mes clients !).

Je m’étais ainsi défini une barre à franchir bien haute : en 2 ans, je devais avoir réalisé ce que mes pairs avaient mis 5 ans à faire. Pourquoi ? Parce que I CAN DO IT ! Pas parce que je suis plus douée que les autres ! Parce que les allocations de retour à l’emploi (le chômage, hein !) couvraient cette période et que si je travaillais beaucoup et bien, ça devait le faire ! Quoi ?? Qui a parlé de petite voix intérieure ?? Quoi ?? Sois parfaite ?? Fais des efforts ?? Désolée… je ne vois pas de quoi vous parlez…

Et petite cerise financière sur le gâteau : à cette époque, la création d’une entreprise permettait de recevoir 15 mois MAXIMUM d’allocations. Alors… sans être docteur en mathématiques, une personne normalement constituée et dotée d’un solide bon sens paysan aurait créé son entreprise à quel moment ? Attention pour les non-matheux, on s’accroche sur la démonstration suivante : 24 – 15 = 9 mois. Il est pertinent de créer son entreprise au 9ème mois de sa période de chômage. Pourquoi ? (Oui, j’en rajoute pour ceux et celles que j’ai perdus en route…) 9 mois comme auto-entrepreneur par exemple PUIS 15 mois à la tête de son entreprise = 24 mois avec l’assurance d’avoir une rentrée d’argent mensuelle. Trop simple. Trop facile. Moi, j’ai monté une SASU dès le début. 15 mois de couverture et BASTA ! Et une SASU, ÇA-SUce en termes de charges et autres cotisations…

 

FACTEUR 2 : JE VEUX QUE CE SOIT PARFAIT !

J’ai construit Mikado & Co comme la petite boutique parfaite de quand-on-joue-à-la-marchande-quand-on-est-petite. J’ai écrit des programmes, des formations, des solutions d’accompagnement collectif, des coachings individuels à thème (pour les managers, pour les commerciaux), des solutions de team-building. Non seulement, j’ai présenté le contenu, les objectifs, le dispositif pédagogique et les modalités de tous ces produits mais j’ai aussi écrit le contenu !!!! Oui, Môssieur !!!! Le contenu !

Et je ne voulais pas parler de mon projet avant que tout soit bien fini et joliment présenté sur les rayons de ma petite boutique « Mikado & Co ». J’attendais le moment de son inauguration. Une sorte de vernissage pour sortir du bois et dire au monde : ENTREZ, C’EST OUVERT !

Autant vous dire que ce processus est une aberration créative à 2 titres : tout d’abord, je construisais ce que je pensais être opportun (sans demander à mes clients ou à mes prospects ce que EUX voulaient) puis je définissais tout de suite un produit fini à livrer (sans penser « agile » en livrant de manière itérative un produit évolutif).

Quand je regarde le dossier « MIKADO & CO » sur mon Mac, je suis effarée (et époustouflée, j’avoue) de TOUT ce que j’ai produit. WTF !!!!! Mais où ai-je puisé toute cette énergie et cette créativité ? Aujourd’hui, je peux vous le dire : dans la fraîcheur et l’enthousiasme des 18 premiers mois. Parce que la dernière année s’est plutôt passée en mode « poubelle » !

 

FACTEUR 3 : JE BOSSE SEULE SUR LA TABLE DE MA CUISINE

Qui dit « indépendante », dit… « indépendante » ! Non ? Et bien, moi, Môssieur, je bosse SEULE sur la table de ma cuisine. Et j’en concocte des choses ! Oh que oui ! Je passe la journée seule comme un rat (de bibliothèque) et je bosse-bosse-bosse.

Quand tout va bien, c’est parfait. Et ça correspond même plutôt bien à mon caractère solitaire d’ours des montagnes (j’ai un côté très animal finalement… hum…). Mais quand le doute arrive, la fatigue se fait sentir, la pression monte… l’ours est toujours seul face à son destin (un peu comme Sisi mais sans sa tripotée fraternelle et son Papi Li). Et c’est là que ça pique un peu…

L’isolement est un facteur de stress important et un des paramètres qui peut conduire au burn-out. Être entouré(e) permet de relativiser une situation, de demander et d’obtenir de l’aide, de partager des situations similaires et à minima d’adresser son mal-être à autrui. Les neurosciences valident ce modèle vertueux de tissu social et le bénéfice presqu’immédiat de mettre en mots ses maux émotionnels.

J’ai juste oublié qu’être « autonome » et « responsable » ne veut pas dire « indépendante ». Être adulte, ça veut dire être « responsable » et « autonome ». Certainement pas « indépendant ». Parce qu’être adulte, ça veut dire « savoir demander de l’aide ».

 

FACTEUR 4 : JE CHARGE (TROP) LA MULE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions et beaucoup de clients. Peut-être que vous connaissez cet adage de l’entrepreneur : « on ne sait de quoi demain sera fait ». Mais on sait bien de quoi aujourd’hui est fait : accepter cette mission qui s’offre à nous. Parce qu’on ne sait jamais…. Et puis, ne dit-on pas que les 2 premières années de création d’une boîte sont synonymes de « travailler comme un chien » ? Ben oui, parce que sinon, c’est le couperet de la 3ème année ! Oui, Môssieur, celui du retour de bâton « Trésor Public » qui fait même fermer des boîtes qui fonctionnent !!! Oui, qui fonctionnent ! Mais qui n’ont pas assez de trésorerie pour honorer ses charges et cotisations. Alors : engrange les missions ! Tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

En avant les missions et les échéances courtes ! En 2012 et 2013, mon compagnon et moi avons beaucoup voyagé : chaque voyage en avion, chaque attente dans un aéroport, chaque respiration dans un trajet étaient rentabilisés. Une aubaine pour compléter un Powerpoint, pour écrire un déroulé de formation, pour finaliser un support, pour construire une formation from scratch. Si j’avais réussi à préserver les vacances comme des parenthèses ressourçantes et reposantes, je me réservais le droit de définir toutes les transitions entre la table de ma cuisine et les rues de San Francisco, les plages de Hawaï ou les montagnes italiennes, comme des moments dédiés au travail. Et quel travail !!!! Une somme considérable ! Que je ne rentabilisais pas forcément : dans le métier de formateur, de consultant ou de conférencier, il y a les « one-shot » (on crée, on produit et on livre une solution pour un client et basta !) et les « to-be-recycled » (pour un client, on crée, on produit et on livre une solution dont le contenu pourra être ré-utilisé pou une autre mission ou pour un autre client). A cette époque, j’ai beaucoup produit des « one-shot » : beaucoup de travail avec un rentabilité niveau zéro… Pfffff… je suis fatiguée rien qu’en l’écrivant ! Et bien en deçà de mon état de fatigue grandissant de l’époque.

 

FACTEUR 5 : J’AI ÉTÉ CAUSETTE DANS UNE VIE ANTÉRIEURE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions, beaucoup de clients et… beaucoup de temps perdu ! A force d’animer des formations et d’accepter des missions, je m’éloignais de mon objectif : devenir entrepreneuse pour proposer MES OFFRES. J’étais en train de devenir formatrice et consultante.

Parenthèse pour toi, Happy Brany qui lit cet article avec intérêt et attention : dans le monde idéal, c’est bien ce que j’aurais dû définir comme objectif premier = devenir formatrice et consultante. Faire ce métier pendant 2 ou 3 ans PUIS monter ma boîte-à-moi. Je te rappelle cependant que ce N’EST PAS l’objectif que je m’étais fixé. Mon objectif : développer ma boîte-à-moi. La preuve : j’ai monté une SASU qui me coûte cher. J’ai même décroché le graal de tout formateur qui se respecte : l’agrément et le numéro de formateur !!!!!

J’ai perdu de vue mon objectif : développer un accompagnement différenciant et innovant. Celui que j’avais en tête quand j’ai créé Mikado & Co. Je l’ai OUBLIÉ ! Je prenais des missions, des missions et encore des missions qui n’avaient d’autre d’intérêt pour moi que de « faire rentrer du cash » : mon obsession ! J’ai dû être causette dans une vie antérieure : je vivais avec la peur au ventre de me retrouver sans le sou. La dimension de précarité (certes existante) dans le statut d’indépendant me hantait.

J’ai donc beaucoup travaillé en m’éparpillant et en répandant au passage : énergie, sens, direction. En n’étant pas pour autant rassurée : je gagnais peu d’argent somme toute, m’éloignais de mon objectif de développement business et étais épuisée. Well done, baby ! Heu… d’ailleurs, baby… tu n’aurais pas un peu oublié que tu avais une rentrée d’argent mensuelle ?? Assurée pour 15 mois ? Et bien, j’avais occulté cette donnée ! Causette, un jour, Causette, toujours !

 

FACTEUR 6 : JE KIFFE LE CHALLENGE

Un de mes drivers, un des trucs qui me font vibrer, un de mes kifs absolus, c’est le challenge. Ça provoque en mois ce niveau de stress suffisant et raisonnable qui me pousse au mouvement, me donne le sourire, provoque l’excitation et fait fonctionner mon cerveau de la manière la plus rapide et pertinente possible. J’A-DO-RE !

Changer de métier répond parfaitement à cette exigence ! Comme ça tombe bien , dis-donc ! J’étais donc toujours dans cette zone de turbulences que j’affectionne. Celle qui se trouve entre la zone de confort et la zone de panique totale. PAR-FAIT ! Mais la zone de turbulences est gourmande en énergie : c’est parce que nous avons la conviction d’avoir les ressources nécessaires face aux contraintes d’une situation que nous pouvons appréhender sereinement cette situation et ne pas être sujets au stress. Je puisais donc dans ces ressources précieuses pour relever tous les défis qui m’étaient proposés. Seulement voilà… à force de toujours puiser dans ses ressources et ne jamais être dans sa zone de confort, on finit par s’épuiser… et j’ai fini par me fatiguer d’être toujours sur le pont de la performance et l’exigence.

 

FACTEUR 7 : JE « SUIS » MA BOÎTE 

On est dans les deux premières années de vie de la boîte, oui ou non ? On doit bouffer-dormir-respirer sa boîte, oui ou non ?? Heu… surtout quand on travaille sur la table de sa cuisine en fait… Il est d’autant plus difficile de séparer le temps professionnel du temps privé quand les espaces dédiés à ces temps sont LES MÊMES ! Ce mélange des genres accentue les situations du genre : « On regarde une série… mais si je finissais mon compte-rendu en même temps ? », « Mon mec ne rentre pas dîner : youppi !!!! Toi, la table de la cuisine, tu vas garder ton statut prestigieux de bureau pour quelques heures encore ! ».

Tout était mélangé ! Les espaces, les temps et moi. Une espèce de gloubiboulga Mikado-esque ! Et si je gardais précieusement les vacances (sur-place ! Pas les moments pour m’y « emporter » !) comme des trésors OFF à protéger, j’avais lâché l’affaire sur les soirées et les week-ends. Quoi ??? Mais non, ce n’était même pas une corvée : j’aimais bien chercher des photos pour illustrer une présentation en regardant d’un oeil un épisode de ma série préférée, j’adorais passer le dimanche après-midi à faire ma compta en écoutant de la musique (oui, je sais… ça étonne tout le monde… je kiffe la compta… ça me détend). J’adorais ! Et c’est bien ça le problème : quand on aime, on ne compte pas. Et petit à petit, mon cerveau a fonctionné en mode exclusif Mikado & Co : en flux tendu. Et quand on se nourrit trop d’une seule chose, on finit par être écoeuré(e) et à éclater d’en avoir trop mangé !

 

NOTE POUR VOUS, MES CHERS HAPPY BRAINIES

Je ne suis pas friande de ce genre d’exercice #moi #memyselfandi #moije #maviemonoeuvre
Cet article reprend une conférence-témoignage que j’ai animée sur l’invitation de Marina Bourgeois et Caroline Averty de Oser Rêver Sa Carrière le 12 février 2018. Invitation que j’avais déjà acceptée en juillet 2017 pour les Samedi du Burn-Out (un évènement organisé par Marina et Catherine Borie). Invitations acceptées pour une seule raison : si mon témoignage peut éviter un burn-out à un(e) entrepreneur/se, donner des clés pour identifier les prémices, informer, sensibiliser, donner des outils pour prévenir… alors ça vaut le coup de mettre de côté ma pudeur et ma réserve. Merci, Mesdames ! 

Vous voulez en savoir plus sur le burn-out ? Mon histoire résonne chez vous ? Vous reconnaissez certains signes ? Elles le font bien mieux que moi parce que c’est leur expertise et leur domaine de compétences : Sandra Boré de EfferveScience et Catherine Borie.
Un article précieux de Sandra pour détecter les signes d’alerte… « Burn-out is coming » :  À LIRE 

À LIRE :
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

Bouge ton cerveau !!!

 L’activité physique nous rend plus intelligents et plus heureux…. C’est vrai ??!! Voyage au coeur du cerveau et des cours de gym avec la Lucy Liu des neurosciences : Dr Wendy Suzuki, professeure en neurosciences à l’université de New York et auteure de « Bouge ton cerveau ».

 

« Pourquoi l’activité physique nous rend-t-elle plus intelligents et plus heureux ? » Telle est la question traitée lors de l’émission « Grand bien nous fasse » du 20 septembre 2016 sur France Inter. En compagnie du psychiatre Christophe André, Wendy Suzuki répond, dans un français parfait, aux questions d’ Ali Rebeihi. Ce post reprend ses réponses, s’appuie sur son intervention au TED d’Orlando (« Exercice and the brain ») et sur l’after-work du 21 septembre dans les locaux de Paris Pionnières au cours duquel elle présentait son livre.

L’activité physique réduit la mortalité et allonge l’espérance de vie. Il existe aujourd’hui un consensus du corps médical concernant les bienfaits de l’activité physique et les impacts positifs sur la tension artérielle, le diabète, certains cancers….. Cela fait bien longtemps que médecins et chercheurs ont compris l’importance de l’exercice physique en matière de santé : déjà en 1843 en Angleterre, ils constatent que le taux de moralité est plus élevé chez les personnes sédentaires que chez les personnes qui ont un travail physique.

L’activité physique n’améliore pas seulement notre santé « corporelle », elle engendre également des modifications positives dans notre cerveau : le niveau de production des neurotransmetteurs (sérotonine, noradréanline…) augmente après une activité physique. Mais pas que ! L’activité physique « donne plus de puissance au cerveau » en améliorant la neurogénèse : elle favorise l’apparition de nouveaux neurones dans le cerveau notamment dans l’hippocampe, une structure du cerveau impliqué dans le processus mnésique à long terme. On sait également que l’hippocampe a un rôle dans la créativité et l’imagination. Comment le sait-on ? Parce que, explique Wendy Suzuki, les patients souffrant d’une altération de l’hippocampe ont des difficultés à s’imaginer une situation nouvelle. A la consigne « Décrivez une plage tropicale » (endroit où ils ne sont jamais allés), les patients sont incapables de s’imaginer l’endroit et de le décrire. De la même manière, ils rencontrent d’importantes difficultés à créer des liens entre des concepts.

J’adore l’histoire personnelle que nous raconte Wendy Suzuki : à l’aube de ses 40 ans, elle prend conscience du vide de sa vie sociale et intime alors que sa vie professionnelle est remplie et réussie. Si elle dirige brillamment un laboratoire de neurosciences à l’université de NewYork, sa vie personnelle est « une ville fantôme », « une ville abandonnée dans un film de cow-boy » pour reprendre son expression. Sa vie n’a pas de sens et l’aiguille de sa balance affiche un bon + 10 kilos…. Elle débute la pratique de la gym mais pas n’importe quelle gym : elle prend des cours d’IntenSati avec sa créatrice Patricia Moreno : des mouvements de danse, de yoga et d’arts martiaux pratiqués en énonçant à voix haute des affirmations positives telles que « Je suis forte », « Je suis puissante »…..  Wendy constate que son humeur est meilleure après chaque session d’IntenSati et commence à s’interroger sur l’influence de la pratique de cet exercice physique. L’exercice physique favorise la fabrication des neurotransmetteurs liés à la récompense, au plaisir et au bien-être émotionnel.

« Note pour plus tard » : 
@@@ Comme l’a fait remarquer une participante hier soir lors de la soirée de présentation du livre « Bouge ton cerveau », il est opportun de s’interroger sur les paramètres combinés de la pratique qu’a choisi Wendy. Trois dimensions se dégagent de la pratique d’IntenSati : une dimension physique, une dimension collective (le sport est pratiqué en groupe) et une dimension valorisante (les affirmations positives). Wendy répond à cette question par la prise en compte systémique de cette pratique : tous ces paramètres sont à prendre en compte. Et je réponds à mon besoin de rigueur scientifique par cette pensée : toute activité physique ne se résume pas à une simple mise en mouvement du corps et revêt d’autres aspects intrinsèques à la pratique. Que ce soit en groupe ou seul, chez soi ou dans une salle, en ville ou à la campagne, à la pause déjeuner ou le week-end…. toute activité physique porte en elle d’autres dimensions importantes pour nous (convivialité ou recueillement, cocooning ou socialisation, bulle d’oxygène ou parenthèse organisée, habitude environnementale ou dépaysement….). Toutes ces dimensions sont à prendre en compte comme autant de paramètres importants dans l’analyse de conséquences. Et aucune activité physique ne saurait être dépourvue de ces dimensions. @@@

Reprenons, les happy brainies !

Wendy Suzuki ressent le besoin impérieux de « connecter corps et esprit », une dimension essentielle qu’elle a oublié de par sa vie professionnelle prenante. Elle est convaincue de l’existence du « lien très fort, inextricable entre corps et esprit ». Il lui a fallu un an, un an et demi, pour constater les effets de l’exercice physique sur les mécanismes cognitifs. La professeure prend conscience qu’elle a plus de facilité à rédiger : une activité récurrente et importante dans l’exercice de sa profession et qui était source de difficulté pour elle. Wendy Suzuki se rend compte qu’il lui est plus facile de se concentrer, de faire des liens entre des concepts et de mémoriser des informations.

Elle comprend que c’est son changement d’habitude de vie (la pratique d’une activité physique) qui a permis cette évolution. « C’est le déclic qui m’a permis de voir le lien entre corps et cerveau ».

Wendy Suzuki se remémore les travaux de Marion Diamond, une pionnière dans les recherches en neurosciences dans les années 50 et 60, qui fut son professeur.  Ses travaux s’appuient sur l’observation de rats placés dans deux environnements différents : les premiers vivent dans un sorte de « Disney Wolrd  pour rats» rempli de jouets et de stimuli physiques en compagnie d’autres rats, les autres sont enfermés dans une cage dépourvue de matériel et en pauvre compagnie. Les premiers rats occupés à courir, à escalader et à sauter partout voient leur cortex épaissir significativement. Contrairement à celui de leurs compagnons infortunés. Cette expérience et les résultats qui en sont tirés mettent en avant l’influence du paramètre « activité physique » et c’est sans compter, selon moi, sur le caractère stimulant de l’environnement (au sens large et pas seulement physiquement : les différents éléments présents dans la cage offrent une stimulation visuelle, sensitive, auditive…) et la dimension inter-relationnellle des échanges avec les autres rats présents. Il n’en reste pas moins qu’un des paramètres présents et différentiels est celui de l’activité physique et c’est ce qui intéressa Wendy au regard de l’expérience personnelle qu’elle vivait.

Et Christophe André de préciser à l’antenne de France Inter : « Dans la vie, il y a des choses qu’on sait. On a un savoir. Puis tout à coup, on les comprend parce qu’on fait une expérience personnelle. Avec les émotions. Le corps… tout… et tout bascule Et on se met à appliquer des théories qu’on connaissait mais que l’on regardait de loin. » Wendy Suzuki a fait cette expérience et nous parle de changement de paradigmes : après un changement de vie personnelle vient un bouleversement méthodologique dans son univers d’enseignant. Elle souhaite faire pratiquer du sport à ses étudiants avant chaque cours académique. Elle propose alors un cours qui s’intitule : « Can exercice change your brain ? » (L’exercice physique peut-il transformer votre cerveau ?).

Wendy souhaite proposer un cours de gym à ses étudiants avant de dispenser un cours académique et demande à l’université de lui détacher un professeur de sport. Fin de non recevoir pour Wendy qui décide alors de devenir instructrice et suit une formation de 6 mois. Pendant un semestre, les étudiants de ses cours pratiquent l’IntenSati avant de suivre un cours classique sur les neurosciences. Wendy analyse leurs progrès en performances mnésiques et attentionnelles grâce à des tests réalisés « avant » et « après » ce semestre hors du commun. Elle compare les résultats à ceux d’un groupe de contrôle qui a suivi seulement les cours d’enseignement classique. Les tests de mémoire révèlent des scores meilleurs et des temps de réponse plus rapides pour le groupe test. 

Wendy met à jour une amélioration significative de l’encodage des informations à stocker dans la mémoire à long terme. Si de nombreuses études ont été faites sur les personnes âgées, cette observation est l’une des premières réalisée sur des sujets jeunes. Un autre changement de paradigme s’opère : le sujet d’études du laboratoire de recherche de Wendy Suzuki sera désormais l’influence de la pratique de l’exercice physique sur le cerveau.

Les personnes âgées qui ont pratiqué une activité physique régulière tout au long de leur vie ont une perte du tissu cérébral moins importante que les personnes sédentaires et ont de meilleures performances cognitives. » (Etude de l’Inserm publiée en mars 2008). L’exercice en aérobie améliore les performances cognitives des personnes âgées.

Aéro-what ??!!
Une activité en aérobie est une activité d’intensité modérée sur une période longue : marche, jogging à allure modérée, natation, cyclisme…, une activité au cours de laquelle nous pouvons parler (mais pas chanter !) ). Si une activité en aérobie est une activité d’endurance,  une activité en anaérobie est un effort en résistance de courte durée (un sprint par exemple).

Et Christophe André de préciser que le sport fait partie « des comportements de santé », c’est-à-dire des comportements qui favorisent la santé au même titre que l’exercice physique, la méditation, l’alimentation et les liens sociaux agréables. Il est important, selon moi, de garder en mémoire que ces habitudes de vie dépendent de nous ! Certes, notre santé est impactée par notre environnement (pollution, épidémie…) et par notre patrimoine génétique. Mais il convient d’utiliser la marge de manoeuvre qui est la nôtre pour la préserver et l’améliorer. En l’espèce, notre marge de manoeuvre est : nos habitudes de vie 🙂

Se bouger ??? Ca veut dire quoi concrètement ? 
Respirez par le nez ! Il n’est pas question de courir 40 km par semaine !

Voici les 3 niveaux du « Bouge ton corps » :
– suivre un entrainement sportif ou la recherche de performance dans le but d’atteindre un objectif (marathon, compétition…..)
– pratiquer un exercice physique : trottiner avec des amis lors d’un jogging en forêt, faire du vélo en papotant….
– se servir de son corps : marcher, jardiner, monter les escaliers…

Petit padawan, de ton corps se servir, pour les bienfaits va suffire ! 

Descendre une station de métro ou de bus avant la sienne pour marcher un peu (et peut-être chasser des Pokemon…. :-)), prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, jardiner, jouer au foot avec votre petit neveu ou danser avec votre grande tante…. TOUT EST BON ! 

Nous avons de la chance !!! Une étude récente sur les effets de la marche vient appuyer les conseils de Maître Yoda. Il semblerait que l’augmentation de l’humeur soit plus importante dans le cadre d’une pratique de la marche régulière que dans celui de la course à pieds. Héhé ! Plus aucune excuse pour bouger son corps !!!! Si ce geste des plus simples, le premier des actions coordonnées, cette action que l’on guette chez les petits enfants comme marqueur de leur développement, est une pratique physique idéale : LET’S WALK !!!!!

Bien-sûr, l’idéal de l’idéal est une pratique de la marche durant une ou deux heures dans un environnement naturel… Oui… Bien -sûr… Mais vous n’allez pas vous en sortir comme ça, les brainies !!!! Je vous rappelle qu’il est important de nous remettre aux commandes et de nous emparer de nos marges de manoeuvre ! Alors… Y a-t-il un pilote dans l’avion ??!!   … Marcher dans une ville, même polluée, même bruyante… est BON pour notre santé. « Il est toujours toujours bon de marcher », nous rappelle Christophe André lors de cette émission de radio.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ?
L’exercice physique en aérobie entraine des modifications anatomiques, physiologiques, neurochimiques et comportementaux. Rappelons que la pratique de cet exercice physique est : un facteur de croissance des neurotransmetteurs, d’épaisseur du cortex (notamment pré-frontal) et de genèse des neurones.

Pendant l’exercice physique, le corps produit une protéine dite neurotrophique : le BDNF (brain-derived neurotrophic factor) qui favorise la mémorisation et renforce l’acuité mentale. Cette protéine est active dans le prosencéphale basal, le cortex et l’hippocampe : aires essentielles pour l’apprentissage et la mémoire (entre autres fonctions cognitives).

Mais… j’y pense… Il me semble bien que le sport augmente le niveau de cortisol (l’hormone du stress)…. Et c’est bon pour notre corps et notre cerveau ??!! Avec une pratique régulière d’un sport en aérobie, nous allons augmenter votre seuil de tolérance au cortisol et devenir Stress Proof (ou de véritables Stress Fighters comme dirait mon amie SanBo de EfferveScience !) Une hypothèse concernant l’augmentation de notre seuil de tolérance au stress  s’appuie sur la croissance des récepteurs au cortisol qui vont « l’emprisonner » en le fixant, conduisant à une diminution de la réponse physiologique au stress. Cortisol ou pas cortisol… le sport est un excellent anti-stress :  on en parle en détails dans un prochain post 🙂

Le sport permet de retarder la perte de mémoire liée à l’âge. En vieillissant, l’hippocampe se rétrécit, ce qui provoque des pertes de mémoire. Comme cette zone génère aussi la production de neurones tout au long de notre vie, l’exercice physique va favoriser cette production.

Déjà en 2010, une étude américaine montre que l’exercice physique permet d’augmenter la taille de l’hippocampe, même quand il a déjà été diminué par l’âge. Pour ce faire, les chercheurs ont divisé un groupe de personnes âgées en deux. La moitié a eu à faire 40 minutes de marche sur une piste, trois fois par semaine; l’autre moitié s’est contentée d’exercices de stretching. Résultat au bout d’un an : les personnes qui marchaient ont vu le volume de leur hippocampe augmenter de 2% environ. Les autres ont vu ce volume diminuer, mais la diminution était moins marquée chez les personnes qui étaient plus actives et plus en forme avant le début de l’expérience.

Alors… comme dirait Wendy Suzuki : « Who wants to go to the gym? » Ce n’est pas elle qui le dit : c’est son cerveau !!!

Je dors… donc j’apprends

Inutile de faire une nuit blanche ou de se priver d’une sieste pour réviser ses cours. Dormir est indispensable pour apprendre. Mais non… il n’est pas question d’écouter en boucle un podcast pendant la nuit ! Il est question du rôle essentiel du sommeil dans le processus d’apprentissage. Alors… dormez tranquille : votre cerveau travaille pour vous !

Nous passons un tiers de notre vie à dormir : le saviez-vous ? Le sommeil est une de nos fonctions vitales, au même titre que la respiration ou la digestion. Il y a cependant une différence essentielle entre le cerveau, les poumons et l’estomac ! Pendant le sommeil, estomac et poumons ralentissent leur activité alors que le cerveau continue de fonctionner de manière intense. Pendant le sommeil, le pouls et la respiration ralentissent, la tension artérielle diminue, le tonus musculaire est amoindri, la température corporelle baisse. Pendant le sommeil, il est un organe qui continue de travailler : notre cerveau ! Mais que fait-il donc pendant la nuit ??!!

Notre cerveau fait le ménage ! Il range un peu toutes les informations qu’il a traitées au cours de la journée. Il trie, efface, stocke dans le grenier mnésique, élimine les toxines… Bref, notre cerveau fait un grand ménage de printemps pendant que nous dormons.

Le grand ménage de printemps en 5 coups (de balai !) : 

1- Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle il nous arrive parfois de nous réveiller avec une idée claire et précise d’une équation de maths qui nous avait échappée la veille ou du plan de mémoire sur lequel nous butons depuis des jours.

2- Notre cerveau stocke dans la mémoire à long terme le cours de maths ou le nouveau digicode. Allez hop ! Dans le grenier mnésique : l’endroit où il convient de conserver les choses importantes pour longtemps ! Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit.

3- Notre cerveau fait du tri en se débarrassant des informations inutiles : notre cerveau trie les informations traitées dans la journée : il sélectionne les informations à mémoriser et efface celles qui n’ont pas d’importance (comme la couleur du pull de la prof de maths ou l’heure à laquelle le digicode a changé).

4- Notre cerveau crée des liens entre les informations, c’est-à-dire entre les nouvelles informations à retenir et celles déjà stockées : le cours de maths d’aujourd’hui ET celui de la semaine dernière, le digicode ET la date de naissance de ma grand-mère (ce sont les mêmes nombres en retirant 1 au mois et au jour !). Notre cerveau regroupe les informations sélectionnées entre elles. C’est un peu comme si nous avions alors plusieurs chemins pour accéder à une même information ! Un processus génial impliquant les traces mnésiques dont je vous parlerai dans un autre post 🙂

5- Notre cerveau se régénère, répare ses cellules et élimine les toxines. Un nettoyage complet ! Saviez-vous que certaines cellules rétrécissent de plus de la moitié (jusqu’à 60% de leur taille) pour faciliter ce nettoyage ? « La nature récupératrice du sommeil résulterait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuronale qui s’accumulent pendant la période d’éveil », dixit le Dr Nedergaard (Université de Rochester).

Hum… J’ai 2 questions alors…. Pas vous ?!!

Question N°1 :
Maintenant que je sais tout ça… j’en fais quoi ?? Quelles conclusions en tirer ?? Un conseil pratique pour moi qui suis étudiant par exemple ?

Question N°2 :
Par simple curiosité, ça marche comment ce grand nettoyage de printemps nocturne et quotidien ? On le sait ?

Les réponses !
Différentes études mettent en évidence le lien entre le sommeil et le processus cognitif de mémorisation. Elles s’appuient sur des tests permettant de démontrer la différence de performance entre un apprentissage suivi d’une phase de sommeil et un autre avec peu, vire pas de phase de sommeil. Dormir moins de 5 heures par nuit a un impact négatif sur nos capacités de mémorisation et cause des troubles de l’apprentissage.

Concrétement : il faut dormir entre 7 et 8 heures par nuit. Disons qu’il faut dormir suffisamment (pour ne pas contrarier les mini-dormeurs qui se contentent de moins) 😉

Le lien entre sommeil et apprentissage est évident et cliniquement prouvé. Cependant les études ne sont pas formelles sur le mécanisme à l’oeuvre.

Les études montrent qu’à chaque stade de sommeil, correspondrait une forme de mémoire.
– Sommeil léger puis profond (c’est le sommeil qui fait suite à l’endormissement) = travail de consolidation de la mémoire déclarative (mémoire de nos souvenirs et de nos connaissances)
– Sommeil paradoxal = travail de consolidation de la mémoire procédurale (mémoire de nos habiletés motrices et perceptives)

Peut-être serait-il question de ne plus être soumis à des stimuli extérieurs ? Quand nous dormons, nous ne sommes pas soumis à un environnement qui sollicite notre attention. Le cerveau pourrait ainsi se « concentrer » sur les informations qu’il doit conserver et celles dont il n’a pas besoin. Il est un peu tranquille et au calme ! 😉

Il serait également question d’ « étiquettage » des informations : pendant la journée et au moment de l’aprentissage, l’hippocampe marquerait les informations importantes avec des sortes de petites étiquettes. Etiquettes qui permettraient au cerveau de s’y retrouver pendant le sommeil : « toi, tu es importante », « toi, je te jette » ! « Ces populations étiquetées seraient ensuite réactivées au cours du sommeil, mécanisme à la base du processus de consolidation » conclut Géraldine Rauchs (INSERM, Caen).

Vous savez quoi ? Même si les neurosciences ont révélé de nombreux secrets sur le cerveau, ce dernier garde encore une part de mystère. Tout comme le sommeil. Alors imaginez quand nous tentons d’en comprendre les interactions…

Retenez simplement que le sommeil joue un rôle primordial dans la mémorisation à long terme des informations considérées comme importantes : il prépare le cerveau à apprendre et à mémoriser puis consolide le stockage des ces informations. C’est une action en 2 bandes ! Un double effet KissKool : en amont, le sommeil aide le cerveau à mémoriser et ultérieurement, il renforce l’encodage de l’apprentissage.

Alors… Allez hop ! Au dodo !! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre cerveau !

 

Se laver les dents permet d’avoir des idées de génie

Quoi ??!! Existe-t-il un lien direct entre nos canines et nos neurones ? Comment la solution à un problème qui m’obsédait depuis des semaines a-t-elle pris forme dans mon esprit en plein lavage de dents ? Quel rapport entre dentition et réflexion ??? Tout est une question d’attention ! En mode vagabondage cette fois-ci. Comme quoi… laisser libre cours à ses pensées est un moyen original et tellement agréable pour comprendre de nouveaux concepts et résoudre des problèmes.

Boîte Crânienne vous en parle et re-parle : il est important de savoir focaliser son attention, savoir comment se concentrer et le rester ! On parle alors de « pensée en mode concentré » : notre attention est focalisée sur une nouvelle notion à apprendre, sur un concept à comprendre ou sur un problème à résoudre.  La pensée concentrée emprunte des chemins connus : notre réflexion s’appuie sur des chemins neuronaux familiers et sur nos acquis.

Parfois, nous « sentons » que la nouveauté (un concept, un problème…) nous résiste et que nous aurions besoin d’ajouter des barrettes à notre CPU, d’ajouter des cordes à notre arc mental, d’ajouter de l’eau neuve à notre moulin ! C’est un peu comme si nous nous sentions prisonniers de ce que nous savions déjà et que nous nous sentions enfermés dans  notre manière familière de réfléchir. Nous avons besoin de nous « décaler », de prendre de la hauteur ou de respirer par le nez pour appréhender ce qui nous est inconnu.

Cette sensation vous dit quelque chose ? Cette impression de bloquer sur un cours, de ne pas trouver le plan de votre présentation, de rester figé face à une équation ?

C’est le moment de sortir l’arme fatale Spécial Nouveauté ! Nouveauté à comprendre ou nouveauté à élaborer. Si la compréhension de nouveaux concepts ou la résolution d’un nouveau problème nécessite de saisir les choses autrement, il convient donc à notre cerveau de penser autrement.

Penser autrement qu’en mode concentré…. Hum, hum…. Penser en mode dilué ??!! Presque ! Il s’agit de la pensée diffuse.

Penser en mode diffus revient à penser « à l’aveugle » pour trouver le nouveau chemin neuronal qui nous menera à la solution ! Nous ne connaissons pas (encore !) le chemin neuronal approprié pour résoudre ce problème ou comprendre cette idée. Alors… laissons notre cerveau se « perdre » dans ses méandres et emprunter des chemins de traverse ! 

Ok… Et concrètement… on fait comment ??!!

On se lave les dents !!!! Enfin…. Il s’agit de mon expérience personnelle ! Je travaille sur un mémoire depuis des mois et rassemble du contenu pour l’écrire. J’ai établi le fil conducteur de mon propos : un fil rouge sacrément coton que j’ai du mal à transcrire sous forme de plan logique et simple. J’écris mon idée de manière séquentielle, sous forme de carte heuristique, je l’énonce à voix haute, je la raconte à un tiers… Rien ne me satisfait. Je ne trouve pas ce %§@# plan !!!! Et un matin…. Ô miracle ! Le plan du mémoire jaillit de mes neurones alors que je me lave les dents ! Un plan clair, structuré, logique et compréhensible. Colgate, je t’aime !

LET’S REWIND !
Que se passe-t-il quand je me lave les dents ? Je ne pense plus au plan de mon mémoire et je cesse de me heurter à un mur cognitif d’infertilité totale. Je pense à autre chose. Ou plutôt je ne pense à rien en particulier. Je rêvasse en effectuant des mouvements alternatifs « du rouge vers le blanc ». Je laisse mes pensées vagabonder et mon attention flotter de manière diffuse.

Vous connaissez maintenant mon arme fatale Spécial Nouveauté ! A vous de créer votre manière de penser en mode diffus : vous pouvez vous promener, flâner dans les couloirs, aller boire un café, vous allonger dans l’herbe…. Dans un prochain post, je vous parlerai de la technique employée par Dali pour laisser émerger l’idée de ses fantastiques peintures surréalistes. Et celle de Thomas Edison pour inventer des objets révolutionnaires.

Alors… laissez votre pensée vagabonder… prenez le temps de rêvasser… inventez votre arme fatale « Spécial Nouveauté » et une idée de génie pourrait bien apparaître au détour d’un neurone. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon cerveau !

 

Crédit Photo : Boîte Crânienne

Comment marcher 10 km par jour et rencontrer des gens

21H30 : le dîner est fini… « Ton portable est chargé ? On y va ?  » Nous voilà partis pour une chasse de 5 km à travers Paris. Je suis « Maîtresse K », apprentie-dompteuse, à la recherche de Pokemon sauvages.

Je ne suis pas une malade des jeux vidéos : j’ai eu une grosse crise de Shoot ’em up il y a 10 ans et une petite rechute avec Candy Crush il y a un an. Je n’ai jamais joué à un jeu de Pokemon, jamais regardé les dessins animés et ne connaissais que Pikachu. Et pourtant… je chasse le Pokemon la nuit, les yeux rivés sur mon Iphone !

QUE SE PASSE-T-IL ???? J’ai découvert Pokemon Go et je suis grave accro !

Pokemon Go, c’est quoi ? C’est un jeu qui consiste à chasser des Pokemon, les collectionner et les faire combattre. Un jeu qui permet au joueur de « devenir le meilleur dresseur du monde  » ! Un jeu pour smartphone dont il utilise deux fonctions : la géolocalisation et l’appareil photo. Et c’est là toute la puissance attractive de ce jeu : vous chassez des Pokemon « dans la vraie vie » !!!!

 

Pokemon Go

Un Bulbizarre devant la cheminée de mon salon !!!!

Le jeu utilise l’appareil photo de votre téléphone pour superposer des Pokemon numériques à votre environnement réel : on se risque à parler de « réalité augmentée » !

 

 

 

 

Pokemon Go

 

La géolocalisation fait le reste : l’écran de Pokemon Go ressemble à mon Google Map et m’indique les Pokestop et les arènes.

Les Pokestop sont indiqués par ces petits cubes bleus en lévitation. Vous avez besoin de Pokeballs pour capturer des Pokemons : passez donc vers un Pokestop pour récolter des Pokeballs, des potions qui soignent un Pokemon affaibli par un combat…

Cette photo est la vue de mon écran de téléphone en direct de mon balcon. Et c’est là où tout peut basculer en un instant !!!!

 

 

Car…. Attendez un instant… Il semblerait qu’un joueur ait activé un leurre devant un Pokestop d’une rue adjacente. Un quoi ?? Un leurre à Pokemon ! Une sorte de sortilège matérialisé à l’écran par un nuage de petites feuilles roses virevoltantes. Et quand vous voyez ça du haut de votre balcon, il n’y a qu’une seule chose à faire : attraper  votre batterie de secours et vous précipiter dehors ! 

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Avec votre batterie de secours dans une poche (le Pokemon est très vorace !) et votre téléphone dans une main, vous passez devant un bâtiment de votre quartier que vous ne connaissiez même pas : l’institution Frilley…. quezaco ??!! Ce jeu est génial : non seulement il vous fait sortir et parcourir des kilomètres, mais en plus, il vous fait (re-)découvrir votre quartier.

Alors….. L’Institution FRILLEY, fondée en 1864 par Jean-François Frilley prodigua, dès la création de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (HEC) en 1881 un enseignement de préparation aux examens d’entrée, puis aux concours de HEC…. Wahhhhhh…. Je muscle mes pattes arrière, améliore mon cardio, récolte des Pokeballs et des potions ET je me cultive !!!! Merci qui ?! Merci Pokemon Go !

 

Pokemon Go Go

 

Finalement, vous trouvez enfin THE bâtiment… hum… THE Pokestop pour être tout à fait exact… Rappel des épisodes précédents : vous êtes venu à CE Pokestop parce qu’un autre joueur avait activé un leurre à cet endroit précis. Vous n’êtes certainement pas le seul à avoir vu cette activité et le potentiel énoooooorme de capturer de nouveaux Pokemon. Effectivement, vous vous retrouvez avec d’autres joueurs en plein milieu d’une rue en travaux.

Le joueur de Pokemon Go se reconnait à trois signes distinctifs : le port de tête incliné vers l’avant, le regard rivé sur l’écran de son portable, un portable serré par une ou deux main(s). Pas plus de filles que de garçons, de générations Z que de quadras, de geeks que de gamers….

On se reconnaît d’un coup d’oeil et on se PARLE !!! On se parle pour de vrai, dans la vraie vie. Si, si !

 

Pokemon Go Arène

 

Vous savez maintenant à quoi ressemble un Pokestop. Voici à quoi ressemble une arène : un lieu « physique » où les dresseurs font combattre leurs Pokemons.

Depuis cette photo (précision pour les connaisseurs… héhé….), j’ai atteint le niveau requis pour faire mon premier combat. Un grand moment partagé avec deux hommes jusqu’à lors totalement inconnus : « Vous êtes là pour la même chose, non ? » Enorme sourire échangé avant un maximum de concentration pour une lutte sans merci 😉

On sourit à des inconnus qu’on vient de rencontrer à 6 km de chez soi !!!

 

 

Petite scène de vie d’hier soir : en parcourant le square des Batignolles à la recherche de Pokemon un peu exotiques (parce que vous serez rapidement déçu de capturer des Roucool ou des Rattata), je croise un groupe de 5 garçons. Pas de téléphone à la main… Rien ne pourrait dire d’eux qu’ils font partis de la communauté des dresseurs ! Et pourtant… en entendant les canards au loin, l’un d’eux lance : « Vous entendez, les gars…. c’est le cri des Pokemon ! ». Je me retourne : ils ont brandi leur téléphone et commencent une chasse nocturne. J’ADOOOORE !!!!!

 

Soporifik

 

J’ai oublié de vous dire : je marche le jour ET la nuit ! Dans mon quartier et partout ailleurs.

Pourquoi ?

Parce que les Pokemon à capturer sont différents le jour et la nuit, selon leur « habitat » et selon mon niveau de joueur.

Et j’en ai un peu marre des Rattata et des Roucool même si je peux les faire évoluer en d’autres espèces… Whaaaa… j’ai une ferme de Pokemon en fait….

 

 

Pokemon Go Incubateur
Je marche aussi parce que les oeufs de Pokemon éclosent SI et SEULEMENT SI vous avez marché le temps nécessaire à un incubateur pour faire son oeuvre.Pour cet oeuf, il faut marcher 2 km. Pour d’autres, 5 km ou 10 km.

A ce propos, j’ai deux réclamations :
– il semblerait que prendre le bus ou le tramway trompe l’incubateur. Nooooon….. Un Vélib et un nouveau Pokemon voit le jour…. Pffff… Vous n’êtes pas digne d’être un dresseur…. 😉
– je marche 2 km ce matin pour avoir le plaisir de découvrir un nouveau Pokemon… que dis-je ??!!!! Pour assister à la naissance d’un Pokemon !!!! Et comme tout parent, j’attendais… fébrile… anxieuse… excitée à l’idée d’avoir un Ponyta ou un Roudoudou…  Et bien, j’ai le plaisir de vous annoncer la naissance d’un… Rattata… Pfff… Ceux qui jouent me comprendront…. ;-))

 

 

Pokemon Go est une révolution de l’interaction. Interaction avec son environnement et avec les autres joueurs. C’est le premier jeu qui donne envie de sortir de chez soi, de marcher des kilomètres et de sourire à des inconnus.

Alors…. GO !!!!!!

 

 

Crédit Photo « Image à la Une » : Boîte Crânienne

Le BAC-blues ou la déprime post-examens

Vous venez  de terminer votre dernier oral, de boucler l’écriture de votre mémoire ou de finir le marathon des examens sur table… vous n’attendiez que ce moment ! Vous en rêviez même ! Vous rêviez de faire une grasse matinée, prendre du temps, ne rien faire… et vous avez le moral dans les chaussettes et déprimez sec… Mais POURQUOI ???? COMMENT EST-CE POSSIBLE ?! C’est le « BAC-BLUES » !

La période intense de travail (révisions, examens….) a été un facteur de stress pour vous. Et ce facteur de stress vous a mis dans un état physique et psychologique particulier dont il est parfois difficile de se départir. « On a du mal à redescendre » pour ainsi dire : on est toujours dans un certain état de fébrilité et d’activité neuronale soutenue alors que la situation ne requiert plus ce genre d’adaptation. Vous êtes comme « décalé » : votre cerveau est resté en mode « plein régime » alors que l’excitation des révisions et des examens est passée.

Vous traversez une « dépression » au sens géologique du terme : imaginez-vous marcher sur un sol qui, d’un seul coup, s’abaisse de plusieurs mètres. Aïe !!!!!

Vous avez été soumis à une pression particulière pendant la période de révisions. Un facteur de stress qui vous a mis en mouvement pour disposer de toutes vos capacités mentales au service de votre objectif. Car il est fort à parier que cette situation vous a permis de travailler de manière concentrée et acharnée ! Peut-être parce que vous êtes de ces personnes qui aiment la pression des examens : cette adrénaline qui se libère dans cette dernière ligne droite et qui vous pousse à être plus performant, plus pertinent, plus rapide.

Je suis de ces personnes-là pour qui les 3 ou 4 semaines précédant des examens sont un formidable aiguillon de productivité et de créativité neuronales. On a l’habitude de parler de « bon stress ». Même si cette expression populaire est incorrecte, elle illustre parfaitement l’effet engendré par un facteur de stress : la situation nous permet de réagir et de nous mettre en mode opérationnel.

Le facteur de stress des révisions est ainsi « bon » pour nous : il nous permet d’être dans un état d’excitation fébrile qui nous rend productifs. Vous avez même parfois vécu les examens comme un challenge à relever et cette idée de défi a mis vos neurones en ébullition !

C’est bien de cet élan productif dont il s’agit quand on parle (à tort, je le répète !) de « bon » stress. Pour être correct, il faudrait parler de « bon » niveau ou de « bonne « fréquence de stress : un niveau ou une fréquence qui nous convient. Et qui peut ne pas convenir à une autre personne (un ami, un collègue, un camarade de classe….). Dans une même situation, chacun peut réagir de manière différente.

Pour vous, les révisions sont un challenge qui vous donne des ailes : vous vous mettez tout de suite au travail. Votre concentration est au maximum, votre agilité mentale est aiguisée et votre créativité s’envole. Plus simplement, cette situation vous rend plus PERFORMANT. Alors que… pour une autre personne, l’effet est tout différent et ne la rend en aucun cas plus performante. Au contraire ! 3 réactions à ce facteur contre-productif :

  • soit la personne devient agressive et s’enferme dans une colère improductive,
  • soit elle se mure dans une coquille de silence (mutisme, sommeil…) et peut nier l’échéance de l’examen en ne révisant pas ou peu,
  • soit elle est comme paralysée, a l’impression de « ne plus avoir de cerveau » et rencontre de grandes difficultés pour se concentrer et travailler.

Ces 3 effets ont en commun de ne pas augmenter nos performances et de nous enfermer dans un carcan d’inefficacité.

Parions que vos révisions de ces dernières semaines vous ont permis de vous mettre en mouvement et que vous avez été PERFORMANT. Vous avez même parfois vécu les examens comme un challenge à relever et cette idée de défi a mis vos neurones en ébullition !

Que cette période de révision ait été productive en tout ou partie, elle a été vécue comme un facteur de stress. Et tout facteur de stress est producteur d’hormones spécifiques qui nous mettent dans un état physiologique et psychologique particulier.

Cette production d’hormones «  du stress » nous met dans un fort état d’excitation intellectuelle et d’acuité sensorielle. Et il nous est parfois difficile de « redescendre ». Il nous faut parfois quelques jours pour nous acclimater à une situation qui ne requiert plus que nos sens soient en alerte et nos fonctions cognitives aiguisées.

Nous attendons, nous espérons, nous rêvons du JOUR J ! Nous attendons le soir des examens, la fin des oraux, le début des vacances. Et là… sans prévenir… au lendemain du dernier examen, alors que nous attendions une espèce d’euphorie et de plaisir intense… nous nous levons déprimés et vidés….

Mais pourquoi ??!!

Parce qu’il faut à notre cerveau un temps pour s’adaptater à cette nouvelle situation. Une situation où n’existe(nt) plus le stimulus ou les stimuli stressant(s) des examens ou d’un bouclage de projet. Un peu comme un soufflé qui retombe en sortant du four : nous sommes alors dans cet environnement moins excitant et moins stimulant.

Donnez-vous du temps pour vous acclimater à cette situation nouvelle. Mieux : organisez un sas anti bac-blues ! Vous avez remarqué que beaucoup d’étudiants ou de collègues partent directement en vacances le lendemain d’examen ou d’un fin de projet. Héhé….. Voici un stratagème anti coup de blues  qui consiste à surfer sur la vague de l’activité et du « faire ». Nous pouvons alors atterrir en douceur sur la période d’inactivité, d’oisiveté ou de vacances. Un peu comme un remontée par paliers en plongée sous-marine, nous créons les conditions d’une descente progressive d’une période stimulante à une période calme.

Alors… 2 stratégies anti BAC-blues :

stratégie préventive : vous vous organisez des lendemains de révisions en demi-teinte, entre stimulus et accalmie. Vous prévoyez des activités qui continuent à vous rendre productif tout en alternant des moments de décompression, de détente et de relaxation. Parce que… vous êtes en vacances tout de même !!!! Et qu’il est important, que dis-je ESSENTIEL de prendre soin de soi en s’accordant des pauses, des moments de calme et de repos. Ne vous méprenez pas sur cette stratégie : il ne s’agit en aucun cas de devenir hyper-actif !!! Il est question d’un atterrissage en douceur et de prévenir l’effet dépressionnaire (voire dépressif) du BAC-blues.

stratégie curative : vous y êtes. C’est le lendemain du dernier jour des examens et vous vous sentez… hum… tout déprimé… Peut-être que cet article vous a aidé à être conscient de ce qui se passe pour vous. Peut-être que vous savez maintenant que cet état est transitoire. Peut-être qu’il est possible pour vous d’accepter ce que vous ressentez… Pour reprendre les mots d’Andy Puddicombe : « when you let it go…. it’s gone ». Soyez patients et reprenez en douceur contact avec cette douce réalité des vacances.

Alors… vous êtes sujet au BAC-blues ? … c’est parfaitement normal ! Laissez à votre cerveau le temps de s’habituer à ce nouvel environnement : un environnement de douceur, de calme et de repos. Et oui… c’est les vacances !!!!!