La procrastination est une drogue

La procrastination, c’est comme une drogue : on est dépendant, on ne décide pas, on se laisse entraîner, on perd le contrôle.

Dimanche…. et toujours pas de nouveau post sur le site de Boîte Crânienne… Que s’est-il donc passé ?!

J’ai pas envie… Pas maintenant… Encore 5 minutes de Candy Crush… Et si je regardais mes mails ?… Je jette un oeil à Facebook et je m’y mets… Je surfe un peu avant… Pas maintenant en fait : je ne suis pas concentré(e) là… Je finis un truc d’abord et je m’y mets…

Ces petites phrases ne vous-t-elles rappellent rien ? Visite de notre meilleure ennemie : LA PROCRASTINATION !

Que se passe-t-il dans notre cerveau ?

Partons du principe simple que notre cerveau n’aime pas souffrir et qu’il met en place des stratégies pour éviter les situations douloureuses et inconfortables telles que :
– Vous devez réviser un devoir de maths alors que vous n’aimez pas cette matière et qu’il vous faut faire des progrès pour réussir un partiel
– Vous devez remplir un dossier d’admission pour une école ou cette déclaration d’impôts comme chaque année
– Vous devez travailler sur votre présentation de fin d’année en SVT ou sur celle de votre prochaine réunion….

Ces tâches ont un point commun qui vous pousse à toujours remettre à plus tard leur réalisation :
soit la nature de la tâche ne vous plaît pas : vous n’aimez pas les maths, vous n’êtes pas un(e) adepte des tâches administratives, vous détestez mettre votre pensée en mots
soit la tâche a un enjeu important : vous devez réussir le prochain partiel de maths sous peine de redoubler, vous devez donner envie à un jury de HEC de vous admettre en prépa, votre big boss sera présent à la prochaine réunion que vous allez animer

Dans les deux cas, la tâche devient un facteur de stress qui provoque une sensation physique désagréable. Ou plutôt la seule pensée de cette tâche engendre le mal-être psychologique et physiologique afférent au stress. Notre cerveau a alors tendance à vouloir « évacuer » cette source de stress et l’inconfort ressenti en se concentrant sur une activité plaisante et agréable : surfer sur le net, faire une petite partie, trier sa boîte mails, consulter son mur Facebook…. cette autre activité va immédiatement faire « taire » le ressenti désagréable et nous nourrir de sensations de plaisir et de satisfaction.

Nul besoin d’être neuro-scientifique pour savoir que cet effet positif est de courte durée et que le plaisir ressenti est à court terme.

Comprendre le mécanisme de la procrastination nous permet d’analyser ce qui se joue pour nous : Est-ce une tâche que je n’aime pas faire ? Parce que je pense que je ne suis pas doué(e) (je suis nul(le) en maths, je ne sais pas écrire..) ? Parce qu’on est bon par nature (on est matheux ou on ne l’est pas, on est à l’aise en public ou on ne l’est pas) ? Parce que je n’ai pas droit à l’échec (je dois réussir cet examen d’entrée, je dois réussir cette présentation) ? Parce que… Parce que… Autant de petites voix qui nous collent la pression.. qu’il vaut mieux aller faire autre chose que de s’atteler à cette tâche.

Existe-t-il  des stratégies anti-procrastination ?
La réponse est OUI ! Avant de penser « stratégies », il faut comprendre et analyser ce que ces petites voix nous disent. Il est important de décrypter « la pression » de ces tâches à accomplir. S’agit-il toujours de facteur externe d’ailleurs ? Sous-entendu, « je ne m’en rajouterais pas une couche, parfois » avec mes « Il faut que… », « Il faut que… » ? Que je sois parfait, que je sois rapide, que je sois….

OUI ! Il existe des stratégies simples pour lutter contre la procrastination. Attention : il ne faut pas confondre « procrastiner » et « faire une pause ». Il est important, voire essentiel, de conserver des moments de plaisir, de détente, de break. Il n’est pas question d’arrêter les jeux vidéos, les chats avec ses amis, les statuts Facebook…

Il est question de se remettre aux manettes ! De travailler quand on l’a décidé, de se reposer quand on en a besoin et de se détendre quand on en a envie.

La procrastination, c’est comme une drogue : on est dépendant, on ne décide pas, on se laisse entraîner, on perd le contrôle.

Je ne sais pas pour vous… Mais moi, je n’ai pas envie de me laisser manipuler par mon cerveau. Je veux reprendre le contrôle et décider quand je travaille et quand je m’arrête.

Nous verrons dans les prochains posts des outils simples pour « se mettre au boulot » : il sera question de tomates italiennes, de Bluma Zeigarnik, de chemins à suivre plutôt que de destination à atteindre… A très vite pour booster sa motivation !