Des relations sociales pour un cerveau toujours jeune

Cet article est une traduction libre
d’un article 
de Age UK.
« Nous » fait référence à Age UK.

Garder le lien avec les amis et la famille et participer à des activités sociales peuvent nous aider à rester alertes alors que nous prenons de l’âge, selon le Global Council on Brain Health. Ce résumé est extrait de nos séries Staying Sharp.


NOS CONSEILS : 

  • Restons connecté(e)s avec nos amis et notre famille car cela peut aider à maintenir nos capacités cognitives alors que nous prenons de l’âge. 
  • Ce n’est pas inhabituel que le réseau social se rétrécisse alors que nous vieillissons, mais il y a des choses que nous pouvons faire pour améliorer la qualité des relations. 
  • Rejoignez un club, une classe ou un groupe pour rencontrer de nouvelles personnes. Concentrez-vous sur les relations et les activités que vous aimez.
  • Si vous avez perdu le lien avec une personne, procédez par étapes pour le reconstruire.
  • La communication digitale (Note de Boîte Crânienne : mails, messagerie instantanée…) peut être utile pour vous aider à agrandir votre réseau social, tout comme à maintenir des contacts existants. 

Nous sommes simplement humains

Nous différons les uns des autres par le degré avec lequel nous recherchons la compagnie des autres mais nous partageons tous le besoin fondamental d’interaction avec les autres. De nombreuses études montrent que des relations positives et des activités partagées avec d’autres contribuent à notre bien-être.

Inversement, la solitude et l’isolement social augmentent les risques en matière de santé chez les personnes âgées. Des évènements de la vie, tels que la retraite, le deuil ou la maladie, peuvent réduire l’entourage social et rendre plus difficile de rester socialement actif.

Nous avons révisé notre analyse du point de vue de la santé du cerveau, en nous demandant si les personnes âgées qui ont un important réseau social et qui sont plus engagées socialement ont tendance à avoir de meilleures capacités cognitives.

Les gens expérimentent les relations et les interactions de manière différente, et celles-ci ne sont pas toutes positives et profondes.
Pour cette nouvelle analyse, nous nous référons à l’engagement social, comme des interactions significatives qui sont plaisantes et profondes, et qui ont un impact positif tel qu’un support concret ou émotionnel.

Des liens profonds renforcent la santé de notre cerveau

La recherche avance qu’avoir des liens profonds avec les amis ou la famille, et participer à des activités sociales significatives, peuvent aider les personnes à mieux conserver leurs capacités de réflexion et à diminuer le processus de déclin cognitif. Les personnes qui sont engagées socialement semblent avoir un risque moindre de démence, mais l’analyse n’est pas assez concluante pour en tirer de solides conclusions.

L’analyse a des limites au regard des difficultés d’élaborer des études sur l’effet de l’engagement social sur la bonne santé du cerveau, mais elle indique que le nombre de connexions sociales, le type, la qualité et le but de ces relations, peuvent affecter le fonctionnement du cerveau. Donc il semble qu’un meilleur engagement social est bon pour la santé de notre cerveau. Il existe aussi une preuve que la solitude augmente le risque de perte des capacités cognitives chez les personnes vieillissantes.

Nous ne comprenons pas encore comment un niveau élevé d’engagement social améliore la santé du cerveau, mais il semble que des interactions profondes avec d’autres personnes agissent comme un pare-chocs contre des éléments délétères tel que le stress. Il se pourrait aussi que ce soient les diminutions des capacités cognitives, qui apparaissent pour d’autres raisons, aient un impact sur le niveau d’engagement social, et non le contraire.

Par dessus tout, nous recommandons un engagement social pour les personnes vieillissantes parce que, même si la preuve directe de son impact sur la santé de leur cerveau est encore limitée aujourd’hui, d’autres preuves montrent le bénéfice des interactions sociales sur le bien-être et la qualité de la vie pour les personnes qui vieillissent.


L’idée selon laquelle les connexions sociales peuvent préserver la santé de notre cerveau est issue du concept de « réserve cognitive ». Il suppose que les personnes construisent une réserve de capacités cognitives durant toute leur vie, et que cela les protège contre les pertes et les altérations au moment où elles vieillissent.
On pense que es interactions sociales  contribuent à cette réserve cognitive.  


Se faire des relations, rester connecté(e)

Nous avons exploré comment différentes activités, telles qu’avoir un animal de compagnie ou se servir de la technologie, peuvent aider à optimiser et à promouvoir l’engagement social quand nous vieillissons.

Voici quelques exemples de ce que les gens peuvent faire :

  • Rejoignez un club, une classe ou un groupe pour rencontrer de nouvelles personnes. Concentrez-vous sur les relations et les activités que vous aimez.
  • Si vous n’avez personne autour de vous qui puisse vous aider dans cet engagement social, adressez-vous à des professionnels _ par exemple, les standards téléphoniques d’associations, les centres d’accueil près de chez vous ou un centre religieux_ auprès de qui vous pouvez demander de l’aide pour sortir dans des endroits où vous rencontrerez de nouvelles personnes. Contactez régulièrement vos amis, les membres de votre famille ou vos voisins qui sont importants pour vous et pour qui vous l’êtes aussi.
  • Les contacts digitaux, par exemple via un mail ou Facebook, comptent autant que de voir les personnes « en vrai » ou leur parler par téléphone. EN utilisant la communication digitale, vous pouvez aussi agrandir votre environnement social, comme rejoindre une communauté en ligne ou conserver des liens existants  avec certaines personnes.
  • Aidez les autres, de manière informelle ou formelle au travers d’organisations et d’activités bénévoles.
  • Si possible, cultivez des relations avec des personnes d’âges différentes, par exemple restez en contact avec vos petits-enfants, ou faites du bénévolat dans une école ou un centre social (Note de Boîte Crânienne : pour les Happy Brainies qui n’ont pas l’âge d’avoir de petits-enfants, cela suppose de cotoyer des personnes plus âgées, de tisser des liens avec des grand-parents ou des personnes de cette génération). Pensez à des compétences que vous pouvez partager, transmettre à d’autres.
  • Pensez aussi à avoir un animal de compagnie : s’occuper d’un chat, d’un chien ou d’un oiseau peut aider à structurer une journée et être un catalyseur d’interaction sociale.

 

Infographie : Recommandations sur l’Engagement Social

Regarder vers le futur

Alors que les preuves montrent qu’interagir avec autrui ralentit le déclin cognitif, il reste une zone d’ombre quant à l’impact de l’engagement social sur les fonctions cérébrales.

Alors que la recherche continue à explorer ce domaine, il existe par ailleurs de bonnes raisons de rester connecté(e) à autrui car les connexions sociales et les activités significatives sont importantes pour la qualité de vie et le bien-être.

Pour aller plus loin (in English !)

Les informations sur cette page sont une adaptation du rapport du Global Council of Brain Health The Brain and Social Connectedness: GCBH Recommendations on Social Engagement and Brain Health publié en 2007.

A propos du Global Council of Brain Health : Le Global Council of Brain Health (GCBH) a été fondé en 2015 par AARP aux États-Unis, avec le support de Age UK. AARP est la principale organisation non lucrative pour les personnes de plus de 50 ans. Le GCBH est une association indépendante de scientifiques, de professionnels de la santé, de spécialistes et d’experts du monde entier dans les domaines de la santé du cerveau en lien avec les fonctions cognitives des humains.

 

 

Credit Photo : Antigone Kourakou
Want to read the post in English? Let’s do it! Social connections and the brain

Et si le poke bowl était le plat idéal pour notre cerveau ?

Déjeuner-roi des bobos-hipsters-peintres du 11ème (petite dédicace à un certain Adrien….), le poke bowl DOIT retrouver ses lettres de noblesse nutritionnelles car il rassemble TOUS les ALIMENTS dont notre cerveau a besoin et se nourrit.

 

 

 

Le poke bowl : quesako ? « … le POKE BOWL est un plat hawaïen, qui se situe à la croisée des chemins entre le shirashi japonais (un bol dans lequel on trouve du riz, du poisson cru et de l’avocat) et le ceviche péruvien (du poisson cru et mariné dans une sauce à base de citron vert) ». Poke signifierait « dé » en hawaïen, « dé » comme la forme du poisson découpé dans ce plat.

 

 

 

LE POKE BOWL PASSÉ AU CRIBLE DE BOÎTE CRÂNIENNE :

DU SAUMON
Vous avez entendu parler des bienfaits des oméga-3 ? Peut-être même que vous prenez des suppléments ou compléments alimentaires (ampoules, gélules….) pour favoriser cet apport en acides gras ?
En consommant deux portions de poisson par semaine, vous faites le plein d’oméga-3 à chaîne longue.
Vous n’aimez pas le saumon ? Pensez au thon, au maquereau, au hareng, à la sardine et même à l’anchois !
Tous ces poissons ont une forte teneur en EPA (acide eicosapentaénoique)  et DHA (acides docosahexaénoique) : deux acides gras omega-3 à chaîne longue. 
Au delà de vos préférences pour tel ou tel poisson, pensez à varier les espèces et leur provenance pour limiter l’absorption de métaux lourds et composants chimiques. Catherine Borie, naturopathe et spécialisée dans la prévention du stress et du burn-out, préconise même de manger de « petits poissons », tels que maquereau et sardine : ces poissons en bas de chaîne alimentaire sont moins chargés en métaux lourds que leurs prédateurs. Catherine nous recommande de consommer du saumon avec parcimonie : une fois par mois seulement en raison des traitements hormonaux dont ils font très souvent l’objet.
Privilégiez les poissons sauvages et les labels BIO !

 

VOUS NE MANGEZ PAS DE POISSON ? PENSEZ AUX OEUFS !
Les oeufs sont riches en protéines et source d’acétylcholine (comme le sont le saumon, les graines de tournesol, le soja, les brocolis, les amandes et les crevettes) : « un neurotransmetteur qui joue un rôle important aussi bien dans le système nerveux central, où elle est impliquée dans la mémoire et l’apprentissage, que dans le système nerveux autonome, notamment dans l’activité musculaire et les fonctions végétatives. »
Les oeufs sont aussi une source de tryptophane, un acide aminé à l’origine de la synthèse de la mélatonine, appelée couramment « hormone du sommeil ». « Apporté par les aliments riches en protéines, le tryptophane est notamment présent dans la protéine de lait ou encore dans la viande, le poisson, les œufs, les féculents et les fruits secs. »

VOUS NE MANGEZ PAS D’OEUF ? PENSEZ PROTÉINES VÉGÉTALES !
Si, comme moi, vous ne mangez ni viande, ni poisson, ni oeuf, pensez tofu (une pâte de soja fermentée ou non). Et jouez sur l’association céréale-légumineuse pour avoir un apport en protéines végétales et en acides aminés.
Associez une céréale (riz, orge, épeautre, blé sous forme de pâtes par exemple) et une légumineuse (lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots blancs ou rouges, flageolets ou fèves, soja sous forme de fèves vertes d’edamame, de tempeh, de tofu…)

 

DU RIZ
Si le poids de notre cerveau représente en moyenne 2% du poids de notre corps, il consomme 20 à 25% de nos ressources ! Notre cerveau a besoin d’une source d’énergie constante : les glucides ou sucres lents. Attention ! Il y a riz… et riz ! Préférez des aliments à index glycémique (IG) bas : un riz complet permettra une libération progressive du glucose dans le sang.
Vous n’êtes pas fan de riz complet ? Optez pour un riz basmati ou pour des pâtes « al dente ».

 

DES FEUILLES D’ÉPINARDS
Soyez généreux sur les légumes verts à feuilles comme les épinards, riches en vitamine B9, en magnésium et en antioxydants. Catherine Borie nous rappelle que « la vitamine B9 intervient entre autres à la synthèse des neuro-transmetteurs cérébraux », notamment ceux qui régulent l’humeur.
Essayez la mâche, les blettes ou les choux !

 

DES CAROTTES
Des carottes… pour être aimable ??! Peut-être… mais surtout pour leur apport en vitamine B6.
« La vitamine B6 participe à l’équilibre psychique et émotionnel car elle est liée à la production de noradrénaline et de dopamine », explique Catherine Borie.
Vous trouverez aussi la vitamine B6 dans les pommes de terre et les patates douce cuites avec leur peau. Quoi ?? Dans un poke bowl ? Et bien, POURQUOI PAS ? Soyons inventifs !

 

DE L’AVOCAT
Une source en vitamine E, un antioxydant liposoluble : il se dissout dans une graisse, d’où l’importance d’assaisonner votre poke bowl d’huile. Plus précisément, l’avocat est riche en tocophérols, une des deux familles des vitamine E.
La vitamine E protège les corps gras de l’organisme (membranes cellulaires, cholestérol…) du processus d’oxydation. Bonus de la vitamine E : ses propriétés anti-inflammatoires !
En parlant de tocophérols, ils sont aussi présents dans l’huiles vierge d’olive et de colza, les amandes, les noisettes, les cacahuètes et les épinards !

 

DE L’HUILE DE COLZA
Au delà de l’apport en oméga-3 d’origine marine (AEP et ADH présents dans le poisson), nous avons besoin d’une autre source d’oméga-3 : l’acide apha-linolénique (ALA) d’origine végétale.
Où trouver cette perle rare ? Facile ! Assaisonnez votre poke bowl avec une huile végétale de colza. Vous pouvez préférer l’huile de soja, de lin ou de noix.

 

SOYONS PURISTES à propos des oméga-3 ! Catherine Borie nous rappelle qu’il ne s’agit pas uniquement de se concentrer sur les apports en oméga-3. Il est question du ratio oméga-3 ET oméga-6… et il convient de « diminuer les omega-6 en augmentant les omega-3 pour avoir un ratio de 4 parts d’oméga-6 pour 1 part d’oméga-3″… NE ZAPPEZ PAS !!!!! Concrètement, Catherine nous donne la recette idéale de notre assaisonnement : « 1 cuillère huile d’olive pour 1 cuillère d’huile de colza = le bon équilibre oméga-6, 3 et 9 et vitamine E ».

 

DES GRAINES DE LIN
Saupoudrez votre poke bowl de graines de lin broyées (et non entières !), de noix, de graines de chia ou de chanvre : des oléagineux riches en oméga-3 (Toujours eux ! Les ALA d’origine végétale !)
Bonus pour les graines de lin riche en vitamine B9 et en antioxydants.
Saupoudrez ! Saupoudrez ! De noix du Brésil, d’amandes et de noix riches en magnésium, un régulateur de stress en préservant l’équilibre nerveux. Il serait également un booster de mémoire, selon le Pr Guosong Liu, directeur du Centre de l’apprentissage et de la mémoire à l’université de Tsinghua et co-auteur d’une étude menée sur des rats : « Notre étude suggère qu’un taux élevé de magnésium dans le cerveau, obtenu par supplémentation, pourrait être un nouveau moyen d’accroître ses capacités cognitives, conclut le Pr Liu. De plus, la moitié de la population des pays industrialisés est carencée en magnésium, et cela augmente avec l’âge. Cela pourrait très bien participer à la perte de la mémoire due à l’âge. Se supplémenter en magnésium pourrait prévenir la perte de mémoire. » Lire l’étude : ICI

 

 

DES BAIES DE GOJI ET DES CRANBERRIES
A la manière de la crèpe Gigi parsemée de pétales de rose tièdes, votre poke bowl se parsème de mûres, framboises, baies de Goji, cranberries (ou canneberges), groseilles et myrtilles : des fruits rouges frais ou secs riches en antioxydants.
Encore cette histoire d’antioxydants ? Mais ça sert à quoi d’ailleurs ? Notre cerveau produit des radicaux libres… Des substances causant des dégâts cellulaires, provoquant une baisse des capacités cognitives et de mémorisation.
Les végétaux colorés sont riches en antioxydants : alors on use et on abuse des tomates, des poivrons et des carottes dans son poke bowl !

 

 

ALORS !!! POKEZ EN 2019 !!!!
Ce n’est pas moi qui vous le dit… c’est votre cerveau !

 

 

Crédit photo : www.heartfoundation.org.au
Pour avoir la recette exacte de la photo : COOK HERE

Pourquoi tout le monde vous dit de « prendre une profonde respiration » ?

Cet article est une traduction libre d’un post
écrit
 par Rina Deshpande sur le blog de HeadSpace.
Avec leur aimable autorisation.

« Prendre quelques profondes respirations » pourrait être bien plus que des mots de bien-être en période de stress. La science montre que respirer lentement et profondément peut entraîner une réaction de relaxation dans le corps.

C’est facile de prendre le fait de respirer comme acquis – jusqu’à ce que vous soyez à court de souffle. Respirer est généralement un processus inconscient et involontaire. Dans les moments de stress important – faire une présentation, avoir une conversation difficile, être coincé(e) dans les bouchons alors que vous êtes en retard – vous pouvez remarquer que votre respiration devient peu profonde et irrégulière, votre pouls accélère et vous pouvez avoir la tête qui tourne un peu.

Réciproquement, même de légers blocages dans le système respiratoire peuvent conduire à un stress physique et psychologique. Ces symptômes de stress font partie de la réponse du système nerveux sympathique, connu également comme la réponse combat-ou-fuite *, faits pour nous aider à survivre dans des moments de menace.

* Note de Boîte Crânienne : il existe un troisième
mode de réponse. Pour en savoir plus,
lisez « La guerre des stress »

Vous trouvez peut-être que le simple fait de lire à propos du stress affecte votre respiration. Prenez une lente et profonde respiration. Puis une autre. Vous vous sentez mieux ? Si c’est le cas, la réaction de votre corps correspond aux résultats scientifiques actuels. Sur les dernières décennies, la recherche a montré qu’une respiration profonde et entière était connectée à la réponse du système nerveux neurosympathique, appelé également la réponse de relaxation.

Quels sont les mécanismes de la respiration ? La respiration humaine est le processus d’inspirer de l’oxygène et d’expirer du dioxyde de carbone.

Quand vous inspirez, un muscle en forme de voute, le diaphragme, placé sous les poumons, se contracte vers le bas. Cela crée de l’espace dans la poitrine et un effet d’aspiration dans les poumons pour recevoir l’air aspiré par le nez ou la bouche. Au travers d’un réseau de bronches, de poches d’air et de vaisseaux, l’oxygène est transporté dans le sang, vers le coeur et les tissus pour les maintenir en vie et en bonne santé.

Quand vous expirez, le muscle du diaphragme se détend en remontant. Les poumons se contractent dans un espace plus petit, le dioxyde de carbone, ou « gaz de déchets » et l’eau sont expulsés par le nez et la bouche.

La science indique aujourd’hui que ralentir et approfondir le processus respiratoire naturel tel que décrit plus haut peut vous aider à vous sentir plus calme. Dans la revue de 2009, les chercheurs de l’Université de Columbia ont découvert qu’une respiration lente et profonde était corrélée à une diminution du stress dans des groupes de personnes souffrant de stress post-traumatique tout comme dans des groupes de personnes en bonne santé qui étaient soumis à un stress quotidien. La plupart du temps, les signe de réduction du stress, tels que le ralentissement du rythme cardiaque alors élevé et la diminution de la pression sanguine, étaient immédiats.

Les résultats à long terme de la pratique d’une respiration profonde dans le contexte du yoga ou de la méditation montrent des diminutions d’une hormone du stress appelée cortisol, souvent associée vieillissement.

En d’autres termes, inspirer et expirer lentement et en conscience peuvent diminuer les symptômes du stress à travers différentes populations, non seulement sur le long terme mais de manière immédiate également.

La revue de Columbia précise que cela ne veut pas dire que nous devons éliminer nos réactions naturelles de combat-ou-fuite totalement mais plutôt que nous devons réserver cette réponse sympathique pour une menace sérieuse ou une forte émotion. Dans les moments comme ceux où nous manquons un appel téléphonique ou nous nous disputons avec un partenaire, nous pouvons apprendre à nous apaiser nous-mêmes en respirant profondément.

Parce que respirer est naturel depuis la naissance, il est évident que beaucoup d’entre nous n’ont jamais appris à respirer. Aujourd’hui, les données en faveur de la respiration profonde sont nombreuses. Selon la recherche, un contrôle conscient de la respiration est recommandé par les cliniciens et les personnels de santé pour aider la réduction du stress chez les enfants et les adultes.

 

Rina Deshpande est une professeure, une chercheuse et une auteure de yoga et de pleine conscience, basée à New York. Elle écrit pour sonima.com, l’Huffington Post, le « Learning and the Brain Blog » et « Research Schools International ». Vous pouvez retrouver ses poèmes insolites sur la pleine conscience @RinaThePoet sur Facebook ou rinadeshpande.com.
Ce texte a été écrit en partenariat avec Nike Training Club. Envie de débuter votre entrainement : téléchargez l’application NTC.

 

Credit Photo : HeadSpace
Want to read the post in English? Let’s do it! Why is everyone telling you to « take a deep breath »?

10 façons de bouger au bureau

Bouger ? Au bureau ?!… Pourquoi faire ?

Nous avons oublié notre condition de mammifères : nous sommes faits pour être en équilibre sur nos deux pattes arrière et non pour avoir le fessier vissé sur une chaise de bureau. L’industrialisation et le développement du secteur tertiaire nous ont donné l’impression d’une vie professionnelle physiquement moins maltraitante. Certes, nous avons gagné en confort, en douceur et très certainement en longévité… en longévité… il semblerait que cette tendance soit à la baisse.

Pourquoi ? « Sitting is the new smoking » : pour les Américains, la position assise a des effets tout aussi délétères que la cigarette. J’exagère ? A peine… il semblerait que la position assise que la majorité d’entre nous adopte pour travailler soit la cause de problèmes physiques : troubles musculo-squelettiques, douleurs lombaires, raideurs musculaires, tassement des vertèbres, compression des organes, dilatation abdominale… Une étude de 2011 publiée dans le très sérieux American Journal of Preventative Medicine montre qu’une position assise prolongée est corrélée à un risque accru d’être atteint d’une trentaine de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires et le cancer (notamment du colon).

Aux Etats-Unis, un individu type passe 21 heures par jour en position assise ou allongée pour 3 heures seulement à être physiquement actif. Le phénomène est tel que l’on parle de « maladie de la position assise » (Sitting disease) définie comme un comportement sédentaire majoritaire ayant des effets défavorables sur la santé.

Nous avons oublié que nous sommes des mammifères. Des mammifères qui se tiennent debout. Et encore mieux : des mammifères qui bougent. Nous sommes faits pour être en mouvement.

« Mais je fais du sport, moi !  5 fois par semaine ! » 

Malheureusement, The Journal of Medicine and Science in Sports and Exercise précise qu’il ne suffit pas de pratiquer un sport 5 fois par semaine pour contrebalancer le phénomène de l’“Active Couch Potato” (littéralement, une « patate de canapé » active. Une « patate de canapé » désigne une personne qui passe beaucoup de temps assise sur son canapé à regarder la télé ou à jouer).

« Quoi ???? WTF ??? Mais à quoi ça sert que je bouge mon boul’
dans des cours surpeuplés de zumba ?
Que je TRX au CMG ? Que je sue dans ma tenue Repetto ? »

On respire par le museau et on reprend les fondamentaux : il est médicalement reconnu, pour ne pas dire scientifiquement prouvé, que pratiquer une activité physique modérée à intense 3 à 5 fois par semaine est recommandé pour avoir et maintenir une bonne santé. Or… une personne qui pratique une activité sportive 3 à 5 fois par semaine mais qui a, par ailleurs, un style de vie très sédentaire et une position assise privilégiée encourt les mêmes risques de la « maladie de la position assise » qu’une personne totalement sédentaire.

Reprenons donc un principe encore plus fondamental : se tenir debout. Un peu tous les jours. « Standing is the first step» : se mettre debout est la première chose à faire.

Concrètement, je fais comment dans mon boulot ??

Les 10 façons simples pour retrouver le mammifère dans l’ « homo assiens » que nous sommes devenus :

1- Privilégiez les tables hautes pour travailler debout. Allez faire un tour du côté de la cafét’ ou de la machine à café : il devrait avoir un ou deux spécimens de ce genre de table. Et hop ! Vous en embarquez un pour poser votre ordinateur, vos manuels ou votre carnet de notes. Petit bonus : on me dit dans l’oreillette que quelques centaines de calories sont dépensées en travaillant debout.

2- Adoptez une « bonne » position : bonne pour votre posture. Les pieds écartés de la largeur de vos hanches, le poids bien réparti sur les plantes de pieds (légèrement vers l’avant des pieds). Pour celles (et ceux !) qui auraient tendance à se cambrer, exercez une rétroversion du bassin en poussant légèrement votre pubis vers l’avant. Epaules en arrière et basses : c’est parti ! (Si vous voulez une video de cette posture à adopter, tapez 1 dans les commentaires !)

3- Prenez les escaliers pour aller voir Mireille à la compta. En dessous de 3 étages à monter ou à descendre, faites-en un principe : utilisez vos jambes ! Haro sur l’ascenseur !

4- Déplacez-vous au lieu d’envoyer un mail ou de composer le numéro de poste de Roger avec qui vous préparez une présentation client. 2 avantages : une source réduite de mal-entendus pour un mal-dit et quelques nombres additionnels à votre podomètre intérieur. Vous avez besoin de tout consigner par mail ? Faites-le a posteriori en ayant clarifié de vive voix une situation et… ayant gagné des points de vie !

5- Mettez-vous debout et faites quelques pas pour réfléchir. Vous avez entendu parlé de l’effet Dali ? Non ? Pour rattraper cette énorme lacune qui va changer votre vie : Se laver les dents permet d’avoir des idées de génie. Vous bloquez sur le plan de votre présentation ? Quelques pas dans le couloir. Vous ne comprenez pas comment appliquer concrètement la nouvelle stratégie du groupe ? Le tour du bâtiment en marchant. Vous faites face à une relation client très compliquée ? Allez à la boulangerie du coin plutôt qu’au distributeur. Vous activez ainsi des capacités non conscientes de votre cerveau pour comprendre des situations complexes, trouver des solutions et avoir des idées innovantes !

6- Faites des réunions pop-corn ! Tous debout pour 10 minutes-chrono  ! Vous luttez contre la maladie de Monsieur Patate et vous créez des conditions d’efficacité maximale : quand on a 2 minutes chacun pour faire un point projet, on pense OM ! On pense donc droit au but : chacun est centré sur l’objectif. A bas la réunionite aigüe !

7- Marchez en rentrant à la maison : vous le savez… oui… on vous l’a dit et répété : descendez une station de métro ou de bus avant la vôtre. Vous l’avez lu et relu… mais… l’avez-vous déjà expérimenté ? Quoi ? Vous rentrez en voiture que vous rangez dans votre allée ? Allez chercher du pain à pieds ou garez vous au bout du parking de votre hypermarché préféré.

8- Asseyez-vous sur un ballon géant pour travailler. Celui que votre compagne a utilisé pour sa préparation à l’accouchement ou sur lequel vous vous couchez pour travaillez vos abdos. Pour tester cette assise, il faut garder en tête 2 principes. Le premier principe : choisissez un ballon chez Décathlon ou Go Sport. Pour une vingtaine d’euros, vous testez. Si vous aimez, il sera bien temps d’investir dans des ballons plus haut de gamme. Le deuxième principe : au début, testez cette position en équilibre une heure par jour. Une heure d’affilée et par jour. Pas plus. Cette position en équilibre instable nous force à gainer notre abdomen et à travailler notre point de gravité. Placez vos pieds bien à plat sur le sol et maintenez une position stable pour travailler.

9- Faites quelques mouvements : marcher, c’est bien. Ça permet de mobiliser les membres inférieurs. Pensez à vos bras et à votre buste. Si vous êtes adeptes de yoga, pratiquez des postures d’ouverture de la poitrine et des épaules. Si le yoga ne vous dit rien (dans tous les sens du terme), étirez-vous ! Comme si vous veniez de vous réveiller d’une longue sieste ! Les bras en l’air, penchez-vous à droite puis à gauche. Imaginez que quelqu’un vous tire par une main pour vous étirer de chaque côté.

10- Pratiquez la Power Pose : mettez-vous debout les bras en l’air en position du vainqueur qui passe une ligne d’arrivée ou mettez vos mains sur les hanches. Écartez vos pieds de la largeur des hanches. Maintenez cette position pendant 3 minutes. Cette position a le mérite de vous sortir de cette position trop souvent adoptée : vous êtes recroquevillés sur votre chaise, téléphone en les mains, avant-bras posés sur les cuisses et jambes croisées. Savez-vous qu’une étude a été menée sur l’impact de ces différentes postures ? Amy Cuddy a montré combien la Power Pose diminuait le taux de cortisol (que je vais qualifier grossièrement d’hormone du stress) et augmentait le taux de testostérone (l’hormone de la puissance). Adoptez cette position pour vous remettre en énergie et pour booster la confiance en vous avant un entretien ou une présentation à enjeu. Aux toilettes. Ou dans une salle d’attente en faisant quelques pas.


Alors… vous allez faire aujourd’hui, chers Happy Brainies?

Moi, je vais rentrer à pieds. J’ai des baskets dans mon sac qui va accueillir mes talons-de-dame en retour.
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre cerveau : bouge ton boul’ !

Vous souvenir des prénoms et des noms

« Comment faites-vous pour vous souvenir de mon prénom et de mon nom ? Vous m’avez vue une fois il y a 4 ans… Enfin, vous m’avez croisée seulement et vous vous souvenez de mon nom… Je suis épatée ! »

Moi, j’ai une très mauvaise mémoire des noms… et pourtant je ne souffre ni de prosopagnosie (trouble de la reconnaissance des visages), ni d’anomie (incapacité à nommer des personnes), ni de manque d’intérêt pour mes congénères. J’ai simplement une très mauvaise mémoire des noms alors que je reconnais le visage des personnes qui les portent.

Il est question de mémoire dans cette marque de considération que nous voulons donner en appelant une personne par son prénom et son nom. Une attention respectueuse et bienveillante qu’il est important pour moi de manifester.

Alors j’ai trouvé un moyen de mémoriser le prénom et le nom des personnes que je rencontre.

Je vous livre un outil mnémotechnique que j’utilise et qui fait appel à un des leviers mnésiques les plus puissants : donner un sens aux informations que l’on doit retenir. Le sens le plus personnel, le plus créatif et le plus émotionnel possible.

 

nadia-medjad

Imaginez que vous rencontrez le docteur Nadia Medjad en décembre 2010.

Le docteur Medjad est médecin de formation, passionnée de neurosciences, experte en management du stress et de l’attention à l’ère digitale.  

Comment ancrer son prénom et son nom dans votre mémoire ?

 

 

Nadia-Medjad


Son prénom
: elle porte un sautoir à grosses perles rouges qui me font penser à une danseuse russe.
Russe… NADA… Nadia !

Son nom : le docteur Medjad met l’accent sur le fait qu’aujourd’hui, on connait mieux le fonctionnement du cerveau mais jamais totalement.
Mais jamais… « Mais-Ja »… Medjad

Sa formation : à la place du micro qu’elle tient à la main, j’imagine un stéthoscope.
Stéthoscope… Médecin !

Son domaine d’intervention : ses cheveux frisés et volumineux me font penser à un cerveau.
Cerveau… Neurosciences ! 

Notre date de rencontre : Noël est bientôt là et ses boucles d’oreilles rondes me font penser à des boules de décoration de sapin. Les zéros de la date m’évoquent ces mêmes décorations et le « 1 » représente le sapin.
Noël… 010… décembre 2010 !

 

Vous que j’ai rencontré(e)s ces dernières années, je dois vous avouer deux choses :
– Je vous mets ainsi en scène pour me donner une chance de me souvenir de vos prénom et nom. Je fais toujours un petit dessin pour illustrer cette mise en scène, ne serait-ce qu’un seul élément : un sapin, un nuage, un téléphone.. Ce dessin, même très simple, me sert d’indice pour retrouver l’histoire que j’ai imaginée et ancrer ainsi votre nom dans ma mémoire.
– Je retiens surtout votre prénom. Il est rare que j’arrive à me souvenir des noms de famille. Mais j’y travaille !

Alors… les Happy Brainies , si vous avez « une mauvaise mémoire » des noms et que vous avez envie d’appeler une personne que vous reconnaissez, essayez ce moyen mnémotechnique !

Et si vous avez un truc-à-vous pour vous souvenir des prénoms et des noms, je suis preneuse !

 

Crédit Photo : Harcourt Studio
Dessin : Boîte Crânienne

Je suis le maître du monde…. dans ma salle de bain !

Si vous voulez savoir comment, en une seule nuit, on peut passer de « maître en soutenance de mémoire » à « lapin dans les phares muet et paralysé »… lisez ce qui suit et découvrez 3 indices pour rester un Super Cerveau !

Demain, je présente mon mémoire devant un jury de 10 personnes. Aujourd’hui, je répète ma présentation dans ma salle de bain. Oui, si vous me suivez, la salle de bain est un lieu particulier pour moi… 😊 Sans vouloir me vanter, je suis plutôt bonne : le plan est structuré, j’ai une introduction qui déchire, je fais même deux ou trois brins d’humour… En quelques mots, je suis le maître du monde et écarte les bras version « Leonardo di Caprio à la proue d’un bateau » et entendrais presque Céline Dion hurler que mon coeur continue de battre.

Demain, c’est aujourd’hui.

Et aujourd’hui, dans cette salle que je ne connais pas, face à ces gens que je n’ai jamais vus, sans note sous les yeux parce que c’est la consigne, je ne me souviens plus de rien et ne trouve plus mon souffle. Mon coeur s’est tellement emballé que j’entends ses battements forts. J’ai l’impression d’être un lapin dans les phares de ces 20 yeux qui sont braqués sur moi. Je sors de la salle : je suis déçue, triste et en colère. Et d’autant plus qu’hier, dans ma salle de bain, j’étais le maître du monde et présentais mon mémoire avec prestance, brio et panache. WTF !!!! Que s’est-t-il passé ??

2 EXPLICATIONS et 3 INDICES pour conserver notre costume de Suuuuper Cerveau !!

EXPLICATION N°1
Jouez au jeu des différences

Quelle est la différence flagrante entre ma salle de bain (ou mon salon ou ma chambre) et une salle d’examen (ou un bureau de maître de conférences ou une salle de réunion)… tic… tac… tic… tac… La réponse est : le nombre de coeurs qui battent dans la salle ! Quand je répète mes cours ou ma présentation, je suis seul(e). Et quand je soutiens un mémoire ou passe un examen, je le fais devant un autre être humain !!! Voire plusieurs !!!

Je vous ai déjà parlé de moi ? A part le post sur Pokemon Go et ma double vie de Maîtresse K ?

Ma conviction est celle de l’inscription indissociable d’un individu dans son environnement qu’il soit social, professionnel, amical ou familial. Nous sommes des êtres de rapports, de liens, de relations. Une manière de m’intéresser aux rapports entre les hommes a été de me pencher sur des règles qui gouvernent ces rapports : j’ai suivi une formation en droit. Puis, j’ai voulu comprendre le fonctionnement psychique et les comportements en étudiant la psychologie. Au carrefour de ces deux disciplines est la criminologie : l’étude du phénomène criminel. Je suis devenue profiler psychologique. Ou plutôt profiler relationnel. Parce qu’il est toujours question de relation à l’autre et à son environnement. Prenez un criminel et placez le dans une grotte, sans aucun contact avec d’autres hommes…. il n’y a pas de crime, pas de victime et il n’y a pas de criminel.

Et c’est là, le secret : nous sommes des êtres de relation, des êtres de lien, des êtres de contact. Et nous oublions parfois cette dimension relationnelle dans nos activités d’étudiants ou de professionnels. Ça se confirme parfois : « L’enfer, c’est les autres » ! 😱 C’est vrai en constatant que c’est face à cet autre/ces autres que nous perdons nos moyens, ressentons les effets du stress et sommes clairement moins bons qu’à « l’abri de notre chambre verte »

L’indice N°1 : tirer parti de cet apparent désavantage en faisant un avantage de la présence de l’autre. C’est en nous mettant en lien avec un examinateur, en contact avec le jury ou en relation avec un public que nous allons gagner en confort.

En nous souvenant que nous sommes des icebergs qui se rencontrent sous la surface de l’eau, nous pouvons nous mettre en lien avec l’autre sur un terrain universel : l’émotion ! Quand on sait se servir de ses émotions pour rendre son discours le plus personnel possible, on touche l’autre directement au coeur. Avec deux conséquences positives : on gagne en confort (on est moins stressé) et on embarque nos profs ou nos auditeurs dans notre présentation.

EXPLICATION N°2
Comment le lieu de répétition peut être un trou… de mémoire !

Quand on révise un cours, on a tendance à le réviser dans sa chambre, dans le salon ou dans sa salle de bain (oui… vous commencez à me connaître). Réviser un cours, préparer  une soutenance de mémoire ou d’une proposition commerciale, peaufiner la présentation d’un rapport de stage ou du rapport financier de l’année : même combat !!! Nous faisons travailler nos neurones : nous faisons appel à notre mémoire de travail pour organiser les informations, organiser des stratégies, nous rappeler de détails et tâchons de stocker des données dans notre mémoire à long terme. Pour mémoriser, nous répétons. Et très souvent dans un seul et même lieu.

Ce lieu devient alors un point de référence pour les mécanismes mnésiques à l’oeuvre : sans nous en apercevoir, la fenêtre est un repère qui appelle le premier chapitre ou le premier slide, la poignée de la porte ouvre la conclusion… Notre cerveau va construire de petites ancres invisibles dans notre environnement pour « accrocher » une idée, un concept, un titre. Un peu à la manière d’un palais mnésique, notre processus d’apprentissage et de mémorisation va s’attacher à des points fixes de l’environnement. Sortis de cet environnement, nous sommes dépourvus de ces repères et perdent le fil de notre restitution. Dans une salle d’examen ou dans un bureau autre que le nôtre, notre cerveau ne retrouve plus les ancres plantées précédemment dans le décor.

Et là, vous pourriez me dire… Dis donc, Boîte Crânienne, j’ai suivi un atelier avec toi sur la mémoire et tu nous as vanté les mérites du palais mnésique. D’ailleurs, j’ai testé et ça marche carrément bien ! Alors… pourquoi ça devient un problème dans le cas présent ? Hein ? Pourquoi ??

Parce que la technique de mémorisation n’est justement pas celle du palais mnésique. Le stockage des données a été réalisé sans avoir conscience des liens faits entre la fenêtre et le premier chapitre, la poignée de la porte et la conclusion. Nous avons appris sans avoir conscience que notre cerveau s’appuyait/s’ancrait sur des éléments physiques pour mémoriser. Et ça… c’est une des causes de notre perte !

L’indice N°2 : avoir un lieu de prédilection et des tas de lieux d’expérimentations (c’est-à-dire ne pas avoir de lieu particulier pour répéter une présentation ou réviser un cours)

Notre lieu de répétition a une autre dimension d’ancrage : un ancrage mental et émotionnel. Dans notre salon ou notre salle de bain, nous sommes détendus-détendus-détendus (comme dirait Gridou, une de mes étudiantes) !

En tous cas, nous devrions l’être parce que ICI et MAINTENANT, dans notre salle de bain ou notre salon, il n’y a aucun enjeu. Allez, hop ! Une petite piqure de rappel qu’un cerveau stressé est un cerveau qui vit dans le passé (« J’ai assez travaillé le sujet ? »… « Si j’avais su, j’aurais validé le plan plus tôt »… « Si c’était à refaire, je réviserais avec mon binôme…. ») ou se projette dans le futur (« Je vais mourir de peur devant les 10 jurés »…. « Et si je perds tous mes moyens »… « Et si je rate ma prestation ? »…) : bref, un cerveau stressé est un cerveau qui souffre de jetlag !

Donc… normalement, nous sommes détendus dans ce lieu de répétition et notre cerveau peut alors déployer ses ailes de Super Cerveau : créatif, pertinent, connaissant plein de choses, se souvenant de plein d’autres choses et faisant de liens entre elles. L’endroit où nous révisons ou répétons devient un cocon rassurant et apaisant. Sortis de cet environnement, nous perdons la sensation associée et bien souvent nos moyens ! Bref, nous prenons de plein fouet la situation présente comme un facteur de stress important :  et ici, l’enjeu est important. On ne joue pas sa vie mais tout de même : il s’agit d’une soutenance de mémoire, d’un examen de fin d’année ou d’une présentation de dossier. On doit bien l’avouer, on est un peu stressé. Et être enfermé dans un endroit moins agréable que notre-chez-nous, voire dans un lieu totalement inconnu, nous rend les choses encore plus compliquées !

 L’indice N°3 : emporter sa chambre ou sa salle de bain pour passer un examen ou soutenir un mémoire. Vous avez bien lu : emporter ce lieu sécuritaire et sécurisant avec soi. Et hop ! Bon… Peut-être pas TOUTE la chambre ou la salle de bain, mais un objet qui la symbolise. 

Envie d’en savoir plus pour rester un Super Cerveau ? Continuez à suivre Boîte Crânienne avoir d’autres indices…

 

Illustration de Greg Guillemin / “Secret life of heroes”

Bouge ton cerveau !!!

 L’activité physique nous rend plus intelligents et plus heureux…. C’est vrai ??!! Voyage au coeur du cerveau et des cours de gym avec la Lucy Liu des neurosciences : Dr Wendy Suzuki, professeure en neurosciences à l’université de New York et auteure de « Bouge ton cerveau ».

 

« Pourquoi l’activité physique nous rend-t-elle plus intelligents et plus heureux ? » Telle est la question traitée lors de l’émission « Grand bien nous fasse » du 20 septembre 2016 sur France Inter. En compagnie du psychiatre Christophe André, Wendy Suzuki répond, dans un français parfait, aux questions d’ Ali Rebeihi. Ce post reprend ses réponses, s’appuie sur son intervention au TED d’Orlando (« Exercice and the brain ») et sur l’after-work du 21 septembre dans les locaux de Paris Pionnières au cours duquel elle présentait son livre.

L’activité physique réduit la mortalité et allonge l’espérance de vie. Il existe aujourd’hui un consensus du corps médical concernant les bienfaits de l’activité physique et les impacts positifs sur la tension artérielle, le diabète, certains cancers….. Cela fait bien longtemps que médecins et chercheurs ont compris l’importance de l’exercice physique en matière de santé : déjà en 1843 en Angleterre, ils constatent que le taux de moralité est plus élevé chez les personnes sédentaires que chez les personnes qui ont un travail physique.

L’activité physique n’améliore pas seulement notre santé « corporelle », elle engendre également des modifications positives dans notre cerveau : le niveau de production des neurotransmetteurs (sérotonine, noradréanline…) augmente après une activité physique. Mais pas que ! L’activité physique « donne plus de puissance au cerveau » en améliorant la neurogénèse : elle favorise l’apparition de nouveaux neurones dans le cerveau notamment dans l’hippocampe, une structure du cerveau impliqué dans le processus mnésique à long terme. On sait également que l’hippocampe a un rôle dans la créativité et l’imagination. Comment le sait-on ? Parce que, explique Wendy Suzuki, les patients souffrant d’une altération de l’hippocampe ont des difficultés à s’imaginer une situation nouvelle. A la consigne « Décrivez une plage tropicale » (endroit où ils ne sont jamais allés), les patients sont incapables de s’imaginer l’endroit et de le décrire. De la même manière, ils rencontrent d’importantes difficultés à créer des liens entre des concepts.

J’adore l’histoire personnelle que nous raconte Wendy Suzuki : à l’aube de ses 40 ans, elle prend conscience du vide de sa vie sociale et intime alors que sa vie professionnelle est remplie et réussie. Si elle dirige brillamment un laboratoire de neurosciences à l’université de NewYork, sa vie personnelle est « une ville fantôme », « une ville abandonnée dans un film de cow-boy » pour reprendre son expression. Sa vie n’a pas de sens et l’aiguille de sa balance affiche un bon + 10 kilos…. Elle débute la pratique de la gym mais pas n’importe quelle gym : elle prend des cours d’IntenSati avec sa créatrice Patricia Moreno : des mouvements de danse, de yoga et d’arts martiaux pratiqués en énonçant à voix haute des affirmations positives telles que « Je suis forte », « Je suis puissante »…..  Wendy constate que son humeur est meilleure après chaque session d’IntenSati et commence à s’interroger sur l’influence de la pratique de cet exercice physique. L’exercice physique favorise la fabrication des neurotransmetteurs liés à la récompense, au plaisir et au bien-être émotionnel.

« Note pour plus tard » : 
@@@ Comme l’a fait remarquer une participante hier soir lors de la soirée de présentation du livre « Bouge ton cerveau », il est opportun de s’interroger sur les paramètres combinés de la pratique qu’a choisi Wendy. Trois dimensions se dégagent de la pratique d’IntenSati : une dimension physique, une dimension collective (le sport est pratiqué en groupe) et une dimension valorisante (les affirmations positives). Wendy répond à cette question par la prise en compte systémique de cette pratique : tous ces paramètres sont à prendre en compte. Et je réponds à mon besoin de rigueur scientifique par cette pensée : toute activité physique ne se résume pas à une simple mise en mouvement du corps et revêt d’autres aspects intrinsèques à la pratique. Que ce soit en groupe ou seul, chez soi ou dans une salle, en ville ou à la campagne, à la pause déjeuner ou le week-end…. toute activité physique porte en elle d’autres dimensions importantes pour nous (convivialité ou recueillement, cocooning ou socialisation, bulle d’oxygène ou parenthèse organisée, habitude environnementale ou dépaysement….). Toutes ces dimensions sont à prendre en compte comme autant de paramètres importants dans l’analyse de conséquences. Et aucune activité physique ne saurait être dépourvue de ces dimensions. @@@

Reprenons, les happy brainies !

Wendy Suzuki ressent le besoin impérieux de « connecter corps et esprit », une dimension essentielle qu’elle a oublié de par sa vie professionnelle prenante. Elle est convaincue de l’existence du « lien très fort, inextricable entre corps et esprit ». Il lui a fallu un an, un an et demi, pour constater les effets de l’exercice physique sur les mécanismes cognitifs. La professeure prend conscience qu’elle a plus de facilité à rédiger : une activité récurrente et importante dans l’exercice de sa profession et qui était source de difficulté pour elle. Wendy Suzuki se rend compte qu’il lui est plus facile de se concentrer, de faire des liens entre des concepts et de mémoriser des informations.

Elle comprend que c’est son changement d’habitude de vie (la pratique d’une activité physique) qui a permis cette évolution. « C’est le déclic qui m’a permis de voir le lien entre corps et cerveau ».

Wendy Suzuki se remémore les travaux de Marion Diamond, une pionnière dans les recherches en neurosciences dans les années 50 et 60, qui fut son professeur.  Ses travaux s’appuient sur l’observation de rats placés dans deux environnements différents : les premiers vivent dans un sorte de « Disney Wolrd  pour rats» rempli de jouets et de stimuli physiques en compagnie d’autres rats, les autres sont enfermés dans une cage dépourvue de matériel et en pauvre compagnie. Les premiers rats occupés à courir, à escalader et à sauter partout voient leur cortex épaissir significativement. Contrairement à celui de leurs compagnons infortunés. Cette expérience et les résultats qui en sont tirés mettent en avant l’influence du paramètre « activité physique » et c’est sans compter, selon moi, sur le caractère stimulant de l’environnement (au sens large et pas seulement physiquement : les différents éléments présents dans la cage offrent une stimulation visuelle, sensitive, auditive…) et la dimension inter-relationnellle des échanges avec les autres rats présents. Il n’en reste pas moins qu’un des paramètres présents et différentiels est celui de l’activité physique et c’est ce qui intéressa Wendy au regard de l’expérience personnelle qu’elle vivait.

Et Christophe André de préciser à l’antenne de France Inter : « Dans la vie, il y a des choses qu’on sait. On a un savoir. Puis tout à coup, on les comprend parce qu’on fait une expérience personnelle. Avec les émotions. Le corps… tout… et tout bascule Et on se met à appliquer des théories qu’on connaissait mais que l’on regardait de loin. » Wendy Suzuki a fait cette expérience et nous parle de changement de paradigmes : après un changement de vie personnelle vient un bouleversement méthodologique dans son univers d’enseignant. Elle souhaite faire pratiquer du sport à ses étudiants avant chaque cours académique. Elle propose alors un cours qui s’intitule : « Can exercice change your brain ? » (L’exercice physique peut-il transformer votre cerveau ?).

Wendy souhaite proposer un cours de gym à ses étudiants avant de dispenser un cours académique et demande à l’université de lui détacher un professeur de sport. Fin de non recevoir pour Wendy qui décide alors de devenir instructrice et suit une formation de 6 mois. Pendant un semestre, les étudiants de ses cours pratiquent l’IntenSati avant de suivre un cours classique sur les neurosciences. Wendy analyse leurs progrès en performances mnésiques et attentionnelles grâce à des tests réalisés « avant » et « après » ce semestre hors du commun. Elle compare les résultats à ceux d’un groupe de contrôle qui a suivi seulement les cours d’enseignement classique. Les tests de mémoire révèlent des scores meilleurs et des temps de réponse plus rapides pour le groupe test. 

Wendy met à jour une amélioration significative de l’encodage des informations à stocker dans la mémoire à long terme. Si de nombreuses études ont été faites sur les personnes âgées, cette observation est l’une des premières réalisée sur des sujets jeunes. Un autre changement de paradigme s’opère : le sujet d’études du laboratoire de recherche de Wendy Suzuki sera désormais l’influence de la pratique de l’exercice physique sur le cerveau.

Les personnes âgées qui ont pratiqué une activité physique régulière tout au long de leur vie ont une perte du tissu cérébral moins importante que les personnes sédentaires et ont de meilleures performances cognitives. » (Etude de l’Inserm publiée en mars 2008). L’exercice en aérobie améliore les performances cognitives des personnes âgées.

Aéro-what ??!!
Une activité en aérobie est une activité d’intensité modérée sur une période longue : marche, jogging à allure modérée, natation, cyclisme…, une activité au cours de laquelle nous pouvons parler (mais pas chanter !) ). Si une activité en aérobie est une activité d’endurance,  une activité en anaérobie est un effort en résistance de courte durée (un sprint par exemple).

Et Christophe André de préciser que le sport fait partie « des comportements de santé », c’est-à-dire des comportements qui favorisent la santé au même titre que l’exercice physique, la méditation, l’alimentation et les liens sociaux agréables. Il est important, selon moi, de garder en mémoire que ces habitudes de vie dépendent de nous ! Certes, notre santé est impactée par notre environnement (pollution, épidémie…) et par notre patrimoine génétique. Mais il convient d’utiliser la marge de manoeuvre qui est la nôtre pour la préserver et l’améliorer. En l’espèce, notre marge de manoeuvre est : nos habitudes de vie 🙂

Se bouger ??? Ca veut dire quoi concrètement ? 
Respirez par le nez ! Il n’est pas question de courir 40 km par semaine !

Voici les 3 niveaux du « Bouge ton corps » :
– suivre un entrainement sportif ou la recherche de performance dans le but d’atteindre un objectif (marathon, compétition…..)
– pratiquer un exercice physique : trottiner avec des amis lors d’un jogging en forêt, faire du vélo en papotant….
– se servir de son corps : marcher, jardiner, monter les escaliers…

Petit padawan, de ton corps se servir, pour les bienfaits va suffire ! 

Descendre une station de métro ou de bus avant la sienne pour marcher un peu (et peut-être chasser des Pokemon…. :-)), prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, jardiner, jouer au foot avec votre petit neveu ou danser avec votre grande tante…. TOUT EST BON ! 

Nous avons de la chance !!! Une étude récente sur les effets de la marche vient appuyer les conseils de Maître Yoda. Il semblerait que l’augmentation de l’humeur soit plus importante dans le cadre d’une pratique de la marche régulière que dans celui de la course à pieds. Héhé ! Plus aucune excuse pour bouger son corps !!!! Si ce geste des plus simples, le premier des actions coordonnées, cette action que l’on guette chez les petits enfants comme marqueur de leur développement, est une pratique physique idéale : LET’S WALK !!!!!

Bien-sûr, l’idéal de l’idéal est une pratique de la marche durant une ou deux heures dans un environnement naturel… Oui… Bien -sûr… Mais vous n’allez pas vous en sortir comme ça, les brainies !!!! Je vous rappelle qu’il est important de nous remettre aux commandes et de nous emparer de nos marges de manoeuvre ! Alors… Y a-t-il un pilote dans l’avion ??!!   … Marcher dans une ville, même polluée, même bruyante… est BON pour notre santé. « Il est toujours toujours bon de marcher », nous rappelle Christophe André lors de cette émission de radio.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ?
L’exercice physique en aérobie entraine des modifications anatomiques, physiologiques, neurochimiques et comportementaux. Rappelons que la pratique de cet exercice physique est : un facteur de croissance des neurotransmetteurs, d’épaisseur du cortex (notamment pré-frontal) et de genèse des neurones.

Pendant l’exercice physique, le corps produit une protéine dite neurotrophique : le BDNF (brain-derived neurotrophic factor) qui favorise la mémorisation et renforce l’acuité mentale. Cette protéine est active dans le prosencéphale basal, le cortex et l’hippocampe : aires essentielles pour l’apprentissage et la mémoire (entre autres fonctions cognitives).

Mais… j’y pense… Il me semble bien que le sport augmente le niveau de cortisol (l’hormone du stress)…. Et c’est bon pour notre corps et notre cerveau ??!! Avec une pratique régulière d’un sport en aérobie, nous allons augmenter votre seuil de tolérance au cortisol et devenir Stress Proof (ou de véritables Stress Fighters comme dirait mon amie SanBo de EfferveScience !) Une hypothèse concernant l’augmentation de notre seuil de tolérance au stress  s’appuie sur la croissance des récepteurs au cortisol qui vont « l’emprisonner » en le fixant, conduisant à une diminution de la réponse physiologique au stress. Cortisol ou pas cortisol… le sport est un excellent anti-stress :  on en parle en détails dans un prochain post 🙂

Le sport permet de retarder la perte de mémoire liée à l’âge. En vieillissant, l’hippocampe se rétrécit, ce qui provoque des pertes de mémoire. Comme cette zone génère aussi la production de neurones tout au long de notre vie, l’exercice physique va favoriser cette production.

Déjà en 2010, une étude américaine montre que l’exercice physique permet d’augmenter la taille de l’hippocampe, même quand il a déjà été diminué par l’âge. Pour ce faire, les chercheurs ont divisé un groupe de personnes âgées en deux. La moitié a eu à faire 40 minutes de marche sur une piste, trois fois par semaine; l’autre moitié s’est contentée d’exercices de stretching. Résultat au bout d’un an : les personnes qui marchaient ont vu le volume de leur hippocampe augmenter de 2% environ. Les autres ont vu ce volume diminuer, mais la diminution était moins marquée chez les personnes qui étaient plus actives et plus en forme avant le début de l’expérience.

Alors… comme dirait Wendy Suzuki : « Who wants to go to the gym? » Ce n’est pas elle qui le dit : c’est son cerveau !!!

Je dors… donc j’apprends

Inutile de faire une nuit blanche ou de se priver d’une sieste pour réviser ses cours. Dormir est indispensable pour apprendre. Mais non… il n’est pas question d’écouter en boucle un podcast pendant la nuit ! Il est question du rôle essentiel du sommeil dans le processus d’apprentissage. Alors… dormez tranquille : votre cerveau travaille pour vous !

Nous passons un tiers de notre vie à dormir : le saviez-vous ? Le sommeil est une de nos fonctions vitales, au même titre que la respiration ou la digestion. Il y a cependant une différence essentielle entre le cerveau, les poumons et l’estomac ! Pendant le sommeil, estomac et poumons ralentissent leur activité alors que le cerveau continue de fonctionner de manière intense. Pendant le sommeil, le pouls et la respiration ralentissent, la tension artérielle diminue, le tonus musculaire est amoindri, la température corporelle baisse. Pendant le sommeil, il est un organe qui continue de travailler : notre cerveau ! Mais que fait-il donc pendant la nuit ??!!

Notre cerveau fait le ménage ! Il range un peu toutes les informations qu’il a traitées au cours de la journée. Il trie, efface, stocke dans le grenier mnésique, élimine les toxines… Bref, notre cerveau fait un grand ménage de printemps pendant que nous dormons.

Le grand ménage de printemps en 5 coups (de balai !) : 

1- Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle il nous arrive parfois de nous réveiller avec une idée claire et précise d’une équation de maths qui nous avait échappée la veille ou du plan de mémoire sur lequel nous butons depuis des jours.

2- Notre cerveau stocke dans la mémoire à long terme le cours de maths ou le nouveau digicode. Allez hop ! Dans le grenier mnésique : l’endroit où il convient de conserver les choses importantes pour longtemps ! Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit.

3- Notre cerveau fait du tri en se débarrassant des informations inutiles : notre cerveau trie les informations traitées dans la journée : il sélectionne les informations à mémoriser et efface celles qui n’ont pas d’importance (comme la couleur du pull de la prof de maths ou l’heure à laquelle le digicode a changé).

4- Notre cerveau crée des liens entre les informations, c’est-à-dire entre les nouvelles informations à retenir et celles déjà stockées : le cours de maths d’aujourd’hui ET celui de la semaine dernière, le digicode ET la date de naissance de ma grand-mère (ce sont les mêmes nombres en retirant 1 au mois et au jour !). Notre cerveau regroupe les informations sélectionnées entre elles. C’est un peu comme si nous avions alors plusieurs chemins pour accéder à une même information ! Un processus génial impliquant les traces mnésiques dont je vous parlerai dans un autre post 🙂

5- Notre cerveau se régénère, répare ses cellules et élimine les toxines. Un nettoyage complet ! Saviez-vous que certaines cellules rétrécissent de plus de la moitié (jusqu’à 60% de leur taille) pour faciliter ce nettoyage ? « La nature récupératrice du sommeil résulterait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuronale qui s’accumulent pendant la période d’éveil », dixit le Dr Nedergaard (Université de Rochester).

Hum… J’ai 2 questions alors…. Pas vous ?!!

Question N°1 :
Maintenant que je sais tout ça… j’en fais quoi ?? Quelles conclusions en tirer ?? Un conseil pratique pour moi qui suis étudiant par exemple ?

Question N°2 :
Par simple curiosité, ça marche comment ce grand nettoyage de printemps nocturne et quotidien ? On le sait ?

Les réponses !
Différentes études mettent en évidence le lien entre le sommeil et le processus cognitif de mémorisation. Elles s’appuient sur des tests permettant de démontrer la différence de performance entre un apprentissage suivi d’une phase de sommeil et un autre avec peu, vire pas de phase de sommeil. Dormir moins de 5 heures par nuit a un impact négatif sur nos capacités de mémorisation et cause des troubles de l’apprentissage.

Concrétement : il faut dormir entre 7 et 8 heures par nuit. Disons qu’il faut dormir suffisamment (pour ne pas contrarier les mini-dormeurs qui se contentent de moins) 😉

Le lien entre sommeil et apprentissage est évident et cliniquement prouvé. Cependant les études ne sont pas formelles sur le mécanisme à l’oeuvre.

Les études montrent qu’à chaque stade de sommeil, correspondrait une forme de mémoire.
– Sommeil léger puis profond (c’est le sommeil qui fait suite à l’endormissement) = travail de consolidation de la mémoire déclarative (mémoire de nos souvenirs et de nos connaissances)
– Sommeil paradoxal = travail de consolidation de la mémoire procédurale (mémoire de nos habiletés motrices et perceptives)

Peut-être serait-il question de ne plus être soumis à des stimuli extérieurs ? Quand nous dormons, nous ne sommes pas soumis à un environnement qui sollicite notre attention. Le cerveau pourrait ainsi se « concentrer » sur les informations qu’il doit conserver et celles dont il n’a pas besoin. Il est un peu tranquille et au calme ! 😉

Il serait également question d’ « étiquettage » des informations : pendant la journée et au moment de l’aprentissage, l’hippocampe marquerait les informations importantes avec des sortes de petites étiquettes. Etiquettes qui permettraient au cerveau de s’y retrouver pendant le sommeil : « toi, tu es importante », « toi, je te jette » ! « Ces populations étiquetées seraient ensuite réactivées au cours du sommeil, mécanisme à la base du processus de consolidation » conclut Géraldine Rauchs (INSERM, Caen).

Vous savez quoi ? Même si les neurosciences ont révélé de nombreux secrets sur le cerveau, ce dernier garde encore une part de mystère. Tout comme le sommeil. Alors imaginez quand nous tentons d’en comprendre les interactions…

Retenez simplement que le sommeil joue un rôle primordial dans la mémorisation à long terme des informations considérées comme importantes : il prépare le cerveau à apprendre et à mémoriser puis consolide le stockage des ces informations. C’est une action en 2 bandes ! Un double effet KissKool : en amont, le sommeil aide le cerveau à mémoriser et ultérieurement, il renforce l’encodage de l’apprentissage.

Alors… Allez hop ! Au dodo !! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre cerveau !