10 façons de bouger au bureau

Bouger ? Au bureau ?!… Pourquoi faire ?

Nous avons oublié notre condition de mammifères : nous sommes faits pour être en équilibre sur nos deux pattes arrière et non pour avoir le fessier vissé sur une chaise de bureau. L’industrialisation et le développement du secteur tertiaire nous ont donné l’impression d’une vie professionnelle physiquement moins maltraitante. Certes, nous avons gagné en confort, en douceur et très certainement en longévité… en longévité… il semblerait que cette tendance soit à la baisse.

Pourquoi ? « Sitting is the new smoking » : pour les Américains, la position assise a des effets tout aussi délétères que la cigarette. J’exagère ? A peine… il semblerait que la position assise que la majorité d’entre nous adopte pour travailler soit la cause de problèmes physiques : troubles musculo-squelettiques, douleurs lombaires, raideurs musculaires, tassement des vertèbres, compression des organes, dilatation abdominale… Une étude de 2011 publiée dans le très sérieux American Journal of Preventative Medicine montre qu’une position assise prolongée est corrélée à un risque accru d’être atteint d’une trentaine de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires et le cancer (notamment du colon).

Aux Etats-Unis, un individu type passe 21 heures par jour en position assise ou allongée pour 3 heures seulement à être physiquement actif. Le phénomène est tel que l’on parle de « maladie de la position assise » (Sitting disease) définie comme un comportement sédentaire majoritaire ayant des effets défavorables sur la santé.

Nous avons oublié que nous sommes des mammifères. Des mammifères qui se tiennent debout. Et encore mieux : des mammifères qui bougent. Nous sommes faits pour être en mouvement.

« Mais je fais du sport, moi !  5 fois par semaine ! » 

Malheureusement, The Journal of Medicine and Science in Sports and Exercise précise qu’il ne suffit pas de pratiquer un sport 5 fois par semaine pour contrebalancer le phénomène de l’“Active Couch Potato” (littéralement, une « patate de canapé » active. Une « patate de canapé » désigne une personne qui passe beaucoup de temps assise sur son canapé à regarder la télé ou à jouer).

« Quoi ???? WTF ??? Mais à quoi ça sert que je bouge mon boul’
dans des cours surpeuplés de zumba ?
Que je TRX au CMG ? Que je sue dans ma tenue Repetto ? »

On respire par le museau et on reprend les fondamentaux : il est médicalement reconnu, pour ne pas dire scientifiquement prouvé, que pratiquer une activité physique modérée à intense 3 à 5 fois par semaine est recommandé pour avoir et maintenir une bonne santé. Or… une personne qui pratique une activité sportive 3 à 5 fois par semaine mais qui a, par ailleurs, un style de vie très sédentaire et une position assise privilégiée encourt les mêmes risques de la « maladie de la position assise » qu’une personne totalement sédentaire.

Reprenons donc un principe encore plus fondamental : se tenir debout. Un peu tous les jours. « Standing is the first step» : se mettre debout est la première chose à faire.

Concrètement, je fais comment dans mon boulot ??

Les 10 façons simples pour retrouver le mammifère dans l’ « homo assiens » que nous sommes devenus :

1- Privilégiez les tables hautes pour travailler debout. Allez faire un tour du côté de la cafét’ ou de la machine à café : il devrait avoir un ou deux spécimens de ce genre de table. Et hop ! Vous en embarquez un pour poser votre ordinateur, vos manuels ou votre carnet de notes. Petit bonus : on me dit dans l’oreillette que quelques centaines de calories sont dépensées en travaillant debout.

2- Adoptez une « bonne » position : bonne pour votre posture. Les pieds écartés de la largeur de vos hanches, le poids bien réparti sur les plantes de pieds (légèrement vers l’avant des pieds). Pour celles (et ceux !) qui auraient tendance à se cambrer, exercez une rétroversion du bassin en poussant légèrement votre pubis vers l’avant. Epaules en arrière et basses : c’est parti ! (Si vous voulez une video de cette posture à adopter, tapez 1 dans les commentaires !)

3- Prenez les escaliers pour aller voir Mireille à la compta. En dessous de 3 étages à monter ou à descendre, faites-en un principe : utilisez vos jambes ! Haro sur l’ascenseur !

4- Déplacez-vous au lieu d’envoyer un mail ou de composer le numéro de poste de Roger avec qui vous préparez une présentation client. 2 avantages : une source réduite de mal-entendus pour un mal-dit et quelques nombres additionnels à votre podomètre intérieur. Vous avez besoin de tout consigner par mail ? Faites-le a posteriori en ayant clarifié de vive voix une situation et… ayant gagné des points de vie !

5- Mettez-vous debout et faites quelques pas pour réfléchir. Vous avez entendu parlé de l’effet Dali ? Non ? Pour rattraper cette énorme lacune qui va changer votre vie : Se laver les dents permet d’avoir des idées de génie. Vous bloquez sur le plan de votre présentation ? Quelques pas dans le couloir. Vous ne comprenez pas comment appliquer concrètement la nouvelle stratégie du groupe ? Le tour du bâtiment en marchant. Vous faites face à une relation client très compliquée ? Allez à la boulangerie du coin plutôt qu’au distributeur. Vous activez ainsi des capacités non conscientes de votre cerveau pour comprendre des situations complexes, trouver des solutions et avoir des idées innovantes !

6- Faites des réunions pop-corn ! Tous debout pour 10 minutes-chrono  ! Vous luttez contre la maladie de Monsieur Patate et vous créez des conditions d’efficacité maximale : quand on a 2 minutes chacun pour faire un point projet, on pense OM ! On pense donc droit au but : chacun est centré sur l’objectif. A bas la réunionite aigüe !

7- Marchez en rentrant à la maison : vous le savez… oui… on vous l’a dit et répété : descendez une station de métro ou de bus avant la vôtre. Vous l’avez lu et relu… mais… l’avez-vous déjà expérimenté ? Quoi ? Vous rentrez en voiture que vous rangez dans votre allée ? Allez chercher du pain à pieds ou garez vous au bout du parking de votre hypermarché préféré.

8- Asseyez-vous sur un ballon géant pour travailler. Celui que votre compagne a utilisé pour sa préparation à l’accouchement ou sur lequel vous vous couchez pour travaillez vos abdos. Pour tester cette assise, il faut garder en tête 2 principes. Le premier principe : choisissez un ballon chez Décathlon ou Go Sport. Pour une vingtaine d’euros, vous testez. Si vous aimez, il sera bien temps d’investir dans des ballons plus haut de gamme. Le deuxième principe : au début, testez cette position en équilibre une heure par jour. Une heure d’affilée et par jour. Pas plus. Cette position en équilibre instable nous force à gainer notre abdomen et à travailler notre point de gravité. Placez vos pieds bien à plat sur le sol et maintenez une position stable pour travailler.

9- Faites quelques mouvements : marcher, c’est bien. Ça permet de mobiliser les membres inférieurs. Pensez à vos bras et à votre buste. Si vous êtes adeptes de yoga, pratiquez des postures d’ouverture de la poitrine et des épaules. Si le yoga ne vous dit rien (dans tous les sens du terme), étirez-vous ! Comme si vous veniez de vous réveiller d’une longue sieste ! Les bras en l’air, penchez-vous à droite puis à gauche. Imaginez que quelqu’un vous tire par une main pour vous étirer de chaque côté.

10- Pratiquez la Power Pose : mettez-vous debout les bras en l’air en position du vainqueur qui passe une ligne d’arrivée ou mettez vos mains sur les hanches. Écartez vos pieds de la largeur des hanches. Maintenez cette position pendant 3 minutes. Cette position a le mérite de vous sortir de cette position trop souvent adoptée : vous êtes recroquevillés sur votre chaise, téléphone en les mains, avant-bras posés sur les cuisses et jambes croisées. Savez-vous qu’une étude a été menée sur l’impact de ces différentes postures ? Amy Cuddy a montré combien la Power Pose diminuait le taux de cortisol (que je vais qualifier grossièrement d’hormone du stress) et augmentait le taux de testostérone (l’hormone de la puissance). Adoptez cette position pour vous remettre en énergie et pour booster la confiance en vous avant un entretien ou une présentation à enjeu. Aux toilettes. Ou dans une salle d’attente en faisant quelques pas.


Alors… vous allez faire aujourd’hui, chers Happy Brainies?

Moi, je vais rentrer à pieds. J’ai des baskets dans mon sac qui va accueillir mes talons-de-dame en retour.
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre cerveau : bouge ton boul’ !

Après un burn-out : mes 7 clés pour une vie heureuse

Le burn-out touche AUSSI les entrepreneurs. Moi, j’en ai fermé ma première boîte. Comme dans toute expérience, j’ai voulu en tirer des leçons et apprendre de mes erreurs. Notamment parce j’ai récidivé : j’ai créé une nouvelle boîte ! PARTIE 3 : QUELS APPRENTISSAGES  ?

 

Si vous regardez le nom de domaine « mafuckinentreprise« , vous constaterez qu’il est déjà pris. Ce nom de domaine m’appartient. Pourquoi ? Parce que je pourrais écrire un blog sur TOUT CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE quand on monte une boîte. Je pense que j’ai à peu près tout cocher lorsque j’ai créé Mikado & Co. Que j’ai fermé après 18 mois d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis sa création : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

Un échec professionnel, certes. Mais quelle leçon… tant professionnelle que personnelle. Pas au sens punitif du terme. Au sens « apprentissage » : j’ai tellement appris sur moi, sur mes limites, sur ce qui était important pour moi et sur ce qu’il était bon de mettre en place pour une deuxième aventure entrepreunariale. Début 2016, je récidivais en créant Boîte Crânienne.

 

C’EST PARTI POUR LES 7 APPRENTISSAGES (ou les clés pour une vie d’entrepreneuse heureuse) !

 

APPRENTISSAGE 1 : JE SUIS AGILE

Fini, la jolie boutique où tout est prêt, complet et parfait ! Je me suis rappelé ma-vie-d’avant : la gestion de projets. Et qu’est-ce qui est en vogue dans la gestion de projets au XXIème siècle ? La méthode agile ! Alors… il va falloir s’assouplir, bondir de clients en clients, sauter de missions en missions, rebondir d’un projet sur un autre. Haro sur le perfectionnisme ! Je décide d’avancer petit à petit. Et surtout en relation avec mes clients.

Je débute Boîte Crânienne avec des « conférences à la maison » : des présentations de 2 heures devant des élèves et leurs parents. J’ai en tête des ateliers en petits groupes mais je reste humble et à l’écoute : oui, ça serait pertinent pour les élèves de travailler en plus petits groupes MAIS je suis en prise avec leurs parents pour comprendre leurs besoins et leurs attentes. Une des valeurs de la méthode Agile : « collaboration avec le client » !  ET le satisfaire en priorité. Alors je m’adapte et réfléchis à apporter une solution au regard de mes compétences et de mes acquis. Ma limite ? Celle de ne pas savoir : j’oriente vers un(e) pair qui maîtrise cette question (TDAH, graphothérapie…).

Non seulement je construis mes offres en prise direct avec les clients que je rencontre, mais ces offres prennent vie comme des poupées gigognes : elles évoluent, elles se transforment, elles répondent aux stimuli de mes clients. Un des principes de la méthode Agile ! Livrer le plus souvent possible des versions opérationnelles.

Ma première participation au forum de ELLE Active me donne une autre opportunité en avril 2016, les interventions en entreprise s’enchaînent, une mission d’accompagnement de toutes les équipes éducatives d’un Foyer d’Accueil Médicalisé s’offre à moi… sous le regard bienveillant de mon mentor et maître (j’adore écrire ce mot !) : le Docteur Nadia Medjad. C’est auprès de cette spécialiste des neurosciences appliquées à l’apprentissage que j’ai eu la chance de me former. Nadia veille sur moi et me met le pied à l’étrier de bien des missions… ma fée bleue ! (vous verrez : j’ai 2 fées sur mon berceau professionnel !)

Je construis Boîte Crânienne comme une start-up qui se respecte : petit à petit ! Et non pas comme une boutique à l’ancienne avec tous les rayons achalandés et un agencement presqu’immuable. Je ne m’épuise plus à construire en masse et à produire sans cesse : une méthode énergivore, chronophage, peu productive et déprimante (tout ça pour… ça ???? WTF !!!)

Aujourd’hui, je gagne en énergie et surtout en efficacité. Boite Crânienne avait une cible très étudiante à sa création (« pour réussir des études heureuses »). Puis j’ai repris les missions en entreprise avec ce nouveau positionnement et ces nouvelles connaissances (« pour une vie professionnelle ou étudiante heureuse »). Aujourd’hui, je souhaite axer mon activité sur l’entreprise principalement. Mon objectif en avril 2018 : modifier le site en conséquence, mettre en avant la conférence-spectacle, cibler plus directement et plus lisiblement les entreprises. Parce que… oui… quand on regarde ce site ou mon profil LinkedIn, si vous ne me connaissez pas ou si vous n’avez jamais travaillé avec moi, vous NE SAVEZ PAS que j’interviens essentiellement en entreprise. Alors je vais modifier ma présentation avec agilité et adaptabilité !

 

APPRENTISSAGE 2 : JE NE SUIS PLUS SEULE

Ne t’emballe pas, Happy Brainy ! Je suis un ours solitaire. Je ne suis pas devenue une aficionada des soirées réseaux ou autres rassemblements interactifs. Je suis cependant plus en contact avec mes pairs. Et pas seulement ! Je travaille aussi avec d’autres indépendant(e)s qui ne font pas le même métier : webmaster, graphiste… Parce que ça me permet de ne pas être seule tout le temps !  Travailler en contact avec d’autres indépendants me donne l’occasion d’échanger sur ce statut d’indépendant, d’échanger quelques mots sur le café que l’on savoure ou le week-end à Copenhague, d’échanger aussi sur un projet qu’on est en train de faire. Ce dernier point est extrêmement précieux : avoir un regard extérieur sur une mission qu’on est en train de réaliser. Avoir une respiration d’un tiers pour avoir un autre point de vue (au sens littéral comme au figuré), pour créer un espace de parole et d’échange. Ne plus être seule. Être entourée.

Je me suis inscrite à une formation d’infopreneur, formation que je n’ai pas suivie mais qui m’a permise de rencontrer ma fée verte : Sandra Boré de EfferveScience. Je l’ai suivie dans des évènements, elle qui est si active dans ce genre d’interactions ! Grâce à elle, j’ai fait la connaissance d’Alexandra Vassilacos, ancienne chasseuse de tête qui vous accompagne aujourd’hui pour décrocher le job idéal,  Sébastien Lim avec qui Alexandra s’est associée dans Co-Wanted 2.0, Marina Bourgeois, Catherine Borie, Selma Païva auteure de « Internet est une table pour deux »….Fidèle à la méthode Agile, je privilégie individus et interactions !

Idem pour mes clients : je vais au contact comme y disent au rugby ! Je privilégie le plus possible les conversations en face à face. Je suis devenue adepte des petits-déjeuners business ! Petits déjeuners que je partage avec discernement et attention : je choisis qui et quand (je développe les QUI et QUAND un peu plus loin). Je ne cède pas à une frénésie de relations sociales et professionnelles : ce que j’avais beaucoup pratiqué avec Mikado & Co. Mon agenda était alors empli de petits-déjeuners, de déjeuners et de cafés à partager avec des pairs, des clients, des potentiels futurs clients, des professionnels d’une profession (on ne sait jamais… le business, ça tient à peu de choses !), des anciens collègues… Bref, un temps passé à beaucoup échanger pour un résultat épuisant et peu fertile. Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI et QUAND.

Je retrouve avec un vrai plaisir la table de ma cuisine ! Parce qu’elle et moi ne sommes pas toujours collées l’un à l’autre, nos retrouvailles sont une fête ! Je chéris les après-midis où je travaille seule sur cette amie de bois à 4 pattes. Quand je « sens » qu’il est temps de renouer avec mes congénères, je descends travailler dans le café en bas de chez moi. J’ai découvert depuis peu les espaces de co-working et notamment le génial AntiCafé (il y en a même à Lyon, mes chers gônes !). Je ne prendrai pas le métro pour m’y rendre mais j’apprécie d’y finir une journée commencée par un cours donné à 9H  à La Défense ou d’y travailler entre 2 rendez-vous donnés dans le quartier du Louvre.

 

APPRENTISSAGE 3 : JE SUIS À L’ÉCOUTE DES SIGNES

Dès que je frôle la surchauffe, je NE PEUX PLUS l’ignorer. Pourquoi ? Parce des signes me sont envoyés. Oui, oui, Happy Brainy ! Pas des signes de l’au-delà ! Des signes de moi à moi. Dès que je charge trop la mule professionnelle, je suis alertée par 2 sortes de signes : des signes physiques et des signes émotionnels.

Signes physiques : tachycardie de foliiiiie !!!! Moi, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout, hypocondriaque. Cependant, la première fois où j’ai ressenti ce symptôme, la manifestation était tellement violente que j’ai appelé mon amie Nadia (le Dr Nadia Medjad) pour savoir si je devais appeler les pompiers ! Si ce n’est pas grave, c’est impressionnant : imaginez qu’on vous étrangle et que votre coeur rate un battement de temps en temps. Yummy ! Cette petite sensation qu’un main invisible vous serre-le-kiki et que votre coeur essaie de protester ! Impressionnant… et très utile ! J’ai attaqué 2017 avec un programme raisonnable et tout à fait réalisable dans des conditions optimales de bien-être. Et en février… tout s’est emballé ! Mon amie Li-Cam et moi avons décidé de créer lab21, un laboratoire de bonheur sous forme de mini-formations en ligne : lancement du site et du e-shop en moins de 3 mois. J’ai eu l’opportunité et la chance de devenir la coach de la piscine de la Web@cadémie : 3 jours très remplis par semaine pendant 3 semaines. Et j’ai enchaîné les évènements : ateliers de consoeurs, conférences de confrères, soirées networking (oui… je n’avais pas encore trouvé mon rythme de croisière de l’ours solitaire qui va dans le monde !). Je découvre la puissance de FaceBook et de LinkedIn : je publie, je relaye, je partage…  (pour lab21, je publie un post par jour pendant un mois). Sur ces entrefaites professionnelles, v’là t’y pas que des réjouissances amicales se sont greffées : dîners, spectacles… Hum… un peu trop, non ?? Je te le confirme, Happy Brainy. Carrément trop ! En plus de mon coeur qui rate un battement sur 10, je développe un autre symptôme. Plus latent, plus lancinant (dis donc… mais ça ne me rappellerait pas quelque chose ??!!) dont les examens se révèlent négatifs (heu… je veux bien, moi… mais ça existe pour-de-vrai ! On fat quoi alors ? On fait… rien ??).

Signes émotionnels : si les signes physiques sont nouveaux pour moi (un coeur n’est pas un métronome !), je reconnais les signes émotionnels que je connais. Quand je suis triste, c’est que ça craint velu ! Et qu’il faut opérer un changement : ralentir, supprimer une activité, changer mon programme.

Je prends alors un engagement envers moi-même : contrairement à la période « burn-out », j’ai bien conscience d’avoir un peu dépassé les limites (ou bien chargé la mule). Je m’engage à faire un break TO-TAL cet été. Et en août 2017, je fais effectivement un break total : loin, sans FaceBook, sans LinkedIn, sans mail. Je supprime même les applications de mon téléphone pour éviter la tentation (et délivre-nous-du-mal) et respecter mon temps OFF-OOO-AFK (Off, Out Of Order, Away From Keyboad) : LIRE L’ARTICLE.

Alors… vous me direz… elle est bien gentille, Boîte Crânienne ! Quand on est au bout du rouleau, on est bien contente de savoir qu’on va être en vacances dans 2 mois ??!! Et bien carrément, en fait ! Parce que ça m’a permise de tenir la distance à 2 titres :
1- je savais que cette période avait eu un début et allait AVOIR UNE FIN !
2- je savais que cette période m’avait appris la règle N°4

 

APPRENTISSAGE 4 : JE RESPECTE MES (NOUVELLES) LIMITES

Les 6 premiers mois de 2017 m’ont appris que mes limites n’étaient plus les mêmes qu’avant. Quand on a fait un burn-out, il est une réalité immuable : nos limites sont différentes. Le seuil de tolérance (à la pression, à la charge de travail, à l’enchainement des missions…) est plus bas : notre résistance au stress est amoindrie. Et puis c’est tout !

Les 6 premiers mois de 2017 ne ressemblaient en rien à ma vie d’avant pourtant ! Avec Mikado & Co, j’en faisais bien plus ! Et bien justement… ÇA, C’ÉTAIT AVANT ! Ce premier semestre m’apprend à travailler différemment. Beaucoup de personnes qui ont fait un burn-out parlent de la difficulté d’accepter ce nouvel état de fait : la fatigue qui arrive plus vite, les manifestations du stress qui sont plus imminentes… La difficulté d’accepter. Accepter qu’on est différent. ET c’est plutôt une bonne nouvelle si on y réfléchit logiquement ! C’est notre manière de fonctionner d’avant qui nous a amené(e)s au burn-out. ET si, comme moi, on est un peu dur du neurone (et de la feuille !), notre corps se charge vite de nous rappeler cet état de causalité.

Alors, j’ai pris de nouvelles habitudes. Je me suis adaptée. J’ai effectué des ajustements créateurs en Gestaltiste que je suis !  Je me concentre donc sur l’essentiel : QUAND. Je ne mets jamais plusieurs missions importantes dans une même semaine (dans la mesure du possible de mes clients). Je garde une journée par semaine pour travailler sur la table de ma cuisine. Je dispose de mon emploi du temps pour me donner le plus de confort et de plaisir possible. Revenons sur « dans la mesure du possible de mes clients » : parfois, si c’est un allégement du calendrier est impossible pour mon client, je vais proposer une alternative (un programme un peu différent qui économise mon temps et mon énergie). Et si je décide (et non : « je dois » !) honorer plusieurs missions importantes dans un délai rapproché,  je prévois un jour OFF ensuite pour me récompenser et récupérer.

Pour la G.I. que j’étais dans une vie antérieure, ça pique un peu… mais c’est comme ça. Et ça, c’est à accepter (ÇA, c’est la nouvelle situation ! Pas le clown qui fait grave flipper ! Ok… je sors…).

 

APPRENTISSAGE  5 : JE DÉPLOIE MES ANTENNES 

Vaderetro, les personnes toxiques ! Parce dans le secteur du développement personnel et de l’accompagnement (coaching et formation), ça existe ! Moi, naïvement, je pensais que les professionnels de cette profession incarnaient les valeurs qu’ils prônaient dans l’exercice de leurs fonctions : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… QUE NENI !!!!! Au début, j’étais très étonnée de ce constat… Puis, je me suis dit que les relations hiérarchiques pervertissaient peut-être la qualité relationnelle et reproduisaient une maltraitance que ces professionnels avaient appris ou subi dans leur vie d’avant (la plupart des consultants, coachs et autres mentors viennent souvent du monde du salariat).

J’ai rencontré Patriiiiiiiick ! Un homme extra-ordinaire pour qui j’ai travaillé ! Un professionnel remarquable, d’une grande intelligence et d’une pertinence pétillante. Et surtout un homme qui incarnait pleinement les fameuses valeurs de ce métier : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… Whaaaaa….. Ça existe ! Et bien autour de moi, je ne veux que des personnes « bien cablées ». Dans mon entourage professionnel, je veille à avoir des personnes qui sont BONNES pour moi. Des relations qui sont BONNES pour moi.

J’ai développé mes antennes : je SAIS tout de suite si la relation sera nourrissante et bienfaisante pour moi. Je sais. Pas « je sens ». C’est une espèce de connaissance immédiate et holistique de la situation. Aurais-je développé mon Innsaei, ce concept islandais qui décrit notre monde intérieur d’où naissent entre autres l’empathie et l’intuition ? Tu veux en savoir plus Happy Brainy ? Je t’invite à regarder ce documentaire dans lequel d’éminents penseurs et spiritualistes débattent du concept islandais de l' »innsæi »: ICI.

 

Note pour plus tard 
C’est tout le paradoxe de l’importance accordée à ces valeurs finalement :
quand on recherche l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect…
on en devient exigeant, élitiste et parfois intolérant… 

 

APPRENTISSAGE 6 : C’EST MOI QUI CHOISIS 

Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI.  Je choisis avec une extrême attention les personnes avec qui je travaille et pour qui je travaille. Je choisis mes partenaires et mes clients. Alors… oui… je lis dans ta tête, Happy Brainy, ça fait du tri ! Et une fois de plus, tu as raison ! Ça fait moins d’associations et moins de clients et moins de missions.

Ma réponse en 2 bandes :

1- Je crois en la physique depuis ma terminale C (LA terminale scientifique du siècle dernier !) : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Travailler pour/avec des personnes toxiques (ou des personnes avec qui la relation est toxique) est un inconfort et une tension qui amènent peu à peu à un climat délétère et propice à un burn-out. Je t’entends, Happy Brainy ! « Propice au burn-out »… et non « un climat entrainant forcément un burn-out ». Et tu auras raison (encore une fois), Happy Brainy ! Des relations délétères sont un facteur potentiel du burn-out. Sans aller jusqu’au burn-out, ce genre de relations n’est pas le terreau du bien-être et du plaisir. Et moi, je veux du kif !!!!!

Je me fous de collaborer avec celui ou celle qui pourra m’apporter de la notoriété, je me fous de travailler pour un client qui m’ouvrira des portes. Si c’est le cas, c’est un cadeau-bonus. Je ne le ferai pas à tout prix. Et surtout pas au prix du plaisir et du confort que je recherche dans mon travail.

2- Moins de clients, d’associations et moins de missions = moins d’argent ! Je gagne moins mais je gagne en qualité de vie. Tu sais quoi, Happy Brainy ? Quand tu vis pendant un an sur ton PEL, tu revois tes priorités ! Et finalement, je me suis concentrée sur l’essentiel. Pas l’essentiel vital parce que j’ai la chance d’avoir de quoi me loger et me nourrir. L’essentiel heureux : ce qui est important pour moi. Et encore une fois, de cette manière, je mets le bonheur au centre de ma vie professionnelle.

Le plaisir est au centre de mon activité : il est toujours présent. Même quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera/pourra être source de plaisir.  Cette année, j’ai crée une conférence-spectacle avec un comédien : ce projet me fait vibrer ! C’est LE projet qui est au coeur de cette année. Parce que c’est celui qui me procure le plus de plaisir, de bien-être et de bonheur : dans sa création et dans son animation.

 

APPRENTISSAGE 7 : J’ÉQUILIBRE PERSO-PRO

Je suis plus attentive à respecter les temps « persos » : les week-ends et les soirées. Je n’ai aucun mal à ne pas travailler en vacances et en mini-breaks (des week-ends en dehors de Paris). Ma difficulté : les week-ends et les soirées au cours desquels il ne se passe rien d’extra-ordinaire ! D’où ma grande vigilance ! Il peut m’arriver de travailler le week-end pour 2 raisons : soit parce que je suis partie en mini-break la semaine précédente (et je rattrape ce qui était un week-end anticipé), soit parce que j’ai envie de passer 3 heures sur un projet qui m’éclate (et pas parce qu’il faut ou parce que je veux m’avancer). Un projet qui m’éclate comme m’éclaterait de faire des pompons (oui, c’est mon truc !). 2 conditions : seulement pour 3 heures et lors de week-ends super cocooning (où j’ai une super dose des 3R : se Reposer-se Ressourcer-se Réjouir).

Je suis attentive à garder des plages de repos et lutte avec ce fuc%*ng sentiment de culpabilité quand je finis par faire une sieste après avoir piqué du museau pendant 30 minutes sur mon ordi. C’est ça aussi, les nouvelles limites ! La nouveauté vient avec l’aménagement des plages de repos : aujourd’hui, je suis fatiguée. Et si je veux profiter pleinement du kif absolu qu’est pour moi l’animation d’une conférence, je dois être en forme donc re-po-sée. C’est l’entrainement que je dois suivre : me reposer avant ! Pour l’ancienne G.I. (dans une vie antérieure !) que je suis, ça pique un peu. Mais c’est comme ça. C’est une réalité que je dois accepter et avec laquelle je dois composer. Pour mon bien-être et…  ma performance ! Parce qu’animer une conférence en étant fatiguée, c’est cramer beaucoup de ressources pour un plaisir très moyen et une performance diminuée.

Enfin, je me récompense : à chaque mission qui m’a coûté un peu plus que les autres (en temps, en énergie…), je me récompense. Par un café en terrasse avec un magazine, par mon déjeuner préféré, par un verre partagé avec un ami, par une promenade avec mon amoureux. Je me récompense et me félicite. Quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera source de plaisir : ne serait-ce que par cette récompense que je m’accorde.

 

Ces 7 clés sont précieuses pour moi. J’en ajuste les applications à intervalles réguliers : je modifie mon comportement, je change mes habitudes, je m’adapte. Ces 7 apprentissages sont le gardien de la bonne santé : la mienne et celle de mon entreprise. Lors de mon témoignage pour  Oser Rêver Sa Carrière en février 2018, une toute petite phrase en apparence sans importance a été prononcée par une des participante : Cécile Tardy. Si toi aussi Happy Brainy, tu culpabilises parfois en travaillant moins, en faisant une sieste, en allant au yoga, en déjeuner looooooonguement avec un ami, en allant te faire masser, en décalant une mission…. garde la phrase de Cécile en tête : « Je suis mon outil de travail et mon unique ressource ». PRENDRE SOIN DE SOI, C’EST PRENDRE SOIN DE SA BOÎTE.

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES

Les conséquences du burn-out d’une entrepreneuse

Comment ça se passe quand on est entrepreneur et qu’on est sujet au burn-out ? Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. Après les causes, passons aux effets…  PARTIE 2 : LES CONSÉQUENCES 

 

Vous avez envie de savoir comment on peut en arriver là ? Comment on en arrive à fermer sa boîte après 2 ans et demi d’existence  ? Au moment même où arrivent ce que l’on attend depuis sa création : les appels entrants , les propositions de partenariats et les demandes de clients pour de nouvelles missions ? Raison : burn-out. ET plus précisément 7 facteurs qui m’ont conduite au burn-out : A LIRE ICI.

 

 CONCRÈTEMENT… COMMENT ÇA SE PASSE ??  C’EST PARTI POUR LES 7 CONSÉQUENCES d’un burn-out !

 

CONSÉQUENCE 1 : JE SUIS UN LAPIN DANS LES PHARES

Souvenez-vous…  j’aime les challenges et les défis et ça tombe plutôt bien : monter sa boîte dans un domaine totalement nouveau est une source intarissable de challenges ! Mais point trop n’en faut ! Depuis la création de Mikado & Co, je suis toujours en zone de turbulences. Une zone très énergivore : il convient de puiser sans cesse dans ses ressources pour faire face à des contraintes très exigeantes de son environnement. Et j’en crame de l’énergie et des neurones  ! Je suis en situation de stress permanent et mon mode de réaction est celui « lapin dans les phares ».

Vous suivez Boîte Crânienne ? Alors vous connaissez FFF ? FFF comme
les 3 modes de réaction à un facteur de stress :

– FIGHT : vous êtes dans une dynamique de combat et vous réagissez de
manière agressive face au facteur de stress ou à l’agresseur. En l’espèce, vous seriez  donc du genre
à hurler contre votre interlocuteur pour décharger votre colère, voire à tenir des propos véhéments
et faire preuve d’une certaine violence (verbale ou… physique ??!). Vous pouvez même ne pas vous reconnaître
dans cet épisode de Hulk : normal, vous avez peur et vous luttez pour votre survie !
Vous êtes de la famille de 
Monsieur Hulk !
– FREEZE : vous êtes en mode « lapin-dans-les-phares », paralysé/e face à l’agresseur.
En l’espèce, vous n’arrivez plus à réfléchir : cette impression de neurones gelés vous prive de votre capacité
de poser des questions sur l’acte ou même de comprendre ce que l’on vous explique. Vous regardez
votre interlocuteur sans pouvoir répondre : vous êtes muré(e) dans une camisole de silence.
Vous êtes de la famille de Monsieur Rabbit.

– FLEE : vous vous dites que votre seule chance de vous en sortir, c’est la fuite ! En l’espèce, vous vous
entendez dire à votre interlocuteur : « Heu… on va remettre ça à plus tard… oh désolé/e, j’ai complètement
oublié, il faut que j’y aille.. un rendez-vous important que j’ai complètement oublié ! ». Si vous ne pouvez pas
vous enfuir physiquement et devez participer à cette conservation que vous ne voulez pas avoir, vous allez
vous échapper intérieurement et faire le vide dans votre tête. « M’en fous… je ne suis pas là ! ». Vous êtes absent(e)…
Vu de l’extérieur, on pourrait vous confondre avec Monsieur Rabbit : vous n’êtes plus dans l’échange et
avez coupé 
l’interaction. Le processus est cependant différent :
vous faites partie de la Famille des Anémones

Moi, je n’ai plus de cerveau ! Au bout de 18 mois, j’accuse le coup de cette marche forcée et d’un mode de fonctionnement en flux tendu. Je n’arrive plus à réfléchir et à avoir des idées innovantes, originales et pertinentes. Je regarde les documents que j’ai écrits quelques mois plus tôt avec une espèce d’admiration étonnée : « Whaaa… mais comment ça claque ! Heu… c’est moi qui ai écrit ça ??? ». Peut-être connaissez-vous cette sensation ? Celle de se sentir incapable de mener à bien des tâches habituelles. Même les activités simples et faciles me semblaient insurmontables. Alors vous imaginez bien qu’imaginer un fil conducteur original ou un parti pris novateur… pfff… Forget about it!

 

CONSÉQUENCE 2 : J’AI TROP LA FATIGUE… 

Je dépense beaucoup d’énergie pour honorer les missions. Le tout dans un état de sidération en mode « lapin dans les phares ». Quelle énergie dépensée… Alors RE-POS ! Le week-end, il faut dormir un peu plus, faire des ch’tites siestes, se changer les idées en faisant des activités sympas, voir ses amis pour se changer les idées…. Heu… d’accord… mais moi, j’ai trop la fatigue ! Et même si je dors, si je prends un vrai week-end, si je fais un mini-break… je suis toujours aussi fatiguée ! Je n’arrête pas de penser et de répéter « Je me coucherais par terre, là, maintenant, tout de suite ! »

Happy Brainy, pour ne pas confondre « épuisement » et « burn-out », je t’invite à visionner la vidéo explicative de Sandra Boré : avec des oeufs, un pile et un sens pédagogique simplisme, Sandra va t’éclairer sur la différence : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 3 : J’AI LA TRISTESSE…

Schématiquement, un Hulk sera sujet à la colère, une Anémone à la peur et un Lapin dans les phares… à la tristesse !

Tout me saoule, tout me fatigue et plus rien ne me fait kiffer ! Je suis fatiguée et triste. J’ai la tristesse… et parfois la larme facile (ceux et celles qui me connaissent savent que ça ne me ressemble pas pourtant… dites donc… mais ça ne serait pas un signe, ça ?? Un signe de quoi ? Je ne sais pas. Mais un signe que « ça ne va pas du tout ! »).

« Heu… t’es sûre que t’as fait une dépression ? » On a tendance à confondre « dépression » et « burn-out ». Et c’est bien normal ! Ce sont des cousins proches. Sans entrer dans une analyse différentielle, disons que « burn-out » rime avec « travail ». Travail au sens général du terme : le travail d’un salarié ou d’un entrepreneur en tant qu’actif, le travail d’un étudiant en tant qu’étudiant, le travail d’une mère en tant que mère. Selon le Dr Dominique Servant, psychiatre et psychothérapeute : « Pour le burn-out, il y a un lien avec le travail. La dépression, elle, survient parfois sans aucune cause ou avec d’autres facteurs, d’autres événements de vie. Mais le burn-out peut mener à des états dépressifs. » Catherine Vasey, psychologue et auteure de « Burn-out : le détecter et le prévenir » précise : « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel. »

« Un burn-out non pris en charge, qui s’installe dans la durée, peut évoluer vers un « état dépressif ». Notamment parce que le cortisol accumulé va détourner une partie des précurseurs des neurotransmetteurs du bien-être, entraînant des symptômes dépressifs, mais aussi parce que le burn-out en entamant profondément l’estime de soi et les différents domaines de vie peut effectivement déboucher sur une dépression. », extrait d’un article de Sandra Boré sur la mécanique du burn-out à l’occasion d’un documentaire du même nom diffusé en février 2018 sur France 5 : L’ARTICLE.

En attendant un article de Sandra Boré consacré à cette différence (Oui, Sandra, ceci est un appel, une demande, une requête !) , je vous propose de lire les 7 différences proposées par Samuel Dock, psychologue clinicien : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 4 : J’AI LE CORPS QUI LÂCHE !

Je connais des personnes qui, un matin, n’ont pas réussi à se lever de leur lit. D’autres dont le coeur ou le cerveau a lâché. Comme ça. Sans prévenir. Un burn-out, c’est violent. Notamment pour le corps. Et selon moi, d’autant plus si on des ressources mentales importantes.

Je m’explique : quand on en a sous le pied, on peut charger la mule et on ne bougera pas une oreille ! Cette dynamique est pernicieuse : plus nos ressources sont importantes et plus loin sont nos limites, plus la période d’oxydation de notre pile interne va se prolonger. Et vous comprendrez aisément que les effets sont d’autant plus délétères que la durée de résistance à un environnement toxique est longue.

Et puis un jour… c’est le corps qui lâche ! J’ai eu beaucoup de chance : je ne sais pas si on peut dire qu’il y a des petits et des gros burn-out mais je sais j’ai eu de la chance que les manifestations du burn-out que je vivais n’ont pas été dévastatrices et d’une extrême violence. Il y a eu 2 épisodes qui m’ont alertés : un total black-out (ou le bon malaise vagal des familles comme Serrault qui tombait la tête dans ses rognons pour « Le bonheur est dans le pré ») au bon milieu d’un parterre d’un millier de collègues de mon compagnon (je vous fais grâce du récit épique de cet épisode…) et un dysfonctionnement persistant et inexpliqué (on ne va pas entrer dans les détails ! Retenez qu’il y a « un truc qui cloche pendant des mois »). Deux signes qui disent quelque chose de la situation de burn-out et du processus à l’oeuvre : une conséquence durable et insidieuse ET un pic d’alerte. Deux manières de mettre en « maux » ce qui se passe pour beaucoup de personnes victimes de burn-out : une lame de fond insidieuse et sourde ET un tsunami violent et inattendu.

 

CONSÉQUENCE  5 : JE SUIS AVEUGLE AU DANGER

Je suis de celles qui savent poser leurs limites, dire non et que personne ne maltraite (Pour dire non et poser mes limites, j’ai appris ! Je suis une ancienne poupée-qui-dit-oui !). Personne ne s’essuie les pieds sur moi. Personne ! Et bien… dans cette période de machine à laver psychologique et physiologique… comment dire… j’ai perdu mes réflexes. Mes réflexes de protection, de préservation et de respect de MOI-MÊME.

J’ai travaillé pour des personnes certes brillantes mais à la compagnie délétère. Des personnes que j’admire professionnellement (encore aujourd’hui par honnêteté et objectivité intellectuelles) mais dont je dirais (et toujours aujourd’hui !) : « Humainement, c’est une merde » (Si je fais preuve de bienveillance, je pourras dire que c’est la relation avec cette personne qui était néfaste. Pas la personne en elle-même.)  Je me suis retrouvée dans des situations qui, aujourd’hui, me semblent ubuesques : aujourd’hui, et avant cette période, je n’en aurais pas accepté le quart. Je me souviens particulièrement d’un évènement au cours duquel je justifiais intérieurement mon comportement en me disant : » Tu penses au client final. Tu es orientée client à mort et tu lui donnes la priorité. » Ben voyons….

Poor me… dans tous les sens du terme ! En repensant à cette période, je me plains, suis désolée pour moi-même et ressens même de la peine pour celle que j’étais et ce que j’endurais. Et en même temps, je suis affligée et presqu’amusée au sens « pauvre fille » du terme. Il n’y a pas de jugement ou de moquerie dans ce regard froid porté sur ce « moi » de l’époque ! Il y a de la sidération et de l’incompréhension : « Mais comment ai-je pu en arriver là ? »

Cette dimension relationnelle toxique était pour moi une conséquence du burn-out qui grandissait ET UN FACTEUR ADDITIONNEL  à ce burn-out. La dimension relationnelle est en effet un facteur principal ou aggravant du burn-out entrainant épuisement mental, perte de repères, dévalorisation et dé-estime de soi.

 

CONSÉQUENCE 6 : JE PERDS LE SENS

Le sens dans tous les sens du terme : la signification de cette petite entreprise et la direction que je souhaitais lui donner. Cette perte de repère a fait de moi une « Working dead » (#SanBo). Un fonctionnement automatique s’enclenche : quand faut y aller, faut y aller ! En rendez-vous, en formation, en rendez-vous… Je ne repose même plus la question de savoir si ça me plait, si ça a un intérêt pour moi, si….

Je perds alors les 2 repères qui sont les plus importants pour moi LE CADRE et L’OBJECTIF.  Ces 2 mots sont si importants pour moi que je pourrais me les faire tatouer ! Et celles et ceux que j’ai accompagnés savent de moi combien ces 2 repères sont essentiels pour moi (Heu.. Je vous entends ! Qui a dit que j’ai tendance à bassiner tout le monde avec ces 2 mots ??)

La vie devient alors un cercle vicieux  : plus je travaille et me consacre à ma boîte, plus je suis épuisée et consume mes capacités cognitives. Et moins j’ai de ressources cognitives, plus je travaille pour rattraper le temps, éponger le retard, relever le niveau. Plus je travaille, moins j’ai de plaisir. Et moins je kiffe, plus je suis triste. Et ça n’en finit pas…

 

CONSÉQUENCE 7 : JE VOMIS MA BOÎTE 

De plus en plus, penser à mon métier me donnait la nausée. « Formations », « coaching », « accompagnement thérapeutique », « clients », « patients », « projets »… je vous hais. Mikado & Co, je te VO-MIS ! (Celles et ceux qui me connaissent ne manqueront pas de noter la violence de mes propos… moi, l’émétophobe !)

Et un jour… en revenant d’un voyage à l’autre bout du monde et une frayeur médicale (se révélant être sans gravité), j’ai dit : BASTA ! Je ferme ma boîte en octobre 2013. A ce moment charnière que j’attendais depuis le début ; celui où je récoltais ENFIN les fruits des graines que j’avais semées depuis 18 mois.

Incompréhension de mes proches : « Quoi ?? Mais pas maintenant ! Tu as fait le plus dur ! Et toutes ces bonnes nouvelles que tu reçois ». C’est vrai… OUI…  MAIS NON ! Je n’ai plus envie. Ce n’est pas une idée ou un argument. C’est une émotion et un sentiment. Et c’est sans appel ! (Comme pour quitter quelqu’un : il n’y a rien à répondre à « je n’ai plus envie ». Pas de « je vais faire un effort », je serai plus », « je serai moins »… c’est sans appel. BASTA !).

C’était la bonne solution ? Je ne sais pas. Je sais seulement que ça m’a permis de mettre un terme à cette spirale nuisible et insidieuse. J’ai eu de la chance : je ne suis ainsi sauvé la peau ! Je n’ai pas touché le fond. Parce que le fond, ça se paie très cher en burn-out. Sur le moment et sur le long terme. Je m’en suis plutôt bien sortie. Parce que ça aurait pu être bien pire. Fermer ma boite m’a permis d’arrêter les frais : les frais physiques, mentaux et émotionnels. Peut-être aurais-je pu faire autrement : faire un break, lever le pied, changer mes habitudes… Peut-être… A ce moment-là, une seule issue me paraissait possible et juste : FERMER MA BOÎTE.

J’ai récupéré quelques mois d’allocations-chômage puis j’ai vécu pendant un an avec mon PEL que j’ai vidé. C’est ça aussi la réalité du burn-out des entrepreneurs/euses : si on s’arrête de bosser, on vit comment ?? Et avec quoi ??

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée

Le burn-out toucherait 2 salariés sur 10 selon une étude Think réalisée en 2015. Mais le burn-out (ou épuisement professionnel) n’est pas seulement un fléau salarié. Le burn-out touche les étudiants, les jeunes mamans et… les entrepreneurs/euses. La preuve : ça m’est arrivé. Récit de Ka. di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. PARTIE 1 : POURQUOI ?

 

Quoi ??? Quand on monte sa boîte, on y fait bien ce que l’on veut !!! Comment peut-on être sujet/te au burn-out quand on est entrepreneur/se ? C’est une question ô combien pertinente ! A laquelle je n’ai pas la réponse. Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Comment j’ai fermé ma première boîte après 2 ans et demi d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis la création de Mikado & Co : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

 

 POURQUOI ??  C’EST PARTI POUR LES 7 FACTEURS qui m’ont fait exploser en vol !

 

FACTEUR 1 : I CAN DO IT!

Passer de salariée dans le monde de la direction de projets informatiques à indépendante dans le secteur du conseil et de la formation revient à monter 2 marches à la fois. Et 2 marches à gravir en même temps… c’est trop haut ! J’ai créé Mikado & Co dans un secteur où personne ne me connaissait ! Si je disposais de solides bagages pour me lancer dans ce métier (en termes de formations, de pratiques d’accompagnement et de connaissance du monde de l’entreprise), qui le savait à part moi ? Personne !

J’ai observé mes pairs (formateurs/trices, coachs, consultants/tes) et la manière dont ils s’y étaient pris pour monter leur petite-entreprise : ils/elles avaient tous/toutes débuté en étant que prestataires dans un cabinet/boîte de formation. Pour deux raisons : celle de se faire connaître dans le milieu et de gagner leurs galons ET celle de se faire connaître par les participants et leur entrentreprise.  J’ai bien commencé à travailler pour des cabinets qui me « prestaient » chez leurs propres clients pour animer des formations clé-en-mains mais j’ai surtout développé très rapidement mes programmes-à-moi ! Et comme j’ai une éthique, moi, Môssieur, je n’en ai surtout pas parlé aux participants et clients des formations que j’animais (normal… je le faisais pour le compte des cabinets qui m’employaient… et même si je n’étais pas une de leurs employées, c’était tout comme pour moi : je ne vends pas ma came dans le dos de mes clients !).

Je m’étais ainsi défini une barre à franchir bien haute : en 2 ans, je devais avoir réalisé ce que mes pairs avaient mis 5 ans à faire. Pourquoi ? Parce que I CAN DO IT ! Pas parce que je suis plus douée que les autres ! Parce que les allocations de retour à l’emploi (le chômage, hein !) couvraient cette période et que si je travaillais beaucoup et bien, ça devait le faire ! Quoi ?? Qui a parlé de petite voix intérieure ?? Quoi ?? Sois parfaite ?? Fais des efforts ?? Désolée… je ne vois pas de quoi vous parlez…

Et petite cerise financière sur le gâteau : à cette époque, la création d’une entreprise permettait de recevoir 15 mois MAXIMUM d’allocations. Alors… sans être docteur en mathématiques, une personne normalement constituée et dotée d’un solide bon sens paysan aurait créé son entreprise à quel moment ? Attention pour les non-matheux, on s’accroche sur la démonstration suivante : 24 – 15 = 9 mois. Il est pertinent de créer son entreprise au 9ème mois de sa période de chômage. Pourquoi ? (Oui, j’en rajoute pour ceux et celles que j’ai perdus en route…) 9 mois comme auto-entrepreneur par exemple PUIS 15 mois à la tête de son entreprise = 24 mois avec l’assurance d’avoir une rentrée d’argent mensuelle. Trop simple. Trop facile. Moi, j’ai monté une SASU dès le début. 15 mois de couverture et BASTA ! Et une SASU, ÇA-SUce en termes de charges et autres cotisations…

 

FACTEUR 2 : JE VEUX QUE CE SOIT PARFAIT !

J’ai construit Mikado & Co comme la petite boutique parfaite de quand-on-joue-à-la-marchande-quand-on-est-petite. J’ai écrit des programmes, des formations, des solutions d’accompagnement collectif, des coachings individuels à thème (pour les managers, pour les commerciaux), des solutions de team-building. Non seulement, j’ai présenté le contenu, les objectifs, le dispositif pédagogique et les modalités de tous ces produits mais j’ai aussi écrit le contenu !!!! Oui, Môssieur !!!! Le contenu !

Et je ne voulais pas parler de mon projet avant que tout soit bien fini et joliment présenté sur les rayons de ma petite boutique « Mikado & Co ». J’attendais le moment de son inauguration. Une sorte de vernissage pour sortir du bois et dire au monde : ENTREZ, C’EST OUVERT !

Autant vous dire que ce processus est une aberration créative à 2 titres : tout d’abord, je construisais ce que je pensais être opportun (sans demander à mes clients ou à mes prospects ce que EUX voulaient) puis je définissais tout de suite un produit fini à livrer (sans penser « agile » en livrant de manière itérative un produit évolutif).

Quand je regarde le dossier « MIKADO & CO » sur mon Mac, je suis effarée (et époustouflée, j’avoue) de TOUT ce que j’ai produit. WTF !!!!! Mais où ai-je puisé toute cette énergie et cette créativité ? Aujourd’hui, je peux vous le dire : dans la fraîcheur et l’enthousiasme des 18 premiers mois. Parce que la dernière année s’est plutôt passée en mode « poubelle » !

 

FACTEUR 3 : JE BOSSE SEULE SUR LA TABLE DE MA CUISINE

Qui dit « indépendante », dit… « indépendante » ! Non ? Et bien, moi, Môssieur, je bosse SEULE sur la table de ma cuisine. Et j’en concocte des choses ! Oh que oui ! Je passe la journée seule comme un rat (de bibliothèque) et je bosse-bosse-bosse.

Quand tout va bien, c’est parfait. Et ça correspond même plutôt bien à mon caractère solitaire d’ours des montagnes (j’ai un côté très animal finalement… hum…). Mais quand le doute arrive, la fatigue se fait sentir, la pression monte… l’ours est toujours seul face à son destin (un peu comme Sisi mais sans sa tripotée fraternelle et son Papi Li). Et c’est là que ça pique un peu…

L’isolement est un facteur de stress important et un des paramètres qui peut conduire au burn-out. Être entouré(e) permet de relativiser une situation, de demander et d’obtenir de l’aide, de partager des situations similaires et à minima d’adresser son mal-être à autrui. Les neurosciences valident ce modèle vertueux de tissu social et le bénéfice presqu’immédiat de mettre en mots ses maux émotionnels.

J’ai juste oublié qu’être « autonome » et « responsable » ne veut pas dire « indépendante ». Être adulte, ça veut dire être « responsable » et « autonome ». Certainement pas « indépendant ». Parce qu’être adulte, ça veut dire « savoir demander de l’aide ».

 

FACTEUR 4 : JE CHARGE (TROP) LA MULE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions et beaucoup de clients. Peut-être que vous connaissez cet adage de l’entrepreneur : « on ne sait de quoi demain sera fait ». Mais on sait bien de quoi aujourd’hui est fait : accepter cette mission qui s’offre à nous. Parce qu’on ne sait jamais…. Et puis, ne dit-on pas que les 2 premières années de création d’une boîte sont synonymes de « travailler comme un chien » ? Ben oui, parce que sinon, c’est le couperet de la 3ème année ! Oui, Môssieur, celui du retour de bâton « Trésor Public » qui fait même fermer des boîtes qui fonctionnent !!! Oui, qui fonctionnent ! Mais qui n’ont pas assez de trésorerie pour honorer ses charges et cotisations. Alors : engrange les missions ! Tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

En avant les missions et les échéances courtes ! En 2012 et 2013, mon compagnon et moi avons beaucoup voyagé : chaque voyage en avion, chaque attente dans un aéroport, chaque respiration dans un trajet étaient rentabilisés. Une aubaine pour compléter un Powerpoint, pour écrire un déroulé de formation, pour finaliser un support, pour construire une formation from scratch. Si j’avais réussi à préserver les vacances comme des parenthèses ressourçantes et reposantes, je me réservais le droit de définir toutes les transitions entre la table de ma cuisine et les rues de San Francisco, les plages de Hawaï ou les montagnes italiennes, comme des moments dédiés au travail. Et quel travail !!!! Une somme considérable ! Que je ne rentabilisais pas forcément : dans le métier de formateur, de consultant ou de conférencier, il y a les « one-shot » (on crée, on produit et on livre une solution pour un client et basta !) et les « to-be-recycled » (pour un client, on crée, on produit et on livre une solution dont le contenu pourra être ré-utilisé pou une autre mission ou pour un autre client). A cette époque, j’ai beaucoup produit des « one-shot » : beaucoup de travail avec un rentabilité niveau zéro… Pfffff… je suis fatiguée rien qu’en l’écrivant ! Et bien en deçà de mon état de fatigue grandissant de l’époque.

 

FACTEUR 5 : J’AI ÉTÉ CAUSETTE DANS UNE VIE ANTÉRIEURE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions, beaucoup de clients et… beaucoup de temps perdu ! A force d’animer des formations et d’accepter des missions, je m’éloignais de mon objectif : devenir entrepreneuse pour proposer MES OFFRES. J’étais en train de devenir formatrice et consultante.

Parenthèse pour toi, Happy Brany qui lit cet article avec intérêt et attention : dans le monde idéal, c’est bien ce que j’aurais dû définir comme objectif premier = devenir formatrice et consultante. Faire ce métier pendant 2 ou 3 ans PUIS monter ma boîte-à-moi. Je te rappelle cependant que ce N’EST PAS l’objectif que je m’étais fixé. Mon objectif : développer ma boîte-à-moi. La preuve : j’ai monté une SASU qui me coûte cher. J’ai même décroché le graal de tout formateur qui se respecte : l’agrément et le numéro de formateur !!!!!

J’ai perdu de vue mon objectif : développer un accompagnement différenciant et innovant. Celui que j’avais en tête quand j’ai créé Mikado & Co. Je l’ai OUBLIÉ ! Je prenais des missions, des missions et encore des missions qui n’avaient d’autre d’intérêt pour moi que de « faire rentrer du cash » : mon obsession ! J’ai dû être causette dans une vie antérieure : je vivais avec la peur au ventre de me retrouver sans le sou. La dimension de précarité (certes existante) dans le statut d’indépendant me hantait.

J’ai donc beaucoup travaillé en m’éparpillant et en répandant au passage : énergie, sens, direction. En n’étant pas pour autant rassurée : je gagnais peu d’argent somme toute, m’éloignais de mon objectif de développement business et étais épuisée. Well done, baby ! Heu… d’ailleurs, baby… tu n’aurais pas un peu oublié que tu avais une rentrée d’argent mensuelle ?? Assurée pour 15 mois ? Et bien, j’avais occulté cette donnée ! Causette, un jour, Causette, toujours !

 

FACTEUR 6 : JE KIFFE LE CHALLENGE

Un de mes drivers, un des trucs qui me font vibrer, un de mes kifs absolus, c’est le challenge. Ça provoque en mois ce niveau de stress suffisant et raisonnable qui me pousse au mouvement, me donne le sourire, provoque l’excitation et fait fonctionner mon cerveau de la manière la plus rapide et pertinente possible. J’A-DO-RE !

Changer de métier répond parfaitement à cette exigence ! Comme ça tombe bien , dis-donc ! J’étais donc toujours dans cette zone de turbulences que j’affectionne. Celle qui se trouve entre la zone de confort et la zone de panique totale. PAR-FAIT ! Mais la zone de turbulences est gourmande en énergie : c’est parce que nous avons la conviction d’avoir les ressources nécessaires face aux contraintes d’une situation que nous pouvons appréhender sereinement cette situation et ne pas être sujets au stress. Je puisais donc dans ces ressources précieuses pour relever tous les défis qui m’étaient proposés. Seulement voilà… à force de toujours puiser dans ses ressources et ne jamais être dans sa zone de confort, on finit par s’épuiser… et j’ai fini par me fatiguer d’être toujours sur le pont de la performance et l’exigence.

 

FACTEUR 7 : JE « SUIS » MA BOÎTE 

On est dans les deux premières années de vie de la boîte, oui ou non ? On doit bouffer-dormir-respirer sa boîte, oui ou non ?? Heu… surtout quand on travaille sur la table de sa cuisine en fait… Il est d’autant plus difficile de séparer le temps professionnel du temps privé quand les espaces dédiés à ces temps sont LES MÊMES ! Ce mélange des genres accentue les situations du genre : « On regarde une série… mais si je finissais mon compte-rendu en même temps ? », « Mon mec ne rentre pas dîner : youppi !!!! Toi, la table de la cuisine, tu vas garder ton statut prestigieux de bureau pour quelques heures encore ! ».

Tout était mélangé ! Les espaces, les temps et moi. Une espèce de gloubiboulga Mikado-esque ! Et si je gardais précieusement les vacances (sur-place ! Pas les moments pour m’y « emporter » !) comme des trésors OFF à protéger, j’avais lâché l’affaire sur les soirées et les week-ends. Quoi ??? Mais non, ce n’était même pas une corvée : j’aimais bien chercher des photos pour illustrer une présentation en regardant d’un oeil un épisode de ma série préférée, j’adorais passer le dimanche après-midi à faire ma compta en écoutant de la musique (oui, je sais… ça étonne tout le monde… je kiffe la compta… ça me détend). J’adorais ! Et c’est bien ça le problème : quand on aime, on ne compte pas. Et petit à petit, mon cerveau a fonctionné en mode exclusif Mikado & Co : en flux tendu. Et quand on se nourrit trop d’une seule chose, on finit par être écoeuré(e) et à éclater d’en avoir trop mangé !

 

NOTE POUR VOUS, MES CHERS HAPPY BRAINIES

Je ne suis pas friande de ce genre d’exercice #moi #memyselfandi #moije #maviemonoeuvre
Cet article reprend une conférence-témoignage que j’ai animée sur l’invitation de Marina Bourgeois et Caroline Averty de Oser Rêver Sa Carrière le 12 février 2018. Invitation que j’avais déjà acceptée en juillet 2017 pour les Samedi du Burn-Out (un évènement organisé par Marina et Catherine Borie). Invitations acceptées pour une seule raison : si mon témoignage peut éviter un burn-out à un(e) entrepreneur/se, donner des clés pour identifier les prémices, informer, sensibiliser, donner des outils pour prévenir… alors ça vaut le coup de mettre de côté ma pudeur et ma réserve. Merci, Mesdames ! 

Vous voulez en savoir plus sur le burn-out ? Mon histoire résonne chez vous ? Vous reconnaissez certains signes ? Elles le font bien mieux que moi parce que c’est leur expertise et leur domaine de compétences : Sandra Boré de EfferveScience et Catherine Borie.
Un article précieux de Sandra pour détecter les signes d’alerte… « Burn-out is coming » :  À LIRE 

À LIRE :
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

L’éloge de la petitesse : cultivons le Stupid Small

Petit à petit, de petit pas en petit pas, de mini-mission en mini-mission, de ch’ti objectif en ch’ti objectif…. nous nous approchons du but que nous nous sommes fixé ! Faisons l’éloge du « stupid small » avec Stephen Guise. Et si 2017 était l’année de la petitesse ?!

 

Je déteste ce mot « petit » : il sert souvent à minimiser quelque chose d’important.
« Il y a un petit problème », « On va faire une petite modification »… Généralement,
utiliser « petit » revient à amoindrir le problème et à ménager son interlocuteur.
Nous reparlerons dans un prochain post de l’effet parfois délétère de toutes nos bonnes intentions.
Mais c’est une autre histoire…

Mais ! Pour une fois, j’aime les mots : « PETIT », « MINI », « SMALL », « CH’TI » !!!
Pourquoi ? Parce que « petit à petit », de petit pas en petit pas, de mini-mission en mini-mission,
de ch’ti objectif  en ch’ti objectif …. nous nous approchons du but que nous nous sommes fixé ! 

Bon… allez… si vous suivez Boîte Crânienne, vous avez déjà entendu
parler de mini-missions… Non ?! Et bien c’est ICI
, ICI, ICI et ICI ! 

La semaine dernière, je discute avec un ami qui souhaite changer de poste et qui s’est fixé l’objectif suivant : envoyer 10 C.V. par jour. Nous ne sommes pas là pour débattre de la pertinence de cette mission (envoyer 10 C.V. par jour) au service de son objectif (trouver un emploi). Concentrons-nous sur la manière dont mon ami s’y prend pour atteindre son objectif. Chaque jour, il tente de dégager assez de temps dans son planning pour envoyer ces 10 C.V.. Et chaque jour, il échoue. Pourquoi ? Parce qu’envoyer 10 C.V. par jour prend BEAUCOUP de temps. Plus les jours passent, plus mon ami est angoissé et stressé : il n’a pas rempli la mission qu’il s’était fixée, il est en retard sur sa recherche d’emploi, il a laissé passer trop de temps entre la publication d’une offre et l’envoi de son foutu C.V., il se sent coupable, il a envie de « se jeter dans une poubelle » (comme il dit !), il se dit qu’il est nul.

Cette histoire vous rappelle-t-elle quelque chose ? Moi, oui. Indépendamment de cette histoire d’ami et de ses %#@$ C.V. à envoyer. Cette histoire me rappelle comment je peux procrastiner face à un objectif qui me semble IIIIIIIIMMENSE. «Et si tu envoyais un seul C.V. aujourd’hui ? Pas 2, 5 ou les 10 prévus mais… UN SEUL C.V.». Double avantage : la satisfaction d’avoir ENFIN débuté cette %#@$ recherche d’emploi ET l’envoi de 10 C.V. en seulement 10 jours sans même sans être rendu compte.

ARRÊTEZ DE LIRE CE POST MAINTENANT… 

…si vous n’avez pas le temps ou l’envie. Car tout est résumé dans cette anecdote amicale :
1- le premier pas est souvent le plus difficile à faire sur le chemin de son objectif ALORS…. pensez à un tout PETIT PREMIER PAS ! Et vous serez tellement content et fier d’avoir entamé votre mission et de vous rapprocher de votre objectif
2- un petit pas après un petit pas… vous vous rapprochez immanquablement de votre objectif ! Parfois même sans vous en rendre compte !

 

SI VOUS VOULEZ ALLER UN PEU PLUS LOIN DANS LE PAYS DES PETITS PAS, LISEZ LA SUITE

Je vous parle du livre de Stephen Guise « Mini Habits : smaller habits, bigger results» : comment un objectif, aussi grand soit-il, peut être atteint avec un mini-pas qui, répété chaque jour, devient une mini-habitude intégrée sans effort dans son mode de vie.

Nous sommes dans « une culture de l’effort héroïque » dont le mantra est : «go big or go home», «lance-toi dans quelque chose de grand ou retourne chez toi ». Certes, il est important d’avoir de grands rêves, des objectifs ambitieux et des projets pharaoniques. Il est même vital d’avoir une étoile qu’on a envie d’atteindre. Mais… il est également important de se rappeler que la réalisation de ses rêves, l’atteinte de ses objectifs et la finalisation de ses projets passent par le chemin pour atteindre ce but. Et que le chemin se construit pierre par pierre, pas à pas, petit à petit : par des actes spécifiques et quotidiens.

 

Je vous propose de partir au pays des mini-habitudes de Stephen Guise au travers de 5 étapes :

1- « STUPID SMALL »

Vous voulez faire 100 pompes par jour. Stephen Guise préconise de penser « Stupid Small », que j’aurais envie de traduire par « ridiculement petit ». Il propose de se fixer un objectif d’une seule pompe : Stupid Small ! Il raconte qu’il s’était fixé une routine d’exercices physiques de 30 minutes par jour et qu’il était resté assis sans pouvoir le faire. Pas de motivation. Pas de volonté assez forte. Il décide d’abandonner et se dit : « Allez… je fais une pompe, une seule pompe. » Après avoir fait cette unique pompe, il se dit : « Je n’étais pas si mal… Je peux en faire une autre ». Et Stephen Guise fait une autre pompe… et une autre… et une autre… Et presque sans s’en rendre compte, il a accompli ses 30 minutes d’exercices physiques ! Mais il n’a pas réussi en se fixant cet objectif de 30 minutes, il a réussi en se fixant un objectif ridiculement petit : une seule pompe.

Et il a eu ainsi une révélation : il suffit de se fixer un objectif quotidien ridiculement petit pour apprendre quelque chose de nouveau, pour progresser, pour changer ses habitudes. Plutôt que de vouloir lire une heure par jour, il est plus juste (et faisable !) de se fixer un objectif d’une page par jour. Idem pour commencer à méditer : au lieu des 15, 30 ou 60 minutes généralement proposées, Stephen Guise nous rappelle que nous pouvons méditer une minute par jour, voire le temps d’une respiration.

Pourquoi j’aime tant cette approche des mini-missions ?
Avantage N°1– Parce que l’objectif est tellement petit, ridiculement petit… qu’il est facilement atteignable et passe sous la barre fatidique de la Procrastination !
Avantage N°2– Parce que l’objectif est tellement petit, ridiculement petit… qu’il est facilement faisable : Just do It ! Now !

 

Développons un peu…

AVANTAGE N°1
Plus l’objectif est grand (méditer une heure ou faire 30 minutes d’exercices physiques par jour),
plus il est facteur de stress : Vais-je avoir le temps ? Serais-je assez motivé/e pour le faire aujourd’hui ?
Il faut que je trouve le temps et l’énergie de le faire. Sinon, je suis nul/le… L’activité est une source
de stress à plusieurs titres : c’est une activité que l’on n’apprécie pas forcément mais que l’on a décidé
de faire parce qu’elle est bonne pour la santé, bonne pour nos performances mentales, bonne pour…
Bref, il est important que l’on fasse cette activité parce qu’elle est bonne pour nous. Autrement dit,
si l’on ne réussit pas à faire cette activité, on est soumis à une culpabilité et une mésestime de soi.
Cette perspective peu réjouissante ajoute une dimension stressante avant même d’avoir commencé l’activité.
Et plus une activité est un facteur de stress, plus notre cerveau trouve un moyen de se soustraire
à cette tension psychologique. Il procrastine en cherchant une source de satisfaction et de plaisir immédiats
et échappe ainsi au désagrément de l’activité planifiée (méditer une heure ou faire 30 minutes
d’exercices physiques par jour). Se fixer un objectif ridiculement petit tel que « une minute de méditation »
ou « un abdo » allège l’activité et lui retire tout (ou bonne partie) de sa dimension anxiogène.
Nous avons alors moins (voire pas du tout !) tendance à remettre à plus tard LA pompe ou
LA minute méditative. 

AVANTAGE N°2
30 minutes ou une heure… voilà un espace-temps bien difficile à mettre au planning journalier.
Alors qu’une minute ou le temps d’une respiration : c’est possible… et bien, c’est possible MAINTENANT, tiens !
Et hop, me voilà au sol pour 1 minute de gainage ! Et hop, me voilà sur mon appli d’anglais
pour apprendre 1 nouveau mot ! Cette caractéristique ridiculement petite rend l’activité faisable :
DO IT ! Il n’y a pas d’essai, comme dirait Yoda. Et il aura raison, petit padawan : il n’y a pas d’essai
en la matière tellement l’objectif fixé est petit : si je fais une pompe, j’ai atteint l’objectif !
«No matter what, I’m gonna do it» : la mini-mission (si je l’accepte !) est tellement petite que, quoiqu’il arrive,
je PEUX LE FAIRE ! Quoiqu’il arrive : période d’examen, vacances au bout du monde, bouclage de dossier,
charrette au bureau, nouveau-né qui rentre à la maison… «No matter what, I’m gonna do it!»
Rien à voir avec mes 30 minutes initialement prévues qui se soldent parfois en un essai infructueux et
culpabilisant de 3 pompes et demie réalisées ! L’objectif est si ridicule qu’il en est risible. Et cet aspect comique
de la situation fait que, bien souvent, on va se mettre ICI et MAINTENANT à réaliser cette mini-mission :
Et hop, me voilà au sol pour 1 minute de gainage ! Et hop, me voilà sur mon appli d’anglais pour
apprendre 1 nouveau mot ! On prend très vite conscience que
le temps de penser à sa mini-mission
est
le temps de faire la mini-mission. Donc… Pensons Nike, pensons JUST DO IT !

 

Un autre exemple est celui de l’écriture d’un livre : « Je décide d’écrire 2000 mots par jour. » Pour vous qui devez écrire un mémoire ou une thèse (une pensée pour Théo et Ben)… ça vous dit quelque chose ?! Et si vous écriviez 250 mots par jour ? Juste 250 mots… et bien vous auriez écrit un livre en une année !

Après les 250 mots écrits, on continue… mais chut !!!!! C’est l’EFFET BONUS ! Les fameuses « bonus reps » ou « répétitions bonus » dont parle Stephen Guise. On se prend au jeu ! Comme Stephen Guise avec son objectif « ONE PUSH-UP » : après avoir fait l’unique pompe, il se dit : « Je n’étais pas si mal… Je peux en faire une autre ». Le plus difficile, c’est (souvent) de faire le premier pas. Si petit soit-il. Le premier pas marché, on est prêt pour atteindre la Lune !

 

2- LA PREMIÈRE LOI DE NEWTON

« Tout corps persévère dans l’état de repos ou de mouvement uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins que quelque force n’agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d’état. »

Donc si vous restez inactif et immobile, vous tendrez à le rester. De même, si vous êtes en mouvement et dans l’action, vous ferez de telle sorte de poursuivre cette dynamique. Et ce, naturellement, sans effort et presque irrémédiablement.

La partie la plus difficile de cette équation est de passer de l’immobilisme à l’action. C’est ce premier pas pour nous mettre en mouvement qui nous pousse bien souvent à remettre cette action au lendemain et à procrastiner. Bref, à ne jamais rien faire : ne jamais apprendre un nouveau mot anglais, ne jamais muscler nos abdos, ne jamais méditer…

Alors que propose Stephen Guise pour passer du REST au MOTION, du repos au mouvement ? 

Stephen Guise nous met en garde contre les velléités trop grandes : si vous vous mettez en tête de faire 30, 45 ou 60 minutes quotidiennes d’exercices physiques ou de méditation, d’écrire une petite nouvelle en une seule session de travail, il vous est compliqué de vous mettre en mouvement !  Parce que la marche à monter est trop grande et que l’idée même de la monter est génératrice de stress.

Passer de l’état de REST à celui de MOTION est facile avec une mini-mission telle que une minute de méditation ou une seule pompe : cet effort est si ridiculement petit qu’il se fait sans même y penser et nous permet de nous mettre en mouvement. Mouvement dans lequel nous avons envie de rester selon cette première loi de Newton. Ca y est ! Le premier pas a été fait et nous pouvons dire officiellement que nous pratiquons la méditation ou que nous musclons nos pectoraux.

Quand on essaye de faire quelque chose de nouveau ou de mettre en place une nouvelle habitude, on cherche à changer son quotidien et à modifier sa manière de vivre. Ce changement provoque une résistance naturelle quelle que soit la puissance de votre volonté. Quand on pense « mini-mission », le changement est si petit que la résistance naturelle du cerveau est amoindrie, voire totalement déjouée.

Après 60 jours de mini-missions répétées, la mini-mission devient une mini-habitude : cette mini-activité est ancrée et devient un rituel qui fait partie de notre quotidien. « L’habitude est une disposition acquise, relativement permanente et stable, qui devient une sorte de seconde nature. » Alors… vous vouliez vous mettre aux abdos, à l’anglais, à la méditation ou à l’écriture ? It’s DONE, baby!  Sans même vous en rendre compte, vous avez réussi !

 

3- LA DIMINUTION DE LA VOLONTÉ

Ce troisième point s’intitule « Ego Depletion » ou « épuisement de l’ego » qui fait référence à la quantité limitée d’énergie mentale nous permettant de nous contrôler. 

On ne peut pas s’appuyer sur la motivation, nous dit Stephen Guise. Parce que la motivation varie selon notre humeur, nos envies, notre énergie et les contraintes contextuelles. Stephen Guise préfère la volonté à la motivation pour mener à bien ses projets.

Quelle différence entre les deux ? Le dictionnaire nous apprend que la volonté est la détermination consciente à réaliser certains actes, alors que la motivation est un facteur conscient ou inconscient qui incite à agir de telle ou telle façon. Disons que la volonté est la capacité de se déterminer à agir et qu’elle s’appuie sur le désir qu’est la motivation. Pour imager, la motivation serait l’étincelle nécessaire d’un moteur appelé « volonté ».

Or notre volonté n’est pas sans limite et diminue notamment au cours de la journée. Des études montrent que nous avons une réserve de volonté : comme une batterie de téléphone portable, elle est pleine en début de journée puis diminue au fil des heures pour arriver à un niveau zéro. J’aime l’image qu’emploie le docteur Nadia Medjad pour expliquer comment fonctionne la volonté : « Imaginez que vous partez chaque matin avec un petit bidon de volonté qui se vide à chaque décision que vous prenez »

Quel est l’avantage des mini-habitudes ? Les activités sont tellement petites qu’elles ne nécessitent pas beaucoup d’effort : les mini-missions sont peu consommatrices de cette substance précieuse qu’est la volonté.

Je ne vous propose pas de réduire votre objectif et de choisir un lampadaire plutôt qu’une étoile : c’est découper son rêve en mini-bouchées digestes et faciles à avaler ! Prendre son objectif, son rêve, le chemin vers son étoile et le diviser en tous petits morceaux. Un morceau si petit que vous ne pouvez pas échouer : vous ne pouvez QUE RÉUSSIR à avaler ce tout petit morceau.

 

4- L’AUTO-EFFICACITÉ

Stephen Guise parle de « Self Efficacity » : l’auto-efficacité est la croyance en sa capacité de réaliser une tâche. L’auto-efficacité n’est pas l’estime de soi, ni l’efficacité tout court : cette notion fait référence en la conviction que l’on a d’atteindre l’objectif fixé.

Et encore une fois, une mini-habitude consomme peu de cette ressource. Il suffit de croire petit pour réaliser petit. Et, en faisant une seule pompe ou une seule minute de méditation, on active également un cercle vertueux : l’auto-efficacité est générée automatiquement. Nous avons encore PLUS foi en notre capacité de réaliser une tâche. Pourquoi ? Parce que nous venons de l’expérimenter et que nous l’avons fait !!! You did it, happy brainy!

Un jour, je fais une seule pompe et un autre jour, j’en fais 50. Ce qui est important : « Je gagne toujours et peux être fier/fière de moi ». L’objectif étant de UNE seule pompe, j’atteins TOUJOURS l’objectif dès que la première pompe est faite ! Et cette dynamique est précieuse en matière d’estime de soi et de confiance en sa valeur. En pratiquant les mini-missions, je suis victorieux et prends de plus en plus confiance en moi. I’m the King of the World, baby!

 

5- UNE CHAÎNE DE MINI-HABITUDES

Stephen Guise nous raconte l’histoire de Jerry Seinfeld qui, à ses débuts de comédien, écrivait une blague chaque jour. Tous les jours, il inventait une blague pour parfaire son art du stand-up. Il possédait un énorme calendrier qui était accroché à un mur. Chaque jour, après avoir écrit la blague quotidienne, il marquait ce jour d’une grosse croix rouge sur le calendrier. Jour après jour, le calendrier se couvrait de grosses croix rouges : X ! X ! X ! Cette méthode visuelle et répétitive entrainait Seinfeld dans une routine quasiment automatique : chaque jour, il écrivait une blague sans se poser la question de savoir s’il avait envie ou non, s’il était motivé ou non, s’il était inspiré ou non.

Jerry Seinfeld avait inventé la chaîne des mini-habitudes : chaque jour, il accomplissait la même mini-mission. 

Et jour après jour, il créait ainsi une série de mini-activités. « Don’t break the chain! » : notre cerveau est ainsi fait qu’il est enclin à ne pas rompre le cercle des habitudes et de la satisfaction. Nous sommes ainsi poussés à ne pas rompre la chaîne des habitudes et le cercle vertueux de l’action.

 

Si vous devez retenir 3 choses sur cet article et le livre de Stephen Guise

1-Découpez votre objectif en autant de mini-objectifs que vous pouvez :
pensez le plus petit objectif possible et définissez ainsi vos mini-missions quotidiennes.
2-Pensez répétition quotidienne pour transformer les mini-missions en mini-habitudes :
des activités que vous faites sans y réfléchir et qui sont entrées dans votre quotidien
3-Construisez ainsi une chaîne de mini-activités qui se déploie sur la semaine, sur le mois,
sur l’année comme une série immuable de mini-habitudes de vie 

Ces 3 règles vous aident à être CONSTANTS !
Ce qui est le plus difficile lorsque l’on veut changer ses habitudes et réaliser un projet
qui demande une activité répétitive et répétée. 

 

Alors… THINK STUPID SMALL, HAPPY BRAINIES! And… JUST DO IT!

Travaillez votre concentration 10 minutes par jour

Une méthode révolutionnaire ? Un nouvel exercice venant des States ? Un outil innovant encore peu connu ? Non. Il s’agit d’une pratique ancestrale aux multiples bienfaits. En oubliant de compter parmi eux celui qui concerne l’attention.

Nous entendons parler et lisons dans tous les magazines combien la méditation est bénéfique pour lutter contre le stress, pour lâcher-prise, pour gagner en sérénité, pour augmenter son bien-être, pour se relaxer, pour perdre du poids… pour… pour… La méditation est devenue une espèce de remède spirituel à tout et surtout la solution à n’importe quoi !

Bien-sûr, la pratique de la méditation peut apporter un mieux-être, une détente, une paix intérieure…. Beaucoup pratiquent la méditation en pensant aux bénéfices.

Je vous propose d’envisager cette pratique dans son unique dimension expérientielle en citant Jean-Philippe Lachaux :

« La méditation décrit les mécanismes et stratégies attentionnels »

La méditation nous permet d’expérimenter comment engager la totalité de nos forces mentales dans un instant donné. La méditation est un entrainement efficace à l’attention et de l’attention.

Avec toute la difficulté que l’on peut rencontrer de rester (con-)centré. Notamment quand on découvre la méditation ou qu’on débute.

Méditer revient à travailler sa concentration et à focaliser son attention sur le moment présent.

C’est exactement ce que nous tentons de faire quand nous voulons travailler sur un rapport de stage ou sur un cours à réviser : nous tachons de rester (con-)centrés sur cette tâche malgré les sirènes attentionnelles extérieures (téléphone qui sonne, alertes mails, …) et endogènes (repenser à une discussion que nous avons eue quelques heures plus tôt, penser à la fête d’anniversaire que l’on doit organiser, entendre nos petites voix intérieures qui nous intiment d’être parfait, d’aller plus vite…).

C’est ce que nous expérimentons quand nous méditons : nous observons nos pensées, notre expérience et nos émotions en restant (con-)centrés sur le moment présent. Et ce, malgré les sirènes attentionnées extérieures (le bruit de la rue, les discussions….) et endogènes (repenser à une discussion que nous avons eue quelques heures plus tôt, penser à la fête d’anniversaire que l’on doit organiser, entendre nos petites voix intérieures qui nous intiment d’être parfait, de réussir cette médiation !).

Méditer, c’est entraîner son attention et s’entrainer à l’attention.

Méditer, ok…. Mais, méditer comment ?

Avant de pratiquer, j’imaginais une posture de lotus, face à un mur, dans un environnement dédié… C’est en effet une manière de méditer. On peut aussi méditer dans un bus, à une terrasse de bar, assis dans son bureau…

Quand on débute, il est plus facile de découvrir la méditation par une méditation guidée : une voix vous accompagne et vous guide sur ce qu’il convient de faire. Une méditation guidée permet de concentrer son attention sur une voix et sur les « instructions » qu’on nous propose. Souvenez-vous : il est facile de centrer notre attention sur quelque chose qui existe (une voix) que sur quelque chose qu’on veut éviter (ressasser une discussion, faire une liste de courses….). Un autre avantage consiste à échapper à une injonction intérieure très fréquente : « Ne pense pas… ne pense pas… Il ne faut pas que tu penses… » Autant vous dire que le syndrome de l’éléphant rose (« Ne pensez pas à un éléphant rose….. Ne pensez pas à un éléphant rose…. « ) va prendre tout son sens !

Une méditation guidée, ok…. Mais guidée par qui ??

Moi, j’utilise l’application « HeadSpace » : un petit bijou imaginé par Andy Puddicombe, moine bouddhiste et circassien. Cette application n’est disponible qu’en anglais pour le moment.
Pour les applications en français, voici mes chouchous : « Mindfulness », « Détente », « Zenfie » et surtout « Mind ». Toutes celles-ci sont gratuites (pour une dizaine de séances pour HeadSpace et Mind).

Il y a d’autres applications disponibles sur l’Apple Store ou Google Play : je ne les connais pas ou ne les apprécie pas. Il est toujours intéressant télécharger une application et de la tester.

J’ai mon application de Méditation guidée… Je la pratique  quand ?

Quand vous voulez et quand vous pouvez ! Chez vous, au bureau, dans un bus, un train… 10 minutes par jour suffisent. Vous n’avez pas 10 minutes ?? Vous les trouverez en faisant de ces 10 petites minutes une de vos priorités. 10 minutes…. c’est rien dans votre journée. Planifiez ces 10 minutes dans votre agenda si nécessaire : c’est votre moment à vous pour déconnecter et vous reconnecter à vous !

Inutile de concentrer l’heure hebdomadaire de méditation en une seule longue séance le dimanche matin ! Pourquoi ? Parce qu’un entrainement séquencé et régulier est plus efficace et performant qu’une séance plus longue. Chaque jour, vous entrainez votre cerveau et vous gagnez ainsi en pouvoir de concentration et en puissance attentionnelle. Et puis… vous savez comme moi qu’il est très difficile de trouver une heure entière de temps libre ! Alors que…. 10 petites minutes !

Nous faisons l’expérience de méditer sans le savoir : quand nous nous concentrons sur notre respiration par exemple.

Chaque activité peut se décliner comme une sorte de méditation : faire un gâteau, regarder le paysage qui défile derrière la vitre d’un train…. Nous ne travaillons pas une concentration volontaire : nous aiguisons notre sensibilité aux signes d’une attention qui pourrait s’échapper. Nous sommes dans un « ici et maintenant » dédié à un objet attentionnel bien précis : faire un gâteau, regarder le paysage…

C’est ainsi que, jour après jour, nous aiguisons son faisceau attentionnel, nous entrainons notre alerte à sirènes attentionnelles et apprenons une stratégie pour rester concentrés.

Alors ? Prêts à méditer pendant 10 petites minutes par jour ? Les bénéfices sur l’attention sont évidents : la méditation est l’expérimentation des mécanismes et stratégies attentionnels. Ce n’est pas moi qui le dis ! Ce sont les études et observations scientifiques menées sur l’attention !

Mettez un post-it sur votre cerveau

Vous êtes fan de la technique Pomodoro et pourtant…. il y a des jours où cette stratégie ne fonctionne pas. Vous pouvez alors tromper le GPS de votre cerveau. En cas d’urgence, voici la Solution Rescue N°2 : mettre un post-it sur son cerveau.

Si vous êtes comme moi, il y a des jours où il est… hum… « difficile » de se mettre au travail… Je suis une formation en ligne et je dois réviser le module 1, je me suis inscrite à un MOOC et les cours ont commencé, je veux apprendre l’italien et Duolingo vient de me rappeler mon objectif quotidien (non atteint !)…

Je vous ai confié que j’utilisais la technique Pomodoro pour entamer des révisions ou tout simplement travailler.
Je découpe mon objectif final (réviser une année entière de cours ou écrire un rapport de stage) en mini-missions (réviser une heure de cours du thème choisi ou écrire le plan de l’introduction). J’affectionne le terme de mini-missions que j’ai emprunté à Jean-Philippe Lachaux.
Chaque mini-mission correspond à un Pomodoro : 25 minutes de concentration totale ! Je règle mon minuteur sur un Pomodoro et c’est parti pour une attention focalisée sans distraction aucune : j’ai organisé la résistance ! C’est-à-dire que j’ai coupé les alertes et les notifications sur mon ordi, mis mon portable et ma tablette en mode « Avion ».

Au bout de 25 minutes, je peux être fière de moi ! Presque sans m’en rendre compte, je viens de réaliser une mini-mission. Mini-mission N°1 : DONE ! Je peux alors m’accorder une petite pause de 5 minutes. Pour ma part, elle sera composée d’une partie de Candy Crush (ou plusieurs parties selon la qualité de ma prestation en matière de regroupement de bonbons !).

Et peu à peu…. Mini-mission N°2 : DONE ! 5 minutes de consultation de mails. Mini-Mission N°3 : DONE ! 5 minutes de pause café. Mini-Mission N°4 : DONE ! 20 minutes de vidéos YouTube !!!! Et peu à peu, je me rapproche de mon objectif final…

Seulement voilà… il y a des jours où cette stratégie ne fonctionne pas. Voici 2 SOLUTIONS RESCUE !

SOLUTION RESCUE N°1 : Tromper le GPS de son cerveau

Si vous lisez le blog de Boîte Crânienne, ça devrait vous dire quelque chose…. Pour les autres, en guise de rattrapage : je m’inspire de Barbara Oakley et de sa conception, somme toute très gestaltiste, de se concentrer sur le contenu d’une tâche à réaliser. Je ne pense pas à la mini-mission que je dois réaliser. Je ne pense pas à l’objectif à atteindre. Je ne pense pas au but que je dois atteindre en 25 minutes. Je ne pense pas à la destination de mon Pomodoro.

Et là, vous pourriez me dire : « Dites donc ! En formulant la consigne comme ça, je ne pense qu’à une seule chose : ma mini-mission, mon mini-objectif, ma destination ! ». Et vous auriez raison !!!! Car si je vous dis « Ne pensez pas à un éléphant rose… », à quoi pensez-vous ??

Tromper le GPS de son cerveau consiste à se focaliser sur le chemin : rédiger, réviser, structurer ses idées, ranger…. Tromper le GPS de son cerveau revient à FAIRE. Juste FAIRE. Sans penser à la destination (un article écrit, un cours appris, retranscrire des notes prises à la volée, obtenir un classement de tous ses mails dans les bons dossiers….).

J’utilise cette stratégie en ayant pleine conscience de « manipuler » mon cerveau ou plus exactement de « manipuler » un facteur anxiogène. Si parfois, penser à une mini-mission, aussi petite soit-elle, ne suffit pas à me mettre en mouvement et me pousse à procrastiner, il est fort à parier que l’idée même de cette mini-mission est une source d’anxiété et d’inconfort. Inconfort psychologique que je tente de fuir en me réfugiant dans un plaisir immédiat et soulageant : la procrastination est effectivement une drogue à effet immédiat mais fugace.

Alors… je cesse de penser à l’objectif à atteindre et me concentre sur le CONTENU de la mini-mission. Je pars sur le chemin des révisions ou de l’écriture pour 25 minutes… sans m’imposer la contrainte d’une destination à atteindre. 

Et c’est presque magique ! Et tellement logique ! Un pas après l’autre : je me rapproche de mon objectif final !!! Mais chut….. ça reste entre vous et moi….

SOLUTION RESCUE N°2 : Mettre un post-it sur son cerveau

L’idée de cette stratégie vient d’une tendance mentale : nous mémorisons plus facilement une tâche inachevée.   Si je vous demande de réaliser une vingtaine de tâches (faire un gâteau, dessiner une maison, fabriquer un collier, assembler un puzzle…) et  je ne vous laisse pas le temps de terminer toutes ces activités : certaines sont terminées, d’autres inachevées. Revoyons nous quelques temps après cette expérience : je vous demande alors de me citer les tâches que je vous avais demandé de réaliser. Vous vous remémorerez plus facilement les activités inachevées que celles que vous avez pu terminer. L’expérience initiale menée sur des enfants par Bluma Zeigarnik dans les années 20 montre que les activités incomplètes sont citées 2 fois plus que celles terminées.

C’est ce que l’on appelle l’effet Zeigarnik, du nom de cette psychologue américaine : notre cerveau garde une trace mnésique plus forte d’une information ou activité incomplète. C’est un peu comme s’il mettait un post-it pour mieux s’en souvenir.

Une explication serait que notre organisme est ainsi sujet à une tension inconfortable et douloureuse que seul l’accomplissement de l’activité pourrait soulager. En termes gestaltistes, il pourrait s’agir d’une forme inachevée tendant à sa complétude.

Une stratégie « Stop à la procrastination » a vu le jour à partir de cette tendance mnésique : si je commence une activité, un post-it portant son nom est « accroché » à mon cerveau. Avec une couleur et une taille beaucoup plus importantes que les post-it des tâches de ma To-Do-List (celles que je remets au lendemain notamment !).

J’affectionne cette stratégie Post-It parce qu’elle a un second avantage que vous découvrirez si vous l’expérimentez : quand je débute une tâche, même par une toute petite bouchée-une toute petite action, je m’aperçois très souvent que cette tâche n’a pas l’ampleur que j’imaginais. En termes de travail à faire, d’énergie à dépenser, de temps à consacrer…. Et poser cette mini-pierre d’un édifice auquel je redoutais de m’atteler permet très souvent de réduire mon anxiété et de faire descendre la pression.

Concrètement : Ouvrir un classeur de cours, créer un document Word, classer ses cours dans des pochettes de couleur… et c’est tout ! Une mini-bouchée à avaler, une mini-pierre à poser, une mini-action à accomplir qui lance un cercle vertueux. Cette tâche que je repoussais indéfiniment, que je redoutais, qui me faisait peur : JE L’AI COMMENCÉE !!!!! Pour moi, c’est synonyme d’une mauvaise conscience qui se tait et d’un processus de procrastination qui s’éteint !

Mettez un post-it sur votre cerveau

La stratégie POST-IT fonctionne pour moi. Pour à peu près tout ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon cerveau !

 

Et pour vous ? Qu’en dira votre cerveau ? Vous essayez et on en reparle ?

La tomate est bonne pour le cerveau

Mais pas n’importe laquelle ! La tomate italienne : « il pomodoro » ! Je vous propose de découvrir comment une simple tomate peut vous aider à vaincre la procrastination et à avancer dans la rédaction de votre rapport de stage ou dans vos révisions.

De quoi s’agit-il ? Une variété de tomates révolutionnaires ? En fait, il n’y a rien de révolutionnaire ou de novateur dans l’invention d’un certain Francesco Cirillo, expert en gestion du temps, directeur de produits et spécialiste en organisation.
Dans les années 80, Francesco Cirillo ré-invente la planification des tâches à l’aide d’un minuteur réglé sur des créneaux de 25 minutes, minuteur en forme de tomate qui donnera son nom à cette technique de gestion du temps : la technique Pomodoro. Le génie de Cirillo réside dans la description précise de la manière de planifier une tâche et d’utiliser un minuteur pour réaliser cette tâche. Si vous me connaissez un peu ou si vous avez lu mon parcours, vous reconnaitrez là ma « project management touch » !

A VOUS DE TESTER LA RECETTE POMODORO !

Il vous faut :
– UN OBJECTIF : écrire un rapport de stage ou réviser une année complète de cours de français pour le bac
UN MINUTEUR : un vrai en forme de tomate ou un virtuel sur votre Iphone

Francesco Cirillo propose 4 étapes à suivre. J’en ajoute une préliminaire.

Voici les 5 étapes qui vont vous permettre de venir à bout de ce fameux rapport de stage que vous devez écrire depuis des semaines ou de la révision d’une année complète d’un cours.

1- DÉCOUPEZ VOTRE OBJECTIF FINAL EN MINI-MISSIONS 
On ne mange pas une tarte d’une seule bouchée : on la mange parts après parts, bouchées après bouchées. Cette idée peut couler de source et vous sembler d’une terrible évidence. Et pourtant ! Il est bon de se rappeler de ce principe. Il est très différent de prévoir du temps pour réviser un seul texte ou pour écrire le plan de l’introduction du rapport de stage ET de prévoir du temps pour écrire la totalité du rapport de stage ou réviser une année complète de cours de français pour le bac. Dans un cas, la bouchée est facile à avaler : je prévois une demi-heure pour réviser un texte ou écrire mon plan. Dans l’autre, la tarte me reste en travers de la gorge : je dois prévoir une semaine de vacances ou de RTT pour réviser une année entière de cours de français ou écrire mon rapport de stage.

Donc, concrètement : découpez votre objectif final (la tarte) en mini-missions (de petites bouchées). J’aime le terme de « mini-missions » emprunté à Jean-Philippe Lachaux, chercheur au Centre en Neurosciences de Lyon et spécialiste de l’attention. C’est plus digeste, non ??

Une question qui m’est souvent posée : « Comment « calibrer » une mini-mission ? J’ai peur qu’elle soit trop vaste ou trop petite. » Ma réponse : pensez 25 minutes, pensez petit, pensez même « tout petit ». Et… vous verrez bien ! En expérimentant, vous vous rendrez compte que votre objectif était trop ambitieux (réaliser la mini-mission vous prendrait plus de 25 minutes) ou trop petit (au bout de 10 minutes, vous aviez déjà fini !). Faites-vous confiance : vous allez ajuster la définition de vos mini-objectifs.

2- RÉGLEZ LE MINUTEUR ou « POMODORO » SUR 25 MINUTES
Et c’est parti pour 25 minutes de concentration TO-TA-LE ! Rappel des épisodes précédents : 25 minutes sans notifications Facebook, alertes mails, appels téléphoniques… 25 minutes au cours desquelles on organise la résistance et on se concentre TO-TA-LE-MENT sur son mini-objectif. 25 minutes au cours desquelles on sera mono-tâche : on oeuvre pour venir à bout de sa mini-mission.

Je vous l’avais dit ! Il est impensable, voire anxiogène, d’imaginer d’être coupé du monde en éteignant tablette et téléphone et en ne laissant qu’une seule fenêtre active sur mon ordinateur (celle sur laquelle on rédige notre rapport par exemple). C’est même terrifiant !!!!!! En revanche, c’est pensable, possible et réalisable quand c’est pour 25 petites minutes seulement. Vous respirez déjà mieux en lisant ces 2 petits chiffres : 2-5 minutes…. Huuuuuummmmmm…

Pour moi, 25 minutes : c’est un créneau parfait. Pour d’autres, c’est trop court. Lors de l’atelier « Je booste ma concentration malgré les interruptions » au forum ELLE Active, une jeune femme a fait part de son expérience : pour elle, la juste « tomate » est 50 minutes. Pourquoi pas ?! Expérimentez cette technique en réglant le minuteur sur 25 minutes, testez la pendant une semaine puis ajustez les créneaux de travail. Un conseil : ne réduisez pas le temps de travail et faites vous confiance pour inventer votre propre technique Pomodoro !

3- TRAVAILLEZ SUR VOTRE MINI-MISSION JUSQU’À CE QUE LE MINUTEUR VOUS ARRÊTE ET NOTEZ CETTE MINI-MISSION COMME RÉALISÉE
Pendant 25 minutes, votre cerveau est concentré sur cette mini-mission. Vous vous donnez les moyens de consacrer toutes vos capacités cognitives au service de votre mini-objectif. Pour ceux et celles dont « Procrastine » est leur meilleure copine, cette focalisation sur « ce que je décide de faire » (réviser un texte ou rédiger un plan) est beaucoup plus efficace que de se concentrer sur « ce que je ne dois pas faire » (Facebook, Snapchat, Candy Crush, surfer sur le net…). Vous concentrer sur un aspect positif (une mini-mission à faire) est plus puissant et productif que de penser à une tâche à éviter (une sirène attentionnelle).

Vous pourriez me dire : « On a parlé de procrastination et on a vu qu’un des leviers qui nous poussent à procrastiner est l’aspect anxiogène de la tâche à réaliser« . Et vous auriez raison ! La tâche devient un facteur de stress qui provoque une sensation physique désagréable. Ou plutôt la seule pensée de cette tâche engendre le mal-être psychologique et physiologique afférent au stress. Donc…. notre cerveau a alors tendance à vouloir « évacuer » cette source de stress et l’inconfort ressenti en se concentrant sur une activité plaisante et agréable : surfer sur le net, faire une petite partie, trier sa boîte mails, consulter son mur Facebook…. cette autre activité va immédiatement faire « taire » le ressenti désagréable et nous nourrir de sensations de plaisir et de satisfaction.

Entre nous… réviser une année entière de cours ou rédiger un rapport de stage peut être une source d’angoisse et peut nous pousser à remettre à plus tard. Et je serais la première à me réfugier dans une petite partie de Candy Crush ! Si vous pensez maintenant à « un seul texte de français » ou à « le plan de l’intro »…. Vous le sentez ? Moi, en tous cas, je respire mieux ! C’est une bouchée plus facile à croquer !

Autre avantage : marquer cette mini-mission comme « DONE » à la fin des 25 minutes. Pourquoi ? Parce que je suis FIÈRE d’avoir mené cette mission à terme ! JE SUIS FIÈRE DE MOI !!!

4- PRENEZ UNE PAUSE DE 5 MINUTES
Vous l’avez méritée !!! Vous avez atteint votre mini-objectif ! A vous de faire ce qui vous réjouit, vous ressource ou vous apaise. Une manière de célébrer votre mini-succès et…. c’est reparti pour un pomodoro !

5- ENCHAINEZ 4 POMODORI (4 X 25 MINUTES) ET PROFITEZ D’UNE PAUSE PLUS LONGUE (15 À 20 MINUTES)
Vous venez de travailler 2 heures sans vous en apercevoir.… Si, si ! Et vous avez déjà révisé 4 textes, soit un auteur complet ! Et vous avez déjà rédigé l’introduction de votre rapport de stage ! Well done, les brainies !!!!

 

J’ai testé cette technique et je l’ai adoptée : je définis aujourd’hui de petits objectifs concrets, précis et réalisables. Et je travaille sur ces mini-missions pendant 25 minutes seulement. Cette tomate est magique : elle n’a l’air de rien mais elle est extrêmement efficace ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon cerveau ! (et mon programme actuel de révisions qui avance sacrément !)