Cerveau au travail : ne pas déranger

Piège à concentrationCette photo a été réalisée sans trucage : un Ipad, un téléphone, une web-série sur un autre Ipad… et mon ordinateur pour suivre un MOOC !

Telle est la recette du désastre attentionnel : Concentration Niveau Zéro.

Allez… faites un effort… on en a déjà parlé ! Notre cerveau ne peut pas traiter deux taches en même temps. Notre projecteur attentionnel, pour reprendre l’expression de Posner, est braqué alternativement sur un objet ou sur un autre.

 

Autrement dit, quand je travaille dans ces conditions, mon attention se porte sur mon Ipad PUIS sur le cours que je veux suivre, sur ma série PUIS sur le cours que j’essaie de suivre, sur mon téléphone PUIS sur le cours dont j’ai perdu le fil…..

Mais qui est aux commandes de ce projecteur attentionnel ?!

Notre cerveau  ! Ou plutôt une de ses fonctions qui ne veut pas perdre une miette de ce qui pourrait être intéressant : notre cerveau ne veut pas passer à côté d’une opportunité (Ohhhhhh !!!! Il y a 30% sur mes chaussures préférées !) ou d’un danger (Aïe ! Le pic d’épidémie de gastro vient d’être atteint !). Notre cerveau ne veut pas rater quelque chose d’important.

Notre attention est captée par le stimulus le plus saillant dans l’environnement. Notre cerveau est ainsi (bien) fait et porte son héritage primitif : une opportunité (des baies comestibles) ou un danger (un animal féroce) sont les maîtres de notre attention. Si ce système sélectif servait notre survie et notre bien-être il y a des millénaires, il en est autrement aujourd’hui. La notification Facebook qui vient d’apparaître sur mon téléphone ne sert plus mon intérêt : au contraire, elle est nuisible à mon objectif « Suivre un cours en ligne ». Mais elle reste le signal le plus prégnant de mon environnement….

Alors… Comment résister à cette sirène attentionnelle ? En mettant en place des stratégies.

 

Les bureaux de Boîte Crânienne

Vous suivez le blog de Boîte Crânienne ?
Vous vous souvenez peut-être que je vous ai décrit mon bureau idéal :
un bureau vide dans un espace dédié à mon travail.

C’est la stratégie N°1 que j’ai présentée lors de l’atelier « Je booste ma concentration malgré les interruptions » du forum ELLE Active : aménager son espace de travail avec le moins de tentations possible.

Concrètement : un bureau dépourvu de téléphone, d’Ipad, de magazine, de livre… Un bureau dépourvu de toute tentation qui pourrait attirer notre projecteur attentionnel et le faire dévier de son objet principal : un cours à réviser.

Qui dit «bureau» dit aussi «bureau d’ordinateur» : je vous invite à déconnecter les alertes sonores d’arrivée de mails, les pop-up Facebook…..

Restez calmes !!!!! C’est temporaire !!!!!

Cette stratégie « Aménager » est à mettre en oeuvre pour UN TEMPS DONNÉ. Rassurez-vous : nous verrons bientôt comment procéder. Pour que cette faille temporelle soit acceptable et confortable pour vous !

Appliquer cette stratégie va vous permettre de gagner :
– en efficacité : votre attention est focalisée sur une seule tache à réaliser et toutes vos ressources mentales sont dédiées à cette tâche
– en temps : plus vous êtes concentrés sur un devoir de philo ou un rapport de stage, plus vous êtes rapides dans son élaboration

Alors ??? Prêts à vous dé-connecter pour un moment ? Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon cerveau !

Les hommes ne sont pas multi-tâches

Multi-taches

C’est un fait.
Les hommes ne peuvent pas faire 2 choses à la fois : ils ne sont pas multi-tâches !!!

Pour être exact :  les Hommes ne sont pas multi-tâches.

 

Car, Mesdemoiselles et Mesdames, nous non plus, nous ne pouvons pas faire 2 choses à la fois.

Vous pourriez me répondre : « Comment ça ??? N’importe quoi !! Héhé… Moi, je suis capable de conduire et de raconter ma journée à une amie. Et moi, je suis capable de réviser un cours en écoutant de la musique. »

La vraie question est : pouvons-nous focaliser notre attention sur la conduite du scooter ET sur la discussion avec une copine, sur le cours de maths ET sur notre chanson préférée ?

Réponse : notre cerveau ne sait pas et ne peut pas traiter deux tâches simultanément.

Notre cerveau fait des choix : il décide de concentrer son attention sur une tâche ou sur une autre. Notre attention n’est pas multiple : elle est dédiée à une seule chose.

Exception :  lorsqu’une des 2 activités est « automatique ».

C’est-à-dire une activité que nous avons l’habitude de réaliser, une activité dont le processus est une habitude cognitive. – Je peux donc conduire et discuter avec une amie. Lorsque nous conduisons depuis longtemps : nous ne réfléchissons plus au passage de vitesse et changeons de régime « sans y penser » ET nous pouvons tenir une conversation avec une amie.
– Je peux réviser un cours ET écouter de la musique. Lorsque cette musique est une musique que je connais bien, de préférence instrumentale et qu’elle ne provoque pas de manifestation émotionnelle particulière. Ne pas choisir la musique que vous avez choisie pour la fête de vos 18 ans ou pour votre mariage.

Nous avons ainsi la capacité de réaliser 2 activités à la fois : une activité qui nous demande une attention particulière (raconter, réviser) et une activité « en fond », « en second plan » (écouter de la musique, conduire).

Ce n’est qu’une impression : notre attention n’est pas divisible.

Même lorsqu’une tâche ne nous demande pas d’efforts de concentration particulier (comme écouter une musique ou conduire). Notre cerveau « saute » alors d’une tâche à une autre : en alternance.

Notre cerveau traite 2 tâches en alternance, nous donnant l’impression de les réaliser en parallèle.

Nous portons donc notre attention de manière alternée vers le cours de maths ET vers la musique, vers la route ET vers notre amie. Ce dispositif attentionnel se fait au détriment de l’objet principal de notre attention : le cours de maths par exemple. Certes, la déperdition attentionnelle est moindre lorsque la deuxième tâche est « automatique » MAIS elle est réelle. Mon taux de concentration est inférieur quand je révise avec de la musique.

Dédier mon attention totalement et entièrement à mes révisions me fait gagner du temps et me rend plus efficace. Ce n’est pas moi qui le dis… c’est mon cerveau !

La procrastination est une drogue

La procrastination, c’est comme une drogue : on est dépendant, on ne décide pas, on se laisse entraîner, on perd le contrôle.

Dimanche…. et toujours pas de nouveau post sur le site de Boîte Crânienne… Que s’est-il donc passé ?!

J’ai pas envie… Pas maintenant… Encore 5 minutes de Candy Crush… Et si je regardais mes mails ?… Je jette un oeil à Facebook et je m’y mets… Je surfe un peu avant… Pas maintenant en fait : je ne suis pas concentré(e) là… Je finis un truc d’abord et je m’y mets…

Ces petites phrases ne vous-t-elles rappellent rien ? Visite de notre meilleure ennemie : LA PROCRASTINATION !

Que se passe-t-il dans notre cerveau ?

Partons du principe simple que notre cerveau n’aime pas souffrir et qu’il met en place des stratégies pour éviter les situations douloureuses et inconfortables telles que :
– Vous devez réviser un devoir de maths alors que vous n’aimez pas cette matière et qu’il vous faut faire des progrès pour réussir un partiel
– Vous devez remplir un dossier d’admission pour une école ou cette déclaration d’impôts comme chaque année
– Vous devez travailler sur votre présentation de fin d’année en SVT ou sur celle de votre prochaine réunion….

Ces tâches ont un point commun qui vous pousse à toujours remettre à plus tard leur réalisation :
soit la nature de la tâche ne vous plaît pas : vous n’aimez pas les maths, vous n’êtes pas un(e) adepte des tâches administratives, vous détestez mettre votre pensée en mots
soit la tâche a un enjeu important : vous devez réussir le prochain partiel de maths sous peine de redoubler, vous devez donner envie à un jury de HEC de vous admettre en prépa, votre big boss sera présent à la prochaine réunion que vous allez animer

Dans les deux cas, la tâche devient un facteur de stress qui provoque une sensation physique désagréable. Ou plutôt la seule pensée de cette tâche engendre le mal-être psychologique et physiologique afférent au stress. Notre cerveau a alors tendance à vouloir « évacuer » cette source de stress et l’inconfort ressenti en se concentrant sur une activité plaisante et agréable : surfer sur le net, faire une petite partie, trier sa boîte mails, consulter son mur Facebook…. cette autre activité va immédiatement faire « taire » le ressenti désagréable et nous nourrir de sensations de plaisir et de satisfaction.

Nul besoin d’être neuro-scientifique pour savoir que cet effet positif est de courte durée et que le plaisir ressenti est à court terme.

Comprendre le mécanisme de la procrastination nous permet d’analyser ce qui se joue pour nous : Est-ce une tâche que je n’aime pas faire ? Parce que je pense que je ne suis pas doué(e) (je suis nul(le) en maths, je ne sais pas écrire..) ? Parce qu’on est bon par nature (on est matheux ou on ne l’est pas, on est à l’aise en public ou on ne l’est pas) ? Parce que je n’ai pas droit à l’échec (je dois réussir cet examen d’entrée, je dois réussir cette présentation) ? Parce que… Parce que… Autant de petites voix qui nous collent la pression.. qu’il vaut mieux aller faire autre chose que de s’atteler à cette tâche.

Existe-t-il  des stratégies anti-procrastination ?
La réponse est OUI ! Avant de penser « stratégies », il faut comprendre et analyser ce que ces petites voix nous disent. Il est important de décrypter « la pression » de ces tâches à accomplir. S’agit-il toujours de facteur externe d’ailleurs ? Sous-entendu, « je ne m’en rajouterais pas une couche, parfois » avec mes « Il faut que… », « Il faut que… » ? Que je sois parfait, que je sois rapide, que je sois….

OUI ! Il existe des stratégies simples pour lutter contre la procrastination. Attention : il ne faut pas confondre « procrastiner » et « faire une pause ». Il est important, voire essentiel, de conserver des moments de plaisir, de détente, de break. Il n’est pas question d’arrêter les jeux vidéos, les chats avec ses amis, les statuts Facebook…

Il est question de se remettre aux manettes ! De travailler quand on l’a décidé, de se reposer quand on en a besoin et de se détendre quand on en a envie.

La procrastination, c’est comme une drogue : on est dépendant, on ne décide pas, on se laisse entraîner, on perd le contrôle.

Je ne sais pas pour vous… Mais moi, je n’ai pas envie de me laisser manipuler par mon cerveau. Je veux reprendre le contrôle et décider quand je travaille et quand je m’arrête.

Nous verrons dans les prochains posts des outils simples pour « se mettre au boulot » : il sera question de tomates italiennes, de Bluma Zeigarnik, de chemins à suivre plutôt que de destination à atteindre… A très vite pour booster sa motivation !