Le syndrome du médecin

Changer, c’est toujours difficile. Même quand le changement nous ouvre de meilleures perspectives. Une condition préalable pour changer : avoir conscience de ses limites, de ses lacunes ou de ses difficultés. C’est là que le syndrome du médecin apparait ! Quand constater son ignorance devient insupportable…

Le syndrome du médecin nous empêche de voir nos limites, il dissimule nos lacunes et efface nos difficultés. Et nous restons campés sur nos acquis sans bouger d’un pouce… et sans grandir d’un iota !

Je vais te raconter une anecdote parmi tant d’autres…

 

Toi qui es médecin… ne lis pas la suite de cet article. Tu ne vas pas aimer. Et pourtant…
le respect que j’ai pour t
on savoir n’en serait que décuplé.
Ce ne serait plus seulement l’expert que je respecterai. Ce serait toi. Tout simplement. 

 

Un de mes proches qui est tombé malade il y a 2 ans. Un truc qui aurait dû se régler en quelques jours à coup d’antibiotiques (parce que oui, c’était bien une bactérie ! #lesantibiotiquescestpasautomatique). Seulement voilà, le traitement avait un effet passager et son arrêt entrainait une rechute.
Qu’à cela ne tienne, voilà une batterie de tests qui détermine que cet antibiotique n’était pas le plus adapté (#antibiogramme). Nouvel essai de traitement soldé par un même échec et une même rechute. Nouvelle batterie de tests en ce deuxième mois de souffrance et nouvel antibiotique testé.
Je te passe les essais successifs et la montée en puissance (prise orale, injection intradermique, injection intra-musculaire). Je ne suis pas médecin mais je comprends ce processus de recherche de diagnostic et cette démarche scientifique d’ajustement de traitement. Et je te suis reconnaissante de cette persévérance et de ta ténacité.

Seulement voilà… après 9 mois de tests inopérants et d’examens de plus en plus invasifs, il fallait bien se rendre à l’évidence : la médecine en l’état actuel de ses connaissances ne savait NADA-QUE-DE-CHIE-PEAU-DE-ZOB sur ce qui se passait et n’avait AUCUNE FUCKING IDÉE de la manière de traiter cette « chose ».

Et là… j’ai pensé aux managers que j’ai accompagné(e)s ou formé(e)s au cours de ces 7 dernières années. J’ai pensé à cette question posée sur LinkedIn par Gaël Chatelain : « si vous deviez choisir le pire défaut d’un manager ». Ma réponse : IGNORANT.
1- Ignorant du métier de manager (qui est un vrai métier et qui s’apprend comme tout métier)
2- Ignorant de la dimension relationnelle de ce métier (si, si, ce sont des vrais gens qu’on manage)
3- Ignorant de son ignorance (quand on ne sait qu’on est un mauvais manager, voire un manager tout court).

IGNORANCE… de nos limites, de nos lacunes et de nos difficultés. Nous devons savoir et accepter que nous sommes incompétents ou défaillants sur une tâche donnée à ce moment précis. C’est seulement à ce moment-là que nous pouvons nous remettre en question. Il faut parfois du courage pour accepter notre impuissance. Et ça pique un peu parfois…

Et ça a dû piquer velu pour le médecin de mon anecdote ! A tel point qu’il lui a été impossible de faire le constat de ses limites : aujourd’hui, en l’état actuel de ses connaissances (et celles de la médecine du XXIème siècle), il ne comprenait pas et ne pouvait pas répondre aux attentes de son patient (un diagnostic et un traitement afférent).

Alors… quelles réactions possibles quand il nous est impossible de reconnaître nos limites, nos lacunes ou nos difficultés ? Persister dans la toute puissance et sauver la face du sachant.

Il a été proposé à ce patient de subir d’ultimes tests : invasifs et douloureux. Je ne suis pas médecin et mon ami non plus. Mais… en se penchant sur cette ultime proposition, nous nous sommes posés la même question : QUEL EST LE RAPPORT AVEC LA CHOUCROUTE ??? WTF !!!! Quel rapport entre ces examens, la spécialité de ce médecin et les symptômes ?? C’est la réponse qui me fait écrire cet article.

 

Chers Happy Brainies, que les choses soient bien claires entre nous : cet article ne dénonce pas
le processus de recherche d’une maladie ou d’un dysfonctionnement qui doit,
parfois, passer par des procédés douloureux et invasifs.
Cet article ne dénonce aucunement les limites du savoir : c’est la raison pour laquelle les recherches
se poursuivent en permanence pour comprendre et guérir.
Cet article n’est pas non plus un procès à charge du corps médical :
j’ai la chance de vivre dans un pays où bon nombre de maladies sont éradiquées et
où je peux bénéficier d’une consultation d’un médecin compétent en plein milieu
de la nuit si c’est nécessaire.
(Par pitié, mon cher Happy Brainy, évite les commentaires sur le secteur hospitalier
en France,le système de soins, le manque de personnel… par pitié…
ce n’est pas l’objectif de cet article)

 

La réponse de ce médecin ne présentait pas ces ultimes recherches comme un élargissement du domaine d’investigation (un peu comme dans Dr House ;-)) ou une appréhension holistique de ces foutus symptômes. NON. La réponse disait combien il était IMPENSABLE de lâcher l’affaire et de reconnaître ses limites.

Ô toi, médecin, si tu savais comme je t’aurais respecté, estimé, admiré si tu avais constaté humblement ton impuissance et tes limites.

Je pense à nouveau aux managers de ces 7 dernières années : bien-sûr qu’il est difficile de reconnaître sa propre incompétence. Fusse-t-elle « pour cette tâche donnée, à ce moment donné ». Je pense à ces grands managers que j’ai croisé(e)s. Quelque soit leur niveau hiérarchique. A ces managers LUCIDES et COURAGEUX. Qui constatent les limites, reconnaissent des lacunes et prennent conscience de leurs difficultés. C’est ceux et celles qui ont pu progresser, s’améliorer, apprendre, changer et grandir. Et que j’admire.

La vie est parfois étrange… j’ai consulté un spécialiste il y a quelques mois. Qui a recueilli tout mon respect, mon admiration et mon estime. Il ne pouvait rien de plus pour moi et on arrêtait là. Parce que l’état actuel de la médecine ne connaissait pas la réponse à ma question. Je me suis interrogée sur ce qui avait permis un tel constat de sa part et surtout un partage avec moi. Au delà de son courage, de sa lucidité et la confiance suffisante qu’il a certainement en ui et en ses compétences pour en reconnaître les limites.
Peut-être que nous aussi, patients, nous avons notre part de responsabilité dans le regard que nous portons sur le personnel soignant et sachant. Peut-être que nous ne permettons pas cette liberté et ce juste bilan. Peut-être que, malgré nous, nous mettons dans la situation notre attente enfantine d’omnipotence.Comme nous pouvons le faire partout en tant que collaborateur face à un manager, en tant qu’apprenant face à un formateur, en tant qu’étudiant face à un prof. Peut-être…

Sans constat de là où on est : aucune chance d’aller plus loin. Sans constat des limites qu’on a atteintes, aucune chance de devenir un meilleur manager, un meilleur formateur, un meilleur enseignant, une meilleure version de soi.  Ce que je sais… c’est que je ne sais rien parfois… 

 

Après un burn-out : mes 7 clés pour une vie heureuse

Le burn-out touche AUSSI les entrepreneurs. Moi, j’en ai fermé ma première boîte. Comme dans toute expérience, j’ai voulu en tirer des leçons et apprendre de mes erreurs. Notamment parce j’ai récidivé : j’ai créé une nouvelle boîte ! PARTIE 3 : QUELS APPRENTISSAGES  ?

 

Si vous regardez le nom de domaine « mafuckinentreprise« , vous constaterez qu’il est déjà pris. Ce nom de domaine m’appartient. Pourquoi ? Parce que je pourrais écrire un blog sur TOUT CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE quand on monte une boîte. Je pense que j’ai à peu près tout cocher lorsque j’ai créé Mikado & Co. Que j’ai fermé après 18 mois d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis sa création : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

Un échec professionnel, certes. Mais quelle leçon… tant professionnelle que personnelle. Pas au sens punitif du terme. Au sens « apprentissage » : j’ai tellement appris sur moi, sur mes limites, sur ce qui était important pour moi et sur ce qu’il était bon de mettre en place pour une deuxième aventure entrepreunariale. Début 2016, je récidivais en créant Boîte Crânienne.

 

C’EST PARTI POUR LES 7 APPRENTISSAGES (ou les clés pour une vie d’entrepreneuse heureuse) !

 

APPRENTISSAGE 1 : JE SUIS AGILE

Fini, la jolie boutique où tout est prêt, complet et parfait ! Je me suis rappelé ma-vie-d’avant : la gestion de projets. Et qu’est-ce qui est en vogue dans la gestion de projets au XXIème siècle ? La méthode agile ! Alors… il va falloir s’assouplir, bondir de clients en clients, sauter de missions en missions, rebondir d’un projet sur un autre. Haro sur le perfectionnisme ! Je décide d’avancer petit à petit. Et surtout en relation avec mes clients.

Je débute Boîte Crânienne avec des « conférences à la maison » : des présentations de 2 heures devant des élèves et leurs parents. J’ai en tête des ateliers en petits groupes mais je reste humble et à l’écoute : oui, ça serait pertinent pour les élèves de travailler en plus petits groupes MAIS je suis en prise avec leurs parents pour comprendre leurs besoins et leurs attentes. Une des valeurs de la méthode Agile : « collaboration avec le client » !  ET le satisfaire en priorité. Alors je m’adapte et réfléchis à apporter une solution au regard de mes compétences et de mes acquis. Ma limite ? Celle de ne pas savoir : j’oriente vers un(e) pair qui maîtrise cette question (TDAH, graphothérapie…).

Non seulement je construis mes offres en prise direct avec les clients que je rencontre, mais ces offres prennent vie comme des poupées gigognes : elles évoluent, elles se transforment, elles répondent aux stimuli de mes clients. Un des principes de la méthode Agile ! Livrer le plus souvent possible des versions opérationnelles.

Ma première participation au forum de ELLE Active me donne une autre opportunité en avril 2016, les interventions en entreprise s’enchaînent, une mission d’accompagnement de toutes les équipes éducatives d’un Foyer d’Accueil Médicalisé s’offre à moi… sous le regard bienveillant de mon mentor et maître (j’adore écrire ce mot !) : le Docteur Nadia Medjad. C’est auprès de cette spécialiste des neurosciences appliquées à l’apprentissage que j’ai eu la chance de me former. Nadia veille sur moi et me met le pied à l’étrier de bien des missions… ma fée bleue ! (vous verrez : j’ai 2 fées sur mon berceau professionnel !)

Je construis Boîte Crânienne comme une start-up qui se respecte : petit à petit ! Et non pas comme une boutique à l’ancienne avec tous les rayons achalandés et un agencement presqu’immuable. Je ne m’épuise plus à construire en masse et à produire sans cesse : une méthode énergivore, chronophage, peu productive et déprimante (tout ça pour… ça ???? WTF !!!)

Aujourd’hui, je gagne en énergie et surtout en efficacité. Boite Crânienne avait une cible très étudiante à sa création (« pour réussir des études heureuses »). Puis j’ai repris les missions en entreprise avec ce nouveau positionnement et ces nouvelles connaissances (« pour une vie professionnelle ou étudiante heureuse »). Aujourd’hui, je souhaite axer mon activité sur l’entreprise principalement. Mon objectif en avril 2018 : modifier le site en conséquence, mettre en avant la conférence-spectacle, cibler plus directement et plus lisiblement les entreprises. Parce que… oui… quand on regarde ce site ou mon profil LinkedIn, si vous ne me connaissez pas ou si vous n’avez jamais travaillé avec moi, vous NE SAVEZ PAS que j’interviens essentiellement en entreprise. Alors je vais modifier ma présentation avec agilité et adaptabilité !

 

APPRENTISSAGE 2 : JE NE SUIS PLUS SEULE

Ne t’emballe pas, Happy Brainy ! Je suis un ours solitaire. Je ne suis pas devenue une aficionada des soirées réseaux ou autres rassemblements interactifs. Je suis cependant plus en contact avec mes pairs. Et pas seulement ! Je travaille aussi avec d’autres indépendant(e)s qui ne font pas le même métier : webmaster, graphiste… Parce que ça me permet de ne pas être seule tout le temps !  Travailler en contact avec d’autres indépendants me donne l’occasion d’échanger sur ce statut d’indépendant, d’échanger quelques mots sur le café que l’on savoure ou le week-end à Copenhague, d’échanger aussi sur un projet qu’on est en train de faire. Ce dernier point est extrêmement précieux : avoir un regard extérieur sur une mission qu’on est en train de réaliser. Avoir une respiration d’un tiers pour avoir un autre point de vue (au sens littéral comme au figuré), pour créer un espace de parole et d’échange. Ne plus être seule. Être entourée.

Je me suis inscrite à une formation d’infopreneur, formation que je n’ai pas suivie mais qui m’a permise de rencontrer ma fée verte : Sandra Boré de EfferveScience. Je l’ai suivie dans des évènements, elle qui est si active dans ce genre d’interactions ! Grâce à elle, j’ai fait la connaissance d’Alexandra Vassilacos, ancienne chasseuse de tête qui vous accompagne aujourd’hui pour décrocher le job idéal,  Sébastien Lim avec qui Alexandra s’est associée dans Co-Wanted 2.0, Marina Bourgeois, Catherine Borie, Selma Païva auteure de « Internet est une table pour deux »….Fidèle à la méthode Agile, je privilégie individus et interactions !

Idem pour mes clients : je vais au contact comme y disent au rugby ! Je privilégie le plus possible les conversations en face à face. Je suis devenue adepte des petits-déjeuners business ! Petits déjeuners que je partage avec discernement et attention : je choisis qui et quand (je développe les QUI et QUAND un peu plus loin). Je ne cède pas à une frénésie de relations sociales et professionnelles : ce que j’avais beaucoup pratiqué avec Mikado & Co. Mon agenda était alors empli de petits-déjeuners, de déjeuners et de cafés à partager avec des pairs, des clients, des potentiels futurs clients, des professionnels d’une profession (on ne sait jamais… le business, ça tient à peu de choses !), des anciens collègues… Bref, un temps passé à beaucoup échanger pour un résultat épuisant et peu fertile. Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI et QUAND.

Je retrouve avec un vrai plaisir la table de ma cuisine ! Parce qu’elle et moi ne sommes pas toujours collées l’un à l’autre, nos retrouvailles sont une fête ! Je chéris les après-midis où je travaille seule sur cette amie de bois à 4 pattes. Quand je « sens » qu’il est temps de renouer avec mes congénères, je descends travailler dans le café en bas de chez moi. J’ai découvert depuis peu les espaces de co-working et notamment le génial AntiCafé (il y en a même à Lyon, mes chers gônes !). Je ne prendrai pas le métro pour m’y rendre mais j’apprécie d’y finir une journée commencée par un cours donné à 9H  à La Défense ou d’y travailler entre 2 rendez-vous donnés dans le quartier du Louvre.

 

APPRENTISSAGE 3 : JE SUIS À L’ÉCOUTE DES SIGNES

Dès que je frôle la surchauffe, je NE PEUX PLUS l’ignorer. Pourquoi ? Parce des signes me sont envoyés. Oui, oui, Happy Brainy ! Pas des signes de l’au-delà ! Des signes de moi à moi. Dès que je charge trop la mule professionnelle, je suis alertée par 2 sortes de signes : des signes physiques et des signes émotionnels.

Signes physiques : tachycardie de foliiiiie !!!! Moi, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout, hypocondriaque. Cependant, la première fois où j’ai ressenti ce symptôme, la manifestation était tellement violente que j’ai appelé mon amie Nadia (le Dr Nadia Medjad) pour savoir si je devais appeler les pompiers ! Si ce n’est pas grave, c’est impressionnant : imaginez qu’on vous étrangle et que votre coeur rate un battement de temps en temps. Yummy ! Cette petite sensation qu’un main invisible vous serre-le-kiki et que votre coeur essaie de protester ! Impressionnant… et très utile ! J’ai attaqué 2017 avec un programme raisonnable et tout à fait réalisable dans des conditions optimales de bien-être. Et en février… tout s’est emballé ! Mon amie Li-Cam et moi avons décidé de créer lab21, un laboratoire de bonheur sous forme de mini-formations en ligne : lancement du site et du e-shop en moins de 3 mois. J’ai eu l’opportunité et la chance de devenir la coach de la piscine de la Web@cadémie : 3 jours très remplis par semaine pendant 3 semaines. Et j’ai enchaîné les évènements : ateliers de consoeurs, conférences de confrères, soirées networking (oui… je n’avais pas encore trouvé mon rythme de croisière de l’ours solitaire qui va dans le monde !). Je découvre la puissance de FaceBook et de LinkedIn : je publie, je relaye, je partage…  (pour lab21, je publie un post par jour pendant un mois). Sur ces entrefaites professionnelles, v’là t’y pas que des réjouissances amicales se sont greffées : dîners, spectacles… Hum… un peu trop, non ?? Je te le confirme, Happy Brainy. Carrément trop ! En plus de mon coeur qui rate un battement sur 10, je développe un autre symptôme. Plus latent, plus lancinant (dis donc… mais ça ne me rappellerait pas quelque chose ??!!) dont les examens se révèlent négatifs (heu… je veux bien, moi… mais ça existe pour-de-vrai ! On fat quoi alors ? On fait… rien ??).

Signes émotionnels : si les signes physiques sont nouveaux pour moi (un coeur n’est pas un métronome !), je reconnais les signes émotionnels que je connais. Quand je suis triste, c’est que ça craint velu ! Et qu’il faut opérer un changement : ralentir, supprimer une activité, changer mon programme.

Je prends alors un engagement envers moi-même : contrairement à la période « burn-out », j’ai bien conscience d’avoir un peu dépassé les limites (ou bien chargé la mule). Je m’engage à faire un break TO-TAL cet été. Et en août 2017, je fais effectivement un break total : loin, sans FaceBook, sans LinkedIn, sans mail. Je supprime même les applications de mon téléphone pour éviter la tentation (et délivre-nous-du-mal) et respecter mon temps OFF-OOO-AFK (Off, Out Of Order, Away From Keyboad) : LIRE L’ARTICLE.

Alors… vous me direz… elle est bien gentille, Boîte Crânienne ! Quand on est au bout du rouleau, on est bien contente de savoir qu’on va être en vacances dans 2 mois ??!! Et bien carrément, en fait ! Parce que ça m’a permise de tenir la distance à 2 titres :
1- je savais que cette période avait eu un début et allait AVOIR UNE FIN !
2- je savais que cette période m’avait appris la règle N°4

 

APPRENTISSAGE 4 : JE RESPECTE MES (NOUVELLES) LIMITES

Les 6 premiers mois de 2017 m’ont appris que mes limites n’étaient plus les mêmes qu’avant. Quand on a fait un burn-out, il est une réalité immuable : nos limites sont différentes. Le seuil de tolérance (à la pression, à la charge de travail, à l’enchainement des missions…) est plus bas : notre résistance au stress est amoindrie. Et puis c’est tout !

Les 6 premiers mois de 2017 ne ressemblaient en rien à ma vie d’avant pourtant ! Avec Mikado & Co, j’en faisais bien plus ! Et bien justement… ÇA, C’ÉTAIT AVANT ! Ce premier semestre m’apprend à travailler différemment. Beaucoup de personnes qui ont fait un burn-out parlent de la difficulté d’accepter ce nouvel état de fait : la fatigue qui arrive plus vite, les manifestations du stress qui sont plus imminentes… La difficulté d’accepter. Accepter qu’on est différent. ET c’est plutôt une bonne nouvelle si on y réfléchit logiquement ! C’est notre manière de fonctionner d’avant qui nous a amené(e)s au burn-out. ET si, comme moi, on est un peu dur du neurone (et de la feuille !), notre corps se charge vite de nous rappeler cet état de causalité.

Alors, j’ai pris de nouvelles habitudes. Je me suis adaptée. J’ai effectué des ajustements créateurs en Gestaltiste que je suis !  Je me concentre donc sur l’essentiel : QUAND. Je ne mets jamais plusieurs missions importantes dans une même semaine (dans la mesure du possible de mes clients). Je garde une journée par semaine pour travailler sur la table de ma cuisine. Je dispose de mon emploi du temps pour me donner le plus de confort et de plaisir possible. Revenons sur « dans la mesure du possible de mes clients » : parfois, si c’est un allégement du calendrier est impossible pour mon client, je vais proposer une alternative (un programme un peu différent qui économise mon temps et mon énergie). Et si je décide (et non : « je dois » !) honorer plusieurs missions importantes dans un délai rapproché,  je prévois un jour OFF ensuite pour me récompenser et récupérer.

Pour la G.I. que j’étais dans une vie antérieure, ça pique un peu… mais c’est comme ça. Et ça, c’est à accepter (ÇA, c’est la nouvelle situation ! Pas le clown qui fait grave flipper ! Ok… je sors…).

 

APPRENTISSAGE  5 : JE DÉPLOIE MES ANTENNES 

Vaderetro, les personnes toxiques ! Parce dans le secteur du développement personnel et de l’accompagnement (coaching et formation), ça existe ! Moi, naïvement, je pensais que les professionnels de cette profession incarnaient les valeurs qu’ils prônaient dans l’exercice de leurs fonctions : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… QUE NENI !!!!! Au début, j’étais très étonnée de ce constat… Puis, je me suis dit que les relations hiérarchiques pervertissaient peut-être la qualité relationnelle et reproduisaient une maltraitance que ces professionnels avaient appris ou subi dans leur vie d’avant (la plupart des consultants, coachs et autres mentors viennent souvent du monde du salariat).

J’ai rencontré Patriiiiiiiick ! Un homme extra-ordinaire pour qui j’ai travaillé ! Un professionnel remarquable, d’une grande intelligence et d’une pertinence pétillante. Et surtout un homme qui incarnait pleinement les fameuses valeurs de ce métier : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… Whaaaaa….. Ça existe ! Et bien autour de moi, je ne veux que des personnes « bien cablées ». Dans mon entourage professionnel, je veille à avoir des personnes qui sont BONNES pour moi. Des relations qui sont BONNES pour moi.

J’ai développé mes antennes : je SAIS tout de suite si la relation sera nourrissante et bienfaisante pour moi. Je sais. Pas « je sens ». C’est une espèce de connaissance immédiate et holistique de la situation. Aurais-je développé mon Innsaei, ce concept islandais qui décrit notre monde intérieur d’où naissent entre autres l’empathie et l’intuition ? Tu veux en savoir plus Happy Brainy ? Je t’invite à regarder ce documentaire dans lequel d’éminents penseurs et spiritualistes débattent du concept islandais de l' »innsæi »: ICI.

 

Note pour plus tard 
C’est tout le paradoxe de l’importance accordée à ces valeurs finalement :
quand on recherche l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect…
on en devient exigeant, élitiste et parfois intolérant… 

 

APPRENTISSAGE 6 : C’EST MOI QUI CHOISIS 

Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI.  Je choisis avec une extrême attention les personnes avec qui je travaille et pour qui je travaille. Je choisis mes partenaires et mes clients. Alors… oui… je lis dans ta tête, Happy Brainy, ça fait du tri ! Et une fois de plus, tu as raison ! Ça fait moins d’associations et moins de clients et moins de missions.

Ma réponse en 2 bandes :

1- Je crois en la physique depuis ma terminale C (LA terminale scientifique du siècle dernier !) : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Travailler pour/avec des personnes toxiques (ou des personnes avec qui la relation est toxique) est un inconfort et une tension qui amènent peu à peu à un climat délétère et propice à un burn-out. Je t’entends, Happy Brainy ! « Propice au burn-out »… et non « un climat entrainant forcément un burn-out ». Et tu auras raison (encore une fois), Happy Brainy ! Des relations délétères sont un facteur potentiel du burn-out. Sans aller jusqu’au burn-out, ce genre de relations n’est pas le terreau du bien-être et du plaisir. Et moi, je veux du kif !!!!!

Je me fous de collaborer avec celui ou celle qui pourra m’apporter de la notoriété, je me fous de travailler pour un client qui m’ouvrira des portes. Si c’est le cas, c’est un cadeau-bonus. Je ne le ferai pas à tout prix. Et surtout pas au prix du plaisir et du confort que je recherche dans mon travail.

2- Moins de clients, d’associations et moins de missions = moins d’argent ! Je gagne moins mais je gagne en qualité de vie. Tu sais quoi, Happy Brainy ? Quand tu vis pendant un an sur ton PEL, tu revois tes priorités ! Et finalement, je me suis concentrée sur l’essentiel. Pas l’essentiel vital parce que j’ai la chance d’avoir de quoi me loger et me nourrir. L’essentiel heureux : ce qui est important pour moi. Et encore une fois, de cette manière, je mets le bonheur au centre de ma vie professionnelle.

Le plaisir est au centre de mon activité : il est toujours présent. Même quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera/pourra être source de plaisir.  Cette année, j’ai crée une conférence-spectacle avec un comédien : ce projet me fait vibrer ! C’est LE projet qui est au coeur de cette année. Parce que c’est celui qui me procure le plus de plaisir, de bien-être et de bonheur : dans sa création et dans son animation.

 

APPRENTISSAGE 7 : J’ÉQUILIBRE PERSO-PRO

Je suis plus attentive à respecter les temps « persos » : les week-ends et les soirées. Je n’ai aucun mal à ne pas travailler en vacances et en mini-breaks (des week-ends en dehors de Paris). Ma difficulté : les week-ends et les soirées au cours desquels il ne se passe rien d’extra-ordinaire ! D’où ma grande vigilance ! Il peut m’arriver de travailler le week-end pour 2 raisons : soit parce que je suis partie en mini-break la semaine précédente (et je rattrape ce qui était un week-end anticipé), soit parce que j’ai envie de passer 3 heures sur un projet qui m’éclate (et pas parce qu’il faut ou parce que je veux m’avancer). Un projet qui m’éclate comme m’éclaterait de faire des pompons (oui, c’est mon truc !). 2 conditions : seulement pour 3 heures et lors de week-ends super cocooning (où j’ai une super dose des 3R : se Reposer-se Ressourcer-se Réjouir).

Je suis attentive à garder des plages de repos et lutte avec ce fuc%*ng sentiment de culpabilité quand je finis par faire une sieste après avoir piqué du museau pendant 30 minutes sur mon ordi. C’est ça aussi, les nouvelles limites ! La nouveauté vient avec l’aménagement des plages de repos : aujourd’hui, je suis fatiguée. Et si je veux profiter pleinement du kif absolu qu’est pour moi l’animation d’une conférence, je dois être en forme donc re-po-sée. C’est l’entrainement que je dois suivre : me reposer avant ! Pour l’ancienne G.I. (dans une vie antérieure !) que je suis, ça pique un peu. Mais c’est comme ça. C’est une réalité que je dois accepter et avec laquelle je dois composer. Pour mon bien-être et…  ma performance ! Parce qu’animer une conférence en étant fatiguée, c’est cramer beaucoup de ressources pour un plaisir très moyen et une performance diminuée.

Enfin, je me récompense : à chaque mission qui m’a coûté un peu plus que les autres (en temps, en énergie…), je me récompense. Par un café en terrasse avec un magazine, par mon déjeuner préféré, par un verre partagé avec un ami, par une promenade avec mon amoureux. Je me récompense et me félicite. Quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera source de plaisir : ne serait-ce que par cette récompense que je m’accorde.

 

Ces 7 clés sont précieuses pour moi. J’en ajuste les applications à intervalles réguliers : je modifie mon comportement, je change mes habitudes, je m’adapte. Ces 7 apprentissages sont le gardien de la bonne santé : la mienne et celle de mon entreprise. Lors de mon témoignage pour  Oser Rêver Sa Carrière en février 2018, une toute petite phrase en apparence sans importance a été prononcée par une des participante : Cécile Tardy. Si toi aussi Happy Brainy, tu culpabilises parfois en travaillant moins, en faisant une sieste, en allant au yoga, en déjeuner looooooonguement avec un ami, en allant te faire masser, en décalant une mission…. garde la phrase de Cécile en tête : « Je suis mon outil de travail et mon unique ressource ». PRENDRE SOIN DE SOI, C’EST PRENDRE SOIN DE SA BOÎTE.

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES

Les conséquences du burn-out d’une entrepreneuse

Comment ça se passe quand on est entrepreneur et qu’on est sujet au burn-out ? Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. Après les causes, passons aux effets…  PARTIE 2 : LES CONSÉQUENCES 

 

Vous avez envie de savoir comment on peut en arriver là ? Comment on en arrive à fermer sa boîte après 2 ans et demi d’existence  ? Au moment même où arrivent ce que l’on attend depuis sa création : les appels entrants , les propositions de partenariats et les demandes de clients pour de nouvelles missions ? Raison : burn-out. ET plus précisément 7 facteurs qui m’ont conduite au burn-out : A LIRE ICI.

 

 CONCRÈTEMENT… COMMENT ÇA SE PASSE ??  C’EST PARTI POUR LES 7 CONSÉQUENCES d’un burn-out !

 

CONSÉQUENCE 1 : JE SUIS UN LAPIN DANS LES PHARES

Souvenez-vous…  j’aime les challenges et les défis et ça tombe plutôt bien : monter sa boîte dans un domaine totalement nouveau est une source intarissable de challenges ! Mais point trop n’en faut ! Depuis la création de Mikado & Co, je suis toujours en zone de turbulences. Une zone très énergivore : il convient de puiser sans cesse dans ses ressources pour faire face à des contraintes très exigeantes de son environnement. Et j’en crame de l’énergie et des neurones  ! Je suis en situation de stress permanent et mon mode de réaction est celui « lapin dans les phares ».

Vous suivez Boîte Crânienne ? Alors vous connaissez FFF ? FFF comme
les 3 modes de réaction à un facteur de stress :

– FIGHT : vous êtes dans une dynamique de combat et vous réagissez de
manière agressive face au facteur de stress ou à l’agresseur. En l’espèce, vous seriez  donc du genre
à hurler contre votre interlocuteur pour décharger votre colère, voire à tenir des propos véhéments
et faire preuve d’une certaine violence (verbale ou… physique ??!). Vous pouvez même ne pas vous reconnaître
dans cet épisode de Hulk : normal, vous avez peur et vous luttez pour votre survie !
Vous êtes de la famille de 
Monsieur Hulk !
– FREEZE : vous êtes en mode « lapin-dans-les-phares », paralysé/e face à l’agresseur.
En l’espèce, vous n’arrivez plus à réfléchir : cette impression de neurones gelés vous prive de votre capacité
de poser des questions sur l’acte ou même de comprendre ce que l’on vous explique. Vous regardez
votre interlocuteur sans pouvoir répondre : vous êtes muré(e) dans une camisole de silence.
Vous êtes de la famille de Monsieur Rabbit.

– FLEE : vous vous dites que votre seule chance de vous en sortir, c’est la fuite ! En l’espèce, vous vous
entendez dire à votre interlocuteur : « Heu… on va remettre ça à plus tard… oh désolé/e, j’ai complètement
oublié, il faut que j’y aille.. un rendez-vous important que j’ai complètement oublié ! ». Si vous ne pouvez pas
vous enfuir physiquement et devez participer à cette conservation que vous ne voulez pas avoir, vous allez
vous échapper intérieurement et faire le vide dans votre tête. « M’en fous… je ne suis pas là ! ». Vous êtes absent(e)…
Vu de l’extérieur, on pourrait vous confondre avec Monsieur Rabbit : vous n’êtes plus dans l’échange et
avez coupé 
l’interaction. Le processus est cependant différent :
vous faites partie de la Famille des Anémones

Moi, je n’ai plus de cerveau ! Au bout de 18 mois, j’accuse le coup de cette marche forcée et d’un mode de fonctionnement en flux tendu. Je n’arrive plus à réfléchir et à avoir des idées innovantes, originales et pertinentes. Je regarde les documents que j’ai écrits quelques mois plus tôt avec une espèce d’admiration étonnée : « Whaaa… mais comment ça claque ! Heu… c’est moi qui ai écrit ça ??? ». Peut-être connaissez-vous cette sensation ? Celle de se sentir incapable de mener à bien des tâches habituelles. Même les activités simples et faciles me semblaient insurmontables. Alors vous imaginez bien qu’imaginer un fil conducteur original ou un parti pris novateur… pfff… Forget about it!

 

CONSÉQUENCE 2 : J’AI TROP LA FATIGUE… 

Je dépense beaucoup d’énergie pour honorer les missions. Le tout dans un état de sidération en mode « lapin dans les phares ». Quelle énergie dépensée… Alors RE-POS ! Le week-end, il faut dormir un peu plus, faire des ch’tites siestes, se changer les idées en faisant des activités sympas, voir ses amis pour se changer les idées…. Heu… d’accord… mais moi, j’ai trop la fatigue ! Et même si je dors, si je prends un vrai week-end, si je fais un mini-break… je suis toujours aussi fatiguée ! Je n’arrête pas de penser et de répéter « Je me coucherais par terre, là, maintenant, tout de suite ! »

Happy Brainy, pour ne pas confondre « épuisement » et « burn-out », je t’invite à visionner la vidéo explicative de Sandra Boré : avec des oeufs, un pile et un sens pédagogique simplisme, Sandra va t’éclairer sur la différence : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 3 : J’AI LA TRISTESSE…

Schématiquement, un Hulk sera sujet à la colère, une Anémone à la peur et un Lapin dans les phares… à la tristesse !

Tout me saoule, tout me fatigue et plus rien ne me fait kiffer ! Je suis fatiguée et triste. J’ai la tristesse… et parfois la larme facile (ceux et celles qui me connaissent savent que ça ne me ressemble pas pourtant… dites donc… mais ça ne serait pas un signe, ça ?? Un signe de quoi ? Je ne sais pas. Mais un signe que « ça ne va pas du tout ! »).

« Heu… t’es sûre que t’as fait une dépression ? » On a tendance à confondre « dépression » et « burn-out ». Et c’est bien normal ! Ce sont des cousins proches. Sans entrer dans une analyse différentielle, disons que « burn-out » rime avec « travail ». Travail au sens général du terme : le travail d’un salarié ou d’un entrepreneur en tant qu’actif, le travail d’un étudiant en tant qu’étudiant, le travail d’une mère en tant que mère. Selon le Dr Dominique Servant, psychiatre et psychothérapeute : « Pour le burn-out, il y a un lien avec le travail. La dépression, elle, survient parfois sans aucune cause ou avec d’autres facteurs, d’autres événements de vie. Mais le burn-out peut mener à des états dépressifs. » Catherine Vasey, psychologue et auteure de « Burn-out : le détecter et le prévenir » précise : « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel. »

« Un burn-out non pris en charge, qui s’installe dans la durée, peut évoluer vers un « état dépressif ». Notamment parce que le cortisol accumulé va détourner une partie des précurseurs des neurotransmetteurs du bien-être, entraînant des symptômes dépressifs, mais aussi parce que le burn-out en entamant profondément l’estime de soi et les différents domaines de vie peut effectivement déboucher sur une dépression. », extrait d’un article de Sandra Boré sur la mécanique du burn-out à l’occasion d’un documentaire du même nom diffusé en février 2018 sur France 5 : L’ARTICLE.

En attendant un article de Sandra Boré consacré à cette différence (Oui, Sandra, ceci est un appel, une demande, une requête !) , je vous propose de lire les 7 différences proposées par Samuel Dock, psychologue clinicien : C’EST ICI !

 

CONSÉQUENCE 4 : J’AI LE CORPS QUI LÂCHE !

Je connais des personnes qui, un matin, n’ont pas réussi à se lever de leur lit. D’autres dont le coeur ou le cerveau a lâché. Comme ça. Sans prévenir. Un burn-out, c’est violent. Notamment pour le corps. Et selon moi, d’autant plus si on des ressources mentales importantes.

Je m’explique : quand on en a sous le pied, on peut charger la mule et on ne bougera pas une oreille ! Cette dynamique est pernicieuse : plus nos ressources sont importantes et plus loin sont nos limites, plus la période d’oxydation de notre pile interne va se prolonger. Et vous comprendrez aisément que les effets sont d’autant plus délétères que la durée de résistance à un environnement toxique est longue.

Et puis un jour… c’est le corps qui lâche ! J’ai eu beaucoup de chance : je ne sais pas si on peut dire qu’il y a des petits et des gros burn-out mais je sais j’ai eu de la chance que les manifestations du burn-out que je vivais n’ont pas été dévastatrices et d’une extrême violence. Il y a eu 2 épisodes qui m’ont alertés : un total black-out (ou le bon malaise vagal des familles comme Serrault qui tombait la tête dans ses rognons pour « Le bonheur est dans le pré ») au bon milieu d’un parterre d’un millier de collègues de mon compagnon (je vous fais grâce du récit épique de cet épisode…) et un dysfonctionnement persistant et inexpliqué (on ne va pas entrer dans les détails ! Retenez qu’il y a « un truc qui cloche pendant des mois »). Deux signes qui disent quelque chose de la situation de burn-out et du processus à l’oeuvre : une conséquence durable et insidieuse ET un pic d’alerte. Deux manières de mettre en « maux » ce qui se passe pour beaucoup de personnes victimes de burn-out : une lame de fond insidieuse et sourde ET un tsunami violent et inattendu.

 

CONSÉQUENCE  5 : JE SUIS AVEUGLE AU DANGER

Je suis de celles qui savent poser leurs limites, dire non et que personne ne maltraite (Pour dire non et poser mes limites, j’ai appris ! Je suis une ancienne poupée-qui-dit-oui !). Personne ne s’essuie les pieds sur moi. Personne ! Et bien… dans cette période de machine à laver psychologique et physiologique… comment dire… j’ai perdu mes réflexes. Mes réflexes de protection, de préservation et de respect de MOI-MÊME.

J’ai travaillé pour des personnes certes brillantes mais à la compagnie délétère. Des personnes que j’admire professionnellement (encore aujourd’hui par honnêteté et objectivité intellectuelles) mais dont je dirais (et toujours aujourd’hui !) : « Humainement, c’est une merde » (Si je fais preuve de bienveillance, je pourras dire que c’est la relation avec cette personne qui était néfaste. Pas la personne en elle-même.)  Je me suis retrouvée dans des situations qui, aujourd’hui, me semblent ubuesques : aujourd’hui, et avant cette période, je n’en aurais pas accepté le quart. Je me souviens particulièrement d’un évènement au cours duquel je justifiais intérieurement mon comportement en me disant : » Tu penses au client final. Tu es orientée client à mort et tu lui donnes la priorité. » Ben voyons….

Poor me… dans tous les sens du terme ! En repensant à cette période, je me plains, suis désolée pour moi-même et ressens même de la peine pour celle que j’étais et ce que j’endurais. Et en même temps, je suis affligée et presqu’amusée au sens « pauvre fille » du terme. Il n’y a pas de jugement ou de moquerie dans ce regard froid porté sur ce « moi » de l’époque ! Il y a de la sidération et de l’incompréhension : « Mais comment ai-je pu en arriver là ? »

Cette dimension relationnelle toxique était pour moi une conséquence du burn-out qui grandissait ET UN FACTEUR ADDITIONNEL  à ce burn-out. La dimension relationnelle est en effet un facteur principal ou aggravant du burn-out entrainant épuisement mental, perte de repères, dévalorisation et dé-estime de soi.

 

CONSÉQUENCE 6 : JE PERDS LE SENS

Le sens dans tous les sens du terme : la signification de cette petite entreprise et la direction que je souhaitais lui donner. Cette perte de repère a fait de moi une « Working dead » (#SanBo). Un fonctionnement automatique s’enclenche : quand faut y aller, faut y aller ! En rendez-vous, en formation, en rendez-vous… Je ne repose même plus la question de savoir si ça me plait, si ça a un intérêt pour moi, si….

Je perds alors les 2 repères qui sont les plus importants pour moi LE CADRE et L’OBJECTIF.  Ces 2 mots sont si importants pour moi que je pourrais me les faire tatouer ! Et celles et ceux que j’ai accompagnés savent de moi combien ces 2 repères sont essentiels pour moi (Heu.. Je vous entends ! Qui a dit que j’ai tendance à bassiner tout le monde avec ces 2 mots ??)

La vie devient alors un cercle vicieux  : plus je travaille et me consacre à ma boîte, plus je suis épuisée et consume mes capacités cognitives. Et moins j’ai de ressources cognitives, plus je travaille pour rattraper le temps, éponger le retard, relever le niveau. Plus je travaille, moins j’ai de plaisir. Et moins je kiffe, plus je suis triste. Et ça n’en finit pas…

 

CONSÉQUENCE 7 : JE VOMIS MA BOÎTE 

De plus en plus, penser à mon métier me donnait la nausée. « Formations », « coaching », « accompagnement thérapeutique », « clients », « patients », « projets »… je vous hais. Mikado & Co, je te VO-MIS ! (Celles et ceux qui me connaissent ne manqueront pas de noter la violence de mes propos… moi, l’émétophobe !)

Et un jour… en revenant d’un voyage à l’autre bout du monde et une frayeur médicale (se révélant être sans gravité), j’ai dit : BASTA ! Je ferme ma boîte en octobre 2013. A ce moment charnière que j’attendais depuis le début ; celui où je récoltais ENFIN les fruits des graines que j’avais semées depuis 18 mois.

Incompréhension de mes proches : « Quoi ?? Mais pas maintenant ! Tu as fait le plus dur ! Et toutes ces bonnes nouvelles que tu reçois ». C’est vrai… OUI…  MAIS NON ! Je n’ai plus envie. Ce n’est pas une idée ou un argument. C’est une émotion et un sentiment. Et c’est sans appel ! (Comme pour quitter quelqu’un : il n’y a rien à répondre à « je n’ai plus envie ». Pas de « je vais faire un effort », je serai plus », « je serai moins »… c’est sans appel. BASTA !).

C’était la bonne solution ? Je ne sais pas. Je sais seulement que ça m’a permis de mettre un terme à cette spirale nuisible et insidieuse. J’ai eu de la chance : je ne suis ainsi sauvé la peau ! Je n’ai pas touché le fond. Parce que le fond, ça se paie très cher en burn-out. Sur le moment et sur le long terme. Je m’en suis plutôt bien sortie. Parce que ça aurait pu être bien pire. Fermer ma boite m’a permis d’arrêter les frais : les frais physiques, mentaux et émotionnels. Peut-être aurais-je pu faire autrement : faire un break, lever le pied, changer mes habitudes… Peut-être… A ce moment-là, une seule issue me paraissait possible et juste : FERMER MA BOÎTE.

J’ai récupéré quelques mois d’allocations-chômage puis j’ai vécu pendant un an avec mon PEL que j’ai vidé. C’est ça aussi la réalité du burn-out des entrepreneurs/euses : si on s’arrête de bosser, on vit comment ?? Et avec quoi ??

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

Moi, Ka di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée

Le burn-out toucherait 2 salariés sur 10 selon une étude Think réalisée en 2015. Mais le burn-out (ou épuisement professionnel) n’est pas seulement un fléau salarié. Le burn-out touche les étudiants, les jeunes mamans et… les entrepreneurs/euses. La preuve : ça m’est arrivé. Récit de Ka. di F., 48 ans, entrepreneuse, burnoutée. PARTIE 1 : POURQUOI ?

 

Quoi ??? Quand on monte sa boîte, on y fait bien ce que l’on veut !!! Comment peut-on être sujet/te au burn-out quand on est entrepreneur/se ? C’est une question ô combien pertinente ! A laquelle je n’ai pas la réponse. Je peux seulement et simplement témoigner de ma propre expérience. Comment j’ai fermé ma première boîte après 2 ans et demi d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis la création de Mikado & Co : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

 

 POURQUOI ??  C’EST PARTI POUR LES 7 FACTEURS qui m’ont fait exploser en vol !

 

FACTEUR 1 : I CAN DO IT!

Passer de salariée dans le monde de la direction de projets informatiques à indépendante dans le secteur du conseil et de la formation revient à monter 2 marches à la fois. Et 2 marches à gravir en même temps… c’est trop haut ! J’ai créé Mikado & Co dans un secteur où personne ne me connaissait ! Si je disposais de solides bagages pour me lancer dans ce métier (en termes de formations, de pratiques d’accompagnement et de connaissance du monde de l’entreprise), qui le savait à part moi ? Personne !

J’ai observé mes pairs (formateurs/trices, coachs, consultants/tes) et la manière dont ils s’y étaient pris pour monter leur petite-entreprise : ils/elles avaient tous/toutes débuté en étant que prestataires dans un cabinet/boîte de formation. Pour deux raisons : celle de se faire connaître dans le milieu et de gagner leurs galons ET celle de se faire connaître par les participants et leur entrentreprise.  J’ai bien commencé à travailler pour des cabinets qui me « prestaient » chez leurs propres clients pour animer des formations clé-en-mains mais j’ai surtout développé très rapidement mes programmes-à-moi ! Et comme j’ai une éthique, moi, Môssieur, je n’en ai surtout pas parlé aux participants et clients des formations que j’animais (normal… je le faisais pour le compte des cabinets qui m’employaient… et même si je n’étais pas une de leurs employées, c’était tout comme pour moi : je ne vends pas ma came dans le dos de mes clients !).

Je m’étais ainsi défini une barre à franchir bien haute : en 2 ans, je devais avoir réalisé ce que mes pairs avaient mis 5 ans à faire. Pourquoi ? Parce que I CAN DO IT ! Pas parce que je suis plus douée que les autres ! Parce que les allocations de retour à l’emploi (le chômage, hein !) couvraient cette période et que si je travaillais beaucoup et bien, ça devait le faire ! Quoi ?? Qui a parlé de petite voix intérieure ?? Quoi ?? Sois parfaite ?? Fais des efforts ?? Désolée… je ne vois pas de quoi vous parlez…

Et petite cerise financière sur le gâteau : à cette époque, la création d’une entreprise permettait de recevoir 15 mois MAXIMUM d’allocations. Alors… sans être docteur en mathématiques, une personne normalement constituée et dotée d’un solide bon sens paysan aurait créé son entreprise à quel moment ? Attention pour les non-matheux, on s’accroche sur la démonstration suivante : 24 – 15 = 9 mois. Il est pertinent de créer son entreprise au 9ème mois de sa période de chômage. Pourquoi ? (Oui, j’en rajoute pour ceux et celles que j’ai perdus en route…) 9 mois comme auto-entrepreneur par exemple PUIS 15 mois à la tête de son entreprise = 24 mois avec l’assurance d’avoir une rentrée d’argent mensuelle. Trop simple. Trop facile. Moi, j’ai monté une SASU dès le début. 15 mois de couverture et BASTA ! Et une SASU, ÇA-SUce en termes de charges et autres cotisations…

 

FACTEUR 2 : JE VEUX QUE CE SOIT PARFAIT !

J’ai construit Mikado & Co comme la petite boutique parfaite de quand-on-joue-à-la-marchande-quand-on-est-petite. J’ai écrit des programmes, des formations, des solutions d’accompagnement collectif, des coachings individuels à thème (pour les managers, pour les commerciaux), des solutions de team-building. Non seulement, j’ai présenté le contenu, les objectifs, le dispositif pédagogique et les modalités de tous ces produits mais j’ai aussi écrit le contenu !!!! Oui, Môssieur !!!! Le contenu !

Et je ne voulais pas parler de mon projet avant que tout soit bien fini et joliment présenté sur les rayons de ma petite boutique « Mikado & Co ». J’attendais le moment de son inauguration. Une sorte de vernissage pour sortir du bois et dire au monde : ENTREZ, C’EST OUVERT !

Autant vous dire que ce processus est une aberration créative à 2 titres : tout d’abord, je construisais ce que je pensais être opportun (sans demander à mes clients ou à mes prospects ce que EUX voulaient) puis je définissais tout de suite un produit fini à livrer (sans penser « agile » en livrant de manière itérative un produit évolutif).

Quand je regarde le dossier « MIKADO & CO » sur mon Mac, je suis effarée (et époustouflée, j’avoue) de TOUT ce que j’ai produit. WTF !!!!! Mais où ai-je puisé toute cette énergie et cette créativité ? Aujourd’hui, je peux vous le dire : dans la fraîcheur et l’enthousiasme des 18 premiers mois. Parce que la dernière année s’est plutôt passée en mode « poubelle » !

 

FACTEUR 3 : JE BOSSE SEULE SUR LA TABLE DE MA CUISINE

Qui dit « indépendante », dit… « indépendante » ! Non ? Et bien, moi, Môssieur, je bosse SEULE sur la table de ma cuisine. Et j’en concocte des choses ! Oh que oui ! Je passe la journée seule comme un rat (de bibliothèque) et je bosse-bosse-bosse.

Quand tout va bien, c’est parfait. Et ça correspond même plutôt bien à mon caractère solitaire d’ours des montagnes (j’ai un côté très animal finalement… hum…). Mais quand le doute arrive, la fatigue se fait sentir, la pression monte… l’ours est toujours seul face à son destin (un peu comme Sisi mais sans sa tripotée fraternelle et son Papi Li). Et c’est là que ça pique un peu…

L’isolement est un facteur de stress important et un des paramètres qui peut conduire au burn-out. Être entouré(e) permet de relativiser une situation, de demander et d’obtenir de l’aide, de partager des situations similaires et à minima d’adresser son mal-être à autrui. Les neurosciences valident ce modèle vertueux de tissu social et le bénéfice presqu’immédiat de mettre en mots ses maux émotionnels.

J’ai juste oublié qu’être « autonome » et « responsable » ne veut pas dire « indépendante ». Être adulte, ça veut dire être « responsable » et « autonome ». Certainement pas « indépendant ». Parce qu’être adulte, ça veut dire « savoir demander de l’aide ».

 

FACTEUR 4 : JE CHARGE (TROP) LA MULE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions et beaucoup de clients. Peut-être que vous connaissez cet adage de l’entrepreneur : « on ne sait de quoi demain sera fait ». Mais on sait bien de quoi aujourd’hui est fait : accepter cette mission qui s’offre à nous. Parce qu’on ne sait jamais…. Et puis, ne dit-on pas que les 2 premières années de création d’une boîte sont synonymes de « travailler comme un chien » ? Ben oui, parce que sinon, c’est le couperet de la 3ème année ! Oui, Môssieur, celui du retour de bâton « Trésor Public » qui fait même fermer des boîtes qui fonctionnent !!! Oui, qui fonctionnent ! Mais qui n’ont pas assez de trésorerie pour honorer ses charges et cotisations. Alors : engrange les missions ! Tout ce qui est pris n’est plus à prendre.

En avant les missions et les échéances courtes ! En 2012 et 2013, mon compagnon et moi avons beaucoup voyagé : chaque voyage en avion, chaque attente dans un aéroport, chaque respiration dans un trajet étaient rentabilisés. Une aubaine pour compléter un Powerpoint, pour écrire un déroulé de formation, pour finaliser un support, pour construire une formation from scratch. Si j’avais réussi à préserver les vacances comme des parenthèses ressourçantes et reposantes, je me réservais le droit de définir toutes les transitions entre la table de ma cuisine et les rues de San Francisco, les plages de Hawaï ou les montagnes italiennes, comme des moments dédiés au travail. Et quel travail !!!! Une somme considérable ! Que je ne rentabilisais pas forcément : dans le métier de formateur, de consultant ou de conférencier, il y a les « one-shot » (on crée, on produit et on livre une solution pour un client et basta !) et les « to-be-recycled » (pour un client, on crée, on produit et on livre une solution dont le contenu pourra être ré-utilisé pou une autre mission ou pour un autre client). A cette époque, j’ai beaucoup produit des « one-shot » : beaucoup de travail avec un rentabilité niveau zéro… Pfffff… je suis fatiguée rien qu’en l’écrivant ! Et bien en deçà de mon état de fatigue grandissant de l’époque.

 

FACTEUR 5 : J’AI ÉTÉ CAUSETTE DANS UNE VIE ANTÉRIEURE

Mikado &  Co a été le théâtre de beaucoup de missions, beaucoup de clients et… beaucoup de temps perdu ! A force d’animer des formations et d’accepter des missions, je m’éloignais de mon objectif : devenir entrepreneuse pour proposer MES OFFRES. J’étais en train de devenir formatrice et consultante.

Parenthèse pour toi, Happy Brany qui lit cet article avec intérêt et attention : dans le monde idéal, c’est bien ce que j’aurais dû définir comme objectif premier = devenir formatrice et consultante. Faire ce métier pendant 2 ou 3 ans PUIS monter ma boîte-à-moi. Je te rappelle cependant que ce N’EST PAS l’objectif que je m’étais fixé. Mon objectif : développer ma boîte-à-moi. La preuve : j’ai monté une SASU qui me coûte cher. J’ai même décroché le graal de tout formateur qui se respecte : l’agrément et le numéro de formateur !!!!!

J’ai perdu de vue mon objectif : développer un accompagnement différenciant et innovant. Celui que j’avais en tête quand j’ai créé Mikado & Co. Je l’ai OUBLIÉ ! Je prenais des missions, des missions et encore des missions qui n’avaient d’autre d’intérêt pour moi que de « faire rentrer du cash » : mon obsession ! J’ai dû être causette dans une vie antérieure : je vivais avec la peur au ventre de me retrouver sans le sou. La dimension de précarité (certes existante) dans le statut d’indépendant me hantait.

J’ai donc beaucoup travaillé en m’éparpillant et en répandant au passage : énergie, sens, direction. En n’étant pas pour autant rassurée : je gagnais peu d’argent somme toute, m’éloignais de mon objectif de développement business et étais épuisée. Well done, baby ! Heu… d’ailleurs, baby… tu n’aurais pas un peu oublié que tu avais une rentrée d’argent mensuelle ?? Assurée pour 15 mois ? Et bien, j’avais occulté cette donnée ! Causette, un jour, Causette, toujours !

 

FACTEUR 6 : JE KIFFE LE CHALLENGE

Un de mes drivers, un des trucs qui me font vibrer, un de mes kifs absolus, c’est le challenge. Ça provoque en mois ce niveau de stress suffisant et raisonnable qui me pousse au mouvement, me donne le sourire, provoque l’excitation et fait fonctionner mon cerveau de la manière la plus rapide et pertinente possible. J’A-DO-RE !

Changer de métier répond parfaitement à cette exigence ! Comme ça tombe bien , dis-donc ! J’étais donc toujours dans cette zone de turbulences que j’affectionne. Celle qui se trouve entre la zone de confort et la zone de panique totale. PAR-FAIT ! Mais la zone de turbulences est gourmande en énergie : c’est parce que nous avons la conviction d’avoir les ressources nécessaires face aux contraintes d’une situation que nous pouvons appréhender sereinement cette situation et ne pas être sujets au stress. Je puisais donc dans ces ressources précieuses pour relever tous les défis qui m’étaient proposés. Seulement voilà… à force de toujours puiser dans ses ressources et ne jamais être dans sa zone de confort, on finit par s’épuiser… et j’ai fini par me fatiguer d’être toujours sur le pont de la performance et l’exigence.

 

FACTEUR 7 : JE « SUIS » MA BOÎTE 

On est dans les deux premières années de vie de la boîte, oui ou non ? On doit bouffer-dormir-respirer sa boîte, oui ou non ?? Heu… surtout quand on travaille sur la table de sa cuisine en fait… Il est d’autant plus difficile de séparer le temps professionnel du temps privé quand les espaces dédiés à ces temps sont LES MÊMES ! Ce mélange des genres accentue les situations du genre : « On regarde une série… mais si je finissais mon compte-rendu en même temps ? », « Mon mec ne rentre pas dîner : youppi !!!! Toi, la table de la cuisine, tu vas garder ton statut prestigieux de bureau pour quelques heures encore ! ».

Tout était mélangé ! Les espaces, les temps et moi. Une espèce de gloubiboulga Mikado-esque ! Et si je gardais précieusement les vacances (sur-place ! Pas les moments pour m’y « emporter » !) comme des trésors OFF à protéger, j’avais lâché l’affaire sur les soirées et les week-ends. Quoi ??? Mais non, ce n’était même pas une corvée : j’aimais bien chercher des photos pour illustrer une présentation en regardant d’un oeil un épisode de ma série préférée, j’adorais passer le dimanche après-midi à faire ma compta en écoutant de la musique (oui, je sais… ça étonne tout le monde… je kiffe la compta… ça me détend). J’adorais ! Et c’est bien ça le problème : quand on aime, on ne compte pas. Et petit à petit, mon cerveau a fonctionné en mode exclusif Mikado & Co : en flux tendu. Et quand on se nourrit trop d’une seule chose, on finit par être écoeuré(e) et à éclater d’en avoir trop mangé !

 

NOTE POUR VOUS, MES CHERS HAPPY BRAINIES

Je ne suis pas friande de ce genre d’exercice #moi #memyselfandi #moije #maviemonoeuvre
Cet article reprend une conférence-témoignage que j’ai animée sur l’invitation de Marina Bourgeois et Caroline Averty de Oser Rêver Sa Carrière le 12 février 2018. Invitation que j’avais déjà acceptée en juillet 2017 pour les Samedi du Burn-Out (un évènement organisé par Marina et Catherine Borie). Invitations acceptées pour une seule raison : si mon témoignage peut éviter un burn-out à un(e) entrepreneur/se, donner des clés pour identifier les prémices, informer, sensibiliser, donner des outils pour prévenir… alors ça vaut le coup de mettre de côté ma pudeur et ma réserve. Merci, Mesdames ! 

Vous voulez en savoir plus sur le burn-out ? Mon histoire résonne chez vous ? Vous reconnaissez certains signes ? Elles le font bien mieux que moi parce que c’est leur expertise et leur domaine de compétences : Sandra Boré de EfferveScience et Catherine Borie.
Un article précieux de Sandra pour détecter les signes d’alerte… « Burn-out is coming » :  À LIRE 

À LIRE :
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES
PARTIE 3 : LES 7 APPRENTISSAGES

La motivation est une boîte de chocolats

Quand la motivation parle de récompense, de boîte de chocolats et de Forrest Gump : 3 règles à savoir pour se mettre en mouvement et mener ENFIN à bien ce projet qui nous tient tant à coeur : apprendre l’espagnol, se mettre aux abdos ou reprendre le piano. 3 règles qui sont au coeur du processus d’apprentissage. 3 règles pour mettre aussi les autres en mouvement : étudiant, pair, collaborateur et même son boss !

 

⭐⭐ RÈGLE N°1 ⭐⭐

Je ne vous apprends rien : le circuit de la récompense est impliqué dans la motivation et dans l’apprentissage. On pourrait dire que « la motivation est le processus qui transforme les récompenses anticipées en action ».

Nous, les humains, avons tendance à rechercher les sensations agréables (une carotte pour faire court) et à fuir ce qui est désagréable (le bâton). C’est grâce à ce système ô combien ingénieux que nous sommes encore en vie après 200 000 ans d’existence (respirez par le museau… je parle d’Homo Sapiens pour les puristes)

Petit rappel des principes de la motivation humaine :
– nous recherchons les récompenses externes (un diplôme) et fuyons les bâtons (une punition) : on parle de motivation extrinsèque
– mais nous, les humains, nous sommes bien plus sophistiqués que ça ! Nous créons nos propres récompenses internes : c’est le plaisir pur de l’accomplissement de la tâche et l’intérêt que chacun y trouve. L’action est alors conduite par cette seule mécanique interne : on parle de motivation intrinsèque
– il est question de circuit de la récompense : un circuit de neurones dont l’activité est au coeur des mécanismes de motivation.  Il est question de plusieurs structures cérébrales qui communiquent entre elles et sont reliées au centre de la mémoire (l’hippocampe) et au centre des émotions (l’amygdale)… Haa…. mais c’est bien sûr ! Mémoire…. Émotion… On est en plein dans les composants du processus d’apprentissage !
– il existe une autre forme de motivation (la motivation auto-déterminée)… mais on en parle un plus tard… Patience…

La récompense reçue au cours de l’apprentissage active les régions du cerveau qui libèrent de la dopamine. Et comme la nature humaine est plutôt bien faite (enfin… pour ce qui est de la motivation…), le circuit de la récompense agit à deux niveaux :
– on a tendance à reproduire une action qui a provoqué la récompense (oui, oui, c’est bien la base des comportements addictifs)
– on accorde une grande valeur à cette action (forcément, c’est CETTE action qui nous a permis d’accéder à une récompense).

 

⭐⭐ RÈGLE N°2 ⭐⭐

Quand je mange du chocolat ET quand je pense que je vais manger du chocolat : C’EST PAREIL POUR NOTRE CERVEAU ! Des travaux scientifiques montrent en effet que les récompenses reçues et imaginées engagent les mêmes circuits neuronaux. S’attendre à un plaisir procure ce plaisir.

Dans les 2 cas (récompense imaginée et récompense reçue), le système de la récompense s’active et libère de la dopamine.

Alors… vous allez me dire : « Tu es bien mignonne mais… m’accorder une récompense si j’achève une mini-mission : imaginer cette récompense avant de commencer à travailler ET profiter de cette récompense, ça revient au même ?? Ça va marcher une ou deux fois puis je vais bien comprendre l’arnaque neuronale ! »

Moi, j’aime bien quand vous me posez ce genre de questions ! Ma réponse est la suivante : la règle N°1 contient un élément de réponse, selon moi. Notre cerveau a tendance à reproduire une action qui a provoqué la récompense. Disons que nous créons un cercle vertueux basé sur le circuit de la récompense. Et c’est sans compter sur un genre de motivation qui ne semblerait pas être étayée sur le circuit de la récompense : la motivation auto-déterminée. Cette motivation a la réputation d’être la plus puissante ! Elle nous pousse à l’action pour être autonomes, pour nous sentir efficaces et utiles et pour faire partie d’un groupe. 3 besoins psychologiques fondamentaux pour nous, les êtres humains : autonomie, compétence et appartenance sociale. Encore fait-il que tout ça ait du SENS pour notre cerveau (qui, rappelons-le, est une machine à donner du sens ! Tiens.. ça me donne une idée d’article !).

Quand je vous dis que c’est bien foutu ! Nous donner l’impulsion qui va nous mettre en mouvement et nous faire passer à l’action est LA PRÉOCCUPATION essentielle de notre cerveau. Toujours… pour cette histoire de survie de l’espèce !

 

⭐⭐ RÈGLE N°3 ⭐⭐

Maman disait toujours : « La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Et Forrest Gump n’avait certainement pas conscience qu’il était en train de dévoiler une étude suisse faite par Wilgram Schultz… Peut-être que les blockbusters américains bénéficient de budgets colossaux  parce que leur objectif est l’éducation scientifique et la transcription vulgarisée d’études en tout genre… non ?!

Partons chez « Dopamine Labs », une fabrique d’applications les plus addictives possible, créée par Dr Thomas Dalton Combs. Ce docteur en neuro-économie détient tous les secrets pour accrocher nos regards et capter notre attention.  Mais le Dr Combs est un « addictologiste » repenti : il met ses connaissances pour rendre accro n’importe quel être humain, au service d’applications qui sont bonnes pour nous. Pas de jeux, de e-shop, de plateforme de partage de photos ou de vidéos et pas de réseau social. Mais des applications « d’utilité publique » comme un planificateur de tâches à faire. Imaginez la fameuse ToDoList en mode application pour l’avoir sous la main en un clic (ou reconnaissance de l’empreinte de la patte avant ou de la frimousse). Utilité publique ?? Oui, si on considère que ce genre d’application nous permet enfin de passer à l’action et de lutter contre la procrastination. Notamment pour mener à bien un projet « feelgood » : reprendre une activité physique, faire du sport, diminuer l’utilisation des réseaux sociaux voire arrêter totalement son utilisation.

Quand une tâche est faite, l’utilisateur supprime la ligne correspondant à cette tâche. L’application le récompense de cette action par une image ou un gif animé : WELL DONE, BABY!!!! L’application intègre ainsi le principe de la récompense. Et il s’appuie également sur le cercle vertueux de l’anticipation : connaissant ce système de récompense et imaginant que je vais être gratifié(e) de cette médaille digitale, je suis plus motivé(e) à remplir ma mission (exécuter les tâches que j’ai définies).

L’application dont nous parle le Dr Combs est encore plus subtile et puissante… « La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Et c’est parce qu’on ne sait pas sur quoi on va tomber que le plaisir de la récompense est plus intense !!!! L’application récompense « aléatoirement » : pas de corrélation logique entre un « BON POINT » sous forme d’image ou de gif ET la nature de la tâche réalisée, sa durée, sa difficulté ou le nombre de tâches successives réalisées. ALÉATOIRE !

En cas de SURPRISE et à récompenses égales, le plaisir est plus intense : les neurones dopaminergiques envoient une bouffée de signaux électriques plus importante.

 

⭐⭐ ET MAINTENANT ?? ⭐⭐

Chers Happy Brainies, vous en savez un peu plus sur le principe de la motivation, de la récompense et des boîtes de chocolats. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est notre cerveau (et des neuro-scientifiques qui connaissent la bête!). Moi, ça me fait penser à plein de manières concrètes d’exploiter ce mode de fonctionnement et d’imaginer des stratégies motivationnelles. ET VOUS ? Qu’avez-vous imaginé comme applications pratico-pratiques dans la vraie-vie ? 

Interview du Docteur Nadia Medjad – PARTIE 5

Dans cette PARTIE 5 de l’interview du Dr Medjad : Quels sont ses projets et son actualité ?
En particulier, une nouvelle aventure depuis la rentrée qui lui tient à coeur : enseigner à l’ESCP Europe en Master spécialisé « Management Pharmaceutique et des Biotechnologies ».

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS SUR NADIA MEDJAD ?  

PARTIE 1 : À VISIONNER ICI
– Qui est-elle  ? Nadia nous parle de son parcours professionnel et de ce qui l’a amenée à s’intéresser aux mécanismes du stress, à sa prévention et à sa gestion.
– Pourquoi s’est-elle tournée vers les neurosciences ?

PARTIE 2 :  À VISIONNER ICI
– Comment est née l’idée du livre « NeuroLearning » ?
– Quelles sont les 3 idées à retenir ?

PARTIE 3 :  À VISIONNER ICI
Une révélation neuroscientifique ?
Vous ne verrez plus jamais votre cerveau (et notre espèce humaine) de la même manière !

PARTIE 4À VISIONNER ICI
La journée type de Nadia et plus particulièrement sa routine du matin ! Entre respiration, méditation et activité physique… le secret de sa forme physique et mentale ?

Un pur plaisir d’interviewer le Docteur Nadia Medjad : des infos, des conseils, une grande générosité et un esprit brillant ! Médecin de formation, elle est experte en management du stress et de l’attention à l’ère digitale, co-auteure de « NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation » (Editions Eyrolles). Nadia Medjad est LA spécialiste en France de la neuro-pédagogie appliquée aux adultes.

RETROUVEZ L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW : ICI !

 

 

 

 

 

 

Interview du Docteur Nadia Medjad – PARTIE 4

Dans cette PARTIE 4 de l’interview du Dr Medjad : Quelle est sa journée type ? Et sa routine du matin qui est peut-être le secret de sa forme physique et mentale… Entre respiration, méditation et activité physique !

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS SUR NADIA MEDJAD ? Les PARTIES 1 , 2 et 3 sont disponibles et…. BIENTÔT LA FIN DE L’INTERVIEW :

PARTIE 1 : À VISIONNER ICI
– Qui est-elle  ? Nadia nous parle de son parcours professionnel et de ce qui l’a amenée à s’intéresser aux mécanismes du stress, à sa prévention et à sa gestion.
– Pourquoi s’est-elle tournée vers les neurosciences ?

PARTIE 2 :  À VISIONNER ICI
– Comment est née l’idée du livre « NeuroLearning » ?
– Quelles sont les 3 idées à retenir ?

PARTIE 3 :  À VISIONNER ICI
Une révélation neuroscientifique ?
Vous ne verrez plus jamais votre cerveau (et notre espèce humaine) de la même manière !

PARTIE 5 : Quels sont les projets et son actualité ?

Un pur plaisir d’interviewer le Docteur Nadia Medjad : des infos, des conseils, une grande générosité et un esprit brillant !

Médecin de formation, elle est experte en management du stress et de l’attention à l’ère digitale, co-auteure de « NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation » (Editions Eyrolles). Nadia Medjad est LA spécialiste en France de la neuro-pédagogie appliquée aux adultes.

 

 

 

 

Interview du Docteur Nadia Medjad – PARTIE 3

Dans cette PARTIE 3 de l’interview du Dr Medjad : UNE RÉVÉLATION ! UN SCOOP !
Vous n’allez plus jamais voir votre cerveau (et notre espèce humaine !) de la même manière…
Je vous laisse découvrir ce que les neurosciences ont révélé dernièrement…. et que vous pouvez retrouver dans le livre co-écrit par Nadia : NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation.

 

 

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS SUR NADIA MEDJAD ? Les PARTIES 1, 2 et 4 sont disponibles et…. BIENTÔT LA FIN DE L’INTERVIEW :

PARTIE 1 : À VISIONNER ICI
– Qui est-elle  ? Nadia nous parle de son parcours professionnel et de ce qui l’a amenée à s’intéresser aux mécanismes du stress, à sa prévention et à sa gestion.
– Pourquoi s’est-elle tournée vers les neurosciences ?

PARTIE 2 :  À VISIONNER ICI
– Comment est née l’idée du livre « NeuroLearning » ?
– Quelles sont les 3 idées à retenir ?

PARTIE 4À VISIONNER ICI
Quelle est la journée type de Nadia Medjad ?

PARTIE 5 : Quels sont les projets et son actualité ?

Un pur plaisir d’interviewer le Docteur Nadia Medjad : des infos, des conseils, une grande générosité et un esprit brillant !

Médecin de formation, elle est experte en management du stress et de l’attention à l’ère digitale, co-auteure de « NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation » (Editions Eyrolles). Nadia Medjad est LA spécialiste en France de la neuro-pédagogie appliquée aux adultes.

 

 

 

 

Interview du Docteur Nadia Medjad – PARTIE 2

Dans cette PARTIE 2 de l’interview du Dr Medjad : focus sur son livre « NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation » : 
– Comment est née l’idée du livre « NeuroLearning » ?
– Quelles sont les 3 idées à retenir ?

 

 

 

ENVIE D’EN SAVOIR PLUS SUR NADIA MEDJAD ? Les PARTIES 1 , 3 et 4 et…. BIENTÔT LA FIN DE L’INTERVIEW :

PARTIE 1 : À VISIONNER ICI
– Qui est-elle  ? Nadia nous parle de son parcours professionnel et de ce qui l’a amenée à s’intéresser aux mécanismes du stress, à sa prévention et à sa gestion.
– Pourquoi s’est-elle tournée vers les neurosciences ?

PARTIE 3 :  À VISIONNER ICI
Une révélation dans le livre ? Une info choc ??

PARTIE 4À VISIONNER ICI
Quelle est la journée type de Nadia Medjad ?

PARTIE 5 : Quels sont les projets et son actualité ?

Un pur plaisir d’interviewer le Docteur Nadia Medjad : des infos, des conseils, une grande générosité et un esprit brillant !

Médecin de formation, elle est experte en management du stress et de l’attention à l’ère digitale, co-auteure de « NeuroLearning – Les neurosciences au service de la formation » (Editions Eyrolles). Nadia Medjad est LA spécialiste en France de la neuro-pédagogie appliquée aux adultes.

 

 

 

 

Le cerveau apartheid

Cher cerveau, parfois, je ne te comprends pas… Tu es capable de déployer des trésors d’ingéniosité dans la sphère privée et tu te brides dans le monde professionnel… Tu cherches des solutions professionnelles alors qu’elles existent déjà. Juste là : dans la sphère privée de ton existence. Stop à l’apartheid des neurones ! Pour gagner en créativité, en compétences et en plaisir.

Je suis l’heureuse « prof » de certains cours pour « apprendre à apprendre « . J’anime des ateliers sur l’attention, la mémoire, la motivation, la gestion du stress et de la pression des examens… dans des écoles post-bac. Pour certaines de ces écoles, les étudiants doivent rendre un devoir à l’issue de ces modules. Pas question de leur demander un topo sur ce que je leur ai présenté !
Parce que :
1- je trouve que c’est d’un ennui crasse d’avoir à restituer ce que l’on est censé avoir appris… en dehors d’un devoir sur table, cela consiste, ni plus ni moins, à reprendre les notes que l’on a prises en cours et à en faire un joli document à mon attention. Intêret 0 – Ennui 1
2- ces ateliers proposent une méthodologie pour mieux apprendre. Au delà de la compréhension du fonctionnement du cerveau (quand on cherche à se concentrer, quand on mémorise, quand on procrastine….), il est question de stratégies simples et facilement applicables pour se concentrer et rester concentré(e), mémoriser le plus d’informations en un minimum de temps et les garder en mémoire le plus longtemps possible, booster sa motivation et lutter contre la procrastination, prévenir et gérer le stress (tout au long de l’année scolaire, pendant les périodes de révision et juste avant un examen ou une soutenance)… Vous me connaissez un peu : je suis super pratico-pratique ! Si mes ateliers reposent pour 1/3 sur le compréhension des mécanisme cognitifs et 2/3 sur des outils pratiques, ce n’est surement pas pour demander aux étudiants un topo académique sur ce qu’ils ont compris du ou des atelier(s).
3- qui dit outils pratiques… dit « pratique » ! Pratique ou expérimentation de ces outils. Moi, ce que je demande, c’est un rapport d’expérimentation : Quelles sont les 3 notions qui vous ont marqué(e) et que vous avez retenues ?Quel(s) outil(s) avez-vous expérimenté(s) ? Quel est le bilan que vous tirez de cette expérience ?

Et comme je suis pour un taux maximum de kif pour élaborer (je fais référence aux étudiants) et découvrir (je parle de moi !) ce rapport d’expérimentation, je propose aux étudiants la forme suivante :
– quelques lignes écrites : une page grand grand maximum ! Pourquoi ? Parce qu’au delà d’une page, personne ne lit et tout le monde s’ennuie !
– une bande dessinée
– un stecknote
– une chanson
– une vidéo…

« Une video ?? C’est-à-dire ?? »

Toi, le cerveau qui fait des Snap de folie, qui te déchaîne comme un pro sur Musical.ly, qui met en ligne des tutos dignes des plus grands YouTubers et qui monte des videos (avec l’appli de ton téléphone !!!) qui ressemble à des trailers d’agence de pub, qui maîtrise comme un community manager les lives Facebook ou Insta(gram), qui produit de petits bijoux animés avec PowToon….
Toi, le cerveau qui a cette compétence presque naturelle de te mettre en scène pour ton réseau, qui le fait avec un facilité et talent, qui sait cadrer et prendre la lumière comme si c’était instinctif et qui est carrément doué dans cet exercice…
Toi, cher cerveau… tu bloques.
Refus d’obstacle en terme hippique.
Gros bug en terme informatique.
« Les fils qui se touchent » en terme électrique.

« Mais c’est pas pareil ! »

MAIS COMMENT ÇA, C’EST PAS PAREIL ???

Alors là, cher cerveau, je ne comprends pas… Tu as un talent fou !!! Tu es plus que doué et tu voudrais te priver de cette  habileté ? Parce que ? Parce que… excuse-moi, je ne t’entends pas… Parce que c’est pas pareil… hum, hum… Parce que c’est dans la vie perso que tu sais faire tout ça ? Oh malheur… va falloir tout y r’prendre, comme on dit chez moi.

Comment arrive-t-on à se limiter autant ? Comment fait-on pour nous museler de la sorte ? Parce que cette anecdote qui m’a frappée ne concerne pas seulement  les étudiants d’une vingtaine d’année. Elle me concerne moi aussi. Peut-être vous concerne-t-elle vous aussi ?

 

On est prisonnier du domaine dans lequel nos compétences, aptitudes, capacités sont nées ou se sont développées. Une porte pour les relations amicales et amoureuses, une porte pour le monde professionnel et une porte pour les passe-temps et autres hobbies. On peut imaginer plein d’autres portes ouvrant sur d’autres domaines soutenant toujours une profonde dichotomie : LE PRO et LE PERSO !

Comment imaginer que l’on soit si peu enclin à mettre du « ET » dans l’usage de nos capacités ? Pourquoi est-on si sensible à une vision exclusive de nos compétences ? C’est une compétence pro « OU » perso, c’est un savoir-faire pro « OU » perso, c’est une aptitude pro « OU » perso.

 

 

La faute à qui ?? La faute à quoi ??

Certainement à un système éducatif qui laisse peu de place à la créativité. Peut-être. Sûrement. On aurait été si marqué(e) par ce carcan dans son métier d’élève puis d’étudiant(e) qu’on en porterait les stigmates dans sa vie professionnelle de « grand(e) ». Peut-être. Sûrement.

Dis donc, cher cerveau, faudrait voir à reprendre le contrôle ! Ce n’est pas ce qui t’est arrivé qui est important, c’est ce que tu en fais ! Et il est temps de te révolter contre cet apartheid cognitif !!!! 

L’étonnement passé, cet échange avec ces étudiants m’a permis de prendre conscience de mon propre mode de fonctionnement. Et moi ? Suis-je l’exemple même de cette libération cérébrale ? Hum… Beaucoup plus qu’avant, certes. Mais peut-être pourrais-je aller encore plus loin dans la mise en commun de ce que je sais faire. Mettre en commun, Réunir, Unifier…. LIBÉRER ! ( « Libérééérééééeeee….. Délivrééééeeee ») Libérer mon cerveau d’un cloisonnement appris, imposé, imagé. OSER !!!!!

Alors… mes chers Happy Brainies, cessons de compartimenter, de diviser et de séparer : nos compétences ne sont dédiées pas à un seul domaine. Elles existent. tout simplement. Et elles nous donnent une puissance immense en ouvrant un champ des possibles. Des possibles créatifs et performants.