Les petits kifs n’existent pas

Quand une collègue, devenue depuis amie, me fait prendre conscience que les choses que je trouve insignifiantes, voire sans intérêt, sont précieuses et à chérir. Un kif absolu qui aurait pu passer inaperçu. À côté duquel je serais passer sans même m’en rendre compte…

J’ai habité et travaillé pendant un peu moins de 2 ans à Amsterdam. Échange d’un lundi matin avec Marianne, ma binôme hollandaise avec qui je travaille. Un échange apparemment anodin entre collègues au lendemain d’un week-end qui se demandent poliment ce qu’ils ont fait les deux derniers jours passés et si ledit week-end était bon.

Marianne me demande donc ce que j’ai fait la veille : un dimanche particulièrement doux et ensoleillé pour la saison (et je bénis le ciel de ne pas avoir à supporter le traditionnel couplet des « au-dessus des normales saisonnières » puisque je ne pipe rien au batave…). Mon compagnon et moi avons l’habitude d’occuper nos week-ends à sillonner le pays ou à découvrir des nouveaux endroits dans Amsterdam. Nous avions décidé d’un week-end tranquille et nous n’avions rien fait de particulier. Telle a donc été ma réponse : « Nothing special. »

Et Marianne de me répondre : « Moi, j’ai pris un café en terrasse. Au Café de Jaren. Au soleil. Maurice (son amoureux) m’a rejointe et on a passé un long moment à discuter. Il faisait beau. C’était un super moment ».

Heu… A ce moment précis, j’ai pris conscience que je passais à côté de mon bonheur. Moi aussi, j’avais pris un café au soleil en terrasse. En compagnie de celui qui partageait ma vie. On avait discuté de nos prochaines vacances : un échange enthousiaste et aux perspectives réjouissantes. Moi, j’avais vécu le MÊME MOMENT. Et pour moi, c’était RIEN DE SPÉCIAL.

Cet échange date de plus de 15 ans. Et je m’en souviens chaque jour. Parce qu’il a résolument transformé MA MANIÈRE DE VOIR LES CHOSES et DE LES VIVRE.

Avant, je passais à côté de mon bonheur. Non pas parce que je ne vivais pas de moments heureux. Moi aussi, j’avais vécu un moment identique et en avais éprouvé beaucoup de plaisir. C’est peut-être cette dimension qui me frappe le plus : j’avais éprouvé du plaisir et de la joie en ce dimanche après-midi. Ne serait-ce que pour cette dimension émotionnelle agréable, il aurait été juste de donner un peu plus d’égard à ce moment. Seulement voilà, ce moment ne méritait pas pour autant  l’étiquette « SPÉCIAL ». Il était classé dans la catégorie des choses sympas et anodines.

Et c’est à ce moment précis, un lundi matin, sur une esplanade de Sloterdijk, un gobelet de café à la main et une cigarette dans l’autre, que j’ai décidé de changer mon regard sur le cours de ma vie. Le cours quotidien, le cours régulier, le cours de tous les jours.

Cette prise de conscience de mon peu de considération pour les moments simples mais importants a modifié :
– ma manière de CONSIDÉRER les moments de mon quotidien qui m’apportent plaisir, bien-être ou joie
– ma manière de VIVRE ces moments-là : un peu comme si la considération que je leur accordais maintenant leur conférait plus de valeur
– ma manière de les ANTICIPER et de les PRÉPARER : comme on se prépare pour une fête, je m’habillais le coeur (comme pourrait dire la Rose du Petit Prince)

Depuis cette discussion d’un lundi matin, je chéris les moments tels que : prendre un café au soleil, déjeuner avec une amie, regarder ma série préférée (du moment) avec un repas thaï tout juste livré à domicile, marcher longuement dans les rues au petit matin quand il fait froid et sec, m’offrir un verre de vin en lisant un magazine…

Il ne s’agit pas de porter un regard nombriliste sur chaque moment vécu. Il ne s’agit de s’observer de manière égotique. Il s’agit de prendre conscience de chaque moment qui nous permet d’éprouver une émotion agréable. Il s’agit de donner une importance à chaque moment qui nous rend heureux, sereins ou joyeux. Il s’agit d’honorer chaque petit bonheur. Chaque petit kif qui pourrait passer inaperçu dans la quête souvent romanesque et grandiose du Bonheur.

Cette discussion apparemment légère d’un lundi matin m’a permis de comprendre que le Bonheur avec un grand « B » n’existait pas. Il n’est pas de sentiment d’extase constant ou d’état persistant de gaie plénitude.

C’est la somme de chaque petit kif qui fait que nous sommes heureux.
C’est la somme de chaque petit kif qui fait que nous sommes heureux.
C’est la somme de chaque kif qui fait que nous sommes heureux. 

Il n’y a pas de petit kif. Il y a des moments simples de kif absolu. Il y a des moments éphémères de pur bonheur. C’est en prenant conscience et en donnant valeur à chacune de ces expériences que nous nous construisons une vie heureuse. Quelle que soit le contenu de notre existence et la réalité de notre quotidien. Parce qu’un café au soleil, un magazine attendu et enfin feuilleté, une discussion avec une amie, un repas partagé avec un proche, un rayon de soleil qui nous effleure la joue au travers de la vitre d’un train… font notre quotidien.

Quel que soit notre vie, aussi difficile ou douloureuse soit-elle, il est (au moins) un de ces instants dans notre quotidien. Ne laissons pas passer inaperçu ce kif total. Accordons toute sa valeur à chacun de ces moments de bonheur absolu.

 

 

Crédit Photo Boîte Cranienne 

Le syndrome du médecin

Changer, c’est toujours difficile. Même quand le changement nous ouvre de meilleures perspectives. Une condition préalable pour changer : avoir conscience de ses limites, de ses lacunes ou de ses difficultés. C’est là que le syndrome du médecin apparait ! Quand constater son ignorance devient insupportable…

Le syndrome du médecin nous empêche de voir nos limites, il dissimule nos lacunes et efface nos difficultés. Et nous restons campés sur nos acquis sans bouger d’un pouce… et sans grandir d’un iota !

Je vais te raconter une anecdote parmi tant d’autres…

 

Toi qui es médecin… ne lis pas la suite de cet article. Tu ne vas pas aimer. Et pourtant…
le respect que j’ai pour t
on savoir n’en serait que décuplé.
Ce ne serait plus seulement l’expert que je respecterai. Ce serait toi. Tout simplement. 

 

Un de mes proches qui est tombé malade il y a 2 ans. Un truc qui aurait dû se régler en quelques jours à coup d’antibiotiques (parce que oui, c’était bien une bactérie ! #lesantibiotiquescestpasautomatique). Seulement voilà, le traitement avait un effet passager et son arrêt entrainait une rechute.
Qu’à cela ne tienne, voilà une batterie de tests qui détermine que cet antibiotique n’était pas le plus adapté (#antibiogramme). Nouvel essai de traitement soldé par un même échec et une même rechute. Nouvelle batterie de tests en ce deuxième mois de souffrance et nouvel antibiotique testé.
Je te passe les essais successifs et la montée en puissance (prise orale, injection intradermique, injection intra-musculaire). Je ne suis pas médecin mais je comprends ce processus de recherche de diagnostic et cette démarche scientifique d’ajustement de traitement. Et je te suis reconnaissante de cette persévérance et de ta ténacité.

Seulement voilà… après 9 mois de tests inopérants et d’examens de plus en plus invasifs, il fallait bien se rendre à l’évidence : la médecine en l’état actuel de ses connaissances ne savait NADA-QUE-DE-CHIE-PEAU-DE-ZOB sur ce qui se passait et n’avait AUCUNE FUCKING IDÉE de la manière de traiter cette « chose ».

Et là… j’ai pensé aux managers que j’ai accompagné(e)s ou formé(e)s au cours de ces 7 dernières années. J’ai pensé à cette question posée sur LinkedIn par Gaël Chatelain : « si vous deviez choisir le pire défaut d’un manager ». Ma réponse : IGNORANT.
1- Ignorant du métier de manager (qui est un vrai métier et qui s’apprend comme tout métier)
2- Ignorant de la dimension relationnelle de ce métier (si, si, ce sont des vrais gens qu’on manage)
3- Ignorant de son ignorance (quand on ne sait qu’on est un mauvais manager, voire un manager tout court).

IGNORANCE… de nos limites, de nos lacunes et de nos difficultés. Nous devons savoir et accepter que nous sommes incompétents ou défaillants sur une tâche donnée à ce moment précis. C’est seulement à ce moment-là que nous pouvons nous remettre en question. Il faut parfois du courage pour accepter notre impuissance. Et ça pique un peu parfois…

Et ça a dû piquer velu pour le médecin de mon anecdote ! A tel point qu’il lui a été impossible de faire le constat de ses limites : aujourd’hui, en l’état actuel de ses connaissances (et celles de la médecine du XXIème siècle), il ne comprenait pas et ne pouvait pas répondre aux attentes de son patient (un diagnostic et un traitement afférent).

Alors… quelles réactions possibles quand il nous est impossible de reconnaître nos limites, nos lacunes ou nos difficultés ? Persister dans la toute puissance et sauver la face du sachant.

Il a été proposé à ce patient de subir d’ultimes tests : invasifs et douloureux. Je ne suis pas médecin et mon ami non plus. Mais… en se penchant sur cette ultime proposition, nous nous sommes posés la même question : QUEL EST LE RAPPORT AVEC LA CHOUCROUTE ??? WTF !!!! Quel rapport entre ces examens, la spécialité de ce médecin et les symptômes ?? C’est la réponse qui me fait écrire cet article.

 

Chers Happy Brainies, que les choses soient bien claires entre nous : cet article ne dénonce pas
le processus de recherche d’une maladie ou d’un dysfonctionnement qui doit,
parfois, passer par des procédés douloureux et invasifs.
Cet article ne dénonce aucunement les limites du savoir : c’est la raison pour laquelle les recherches
se poursuivent en permanence pour comprendre et guérir.
Cet article n’est pas non plus un procès à charge du corps médical :
j’ai la chance de vivre dans un pays où bon nombre de maladies sont éradiquées et
où je peux bénéficier d’une consultation d’un médecin compétent en plein milieu
de la nuit si c’est nécessaire.
(Par pitié, mon cher Happy Brainy, évite les commentaires sur le secteur hospitalier
en France,le système de soins, le manque de personnel… par pitié…
ce n’est pas l’objectif de cet article)

 

La réponse de ce médecin ne présentait pas ces ultimes recherches comme un élargissement du domaine d’investigation (un peu comme dans Dr House ;-)) ou une appréhension holistique de ces foutus symptômes. NON. La réponse disait combien il était IMPENSABLE de lâcher l’affaire et de reconnaître ses limites.

Ô toi, médecin, si tu savais comme je t’aurais respecté, estimé, admiré si tu avais constaté humblement ton impuissance et tes limites.

Je pense à nouveau aux managers de ces 7 dernières années : bien-sûr qu’il est difficile de reconnaître sa propre incompétence. Fusse-t-elle « pour cette tâche donnée, à ce moment donné ». Je pense à ces grands managers que j’ai croisé(e)s. Quelque soit leur niveau hiérarchique. A ces managers LUCIDES et COURAGEUX. Qui constatent les limites, reconnaissent des lacunes et prennent conscience de leurs difficultés. C’est ceux et celles qui ont pu progresser, s’améliorer, apprendre, changer et grandir. Et que j’admire.

La vie est parfois étrange… j’ai consulté un spécialiste il y a quelques mois. Qui a recueilli tout mon respect, mon admiration et mon estime. Il ne pouvait rien de plus pour moi et on arrêtait là. Parce que l’état actuel de la médecine ne connaissait pas la réponse à ma question. Je me suis interrogée sur ce qui avait permis un tel constat de sa part et surtout un partage avec moi. Au delà de son courage, de sa lucidité et la confiance suffisante qu’il a certainement en ui et en ses compétences pour en reconnaître les limites.
Peut-être que nous aussi, patients, nous avons notre part de responsabilité dans le regard que nous portons sur le personnel soignant et sachant. Peut-être que nous ne permettons pas cette liberté et ce juste bilan. Peut-être que, malgré nous, nous mettons dans la situation notre attente enfantine d’omnipotence.Comme nous pouvons le faire partout en tant que collaborateur face à un manager, en tant qu’apprenant face à un formateur, en tant qu’étudiant face à un prof. Peut-être…

Sans constat de là où on est : aucune chance d’aller plus loin. Sans constat des limites qu’on a atteintes, aucune chance de devenir un meilleur manager, un meilleur formateur, un meilleur enseignant, une meilleure version de soi.  Ce que je sais… c’est que je ne sais rien parfois… 

 

Après un burn-out : mes 7 clés pour une vie heureuse

Le burn-out touche AUSSI les entrepreneurs. Moi, j’en ai fermé ma première boîte. Comme dans toute expérience, j’ai voulu en tirer des leçons et apprendre de mes erreurs. Notamment parce j’ai récidivé : j’ai créé une nouvelle boîte ! PARTIE 3 : QUELS APPRENTISSAGES  ?

 

Si vous regardez le nom de domaine « mafuckinentreprise« , vous constaterez qu’il est déjà pris. Ce nom de domaine m’appartient. Pourquoi ? Parce que je pourrais écrire un blog sur TOUT CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE quand on monte une boîte. Je pense que j’ai à peu près tout cocher lorsque j’ai créé Mikado & Co. Que j’ai fermé après 18 mois d’existence au moment même où arrivaient ce que j’attendais depuis sa création : les appels entrants (Vous avez trouvé mon offre de team building sur internet ?? Comme ça ? Sans me connaître ? Whaaaaa !!!!!!), les propositions de partenariats (J’attendais ça depuis des mois : co-créer des offres d’accompagnement avec d’autres cabinets) et des demandes de clients pour de nouvelles missions (Hum… Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ??). J’ai fermé Mikado & Co en septembre 2013. Raison : burn-out.

Un échec professionnel, certes. Mais quelle leçon… tant professionnelle que personnelle. Pas au sens punitif du terme. Au sens « apprentissage » : j’ai tellement appris sur moi, sur mes limites, sur ce qui était important pour moi et sur ce qu’il était bon de mettre en place pour une deuxième aventure entrepreunariale. Début 2016, je récidivais en créant Boîte Crânienne.

 

C’EST PARTI POUR LES 7 APPRENTISSAGES (ou les clés pour une vie d’entrepreneuse heureuse) !

 

APPRENTISSAGE 1 : JE SUIS AGILE

Fini, la jolie boutique où tout est prêt, complet et parfait ! Je me suis rappelé ma-vie-d’avant : la gestion de projets. Et qu’est-ce qui est en vogue dans la gestion de projets au XXIème siècle ? La méthode agile ! Alors… il va falloir s’assouplir, bondir de clients en clients, sauter de missions en missions, rebondir d’un projet sur un autre. Haro sur le perfectionnisme ! Je décide d’avancer petit à petit. Et surtout en relation avec mes clients.

Je débute Boîte Crânienne avec des « conférences à la maison » : des présentations de 2 heures devant des élèves et leurs parents. J’ai en tête des ateliers en petits groupes mais je reste humble et à l’écoute : oui, ça serait pertinent pour les élèves de travailler en plus petits groupes MAIS je suis en prise avec leurs parents pour comprendre leurs besoins et leurs attentes. Une des valeurs de la méthode Agile : « collaboration avec le client » !  ET le satisfaire en priorité. Alors je m’adapte et réfléchis à apporter une solution au regard de mes compétences et de mes acquis. Ma limite ? Celle de ne pas savoir : j’oriente vers un(e) pair qui maîtrise cette question (TDAH, graphothérapie…).

Non seulement je construis mes offres en prise direct avec les clients que je rencontre, mais ces offres prennent vie comme des poupées gigognes : elles évoluent, elles se transforment, elles répondent aux stimuli de mes clients. Un des principes de la méthode Agile ! Livrer le plus souvent possible des versions opérationnelles.

Ma première participation au forum de ELLE Active me donne une autre opportunité en avril 2016, les interventions en entreprise s’enchaînent, une mission d’accompagnement de toutes les équipes éducatives d’un Foyer d’Accueil Médicalisé s’offre à moi… sous le regard bienveillant de mon mentor et maître (j’adore écrire ce mot !) : le Docteur Nadia Medjad. C’est auprès de cette spécialiste des neurosciences appliquées à l’apprentissage que j’ai eu la chance de me former. Nadia veille sur moi et me met le pied à l’étrier de bien des missions… ma fée bleue ! (vous verrez : j’ai 2 fées sur mon berceau professionnel !)

Je construis Boîte Crânienne comme une start-up qui se respecte : petit à petit ! Et non pas comme une boutique à l’ancienne avec tous les rayons achalandés et un agencement presqu’immuable. Je ne m’épuise plus à construire en masse et à produire sans cesse : une méthode énergivore, chronophage, peu productive et déprimante (tout ça pour… ça ???? WTF !!!)

Aujourd’hui, je gagne en énergie et surtout en efficacité. Boite Crânienne avait une cible très étudiante à sa création (« pour réussir des études heureuses »). Puis j’ai repris les missions en entreprise avec ce nouveau positionnement et ces nouvelles connaissances (« pour une vie professionnelle ou étudiante heureuse »). Aujourd’hui, je souhaite axer mon activité sur l’entreprise principalement. Mon objectif en avril 2018 : modifier le site en conséquence, mettre en avant la conférence-spectacle, cibler plus directement et plus lisiblement les entreprises. Parce que… oui… quand on regarde ce site ou mon profil LinkedIn, si vous ne me connaissez pas ou si vous n’avez jamais travaillé avec moi, vous NE SAVEZ PAS que j’interviens essentiellement en entreprise. Alors je vais modifier ma présentation avec agilité et adaptabilité !

 

APPRENTISSAGE 2 : JE NE SUIS PLUS SEULE

Ne t’emballe pas, Happy Brainy ! Je suis un ours solitaire. Je ne suis pas devenue une aficionada des soirées réseaux ou autres rassemblements interactifs. Je suis cependant plus en contact avec mes pairs. Et pas seulement ! Je travaille aussi avec d’autres indépendant(e)s qui ne font pas le même métier : webmaster, graphiste… Parce que ça me permet de ne pas être seule tout le temps !  Travailler en contact avec d’autres indépendants me donne l’occasion d’échanger sur ce statut d’indépendant, d’échanger quelques mots sur le café que l’on savoure ou le week-end à Copenhague, d’échanger aussi sur un projet qu’on est en train de faire. Ce dernier point est extrêmement précieux : avoir un regard extérieur sur une mission qu’on est en train de réaliser. Avoir une respiration d’un tiers pour avoir un autre point de vue (au sens littéral comme au figuré), pour créer un espace de parole et d’échange. Ne plus être seule. Être entourée.

Je me suis inscrite à une formation d’infopreneur, formation que je n’ai pas suivie mais qui m’a permise de rencontrer ma fée verte : Sandra Boré de EfferveScience. Je l’ai suivie dans des évènements, elle qui est si active dans ce genre d’interactions ! Grâce à elle, j’ai fait la connaissance d’Alexandra Vassilacos, ancienne chasseuse de tête qui vous accompagne aujourd’hui pour décrocher le job idéal,  Sébastien Lim avec qui Alexandra s’est associée dans Co-Wanted 2.0, Marina Bourgeois, Catherine Borie, Selma Païva auteure de « Internet est une table pour deux »….Fidèle à la méthode Agile, je privilégie individus et interactions !

Idem pour mes clients : je vais au contact comme y disent au rugby ! Je privilégie le plus possible les conversations en face à face. Je suis devenue adepte des petits-déjeuners business ! Petits déjeuners que je partage avec discernement et attention : je choisis qui et quand (je développe les QUI et QUAND un peu plus loin). Je ne cède pas à une frénésie de relations sociales et professionnelles : ce que j’avais beaucoup pratiqué avec Mikado & Co. Mon agenda était alors empli de petits-déjeuners, de déjeuners et de cafés à partager avec des pairs, des clients, des potentiels futurs clients, des professionnels d’une profession (on ne sait jamais… le business, ça tient à peu de choses !), des anciens collègues… Bref, un temps passé à beaucoup échanger pour un résultat épuisant et peu fertile. Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI et QUAND.

Je retrouve avec un vrai plaisir la table de ma cuisine ! Parce qu’elle et moi ne sommes pas toujours collées l’un à l’autre, nos retrouvailles sont une fête ! Je chéris les après-midis où je travaille seule sur cette amie de bois à 4 pattes. Quand je « sens » qu’il est temps de renouer avec mes congénères, je descends travailler dans le café en bas de chez moi. J’ai découvert depuis peu les espaces de co-working et notamment le génial AntiCafé (il y en a même à Lyon, mes chers gônes !). Je ne prendrai pas le métro pour m’y rendre mais j’apprécie d’y finir une journée commencée par un cours donné à 9H  à La Défense ou d’y travailler entre 2 rendez-vous donnés dans le quartier du Louvre.

 

APPRENTISSAGE 3 : JE SUIS À L’ÉCOUTE DES SIGNES

Dès que je frôle la surchauffe, je NE PEUX PLUS l’ignorer. Pourquoi ? Parce des signes me sont envoyés. Oui, oui, Happy Brainy ! Pas des signes de l’au-delà ! Des signes de moi à moi. Dès que je charge trop la mule professionnelle, je suis alertée par 2 sortes de signes : des signes physiques et des signes émotionnels.

Signes physiques : tachycardie de foliiiiie !!!! Moi, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout, hypocondriaque. Cependant, la première fois où j’ai ressenti ce symptôme, la manifestation était tellement violente que j’ai appelé mon amie Nadia (le Dr Nadia Medjad) pour savoir si je devais appeler les pompiers ! Si ce n’est pas grave, c’est impressionnant : imaginez qu’on vous étrangle et que votre coeur rate un battement de temps en temps. Yummy ! Cette petite sensation qu’un main invisible vous serre-le-kiki et que votre coeur essaie de protester ! Impressionnant… et très utile ! J’ai attaqué 2017 avec un programme raisonnable et tout à fait réalisable dans des conditions optimales de bien-être. Et en février… tout s’est emballé ! Mon amie Li-Cam et moi avons décidé de créer lab21, un laboratoire de bonheur sous forme de mini-formations en ligne : lancement du site et du e-shop en moins de 3 mois. J’ai eu l’opportunité et la chance de devenir la coach de la piscine de la Web@cadémie : 3 jours très remplis par semaine pendant 3 semaines. Et j’ai enchaîné les évènements : ateliers de consoeurs, conférences de confrères, soirées networking (oui… je n’avais pas encore trouvé mon rythme de croisière de l’ours solitaire qui va dans le monde !). Je découvre la puissance de FaceBook et de LinkedIn : je publie, je relaye, je partage…  (pour lab21, je publie un post par jour pendant un mois). Sur ces entrefaites professionnelles, v’là t’y pas que des réjouissances amicales se sont greffées : dîners, spectacles… Hum… un peu trop, non ?? Je te le confirme, Happy Brainy. Carrément trop ! En plus de mon coeur qui rate un battement sur 10, je développe un autre symptôme. Plus latent, plus lancinant (dis donc… mais ça ne me rappellerait pas quelque chose ??!!) dont les examens se révèlent négatifs (heu… je veux bien, moi… mais ça existe pour-de-vrai ! On fat quoi alors ? On fait… rien ??).

Signes émotionnels : si les signes physiques sont nouveaux pour moi (un coeur n’est pas un métronome !), je reconnais les signes émotionnels que je connais. Quand je suis triste, c’est que ça craint velu ! Et qu’il faut opérer un changement : ralentir, supprimer une activité, changer mon programme.

Je prends alors un engagement envers moi-même : contrairement à la période « burn-out », j’ai bien conscience d’avoir un peu dépassé les limites (ou bien chargé la mule). Je m’engage à faire un break TO-TAL cet été. Et en août 2017, je fais effectivement un break total : loin, sans FaceBook, sans LinkedIn, sans mail. Je supprime même les applications de mon téléphone pour éviter la tentation (et délivre-nous-du-mal) et respecter mon temps OFF-OOO-AFK (Off, Out Of Order, Away From Keyboad) : LIRE L’ARTICLE.

Alors… vous me direz… elle est bien gentille, Boîte Crânienne ! Quand on est au bout du rouleau, on est bien contente de savoir qu’on va être en vacances dans 2 mois ??!! Et bien carrément, en fait ! Parce que ça m’a permise de tenir la distance à 2 titres :
1- je savais que cette période avait eu un début et allait AVOIR UNE FIN !
2- je savais que cette période m’avait appris la règle N°4

 

APPRENTISSAGE 4 : JE RESPECTE MES (NOUVELLES) LIMITES

Les 6 premiers mois de 2017 m’ont appris que mes limites n’étaient plus les mêmes qu’avant. Quand on a fait un burn-out, il est une réalité immuable : nos limites sont différentes. Le seuil de tolérance (à la pression, à la charge de travail, à l’enchainement des missions…) est plus bas : notre résistance au stress est amoindrie. Et puis c’est tout !

Les 6 premiers mois de 2017 ne ressemblaient en rien à ma vie d’avant pourtant ! Avec Mikado & Co, j’en faisais bien plus ! Et bien justement… ÇA, C’ÉTAIT AVANT ! Ce premier semestre m’apprend à travailler différemment. Beaucoup de personnes qui ont fait un burn-out parlent de la difficulté d’accepter ce nouvel état de fait : la fatigue qui arrive plus vite, les manifestations du stress qui sont plus imminentes… La difficulté d’accepter. Accepter qu’on est différent. ET c’est plutôt une bonne nouvelle si on y réfléchit logiquement ! C’est notre manière de fonctionner d’avant qui nous a amené(e)s au burn-out. ET si, comme moi, on est un peu dur du neurone (et de la feuille !), notre corps se charge vite de nous rappeler cet état de causalité.

Alors, j’ai pris de nouvelles habitudes. Je me suis adaptée. J’ai effectué des ajustements créateurs en Gestaltiste que je suis !  Je me concentre donc sur l’essentiel : QUAND. Je ne mets jamais plusieurs missions importantes dans une même semaine (dans la mesure du possible de mes clients). Je garde une journée par semaine pour travailler sur la table de ma cuisine. Je dispose de mon emploi du temps pour me donner le plus de confort et de plaisir possible. Revenons sur « dans la mesure du possible de mes clients » : parfois, si c’est un allégement du calendrier est impossible pour mon client, je vais proposer une alternative (un programme un peu différent qui économise mon temps et mon énergie). Et si je décide (et non : « je dois » !) honorer plusieurs missions importantes dans un délai rapproché,  je prévois un jour OFF ensuite pour me récompenser et récupérer.

Pour la G.I. que j’étais dans une vie antérieure, ça pique un peu… mais c’est comme ça. Et ça, c’est à accepter (ÇA, c’est la nouvelle situation ! Pas le clown qui fait grave flipper ! Ok… je sors…).

 

APPRENTISSAGE  5 : JE DÉPLOIE MES ANTENNES 

Vaderetro, les personnes toxiques ! Parce dans le secteur du développement personnel et de l’accompagnement (coaching et formation), ça existe ! Moi, naïvement, je pensais que les professionnels de cette profession incarnaient les valeurs qu’ils prônaient dans l’exercice de leurs fonctions : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… QUE NENI !!!!! Au début, j’étais très étonnée de ce constat… Puis, je me suis dit que les relations hiérarchiques pervertissaient peut-être la qualité relationnelle et reproduisaient une maltraitance que ces professionnels avaient appris ou subi dans leur vie d’avant (la plupart des consultants, coachs et autres mentors viennent souvent du monde du salariat).

J’ai rencontré Patriiiiiiiick ! Un homme extra-ordinaire pour qui j’ai travaillé ! Un professionnel remarquable, d’une grande intelligence et d’une pertinence pétillante. Et surtout un homme qui incarnait pleinement les fameuses valeurs de ce métier : l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect… Whaaaaa….. Ça existe ! Et bien autour de moi, je ne veux que des personnes « bien cablées ». Dans mon entourage professionnel, je veille à avoir des personnes qui sont BONNES pour moi. Des relations qui sont BONNES pour moi.

J’ai développé mes antennes : je SAIS tout de suite si la relation sera nourrissante et bienfaisante pour moi. Je sais. Pas « je sens ». C’est une espèce de connaissance immédiate et holistique de la situation. Aurais-je développé mon Innsaei, ce concept islandais qui décrit notre monde intérieur d’où naissent entre autres l’empathie et l’intuition ? Tu veux en savoir plus Happy Brainy ? Je t’invite à regarder ce documentaire dans lequel d’éminents penseurs et spiritualistes débattent du concept islandais de l' »innsæi »: ICI.

 

Note pour plus tard 
C’est tout le paradoxe de l’importance accordée à ces valeurs finalement :
quand on recherche l’écoute, l’ouverture d’esprit, le jugement suspendu, la bienveillance, le respect…
on en devient exigeant, élitiste et parfois intolérant… 

 

APPRENTISSAGE 6 : C’EST MOI QUI CHOISIS 

Je me concentre donc sur l’essentiel : QUI.  Je choisis avec une extrême attention les personnes avec qui je travaille et pour qui je travaille. Je choisis mes partenaires et mes clients. Alors… oui… je lis dans ta tête, Happy Brainy, ça fait du tri ! Et une fois de plus, tu as raison ! Ça fait moins d’associations et moins de clients et moins de missions.

Ma réponse en 2 bandes :

1- Je crois en la physique depuis ma terminale C (LA terminale scientifique du siècle dernier !) : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Travailler pour/avec des personnes toxiques (ou des personnes avec qui la relation est toxique) est un inconfort et une tension qui amènent peu à peu à un climat délétère et propice à un burn-out. Je t’entends, Happy Brainy ! « Propice au burn-out »… et non « un climat entrainant forcément un burn-out ». Et tu auras raison (encore une fois), Happy Brainy ! Des relations délétères sont un facteur potentiel du burn-out. Sans aller jusqu’au burn-out, ce genre de relations n’est pas le terreau du bien-être et du plaisir. Et moi, je veux du kif !!!!!

Je me fous de collaborer avec celui ou celle qui pourra m’apporter de la notoriété, je me fous de travailler pour un client qui m’ouvrira des portes. Si c’est le cas, c’est un cadeau-bonus. Je ne le ferai pas à tout prix. Et surtout pas au prix du plaisir et du confort que je recherche dans mon travail.

2- Moins de clients, d’associations et moins de missions = moins d’argent ! Je gagne moins mais je gagne en qualité de vie. Tu sais quoi, Happy Brainy ? Quand tu vis pendant un an sur ton PEL, tu revois tes priorités ! Et finalement, je me suis concentrée sur l’essentiel. Pas l’essentiel vital parce que j’ai la chance d’avoir de quoi me loger et me nourrir. L’essentiel heureux : ce qui est important pour moi. Et encore une fois, de cette manière, je mets le bonheur au centre de ma vie professionnelle.

Le plaisir est au centre de mon activité : il est toujours présent. Même quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera/pourra être source de plaisir.  Cette année, j’ai crée une conférence-spectacle avec un comédien : ce projet me fait vibrer ! C’est LE projet qui est au coeur de cette année. Parce que c’est celui qui me procure le plus de plaisir, de bien-être et de bonheur : dans sa création et dans son animation.

 

APPRENTISSAGE 7 : J’ÉQUILIBRE PERSO-PRO

Je suis plus attentive à respecter les temps « persos » : les week-ends et les soirées. Je n’ai aucun mal à ne pas travailler en vacances et en mini-breaks (des week-ends en dehors de Paris). Ma difficulté : les week-ends et les soirées au cours desquels il ne se passe rien d’extra-ordinaire ! D’où ma grande vigilance ! Il peut m’arriver de travailler le week-end pour 2 raisons : soit parce que je suis partie en mini-break la semaine précédente (et je rattrape ce qui était un week-end anticipé), soit parce que j’ai envie de passer 3 heures sur un projet qui m’éclate (et pas parce qu’il faut ou parce que je veux m’avancer). Un projet qui m’éclate comme m’éclaterait de faire des pompons (oui, c’est mon truc !). 2 conditions : seulement pour 3 heures et lors de week-ends super cocooning (où j’ai une super dose des 3R : se Reposer-se Ressourcer-se Réjouir).

Je suis attentive à garder des plages de repos et lutte avec ce fuc%*ng sentiment de culpabilité quand je finis par faire une sieste après avoir piqué du museau pendant 30 minutes sur mon ordi. C’est ça aussi, les nouvelles limites ! La nouveauté vient avec l’aménagement des plages de repos : aujourd’hui, je suis fatiguée. Et si je veux profiter pleinement du kif absolu qu’est pour moi l’animation d’une conférence, je dois être en forme donc re-po-sée. C’est l’entrainement que je dois suivre : me reposer avant ! Pour l’ancienne G.I. (dans une vie antérieure !) que je suis, ça pique un peu. Mais c’est comme ça. C’est une réalité que je dois accepter et avec laquelle je dois composer. Pour mon bien-être et…  ma performance ! Parce qu’animer une conférence en étant fatiguée, c’est cramer beaucoup de ressources pour un plaisir très moyen et une performance diminuée.

Enfin, je me récompense : à chaque mission qui m’a coûté un peu plus que les autres (en temps, en énergie…), je me récompense. Par un café en terrasse avec un magazine, par mon déjeuner préféré, par un verre partagé avec un ami, par une promenade avec mon amoureux. Je me récompense et me félicite. Quand une mission ne me fait pas kiffer, je trouve quelque chose en elle qui sera source de plaisir : ne serait-ce que par cette récompense que je m’accorde.

 

Ces 7 clés sont précieuses pour moi. J’en ajuste les applications à intervalles réguliers : je modifie mon comportement, je change mes habitudes, je m’adapte. Ces 7 apprentissages sont le gardien de la bonne santé : la mienne et celle de mon entreprise. Lors de mon témoignage pour  Oser Rêver Sa Carrière en février 2018, une toute petite phrase en apparence sans importance a été prononcée par une des participante : Cécile Tardy. Si toi aussi Happy Brainy, tu culpabilises parfois en travaillant moins, en faisant une sieste, en allant au yoga, en déjeuner looooooonguement avec un ami, en allant te faire masser, en décalant une mission…. garde la phrase de Cécile en tête : « Je suis mon outil de travail et mon unique ressource ». PRENDRE SOIN DE SOI, C’EST PRENDRE SOIN DE SA BOÎTE.

 

À LIRE :
PARTIE 1 : LES 7 FACTEURS
PARTIE 2 : LES 7 CONSÉQUENCES