Quand la motivation parle de récompense, de boîte de chocolats et de Forrest Gump : 3 règles à savoir pour se mettre en mouvement et mener ENFIN à bien ce projet qui nous tient tant à coeur : apprendre l’espagnol, se mettre aux abdos ou reprendre le piano. 3 règles qui sont au coeur du processus d’apprentissage. 3 règles pour mettre aussi les autres en mouvement : étudiant, pair, collaborateur et même son boss !

 

⭐⭐ RÈGLE N°1 ⭐⭐

Je ne vous apprends rien : le circuit de la récompense est impliqué dans la motivation et dans l’apprentissage. On pourrait dire que « la motivation est le processus qui transforme les récompenses anticipées en action ».

Nous, les humains, avons tendance à rechercher les sensations agréables (une carotte pour faire court) et à fuir ce qui est désagréable (le bâton). C’est grâce à ce système ô combien ingénieux que nous sommes encore en vie après 200 000 ans d’existence (respirez par le museau… je parle d’Homo Sapiens pour les puristes)

Petit rappel des principes de la motivation humaine :
– nous recherchons les récompenses externes (un diplôme) et fuyons les bâtons (une punition) : on parle de motivation extrinsèque
– mais nous, les humains, nous sommes bien plus sophistiqués que ça ! Nous créons nos propres récompenses internes : c’est le plaisir pur de l’accomplissement de la tâche et l’intérêt que chacun y trouve. L’action est alors conduite par cette seule mécanique interne : on parle de motivation intrinsèque
– il est question de circuit de la récompense : un circuit de neurones dont l’activité est au coeur des mécanismes de motivation.  Il est question de plusieurs structures cérébrales qui communiquent entre elles et sont reliées au centre de la mémoire (l’hippocampe) et au centre des émotions (l’amygdale)… Haa…. mais c’est bien sûr ! Mémoire…. Émotion… On est en plein dans les composants du processus d’apprentissage !
– il existe une autre forme de motivation (la motivation auto-déterminée)… mais on en parle un plus tard… Patience…

La récompense reçue au cours de l’apprentissage active les régions du cerveau qui libèrent de la dopamine. Et comme la nature humaine est plutôt bien faite (enfin… pour ce qui est de la motivation…), le circuit de la récompense agit à deux niveaux :
– on a tendance à reproduire une action qui a provoqué la récompense (oui, oui, c’est bien la base des comportements addictifs)
– on accorde une grande valeur à cette action (forcément, c’est CETTE action qui nous a permis d’accéder à une récompense).

 

⭐⭐ RÈGLE N°2 ⭐⭐

Quand je mange du chocolat ET quand je pense que je vais manger du chocolat : C’EST PAREIL POUR NOTRE CERVEAU ! Des travaux scientifiques montrent en effet que les récompenses reçues et imaginées engagent les mêmes circuits neuronaux. S’attendre à un plaisir procure ce plaisir.

Dans les 2 cas (récompense imaginée et récompense reçue), le système de la récompense s’active et libère de la dopamine.

Alors… vous allez me dire : « Tu es bien mignonne mais… m’accorder une récompense si j’achève une mini-mission : imaginer cette récompense avant de commencer à travailler ET profiter de cette récompense, ça revient au même ?? Ça va marcher une ou deux fois puis je vais bien comprendre l’arnaque neuronale ! »

Moi, j’aime bien quand vous me posez ce genre de questions ! Ma réponse est la suivante : la règle N°1 contient un élément de réponse, selon moi. Notre cerveau a tendance à reproduire une action qui a provoqué la récompense. Disons que nous créons un cercle vertueux basé sur le circuit de la récompense. Et c’est sans compter sur un genre de motivation qui ne semblerait pas être étayée sur le circuit de la récompense : la motivation auto-déterminée. Cette motivation a la réputation d’être la plus puissante ! Elle nous pousse à l’action pour être autonomes, pour nous sentir efficaces et utiles et pour faire partie d’un groupe. 3 besoins psychologiques fondamentaux pour nous, les êtres humains : autonomie, compétence et appartenance sociale. Encore fait-il que tout ça ait du SENS pour notre cerveau (qui, rappelons-le, est une machine à donner du sens ! Tiens.. ça me donne une idée d’article !).

Quand je vous dis que c’est bien foutu ! Nous donner l’impulsion qui va nous mettre en mouvement et nous faire passer à l’action est LA PRÉOCCUPATION essentielle de notre cerveau. Toujours… pour cette histoire de survie de l’espèce !

 

⭐⭐ RÈGLE N°3 ⭐⭐

Maman disait toujours : « La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Et Forrest Gump n’avait certainement pas conscience qu’il était en train de dévoiler une étude suisse faite par Wilgram Schultz… Peut-être que les blockbusters américains bénéficient de budgets colossaux  parce que leur objectif est l’éducation scientifique et la transcription vulgarisée d’études en tout genre… non ?!

Partons chez « Dopamine Labs », une fabrique d’applications les plus addictives possible, créée par Dr Thomas Dalton Combs. Ce docteur en neuro-économie détient tous les secrets pour accrocher nos regards et capter notre attention.  Mais le Dr Combs est un « addictologiste » repenti : il met ses connaissances pour rendre accro n’importe quel être humain, au service d’applications qui sont bonnes pour nous. Pas de jeux, de e-shop, de plateforme de partage de photos ou de vidéos et pas de réseau social. Mais des applications « d’utilité publique » comme un planificateur de tâches à faire. Imaginez la fameuse ToDoList en mode application pour l’avoir sous la main en un clic (ou reconnaissance de l’empreinte de la patte avant ou de la frimousse). Utilité publique ?? Oui, si on considère que ce genre d’application nous permet enfin de passer à l’action et de lutter contre la procrastination. Notamment pour mener à bien un projet « feelgood » : reprendre une activité physique, faire du sport, diminuer l’utilisation des réseaux sociaux voire arrêter totalement son utilisation.

Quand une tâche est faite, l’utilisateur supprime la ligne correspondant à cette tâche. L’application le récompense de cette action par une image ou un gif animé : WELL DONE, BABY!!!! L’application intègre ainsi le principe de la récompense. Et il s’appuie également sur le cercle vertueux de l’anticipation : connaissant ce système de récompense et imaginant que je vais être gratifié(e) de cette médaille digitale, je suis plus motivé(e) à remplir ma mission (exécuter les tâches que j’ai définies).

L’application dont nous parle le Dr Combs est encore plus subtile et puissante… « La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Et c’est parce qu’on ne sait pas sur quoi on va tomber que le plaisir de la récompense est plus intense !!!! L’application récompense « aléatoirement » : pas de corrélation logique entre un « BON POINT » sous forme d’image ou de gif ET la nature de la tâche réalisée, sa durée, sa difficulté ou le nombre de tâches successives réalisées. ALÉATOIRE !

En cas de SURPRISE et à récompenses égales, le plaisir est plus intense : les neurones dopaminergiques envoient une bouffée de signaux électriques plus importante.

 

⭐⭐ ET MAINTENANT ?? ⭐⭐

Chers Happy Brainies, vous en savez un peu plus sur le principe de la motivation, de la récompense et des boîtes de chocolats. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est notre cerveau (et des neuro-scientifiques qui connaissent la bête!). Moi, ça me fait penser à plein de manières concrètes d’exploiter ce mode de fonctionnement et d’imaginer des stratégies motivationnelles. ET VOUS ? Qu’avez-vous imaginé comme applications pratico-pratiques dans la vraie-vie ? 

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  • Sandra dit :

    J’adore ! Et si mon téléphone m’affichait un chocolat souriant quand je coche un item de ma to do list, pour cumuler la feelgooditude ?
    J’aime beaucoup la règle de l’intention, je remarquais justement avant-hier que m’autoriser à prendre un chocolat avait déjà un effet soulageant, quand bien même il n’y a pas de chocolat dans les placards… Il est très crédule, ce cerveau 🙂 !

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