Cet article est une traduction libre d’un post
écrit
 par Andy Puddicombe sur le blog de HeadSpace.
Avec leur aimable autorisation.

C’est donc lui qui s’exprime dans le « JE » de cet article.

 

Ça me surprend toujours que “méditer “ et “penser” soient souvent employés de manière interchangeable, alors qu’en fait ils désignent deux choses totalement différentes. Il y a plusieurs façons d’aborder la question mais celle qui résonne le plus, je trouve, est l’approche Zen Japonaise du “Grand Esprit, Petit Esprit”.

Le “Petit Esprit” désigne l’esprit pensant – notre esprit intellectuel, l’aspect de notre esprit qui nous est peut-être le plus familier. C’est l’aspect de notre esprit que nous utilisons tout au long de la journée pour vivre notre vie, penser les situations, les décisions, les projets ; c’est un aspect essentiel, nécessaire, et souvent très utile. De la même manière, comme vous l’avez pu le remarquer, c’est un aspect potentiellement problématique : occupé, distrait, épuisant et même parfois excessif.

Le “Grand Esprit”, d’un autre côté, fait référence à la qualité de conscience – l’aspect de notre esprit qui nous permet d’être conscients de nos pensées au moment où elles arrivent. Vous avez peut-être remarqué que, alors que nous méditons, nous avons la capacité de voir nos pensées, non seulement quand nous nous les repassons, mais également au moment même où elles apparaissent. C’est la conscience – c’est le “Grand Esprit” – qui crée vraiment de l’espace, nous donnant l’impression d’être plus tranquilles.

Par nature, cet aspect de notre conscience est dépourvue d’opinion, de croyance ou de jugement ; il est simplement le témoin de l’esprit tel qu’il est dans l’instant, qu’il y ait plein de pensées, peu de pensées ou pas de pensées du tout. Et parce qu’il observe plutôt que de prendre part, il nous donne l’impression d’avoir fait un pas en arrière et d’avoir pris de la distance, changeant notre perception de l’esprit.

Retournons à notre propos principal : quand nous méditons, nous ne sommes pas engagés dans un processus de pensée. Cela ne veut pas dire que notre esprit est vide – les pensées apparaitront toujours – mais nous ne cherchons pas à nous engager dans nos pensées. Nous entraînons notre esprit à ne plus courir après chaque pensée que nous aimons, et à ne pas résister à chaque pensée que nous n’aimons pas. Au lieu de ça, nous apprenons à nous familiariser avec une qualité de conscience.

Bien-sûr, même pendant la méditation, l’esprit va parfois vagabonder et être distrait, mais aussi longtemps que nous restons assis avec l’intention d’être simplement le témoin de notre esprit tel qu’il est – en identifiant quand l’esprit a dérivé, en laissant partir cette pensée et en focalisant à nouveau notre attention sur le point de concentration initial – alors nous pouvons appeler ça “méditer”, et non “penser”.

Peut-être que le moyen le plus facile de répondre à cette question se trouve dans l’expérience directe. Comment vous sentez-vous après une journée entière consacrée au “Petit Esprit”, passée en mode “penser” ? Ou comment vous sentez-vous en se réveillant le matin, quand notre esprit pensant a été actif toute la nuit ? A l’inverse, comment vous sentez-vous quand vous ouvrez les yeux après une méditation ? Comment vous sentez-vous quand vous lâchez vos pensées et vous perdez dans la nature ? On ne saurait comparer ce que l’on ressent quand on pense et ce que l’on ressent quand on médite.

Pour rappel et pour être très clair, ce n’est que penser est mal, ou que le “Petit Esprit” a moins de valeur. C’est simplement que lorsque l’esprit n’est pas entraîné, nous avons tendance à nous perdre dans le “Petit Esprit” et oublier que le “Grand Esprit” est là, tout le temps avec nous. Et alors nous sommes perdus dans les pensées, confus, distraits ou submergés. Mais en pratiquant la méditation – en entraînant le “Grand Esprit” – nous nous reconnectons à une qualité de conscience, à un sentiment d’espace et de clarté et à une autre manière de voir les choses qui change fondamentalement notre expérience de la vie.

 

Andy Puddicombe est un spécialiste de la méditation et de la pleine conscience. Présentateur et écrivain accompli, il est la voix de tout HeadSpace. Quand il avait une vingtaine d’années, à mi-chemin de l’obtention d’un diplôme universitaire en Sciences du Sport, Andy prit la décision inattendue de partir en Himalaya et d’étudier la méditation. Ce fut le début d’un voyage de 10 ans qui l’amena partout dans le monde et dont le point culminant fit son ordination comme moine bouddhiste tibétain dans le nord de l’Inde. Son retour à une vie laïque ne fut pas moins extraordinaire. Après une courte formation au Moscow State Circus, il rentra à Londres où il décrocha son diplôme en Arts du Cirque auprès du Conservatoire de Danse et de Théâtre tout en dessinant les premiers plans de ce qui deviendrait plus tard HeadSpace.

 

Credit Photo : HeadSpace
Want to read the post in English? Let’s do it! What is the difference between thinking and meditating?

 

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