Le flou est anxiogène. Pourquoi ?  Parce qu’il laisse la place à l’interprétation. Et notre cerveau, en matière d’interprétation, voit les situations au travers d’un prisme unique : celui qui tend à la survie de l’espèce humaine ! Il se met donc en mode  » PEUR ». Et le mode « PEUR », quand il n’est pas nécessaire, nous use et oxyde notre pile intérieure. Et une pile qui s’use, c’est mauvais (voire très mauvais) pour la santé.

Et pour les relations aussi ! Mais ça….. c’est une autre histoire !

Si vous voulez en savoir plus sur ce phénomène de pile qui s’oxyde pour nous mener au burn-out, je vous invite à regarder cette vidéo ludique et explicative : « NON ! Le burn-out n’est pas une pile qui se vide« .

 

REGARDEZ BIEN CETTE IMAGE…

QU’EST-CE QUE VOUS VOYEZ ?

 

 

Si la visibilité n’est pas bonne, si vous avez peu de temps pour distinguer les détails et si le contexte vous pousse à la méfiance (vous venez de croiser un iguane mutant aux yeux injectés de sang), votre cerveau se mettra automatiquement en mode « DANGER ». En mode « PEUR » !!!!

Parce que ces racines entremêlées pourraient bien être… UN SERPENT et des racines entremêlées ! Cette analyse express est guidée par un impératif  : en cas de doute, le cerveau va TOUJOURS privilégier la solution la plus alarmante, la plus dangereuse et la plus stressante !

Stressante parce que le stress provoqué par une situation telle que l’apparition d’un serpent dans notre champ de vision NOUS SAUVE LA VIE ! Rappelons s’il est besoin de le faire : le stress n’est pas une maladie mais une réaction d’adaptation à notre environnement. Le stress va donc nous pousser à prendre nos pattes-arrière à notre cou ou à assommer ce serpent avec notre sac à mains. En l’espèce, ces deux réactions sont les plus adaptées et permettront de nous sauver la vie : fuir ou attaquer (si on est sûr de soi et de son sac à mains !). Notons que, en l’espèce, rester figé pour passer inaperçu n’est pas une réponse adaptée face à un serpent en bonne santé, mobile et doté de tous ses sens !

Le stress, dans cette situation, est une réaction physiologique et psychologique adaptée et souhaitable. Ce qui l’est moins aujourd’hui, c’est lorsque cette réaction est provoquée par l’échéance imminente d’un dossier à rendre, les pas militaires de son boss dans le couloir ou la soutenance d’une thèse devant un parterre d’érudits. C’est À CE MOMENT-LÀ QUE LE STRESS DEVIENT DÉLÉTÈRE : notre cerveau ne fait pas la différence entre un serpent venimeux et Jean Macheprot, notre N+2.

Le stress est néfaste pour notre santé et notre état psychologique quand :
– il est inutile: il n’y a pas de bête féroce qui pourrait nous surprendre au détour du rayon frais du Monoprix et pourtant… notre poitrine est serrée et notre souffle court en pensant au prochain comité de pilotage ou à l’entretien avec le directeur.
– il est répété : un dossier à rendre en urgence, ça passe. Ça devient une source de stress chronique quand les échéances et les urgences s’enchaînent, quand la pression est constante

 

Répété… je comprends ! Une situation qui met sous pression et qui se répète tous les jours en mode “Le jour de la marmotte” ! Mais.. inutile ??!! Dis donc, tu exagères un peu, Boîte Crânienne ! Parce que le projet se passe très mal et que le comité de pilotage pourrait bien être un carnage ! Parce qu’être convoqué par son directeur donne de bonnes raisons de se poser des questions !

♦ C’est vrai. Je précise ma pensée : INUTILE à ce moment donné ! Quand tu fais tes courses au Monop, que tu es dans ton rayon préféré, que tu trouves tes yaourts favoris en promo et que le chef de rayon te fait un grand sourire…. À CE MOMENT-LÀ : RIEN DANS L’ENVIRONNEMENT N’EST UN FACTEUR DE STRESS ! On est stressé parce qu’on pense déjà à l’entretien futur, au comité de pilotage à venir. C’est le syndrôme du dimanche soir : quand tu es déjà lundi matin et que ton petit coeur se serre. Pourtant, en ce dimanche soir où tu es devant ta série préférée avec ton compagnon ou ta compagne, ton chat ou ton poisson rouge, une glace ou un pilon de poulet : tu passes une soirée sympa. Et rien dans l’environnement n’est un facteur de stress. Ici et maintenant. Pourtant, ton petit coeur se serre, comme ta gorge et ta poitrine. Aïe ! Et ça, c’est parce que notre cerveau souffre très souvent de jetlag !

♦ Rhooooo…. Je l’ai lu ce post ! Un cerveau stressé souffre de jetlag ! Ok… je comprends le point de vue : un stress est inutile parce non adapté à la situation.

♦ Et inutile ne veut pas dire idiot ou inexistant ! On voudrait bien respirer par le museau dans les rayons du Monop mais on n’y arrive pas forcément ! Rien d’idiot là dedans. C’est là et ça existe. On doit accepter ce qui se passe pour nous pour pouvoir agir et en faire autre chose.

♦ Je comprends… C’est accepter ce qui est présent ! Et en parlant de moment présent, c’est d’ailleurs le meilleur moyen pour ne pas être inutilement stressé, non ? C’est être ancré dans le moment présent pour ne pas penser l’entretien futur ou au comité de pilotage à venir.

♦ Wahooo ! C’est exactement ça ! Toi… tu as lu « Le meilleur remède anti-jetlag »  !

 

Reprenons… L’analyse express est guidée par un impératif  : en cas de doute, le cerveau va TOUJOURS privilégier la solution la plus alarmante, la plus dangereuse et la plus stressante ! Stressante parce que le stress provoqué par une situation telle que l’apparition d’un serpent dans notre champ de vision NOUS SAUVE LA VIE !

 

 

Vous savez quoi ?

Vous le saviez déjà tout ça… vous saviez qu’en cas de flou, le cerveau se met en mode « DANGER » et active tous les systèmes d’alarme en mode « PEUR ».  Mais si vous le saviez ! Comment ?

Parce que vous connaissez tous (ou presque !) ce dessin du Petit Prince. Saint Exupéry, prétextant démontrer que nous avons perdu notre âme d’enfant, nous montre comment le cerveau fonctionne. Cet expert en neurosciences qui s’ignorait nous raconte, avec cette histoire d’éléphant avalé par un boa, que notre cerveau privilégie TOUJOURS la solution la plus alarmante, la plus dangereuse et la plus stressante !

 

 

Quand nous sommes dans le flou, le confus, le nébuleux… nous entrons en zone rouge ! Et C’EST NORMAL !

Rappellez-vous : c’est notre système “SURVIE” qui nous fait imaginer le pire pour nous préparer à réagir et à survivre.

Héritage de cette période “mammouth affamé-tigre sabre-dinosaure enragé” (oui, je sais… ces animaux n’ont pas co-existé et n’ont tous été des prédateurs de l’espèce humaine… je sais.. mais j’aime bien imaginer la scène… hihihihi !)…. Donc… Héritage de cette période “mammouth affamé-tigre sabre-dinosaure enragé”, une situation floue est une situation anxiogène.

Vous connaissez même une application pratique anti-stress qui s’appuie sur l’effet anxiogène de l’incertitude. Si, si !

Vous avez remarqué que les arrêts de bus indiquent depuis quelques années l’heure d’arrivée du prochain bus ? Que ces indicateurs sont aussi présents sur les quais de métro ?

Même lorsque le signal indique 15 ou 20 minutes (ce qui est un délai plutôt long !), le constat a été fait que les réactions de stress (énervement, colère, tension entre les personnes..) étaient moindres par rapport à une absence d’informations (et un bus qui arrivait dans les 10 minutes par exemple).

Pourquoi ? Parce que l’information est tangible : 20 minutes. Et la réaction éventuelle de colère ou d’énervement s’appuie sur une donnée concrête : un délai important. Elle est proportionnelle à cette information. Elle est plus contrôlable et plus raisonnée qu’une réaction de stress provoquée par une absence d’informations, un délai indéterminé et des ténèbres temporelles anxiogènes.

De la même manière et pour cette même raison, les annonces de la SNCF tendent à être systématiques et quasi-immédiates après un arrêt brusque du trafic. Vous aviez remarqué ? Lorsqu’un TGV s’immobilise, un agent prend presqu’immédiatement la parole pour informer les passagers de… l’arrêt du trafic ! Parfois, ce n’est rien de plus qu’un constat de ce que chaque passager peut faire lui-meme. Ni plus, ni moins. Mais cette annonce a le mérite de donner du sens à ce qui se passe et de ne pas laisser les passagers dans le flou. Avez-vous remarqué qu’un délai nous est presque toujours donné (“notre TGV repartira dans 10 minutes”? Pour être parfois reconduit (Et 10 minutes plus tard : “notre TGV repartira dans 10 minutes”).

Le seul et unique objectif : ne pas laisser les passagers dans le flou et en proie à un stress qui s’en nourrit. Et qui grandit aussi vite que le flou grossit.

Les conducteurs de métro parisien sont particulièrement attentifs à cette dimension anxiogène : à peine le métro s’est-il immobilisé entre deux stations ou est-il arrêté à un quai, que le conducteur prend immédiatement la parole pour expliquer ce qui se passe et pour donner un délai.

Pour chaque Parisien, le malaise voyageur et la régulation du traffic n’ont plus de secret ! Régulièrement, le conducteur prend la parole pour donner de la matière à cet espace-temps créateur de tous les possibles (et surtout les plus noirs !).

Alors les Happy Brainies… quand on vous laisse dans le flou, allez chercher des informations, des précisions et des données : autant de pépites magiques qui transforment un monstre sans forme ni visage en une réalité palpable et réelle. Une réalité tangible qui permet de savoir. Savoir si vous pouvez agir sur elle ou pas (et utiliser alors des techniques de gestion de stress adaptées à cette situation !)

 

LA SEMAINE PROCHAINE : « Le flou est un poison pour les relations humaines »

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