Stop au travail ! TRAVAIL : rien que le mot me donne déjà envie de faire autre chose. En 2017, je propose d’arrêter de travailler. Et d’inventer un nouveau mot pour réviser ses cours, rédiger une thèse, travailler sur un dossier ou rédiger une présentation. Un mot qui rime avec « plaisir ».

 

« Il faut que je mette au travail », « J’ai du boulot à faire », « Allez,  je vais bosser »… Ça pique un peu, non ? Pourquoi le mot « travail » me tend immédiatement ?

Peut-être parce que qu’étymologiquement, « travail » veut dire : « appareil formé de trois pieux, utilisé pour ferrer ou soigner les animaux ou comme instrument de torture pour punir les esclaves ».
Aïe… je comprends mieux pourquoi ça pique un peu tout de même ! « Tripalium »… Un mot dont les sonorités évoquent très facilement la torture et la souffrance.
Le travail désigne l’effort physique ou intellectuel qui doit être accompli pour faire quelque chose ou obtenir un résultat recherché. Effort… encore une notion judéo-chrétienne qui nous incite à trimer, à suer à grosses gouttes, à besogner et à peiner pour avoir « la satisfaction du travail accompli ». Ainsi, le travail se définit comme étant toute activité dont le produit a été obtenu par un effort ou sous la contrainte. STOP !

Pourquoi STOP ?! Parce que notre cerveau aime les émotions positives, la dopamine, le plaisir… le kiff, quoi ! « Un certain niveau d’émotions négatives perturbe, voire empêche, l’apprentissage » (OCDE, « Comprendre le cerveau, naissance d’une science de l’apprentissage », 2007). « Contrairement aux émotions désagréables dont l’effet est de réduire le champ d’action en focalisant l’individu sur la source de ses émotions, les émotions agréables semblent au contraire avoir un effet d’élargissement de la pensée et du comportement. Leur influence apparaît favorable, tant ur le bien-être que sur la performance » (« Neuro Learning, Les neurosciences au service de la formation », Dr Nadia Medjad, Philippe Gil et Philippe Lacroix, Eyrolles).

Pensons plaisir !!!! Et penser plaisir a un effet inattendu sur la procrastination : si vous avez suivi les articles sur le sujet (ICIICI, ICI , ICI et ICI !), vous aurez compris l’importance des émotions négatives dans le fait de procrastiner, émotions négatives engendrées par une tâche à réaliser (ou par la seule pensée de la réalisation de cette tâche).  

Rappel de la dimension anxiogène  : quand on procrastine et qu’on se réfugie dans une activité plaisante plutôt que de travailler sur notre mémoire ou un cours à réviser, cela signifie que la rédaction du mémoire ou le cours à réviser est un facteur de stress pour nous. Pour 2 raisons possibles : soit l’activité nous stresse (on n’aime pas écrire, on se dit qu’on est nul en maths…), soit l’enjeu est important (le mémoire va conditionner le passage dans la classe supérieure, le prochain partiel est décisif dans la note globale). Pour en savoir plus, lisez : « La procrastination est une drogue »

Dans les deux cas, la tâche devient un facteur de stress qui provoque une sensation physique désagréable. Ou plutôt la seule pensée de cette tâche engendre le mal-être psychologique et physiologique afférent au stress. Notre cerveau a alors tendance à vouloir « évacuer » cette source de stress et l’inconfort ressenti en se concentrant sur une activité plaisante et agréable : surfer sur le net, faire une petite partie, trier sa boîte mails, consulter son mur Facebook…. cette autre activité va immédiatement faire « taire » le ressenti désagréable et nous nourrir de sensations de plaisir et de satisfaction.

Certes, l’effet positif est de courte durée et le plaisir ressenti est à court terme. Mais… notre cerveau est ainsi fait…

Alors ne donnons pas à notre cerveau de raison de procrastiner  ! Trouvons ou créons du plaisir dans chaque tâche à réaliser ! 

3 SOLUTIONS :

  • « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie« , dixit Confucius. Il est vrai que c’est l’idéal vers lequel nous tendons quand nous changeons de travail ou montons notre propre projet. Il est des personnes autour de moi pour qui cette citation est une réalité : ils vivent leur rêve professionnel dans l’entreprise qu’il ont créée. Et les tâches qui sont moins plaisantes, voire rébarbatives, deviennent si acceptables qu’elles se font oublier. Si vous n’êtes pas dans cette situation, je pense qu’il est important de conserver cette citation à l’esprit. Comme un guide vers de nouveaux projets, vers un nouveau poste, vers une nouvelle mission. C’est une citation que j’aime rappeler aux étudiants en recherche de la filière qu’ils vont suivre : il est essentiel de s’orienter vers une formation qui soit source de motivation et qui donne envie. Comment passer des heures à étudier dans d’autres circonstances ? Possible, me diriez-vous… Peut-être même parce que vous-même l’avez expérimenté. Certes… mais à quel prix ?! Une ré-orientation tardive et une nouvelle vie professionnelle décidée dans le meilleur des cas. Un B-O dans les pires…

Heu… Boîte Crânienne… Un B-O, c’est quoi ?
♥ C’est une trilogie de B-O en fait : Burn-Out (syndrome d’épuisement professionnel), Bore-Out (syndrome lié à l’ennui et au manque de travail) ou Brown-Out (syndrome lié à la perte de sens au travail)Et en parlant de trilogie et si ce sujet t’intéresse, va faire un tour du côté de EfferveScience où Sandra Boré infuse une mine d’informations pour les diffuser sur ce site.

 

  • Trouvez un aspect plaisant de la tâche à réaliser ou inventez-le !!!! Quel que soit votre métier ou quelles que soient les études que vous fassiez, il est toujours une tâche que vous n’aimez pas ou que vous aimez moins que les autres : une partie de votre job, une matière à étudier…. Trouvons du plaisir dans cette tâche : trouvons quelque chose qui nous plait et qui nous donne envie. Un exemple ? Ne serait-ce que la mise en page d’un document : centrons-nous sur le plaisir d’agencer les mots, de donner une identité graphique à  l’ensemble, de choisir des icônes ou des photos pour l’illustrer… Faisons-nous plaisir dans la réalisation de cette tâche. Demandons-nous avant de commencer : qu’est-ce qui me plait le plus ?

Quoi ?! Mais Boîte Crânienne, il n’y a absolument RIEN qui me plaise dans la rédaction de ce mémoire ou dans la préparation du support de la prochaine réunion. R-I-E-N !
♥ OK ! Opération Rescue et utilisation de l’outil secret de tout bon coach ou psy qui se respecte… le conditionnel ! Vous n’y croyez pas ? Essayez… « S’il devait exister une partie de cette tâche synonyme de plaisir, ce serait quoi ? »
♥ Oh my godness… ça marche !

En cas de situation désespérée, j’utilise une solution Brain Hacking dont je vous avais déjà parlé comme solution anti-procrastination : « Changez de décor pour arrêter de procrastiner« . Pour mes pairs entrepreneurs, la comptabilité est une vraie plaie ! Parlez-leur de tâches administratives, de tableaux Excel à remplir ou de factures à rassembler et… c’est le drame !!! C’est tout ce qu’ils détestent. Leur argument est pertinent : ce n’est pas leur coeur de métier et ils n’ont aucune plus-value à exécuter ce genre de missions. Vrai ! Seulement voilà… Quand je serai grande, j’aurai un assistant pour s’occuper de tout ça. Aujourd’hui, moi et mes pairs, nous devons « nous y coller ». Et moi… j’adore !

♥ Quoi ?! Mais Boîte Crânienne, tu tapes dans les boîtes ! (Note pour toi, lecteur : « Tu tapes dans les boîtes » = Magnifique expression du pays des gônes pour désigner une perte totale de ses capacités mentales ou un comportement totalement aberrant)
♥ Absolument pas, mon Happy Brainy préféré ! Je kiffe le dernier vendredi après-midi de chaque mois consacré à la comptabilité et aux tâches administratives… Pourquoi ? Parce que je trompe mon cerveau en m’installant sur mon canapé pour le faire avec une série sur un iPad. C’est mon après-midi « off » ou « sweet landing » pour atterrir en douceur vers le week-end. Je coche deux cases en procédant de cette manière : je fais et finis ma compta ET je prends du plaisir à suivre une série du coin de l’oeil ou de l’oreille.
♥ Pffff…. alors là… je dois dire que c’est du grand n’importe quoi ! Toi qui nous parles de concentration et d’attention portées à l’instant présent… on ne peut pas dire que cette méthode soit l’exemple même d’un engagement total de toutes tes capacités mentales dans une tâche. Donc tu perds du temps parce que tu n’es totalement concentrée et tu ne profites pas vraiment de cet après-midi en mode « Jean-Michel OFF à moitié »
♥ Tu sais que j’t’aime, toi ? Comme ça me fait plaisir de voir que tu suis tout ce que je dis…. Et tu as entièrement raison. L’idéal serait de faire ma compta vendredi matin (qui serait terminée en moins de temps qu’un après-midi entier) et de profiter pleinement et totalement d’une demi-journée de repos. Ça, c’est l’idéal ! Dans ma vie-à-moi, je suis souvent très prise la dernière semaine de chaque mois et ne peux dégager une demi-journée de détente. Alors, j’ai recours à cette technique de changement de décor (Pour te rafraîchir la mémoire : C’EST ICI !) pour m’atteler enfin à ma compta. Parce que je suis comme tout le monde, moi : je préfère écrire des posts, suivre un MOOC, monter une vidéo plutôt que faire mon compte de caisse !

 

  • Il n’y a pas d’espoir pour remplir le point N°1 et le point N°2 ?? … Pensez « récompense » et « célébration » pour avoir accompli cette tâche ! Quand nous nous devons de réaliser une mission qui ne nous fait aucunement envie et dont la seule évocation nous fait soupirer, une seule solution : se récompenser de l’avoir accomplie ! Ca tombe bien : notre cerveau carbure au circuit de la récompense ! Et il y a un effet inattendu dans cette fabrique de dopamine : « Les travaux neuro scientifiques ont montré que les récompenses espérées et les récompenses obtenues engagent les mêmes circuits cérébraux. Autrement dit, s’attendre à un plaisir (ce qu’on peut rapprocher de la notion de désir) procure du plaisir avant même de l’expérimenter. Dans les deux cas, le système de la récompense s’active et libère de la dopamine. »

♥ Je t’arrête tout de suite, Happy Brainy ! Avant même que tu y penses… NON ! N’y pense même pas ! Il est HORS DE QUESTION de rouler ton cerveau dans la farine ! Lui faire croire que, s’il engage toutes ses facultés cognitives dans l’apprentissage d’un cours que tu détestes ou dans la rédaction d’un rapport financier que tu hais, tu le récompenseras… pour ne pas le récompenser « dans la vraie vie »… C’EST NON !  Notre cerveau apprend et apprend vite… Si cette stratégie de « mistifrisage de cerveau » peut fonctionner une fois, elle ne fonctionnera pas deux fois !

 

Les Happy Brainies, à la semaine prochaine ! J’ai du trav… j’ai des choses à faire et du plaisir qui m’attend ! C’est d’ailleurs mon unique résolution pour 2017 : avoir du plaisir dans tout ce que je fais et que j’entreprends  !

Join the discussion 2 Comments

  • Mathias dit :

    Un changement de paradigme en quelque sorte ! C’est vrai que c’est tout bête mais ça change tout. Merci, Karine, pour tes posts que je lis chaque semaine. Je les trouve toujours intéressants et instructifs. Continue.

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