J’arrête les « pas de problème », « pas de souci », « ne t’inquiète pas ».
!!!!!!! STOP !!!!!!!
Parce que le cerveau ne comprend pas les négations. Parce que ces phrases le mettent en alerte rouge.

VOILÀ ! TOUT EST DIT !

Vous ne me croyez pas ? Et pourtant vous en avez très certainement fait l’expérience vous-mêmes.

Vous avez certainement fait l’expérience d’un examen médical. Si vous êtes un être humain de plus de 15 ans, il y a fort à parier que vous avez au moins subi une prise de sang au cours de votre vie. Vous souvenez-vous alors des mots qui sont prononcés juste avant un acte médical ?

Généralement, nous nous entendons dire : « Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal, ça ne va pas durer longtemps ». Quelle est l’intention du médecin ou de l’infirmière qui prononce ces mots ? Son intention est de nous rassurer et de diminuer notre niveau de stress afférent à cet acte médical (prise de sang, injection, ponction, changement de pansement, radiothérapie….). Noble intention que celle de vouloir nous rassurer et rendre cet acte le plus confortable possible et le moins pénible possible.

OR le choix des mots ne nous permet pas de nous sentir plus détendus, plus confiants et plus rassurés. Pourquoi ? Parce que notre cerveau ne comprend pas les négations. Quand il entend « Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal, ça ne va pas durer longtemps », il comprend « inquiétez », « mal », « longtemps ». Ces mots sont des facteurs de stress déclencheurs d’alerte rouge. Notre organisme se met en mode « défense » face à une agression extérieure.

 

Vous suivez Boîte Crânienne ? Alors vous connaissez FFF ?
Non, pas la Fédération Française de Fonck ! (vous avez bien lu, c’est FONCK comme funk + rock).
FFF comme les 3 modes de réaction à un facteur de stress dans cette phase d’alerte :

FIGHT : vous êtes dans une dynamique de combat et vous réagissez de manière agressive
face au facteur de stress ou à l’agresseur. En l’espèce, vous serez  donc du genre à hurler
sur le personnel médical pour décharger votre colère, voire à tenir des propos véhéments et
faire preuve d’une certaine violence (verbale ou… physique !). Vous pouvez même ne pas vous reconnaître
dans cet épisode de Hulk : normal, vous avez peur et vous luttez pour votre survie ! 

FREEZE : vous êtes en mode « lapin-dans-les-phares », paralysé/e face à l’agresseur.
En l’espèce, vous n’arrivez plus à réfléchir : cette impression de neurones gelés
vous prive de votre capacité de poser des questions sur l’acte ou même de comprendre ce que l’on vous explique.

FLEE : vous vous dites que votre seule chance de vous en sortir, c’est la fuite !
En l’espèce, vous vous entendez dire au médecin ou à l’infirmière : « Heu… on va remettre ça à plus tard…
oh désolé/e, j’ai complètement oublié, il faut que j’y aille.. un rendez-vous important que
j’ai complètement oublié ! ». Si vous ne pouvez pas vous enfuir physiquement et  subir cet acte médical,
vous allez vous échapper intérieurement et faire le vide dans votre tête. « M’en fous… je ne suis pas là ! »

L’intention est bonne et honorable. L’effet est délétère. L’effet escompté (rassurer son interlocuteur) est absent et l’effet produit est inverse : émergence d’un facteur de stress ou augmentation du niveau de stress.

 

Hé Boîte Crânienne, ça me rappelle les mots-airbags, ça !
Par exemple, quand on utilise « petit » pour minimiser une mauvaise nouvelle et prendre soin
de son interlocuteur : « on a un petit problème » quand le problème est carrément grave et
que ça craint velu. Lisez donc « Ce qui est petit n’est pas toujours mignon » pour en savoir plus
sur l’effet délétère de cette précaution lexicale.

 

Le choix des mots fait toute la différence.

Dans notre exemple d’acte médical, l’intention est la même mais l’effet très différent si :
– « Ne vous inquiétez pas » devient « Rassurez-vous »
– « Ca ne va pas faire mal » devient « C’est indolore »
– « Ca ne va pas durer longtemps » devient « Ca va prendre 5 minutes »

Le choix des mots fait TOUTE LA DIFFÉRENCE.

 

♥ Dis donc Boîte Crânienne, tu crois que je ne me suis aperçu de rien ?!
A la place de « Ca ne va durer longtemps », tu proposes « ça va prendre 5 minutes ».
Comme je sais que tu n’écris jamais quelque chose au hasard… pourquoi pas « ça va être court » à la place ?

♥ Bien vu ! Et tu sauras un jour pourquoi « ça va prendre 5 minutes » est beaucoup plus efficace
que « ça va être court ». Dans un autre post !

Alors… s’il vous plait… en 2017, arrêtons les « pas de souci », « pas de problème », « ne t’inquiète pas ».

OK, c’est simple mais difficile de se défaire d’un tic de langage. Parce que nous avons tous tendance à employer ces mots pour répondre à une question ou commenter une information.

Situation N°1
Lui : « Je ne pourrai pas être avec toi ce soir » – Moi :  « Ok, pas de souci »

Situation N°2
Elle : « Tu peux passer me prendre en allant en réunion » – Moi : « Ok, pas de problème »

Situation N°3
Lui : « Je suis désolé, je t’ai oubliée dans la liste » – Moi : « T’inquiète ! On en avait parlé avant »

 

HAAAAARRRRRGGGGHHHHH !!!!! STOP ! Luttons contre ce tic de langage qui met un doute dans l’esprit de notre interlocuteur. Imaginons le discours intérieur et inconscient que pourrait entendre son cerveau.

Situation N°1
Lui : « Je ne pourrai pas être avec toi ce soir » –
Moi :  « Ok, pas de souci » –
Lui dans sa tête : « Hum… c’est un souci en fait que je ne sois là mais elle va faire avec »

Situation N°2
Elle : « Tu peux passer me prendre en allant en réunion » –
Moi : « Ok, pas de problème » –
Lui dans sa tête : « Hum… ça lui pose un problème de faire un détour mais elle va le
faire quand même pour me rendre service »

Situation N°3
Lui : « Je suis désolé, je t’ai oubliée dans la liste » –
Moi : « T’inquiète ! On en avait parlé avant » –
Lui dans sa tête : « Hum… il faut que je m’inquiète un peu quand même, non ?
Je l’ai vexée ? C’est ça, hein ? »

 

On dirait un épisode inédit de « Vice Versa », non ? Ca fait des années que je m’entraine et que je fais attention… Et parfois, un « pas de souci » revient dans mon langage comme un hoquet, un « pas de problème » se glisse comme un intrus dans mes propos et je rassure un ami en lui disant « ne t’inquiète pas »…. Oh malheur….

 

arreter-les-negations

Par pitié, en 2017, arrêtons les « pas de problème« , « pas de souci » et « ne t’inquiète pas » quand nous pensons : « tout va bien« , « c’est OK » et « rassure toi« .

Ma résolution pour 2017 est de bannir les « pas de problème« , « pas de souci » et « ne t’inquiète pas« 

Rejoignez-moi  en 2017 pour dire plein-plein de « tout va bien« , « c’est OK » et « rassure toi« .

 

 

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