Je dors… donc j’apprends

Inutile de faire une nuit blanche ou de se priver d’une sieste pour réviser ses cours. Dormir est indispensable pour apprendre. Mais non… il n’est pas question d’écouter en boucle un podcast pendant la nuit ! Il est question du rôle essentiel du sommeil dans le processus d’apprentissage. Alors… dormez tranquille : votre cerveau travaille pour vous !

Nous passons un tiers de notre vie à dormir : le saviez-vous ? Le sommeil est une de nos fonctions vitales, au même titre que la respiration ou la digestion. Il y a cependant une différence essentielle entre le cerveau, les poumons et l’estomac ! Pendant le sommeil, estomac et poumons ralentissent leur activité alors que le cerveau continue de fonctionner de manière intense. Pendant le sommeil, le pouls et la respiration ralentissent, la tension artérielle diminue, le tonus musculaire est amoindri, la température corporelle baisse. Pendant le sommeil, il est un organe qui continue de travailler : notre cerveau ! Mais que fait-il donc pendant la nuit ??!!

Notre cerveau fait le ménage ! Il range un peu toutes les informations qu’il a traitées au cours de la journée. Il trie, efface, stocke dans le grenier mnésique, élimine les toxines… Bref, notre cerveau fait un grand ménage de printemps pendant que nous dormons.

Le grand ménage de printemps en 5 coups (de balai !) : 

1- Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle il nous arrive parfois de nous réveiller avec une idée claire et précise d’une équation de maths qui nous avait échappée la veille ou du plan de mémoire sur lequel nous butons depuis des jours.

2- Notre cerveau stocke dans la mémoire à long terme le cours de maths ou le nouveau digicode. Allez hop ! Dans le grenier mnésique : l’endroit où il convient de conserver les choses importantes pour longtemps ! Notre cerveau comprend et assimile pendant la nuit.

3- Notre cerveau fait du tri en se débarrassant des informations inutiles : notre cerveau trie les informations traitées dans la journée : il sélectionne les informations à mémoriser et efface celles qui n’ont pas d’importance (comme la couleur du pull de la prof de maths ou l’heure à laquelle le digicode a changé).

4- Notre cerveau crée des liens entre les informations, c’est-à-dire entre les nouvelles informations à retenir et celles déjà stockées : le cours de maths d’aujourd’hui ET celui de la semaine dernière, le digicode ET la date de naissance de ma grand-mère (ce sont les mêmes nombres en retirant 1 au mois et au jour !). Notre cerveau regroupe les informations sélectionnées entre elles. C’est un peu comme si nous avions alors plusieurs chemins pour accéder à une même information ! Un processus génial impliquant les traces mnésiques dont je vous parlerai dans un autre post 🙂

5- Notre cerveau se régénère, répare ses cellules et élimine les toxines. Un nettoyage complet ! Saviez-vous que certaines cellules rétrécissent de plus de la moitié (jusqu’à 60% de leur taille) pour faciliter ce nettoyage ? « La nature récupératrice du sommeil résulterait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuronale qui s’accumulent pendant la période d’éveil », dixit le Dr Nedergaard (Université de Rochester).

Hum… J’ai 2 questions alors…. Pas vous ?!!

Question N°1 :
Maintenant que je sais tout ça… j’en fais quoi ?? Quelles conclusions en tirer ?? Un conseil pratique pour moi qui suis étudiant par exemple ?

Question N°2 :
Par simple curiosité, ça marche comment ce grand nettoyage de printemps nocturne et quotidien ? On le sait ?

Les réponses !
Différentes études mettent en évidence le lien entre le sommeil et le processus cognitif de mémorisation. Elles s’appuient sur des tests permettant de démontrer la différence de performance entre un apprentissage suivi d’une phase de sommeil et un autre avec peu, vire pas de phase de sommeil. Dormir moins de 5 heures par nuit a un impact négatif sur nos capacités de mémorisation et cause des troubles de l’apprentissage.

Concrétement : il faut dormir entre 7 et 8 heures par nuit. Disons qu’il faut dormir suffisamment (pour ne pas contrarier les mini-dormeurs qui se contentent de moins) 😉

Le lien entre sommeil et apprentissage est évident et cliniquement prouvé. Cependant les études ne sont pas formelles sur le mécanisme à l’oeuvre.

Les études montrent qu’à chaque stade de sommeil, correspondrait une forme de mémoire.
– Sommeil léger puis profond (c’est le sommeil qui fait suite à l’endormissement) = travail de consolidation de la mémoire déclarative (mémoire de nos souvenirs et de nos connaissances)
– Sommeil paradoxal = travail de consolidation de la mémoire procédurale (mémoire de nos habiletés motrices et perceptives)

Peut-être serait-il question de ne plus être soumis à des stimuli extérieurs ? Quand nous dormons, nous ne sommes pas soumis à un environnement qui sollicite notre attention. Le cerveau pourrait ainsi se « concentrer » sur les informations qu’il doit conserver et celles dont il n’a pas besoin. Il est un peu tranquille et au calme ! 😉

Il serait également question d’ « étiquettage » des informations : pendant la journée et au moment de l’aprentissage, l’hippocampe marquerait les informations importantes avec des sortes de petites étiquettes. Etiquettes qui permettraient au cerveau de s’y retrouver pendant le sommeil : « toi, tu es importante », « toi, je te jette » ! « Ces populations étiquetées seraient ensuite réactivées au cours du sommeil, mécanisme à la base du processus de consolidation » conclut Géraldine Rauchs (INSERM, Caen).

Vous savez quoi ? Même si les neurosciences ont révélé de nombreux secrets sur le cerveau, ce dernier garde encore une part de mystère. Tout comme le sommeil. Alors imaginez quand nous tentons d’en comprendre les interactions…

Retenez simplement que le sommeil joue un rôle primordial dans la mémorisation à long terme des informations considérées comme importantes : il prépare le cerveau à apprendre et à mémoriser puis consolide le stockage des ces informations. C’est une action en 2 bandes ! Un double effet KissKool : en amont, le sommeil aide le cerveau à mémoriser et ultérieurement, il renforce l’encodage de l’apprentissage.

Alors… Allez hop ! Au dodo !! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre cerveau !

 

2 réponses sur “Je dors… donc j’apprends”

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