Cet été, j’ai transformé mon cerveau. Cet été, je me suis lancée dans la pratique du yoga, j’ai suivi deux nouveaux MOOC, j’ai pris des cours de cuisine thaïe, j’ai passé mon permis bateau et j’ai perfectionné mon italien. En fait,  j’ai ré-aménagé mon cerveau : chaque apprentissage en modifie la structure. Mon cerveau d’aujourd’hui n’est plus du tout le même que mon cerveau pré-vacances !

Vous connaissez le home-staging ? Ré-organiser, re-décorer, re-visiter votre décoration intérieure de votre appartement ? Et bien, c’est pareil mais version « Neurones » !

Chaque nouvel apprentissage re-structure notre cerveau. C’est ce que l’on appelle la plasticité cérébrale (ou plasticité neuronale).

Notre cerveau est capable d’apprendre parce qu’il est flexible : il se modifie en réponse aux sollicitations de l’environnement. Des connexions entre neurones sont créées, renforcées, affaiblies ou éliminées selon les besoins. Quand on parle de « connexion », on parle de « synapses » : les zones de « contact » entre neurones.

Chaque apprentissage crée de nouvelles synapses et renforce les connexions existantes entre les neurones.

J’ai plus de 40 ans et ça fait des années que mon cerveau est figé… non ? Mon cerveau a atteint sa maturité à l’adolescence… Et depuis cette période, je perds des neurones… non ?

Et bien… NON ! Notre cerveau est plastique jusqu’à la fin de sa vie de cerveau (et donc de la nôtre !). Tout ne se joue pas avant 3 ans, 7 ans ou avant l’adolescence ! Nous pouvons apprendre jusqu’à notre dernier jour !

« Le cerveau conserve sa plasticité toute la vie durant. Et comme la plasticité est à la base des apprentissages, on peut apprendre à tout âge, même si de manière différente, par des moyens différents et en passant par des étapes différentes » (Koizumi, 2003; OCDE, 2002).

Deux bémols :

1- Il existe des périodes dites « sensibles » : des périodes d’âges pendant lesquelles nous sommes plus réceptifs à tel ou tel apprentissage. Pourquoi ?? Parce qu’il existe deux types de plasticité. J’apprends à marcher quand je suis enfant : on parle de plasticité qui « attend de recevoir de l’expérience ». Notre cerveau est exposé à la bonne expérience au moment approprié (c’est-à-dire durant la période sensible). J’apprends à lire ou à jouer aux échecs : ce type d’apprentissage « dépend de l’expérience » et est susceptible de se produire tout au long de la vie.

2- Il convient de distinguer la nature de la re-structuration : le type d’apprentissage va influer sur les modalités de re-structuration du cerveau. Un apprentissage à long terme avec multiples répétitions va provoquer des modifications plus profondes. Dans mon cas, je peux être certaine que la pratique du yoga ou l’apprentissage de l’italien aura un impact important sur mon cerveau-staging : plus de connexions créées, plus de renforcement de connexions existantes. Parce ces pratiques sont faites de répétitions quasi-quotidiennes et s’étendent sur la durée. Si les 4 jours de révision intense du code maritime m’auront permis de faire un « sans faute » lors de l’examen, il est fort à parier que j’aurai oublier 90% de son contenu dans quelques semaines….

Alors… vous voyez le lien avec la manière d’apprendre ou de réviser ?? Hum… plus je répète, plus je renforce les « traces » dans mon cerveau… et plus il me sera facile de rappeler les informations stockées. Un peu comme si j’empruntais un chemin neuronal par habitude et sans difficultés.

Attention : si répéter est le sésame pour retenir une information, il ne s’agit pas de répéter comme un perroquet ! Il y a des moments-clés pour réviser après un cours et une manière optimale de le faire. Et ça… on en parle dans un prochain post ! 

 

Leave a Reply