Le BAC-blues ou la déprime post-examens

Vous venez  de terminer votre dernier oral, de boucler l’écriture de votre mémoire ou de finir le marathon des examens sur table… vous n’attendiez que ce moment ! Vous en rêviez même ! Vous rêviez de faire une grasse matinée, prendre du temps, ne rien faire… et vous avez le moral dans les chaussettes et déprimez sec… Mais POURQUOI ???? COMMENT EST-CE POSSIBLE ?! C’est le « BAC-BLUES » !

La période intense de travail (révisions, examens….) a été un facteur de stress pour vous. Et ce facteur de stress vous a mis dans un état physique et psychologique particulier dont il est parfois difficile de se départir. « On a du mal à redescendre » pour ainsi dire : on est toujours dans un certain état de fébrilité et d’activité neuronale soutenue alors que la situation ne requiert plus ce genre d’adaptation. Vous êtes comme « décalé » : votre cerveau est resté en mode « plein régime » alors que l’excitation des révisions et des examens est passée.

Vous traversez une « dépression » au sens géologique du terme : imaginez-vous marcher sur un sol qui, d’un seul coup, s’abaisse de plusieurs mètres. Aïe !!!!!

Vous avez été soumis à une pression particulière pendant la période de révisions. Un facteur de stress qui vous a mis en mouvement pour disposer de toutes vos capacités mentales au service de votre objectif. Car il est fort à parier que cette situation vous a permis de travailler de manière concentrée et acharnée ! Peut-être parce que vous êtes de ces personnes qui aiment la pression des examens : cette adrénaline qui se libère dans cette dernière ligne droite et qui vous pousse à être plus performant, plus pertinent, plus rapide.

Je suis de ces personnes-là pour qui les 3 ou 4 semaines précédant des examens sont un formidable aiguillon de productivité et de créativité neuronales. On a l’habitude de parler de « bon stress ». Même si cette expression populaire est incorrecte, elle illustre parfaitement l’effet engendré par un facteur de stress : la situation nous permet de réagir et de nous mettre en mode opérationnel.

Le facteur de stress des révisions est ainsi « bon » pour nous : il nous permet d’être dans un état d’excitation fébrile qui nous rend productifs. Vous avez même parfois vécu les examens comme un challenge à relever et cette idée de défi a mis vos neurones en ébullition !

C’est bien de cet élan productif dont il s’agit quand on parle (à tort, je le répète !) de « bon » stress. Pour être correct, il faudrait parler de « bon » niveau ou de « bonne « fréquence de stress : un niveau ou une fréquence qui nous convient. Et qui peut ne pas convenir à une autre personne (un ami, un collègue, un camarade de classe….). Dans une même situation, chacun peut réagir de manière différente.

Pour vous, les révisions sont un challenge qui vous donne des ailes : vous vous mettez tout de suite au travail. Votre concentration est au maximum, votre agilité mentale est aiguisée et votre créativité s’envole. Plus simplement, cette situation vous rend plus PERFORMANT. Alors que… pour une autre personne, l’effet est tout différent et ne la rend en aucun cas plus performante. Au contraire ! 3 réactions à ce facteur contre-productif :

  • soit la personne devient agressive et s’enferme dans une colère improductive,
  • soit elle se mure dans une coquille de silence (mutisme, sommeil…) et peut nier l’échéance de l’examen en ne révisant pas ou peu,
  • soit elle est comme paralysée, a l’impression de « ne plus avoir de cerveau » et rencontre de grandes difficultés pour se concentrer et travailler.

Ces 3 effets ont en commun de ne pas augmenter nos performances et de nous enfermer dans un carcan d’inefficacité.

Parions que vos révisions de ces dernières semaines vous ont permis de vous mettre en mouvement et que vous avez été PERFORMANT. Vous avez même parfois vécu les examens comme un challenge à relever et cette idée de défi a mis vos neurones en ébullition !

Que cette période de révision ait été productive en tout ou partie, elle a été vécue comme un facteur de stress. Et tout facteur de stress est producteur d’hormones spécifiques qui nous mettent dans un état physiologique et psychologique particulier.

Cette production d’hormones «  du stress » nous met dans un fort état d’excitation intellectuelle et d’acuité sensorielle. Et il nous est parfois difficile de « redescendre ». Il nous faut parfois quelques jours pour nous acclimater à une situation qui ne requiert plus que nos sens soient en alerte et nos fonctions cognitives aiguisées.

Nous attendons, nous espérons, nous rêvons du JOUR J ! Nous attendons le soir des examens, la fin des oraux, le début des vacances. Et là… sans prévenir… au lendemain du dernier examen, alors que nous attendions une espèce d’euphorie et de plaisir intense… nous nous levons déprimés et vidés….

Mais pourquoi ??!!

Parce qu’il faut à notre cerveau un temps pour s’adaptater à cette nouvelle situation. Une situation où n’existe(nt) plus le stimulus ou les stimuli stressant(s) des examens ou d’un bouclage de projet. Un peu comme un soufflé qui retombe en sortant du four : nous sommes alors dans cet environnement moins excitant et moins stimulant.

Donnez-vous du temps pour vous acclimater à cette situation nouvelle. Mieux : organisez un sas anti bac-blues ! Vous avez remarqué que beaucoup d’étudiants ou de collègues partent directement en vacances le lendemain d’examen ou d’un fin de projet. Héhé….. Voici un stratagème anti coup de blues  qui consiste à surfer sur la vague de l’activité et du « faire ». Nous pouvons alors atterrir en douceur sur la période d’inactivité, d’oisiveté ou de vacances. Un peu comme un remontée par paliers en plongée sous-marine, nous créons les conditions d’une descente progressive d’une période stimulante à une période calme.

Alors… 2 stratégies anti BAC-blues :

stratégie préventive : vous vous organisez des lendemains de révisions en demi-teinte, entre stimulus et accalmie. Vous prévoyez des activités qui continuent à vous rendre productif tout en alternant des moments de décompression, de détente et de relaxation. Parce que… vous êtes en vacances tout de même !!!! Et qu’il est important, que dis-je ESSENTIEL de prendre soin de soi en s’accordant des pauses, des moments de calme et de repos. Ne vous méprenez pas sur cette stratégie : il ne s’agit en aucun cas de devenir hyper-actif !!! Il est question d’un atterrissage en douceur et de prévenir l’effet dépressionnaire (voire dépressif) du BAC-blues.

stratégie curative : vous y êtes. C’est le lendemain du dernier jour des examens et vous vous sentez… hum… tout déprimé… Peut-être que cet article vous a aidé à être conscient de ce qui se passe pour vous. Peut-être que vous savez maintenant que cet état est transitoire. Peut-être qu’il est possible pour vous d’accepter ce que vous ressentez… Pour reprendre les mots d’Andy Puddicombe : « when you let it go…. it’s gone ». Soyez patients et reprenez en douceur contact avec cette douce réalité des vacances.

Alors… vous êtes sujet au BAC-blues ? … c’est parfaitement normal ! Laissez à votre cerveau le temps de s’habituer à ce nouvel environnement : un environnement de douceur, de calme et de repos. Et oui… c’est les vacances !!!!!

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *