Un indice ?
Mon indice est un secret de fabrication : notre enveloppe corporelle a été construite pour résister à toute machine cérébrale destinée à remonter le temps ou à voyager dans le futur !

Souvenez-vous : un cerveau stressé est un cerveau souffrant de jetlag. Soit toujours un peu en retard et rejouant le passé : « j’aurais pu… », « j’aurais du… », « si j’avais su… » Soit un peu en avance et imaginant le futur : « et si… », « au cas où… ». Soyons honnêtes avec nous-mêmes : nos facteurs de stress sont rarement des moments présents et sont très souvent une construction mentale. Nous sommes alors sujets à une distorsion cognitive de notre réalité et notre niveau de stress est proportionnel à nos facultés déformantes du temps. Plus je sais ruminer le passé ou envisager les pires possibles pour l’avenir, plus je suis sujet à l’anxiété, voire à l’angoisse.

Pour les adeptes de « Retour vers le futur » ou de « Total Recall », il existe un remède pour être ancré dans le moment présent : la méditation. Une expérience où notre attention est focalisée entièrement sur ce qui est présent ici et maintenant.

Andy Puddicombe (co-fondateur de HeadSpace, une plateforme/application dédiée à la méditation et à la pleine conscience) parle de moments de « clarté » et de « calme ». Une sorte de moment suspendu au cours duquel nous prenons un peu de distance pour observer ce qui se passe en nous. Que ce soit des pensées, des émotions, des sentiments…

J’adore sa métaphore illustrée par une vidéo HeadSpace (in English… sorry…) : les sentiments, les émotions, les pensées sont représentés par de petits véhicules qui circulent sur une route. La méditation permet d’être assis sur le bord de cette route et de regarder ces petits véhicules passer : seulement les regarder sans chercher à les manipuler (au sens premier du terme).

J’ai longtemps imaginé que méditer signifiait « ne pas penser » : je voulais que ces véhicules s’arrêtent ou disparaissent. Mieux encore, j’aurais voulu saisir ceux qui portaient des étiquettes telles que « BONHEUR », « JOIE », « CALME »… Et les serrer contre moi pendant tout le temps de la méditation : c’est bien ça qu’il faut ressentir, non ? Du bonheur, de la plénitude, de la paix et de la sérénité ? Heu… Non ?!

Ma première découverte a été de prendre conscience que le but d’une séance de méditation n’était pas de ressentir bonheur, plénitude et paix. Il suffisait seulement d’accueillir ce qui était présent : bonheur… faim… paix… tristesse… calme… anxiété… autant de petits véhicules que je pouvais regarder du bord de la route. Andy Puddicombe parle de faire un pas de côté et de regarder les choses d’une manière différente : prendre conscience de ce qui nous habite sans avoir l’intention de le changer permet d’y voir plus clair. Cette perpective permet aussi de  relativiser et de prendre le recul nécessaire. Et peu à peu, nous trouvons naturellement le calme… Presque sans nous en rendre compte… Peut-être justement parce que nous ne l’avons pas cherché à tout prix….

Dans une méditation guidée, nous sommes invités à porter notre attention sur notre corps. Dans le CD de méditation accompagnant le livre « Calme et attentif comme une grenouille » d’Eline Snel, la voix enfantine et féérique de Sara Giraudeau nous invite à nous centrer sur des parties du corps et à remarquer si quelque chose bouge en nous. Un doigt, une cuisse….  ? Elle nous fait remarquer que, « même quand tu es tout à fait calme », il y a quelque chose qui bouge : la respiration « dans ton ventre ».

Les méditations guidées nous invitent souvent à centrer notre attention sur notre souffle. J’ai mis longtemps à comprendre qu’il était question de conscience éclairée sur ce qui était là. Sans agir ou chercher à agir sur ce qui est présent. J’ai mis longtemps à comprendre que je ne devais pas respirer profondément et calmement mais prendre conscience de mon souffle tel qu’il était : parfois rapide ou irrégulier, parfois calme et profond. Etre conscient seulement de ce qui se passe pour moi ICI et MAINTENANT.

« Chaque fois que l’on revient au corps, on revient au présent. »

Deuxième découverte ! En lisant ces mots de Christophe André dans un article de Le Monde du 24 juin 2016, j’ai ENFIN compris POURQUOI centrer son attention sur son corps était un moyen de se concentrer.

PARCE QUE « Le corps vit toujours au présent, c’est notre esprit qui vagabonde dans le temps. ». 

Mais c’est bien-sûr… et d’une déconcertante simplicité… Notre corps est conçu pour résister à toute construction mentale destinée à remonter le temps ou à voyager dans le futur.

Alors… Faisons taire un instant nos neurones qui tournent à plein régime : revenir au corps, c’est revenir au temps présent.

Join the discussion 6 Comments

  • ALLAIN Frédéric dit :

    Bravo Karine, ça raisonne fort en moi…Le Musical Symbolic Mirror, do you remember?
    C’est ce que j’ai proposé en son temps (Time to Market?), vivre un instant présent en se nourrissant de son ressenti.
    PRENDRE LE TEMPS DE VIVRE SON PRESENT.

    Amicalement et Systémiquement,
    FRED.

    • Karine dit :

      Bonjour Fred, bien-sûr que je me souviens du Musical Symbolic Mirror et de l’expérience : se concentrer sur ses sensations et émotions pour être ancré dans une réalité immédiate. Merci à toi, K.

  • Buridans dit :

    Vraiment pas facile mais vraiment essentiel ! Le travail de toute une vie mais quel bonheur ces petits moment où nous arrivons à mettre ces principes en pratique. Merci pour ce rappel opportun !

  • Isabelle dit :

    Je pense que j’ai appris à méditer à travers une expérience partagée ……Etre là, accrocher à son pinceau et sentir la peinture qui s’étale. Merci mille fois de tout ce que vous partagez.

    • Karine dit :

      Merci, Isabelle, pour tes mots :-)) Et merci de partager cette expérience de pleine conscience en action. Méditer, c’est aussi avoir pleinement conscience de ce que l’on est en train de faire : manger, marcher, peindre, dessiner, coudre….K.

Leave a Reply