Vous avez remarqué que le stress est un miroir déformant du temps ? Dans presque 100% des situations, être stressé revient à être un peu en retard ou un peu en avance sur le moment présent. Je vous propose un exercice simple pour vous rendre compte de ce biais cognitif et découvrir le moyen de lutter contre cet élastique temporel qui nous décale du moment présent.

Sur la planète Stress, vivent des personnes à la posture particulière : elles ne sont pas campées sur leurs deux jambes ancrées au sol, elles sont en déséquilibre instable faisant un pas en arrière ou un pas en avant. Il y a deux sortes de personnes sur la planète Stress :

  • Les «un-pas-en-arrière» : vous ressassez une situation passée, vous vous repassez une discussion qui a déjà eu lieu en changeant vos répliques (« j’aurais pu dire ça…. », « si j’avais dit ça à ce moment…. », « j’aurais pu lui répondre ça »…..), vous analysez en mode «disque rayé» une situation ou un échange verbal sans avoir de nouvelles informations pour vous permettre d’en faire une juste analyse, vous ruminez les paroles de l’autre, vous culpabilisez de ne pas avoir eu le bon mot au bon moment ou d’avoir été d’une spontanéité colérique et brutale…
  • Les «un-pas-en avant» : vous anticipez une situation, vous pensez à la réunion ou au partiel du lundi matin alors que vous partagez un goûter avec des amis en ce dimanche ensoleillé, vous vous imaginez dans la salle d’examen alors que vous êtes en train de réviser, vous imaginez le pire dans un processus bien huilé de « scénario catastrophe », vous suspendez toute activité annexe en attendant le jour J d’un évènement important….

Dans ma pratique professionnelle, j’ai remarqué que le facteur de stress le plus important était ainsi « le syndrome des « ET SI…. »  :
– ET SI j’avais dit…. ET SI j’avais fait… pour les «un-pas-en arrière»
– ET SI je me trompe… ET SI je perds mes moyens… pour les «un-pas-en avant»

Voici un exercice à réaliser pour nous faire prendre conscience de la fâcheuse habitude qu’a notre cerveau de se « décaler » dans le temps : 

Pensez à la semaine dernière et à la source de stress qui est venue vous angoisser : le partiel de chimie, une réunion importante, la communion du petit, le dîner avec votre amoureux, un oral de maths, un entretien d’embauche, un examen d’entrée dans une école…
Combien d’heures dure ce facteur de stress ? Une heure ? Deux heures ?
Pendant combien d’heures au total avez-vous été angoissé à l’idée de cet évènement ? 5 heures ? 10 heures ? 12 heures ?

Dites-donc… Il n’y aurait pas comme un défaut de fabrication de notre cerveau ?! Notre cerveau ne souffrirait-il pas de décalage horaire permanent ?!

Ce n’est pas tant la situation qui est un facteur de stress :  le stress «survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face» (d’après l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail). C’est ce qui explique que, face à une même situation, une personne va « stresser » alors qu’une autre sera calme et détendue : nous ne «vivons» pas la situation de la même manière et évaluons le danger potentiel de manière différente.

Il est donc question de «perception»… Le stress serait donc induit par une interprétation de notre cerveau. Une «vision de l’esprit» d’une certaine manière !

Dans un prochain post, nous verrons comment booster nos ressources internes et jouer ainsi sur la perception que nous avons de nos propres capacités.

Aujourd’hui, j’ai envie d’insister sur le «déséquilibre» et la «perception». Parfois, il est beaucoup plus simple que de travailler sur la «transaction particulière entre un individu et une situation dans laquelle celle-ci est évaluée comme débordant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien être» (LAZARUS et FOLKMAN) . 

Il suffit de se ré-équilibrer son horloge interne pour ne plus être en décalage temporel et pour cesser d’être projeté dans le passé ou dans le futur. Le moyen est simple : être ICI et MAINTENANT. 

Pensez à l’exercice que vous venez de faire : le « ICI et MAINTENANT » est rarement un facteur réel et « objectif » de stress. Le « ICI et MAINTENANT » est rarement une situation qui pourrait être une cause de stress. Le « ICI et MAINTENANT » du partiel de chimie, d’une réunion importante, de la communion du petit, du dîner avec votre amoureux, d’un oral de maths, d’un entretien d’embauche, ou d’un examen d’entrée dans une école ne dure pas si longtemps… Tous les autres « ICI et MAINTENANT » sont des moments sur lesquels il est important de porter son attention. Porter son attention pour prendre conscience que ces moments NE sont PAS des facteurs de stress.

Si vous suivez le blog de Boîte Crânienne, vous avez lu la semaine dernière que la méditation nous permet d’expérimenter comment engager la totalité de nos forces mentales dans un instant donné : elle est un entrainement à l’attention et de l’attention.

La méditation nous donne une clé précieuse pour prendre conscience de tous ces « ICI et MAINTENANT » autres que le « ICI et MAINTENANT » dans une salle d’examen, un bureau de responsable, une salle de réunion…. Ces autres « ICI et MAINTENANT » sont des facteurs de stress que MON CERVEAU FABRIQUE EN ANTICIPANT OU EN RESSASSANT !

La méditation est un moyen efficace de rester centré : centré sur le moment présent. Et c’est dans cette dimension que la méditation est un puissant outil anti-stress.

Je vous en ai déjà parlé : avant de pratiquer la méditation, j’imaginais une posture de lotus, face à un mur, dans un environnement dédié… C’est en effet une manière de méditer. Et surtout j’imaginais que méditer signifier expérimenter une sérénité et une paix intérieure absolues. Il me semble que c’est un des effets mais pas le moyen à mettre en oeuvre. Selon moi, la méditation signifie porter son attention sur le moment présent.

Plus je m’entraine à être ancré dans le moment présent par la méditation, plus je suis capable de vivre cette expérience au quotidien. Sans être projeté dans un futur ou un passé anxiogène.

J’ai découvert la méditation lors d’un voyage en Indonésie en 2013. Aujourd’hui, méditation rime pour moi avec :
– 10 minutes par jour avec un casque sur les oreilles et les méditations guidées de « HeadSpace« *
– des micro-bulles méditatives dans un métro, un train, une salle d’attente…

Souvenez -vous de la définition du stress proposée par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail : un déséquilibre entre deux perceptions (celle des contraintes d’un environnement et celle de ses propres ressources pour y faire face). Le stress, c’est dans la tête tout ça alors ?? Oui… mais pas seulement : « Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité » (Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail)

Alors… Ramenez votre cerveau là où il se trouve : ICI et MAINTENANT !

*L’application « HeadSpace » n’est disponible qu’en anglais pour le moment.
Pour les applications en français, voici mes chouchous : « Mindfulness », « Détente », « Zenfie » et surtout « Mind ». Un petit nouveau : « Petit Bambou »

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  • Buridans dit :

    Merci de m’avoir ramenée à ce moment présent ! J’étais justement en pleine situation de stress et cette piqûre de rappel m’aide instantanément à reprendre cette posture juste, dédramatisante et à effet immédiat. Arrête les « et si… » et prends les moments et les faits comme ils arrivent, dispose et prête à réagir en étant bien centrée sur ce qui est important pour moi. Au plaisir de te lire encore.

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