Changer de décor pour arrêter de procrastiner

Allez encore plus loin dans la manipulation de votre cerveau pour arrêter ENFIN de procrastiner et pour vous mettre ENFIN au travail ! Après les «Tomates Sessions», après le «Brouilleur de GPS», après «La Petite Souris qui raconte des histoires»… voici la technique anti-procrastination : «Changer de décor» !

Toutes les techniques, que Boîte Crânienne vous a présentées, répondent à la même exigence : arrêter de remettre à plus tard une tâche que l’on doit effectuer (écriture d’une mémoire, révision d’un cours, préparation d’une présentation….). Une tâche qui est une source de stress ! Rappelez-vous : c’est un facteur de stress parce que l’enjeu est très important (la note du mémoire compte pour 80% dans l’obtention du diplôme, l’examen sur table a un coeff de 12 et la présentation de votre travail va déterminer votre prochain poste) ou parce que vous n’aimez pas effectuer ce genre de travail (vous n’aimez pas rédiger ou… vous pensez que vous êtes nul(le) en rédaction par exemple…).

Bref… plein de bonnes raisons qui vous poussent à remettre à plus tard cette tache et à préférer une activité qui vous procure un plaisir immédiat : surfer sur le web, jouer à Pokemon Go, shooter des Snapchat…. Nous autres, êtres humains, sommes ainsi faits : nous recherchons le plus de confort possible, qu’il soit matériel, relationnel, mental ou émotionnel. Et nous nous jetons donc dans une source immédiate de plaisir et de bien-être ! Ce qui va seulement différer cette sensation de mal-être et de tension : en gros, c’est reculer pour mieux sauter !  Parce que le moment de « Allez.. là… je m’y mets pour de vrai » is coming… Avec son cortège bonus en forme de trilogie (comme dirait mon amie SanBo) :
1- culpabilité : « Je n’aurais pas du regarder un autre épisode de Game of Thrones ! »
2- mésestime de soi : « Je suis vraiment nul(le) et je n’ai aucune volonté »
3- stress supplémentaire : « Heu… le 27, c’est dans…. 2 jours ?! »).

Face à cette situation, les techniques consistent à détourner notre cerveau de cet objectif stressant : en le découpant en petits bouts plus digestes (les mini-missions à effecteur en Tomates-Sessions de 25 minutes par exemple), en se concentrant sur l’activité que l’on est en train de faire pour oublier le but du chemin (le brouilleur de GPS qui occulte l’objectif) ou en se persuadant que l’on ne travaille pas (le paradoxe de se raconter la belle histoire que l’on a envie d’entendre, en mode La Petite Souris qui nous fait croire des choses qui nous font plaisir).

Toutes ces techniques consistent à détourner notre cerveau de l’Objectif avec une même technique : TRANSFORMER LA RÉALITÉ ! 

Mentir à son cerveau pour lui faire croire qu’il n’est pas DU TOUT en train de travailler sur un mémoire, une révision ou une présentation, est la consécration en matière de travestissement de la réalité : on imagine LE CONTRAIRE de ce qui est. Pouvons-nous aller plus loin ? Pouvons-nous exploiter encore plus notre matière grise pour nous mettre enfin à travailler ? 

Pensez cinéma… Pensez théâtre… Quel est l’élément principal qui nous fait croire que nous sommes dans le Far-West au début du XIXème siècle ?  Quel est l’élément principal qui nous donne la parfaite illusion que nous sommes dans un futur où nous vivons dans des vaisseaux spatiaux ? Quel est l’élément principal qui nous plonge en pleines réjouissances Hobbit ?

LE DÉCOR !

Alors… servons-nous du décor pour bluffer notre cerveau et lui faire croire qu’il n’est pas en train de travailler. Bref qu’il n’est en train de faire quelque chose qu’il ne veut pas faire !

En quoi ça consiste concrètement ?

Ça consiste à s’installer dans un lieu qui n’est pas un environnement de travail : une terrasse de café, un fond de salle de restaurant, un banc dans un parc….

Vous exploitez le paradoxe dont nous avions déjà parlé dans le post précédent (« Mentir à son cerveau pou arrêter de procrastiner ») qui consistait à se dire « Non, je ne travaille pas sur mon mémoire. Je réfléchis à des idées nouvelles » ou « Non, je ne rédige pas mon post. Je jette quelques idées sur le papier », « Non, je ne révise pas mon cours de sciences. Je recopie seulement les titres au propre». Vous allez encore plus loin !!! Et vous envoyez ainsi un message à votre cerveau qui dit : « Travailler sur mon mémoire ? Mais pas du tout ! La preuve : tu as vu où je suis ?! »

Moi, j’adore travailler dans une brasserie par exemple. Ca me permet de combiner plusieurs techniques : je me donne 50 minutes pour travailler sur une mini-mission et je me concentre le plus possible sur l’activité que je suis en train de réaliser. Je m’efforce de ne pas appréhender cette tâche dans sa dimension constitutive d’un grand tout : THE OBJECTIF ! (Mais si… vous savez bien… le GROS gâteau qu’est l’écriture du mémoire, la révision d’un cours complet….). Je n’ai pas l’impression de travailler au milieu du bruit de la salle, des discussions que j’entends à peine, du passage des clients… Je lève même le nez de mon ordinateur de temps en temps pour bien faire comprendre à mon cerveau que je ne travaille pas ! Je suis dans une brasserie, sirote un crème-sans-mousse (Oui…. ok… ça s’appelle un café au lait !) et écris quelques lignes à propos d’un sujet de post…

Si vous travaillez chez vous, vous pouvez changer de pièce : passer du bureau au salon, de la chaise de bureau à celle de la cuisine, de votre fauteuil de travail au canapé.

EN CAS DE FORCE MAJEURE (c’est-à-dire quand il est VRAIMENT URGENT d’avancer sur un mémoire, une présentation ou une révision et qu’on n’arrive PAS DU TOUT-DU TOUT à se mettre au travail), on peut aller encore plus loin !!!
Attention…. vous êtes prêts ??
EN CAS DE FORCE MAJEURE, bien installé sur son canapé, vous pouvez mettre allumer la télé ou mettre la musique à fond !

Mais… Boîte Crânienne.. « Tu fous ma gueule ! » (comme dirait un ami grec !)
J’ai assisté à une conférence où tu nous parlais de concentration et d’efficacité et j’ai bien retenu
que regarder une petite série du coin de l’oeil diminuait ma concentration sur mon travail.
J’étais donc moins attentif et donc moins performant. Alors… qu’est-ce que tu as répondre à ça ?! 

Réponse de Boîte Crânienne : Et bien… si tu me connais un peu, tu dois savoir que j’ai 2 mots fétiches.
2 mots qui me guident dans la vie et qui m’aident à sortir de toutes les situations.
Un de ces mots est : OBJECTIF…. Et tout est question de l’objectif à atteindre…

Que cherchons-nous à faire quand nous en arrivons à mettre « Criminel Minds » sur un Ipad tout en travaillant sur un fichier Excel ? Quel est notre objectif presque désespéré à ce moment ?!

L’objectif de cette technique est d’avancer un peu sur ce %$#€ mémoire, sur ces %$#€ révisions ou sur cette %$#€ présentation. L’objectif n’est pas de se concentrer au maximum, ni d’être le plus efficace possible.

Ne nous trompons pas de combat ! Si notre objectif est de travailler le plus efficacement possible avec les meilleurs résultats dans un minimum de temps, travailler devant une série est A PROSCRIRE ! C’est totalement contre-productif !

Mais lorsque nous nous installons sur notre canapé pour avancer sur notre travail, lorsque nous en arrivons à cette mesure extrême, c’est que la situation est grave et quasi-désespérée ! Nous ne savons plus quoi faire pour écrire, produire, annoter, retranscrire, penser ou réfléchir. À situation désespérée, mesure azimutée !!! 

 

Changer de décor pour arrêter de procrastiner a 4 avantages : 

1er avantage : Surprendre votre cerveau !
Notre cerveau affectionne les surprises qui le stimulent. Vous en avez certainement fait l’expérience lors d’une (bonne !) présentation à laquelle vous avez assisté : à un moment, le conférencier ou le présentateur opère un brusque changement de rythme dans son phrasé, projette une diapositive qui vous montre une photo de gros chat alors que c’est un exposé sur l’extraction pétrolière en pleine mer, se tait un très long moment… bref, le talent consiste à proposer au cerveau quelque chose auquel il ne s’attend pas du tout dans le contexte où il est. Décaler le cerveau par rapport à ce qu’il escompte. « Tu penses qu’on va travailler, my precious brainy…. et bien… pas du tout, mon lapin ! On va boire un café en terrasse ! »

2ème avantage : Avancer sur le travail à faire : un peu ou un peu beaucoup !
4 lignes écrites, c’est toujours mieux que rien ! C’est un petit pas vers votre objectif final : l’écriture d’un mémoire ou la rédaction d‘une présentation par exemple.
Et même si ces 4 lignes finissent par ne pas être exploitables et que vous décidez de tout recommencer, ces 4 lignes auront eu le mérite de vous mettre le pied à l’étrier du cheval rétif appelé « Travail ». Voir avantage N°3.
(Note pour plus tard : renommer la bête pour la rendre plus attractive. Travail, ça fait « labeur », « difficile »… bref, ça ne fait pas très envie !)

3ème avantage : Mettre un post-it sur le cerveau
Si vous êtes des lecteurs fidèles de Boîte Crânienne, vous savez déjà en quoi consiste l’effet post-it. Notre cerveau garde une trace mnésique plus importante d’une activité ou d’une information incomplète. C’est ce qui est appelé l’effet Zeigarnik et qui revient à mettre un post-it sur son cerveau concernant une tâche à réaliser par exemple. Donc… si vous commencez à travailler « en mode dégradé » (c’est-à-dire sur votre canapé devant «Brain Dead» en sirotant un «Virgin Cojito»), vous AVEZ COMMENCÉ ! Commencé à travailler sur cette tâche que vous redoutiez, que vous repoussiez depuis des jours, que vous appréhendiez de débuter. YOU DID IT !!!! Vous avez amorcé une activité suspendue  qui est marquée dans un coin de votre cerveau comme « TO BE CONTINUED ». Vous voulez en savoir plus sur l’effet Zeigarnik et mettre un post-it sur son cerveau : READ ME, BABY !

4ème avantage : Répéter dans plusieurs lieux facilite l’ancrage des connaissances
Alternez des sessions de travail dans votre bureau ET des sessions de travail dans votre cuisine quand Procrastine-votre-bonne-copine pointe le bout de son nez. En changeant d’environnements pour apprendre un cours par exemple, vous entrainez votre cerveau à la flexibilité environnementale. Quand vous vous retrouverez dans une salle d’examen inconnue ou une nouvelle salle de réunion, vous ne serez pas en proie à un stress lié à un lieu différent que celui dans lequel vous révisiez ou travailliez. Pour en savoir plus : READ ME, BABY !

Alors… Si vous n’arrivez vraiment pas à travailler et que vous avez essayé plusieurs techniques, testez celle du « Changement de décor ». Vous serez surpris de son effet…
Un 5ème avantage inattendu : parfois… après les 4 premières lignes écrites, on éteint la télé, on baisse le son de la musique au minimum, on se dirige vers son bureau et on est pris dans le mouvement de ce que l’on est en train de faire… Sans s’en apercevoir, on est absorbé par ce que l’on fait. Et on le fait avec plaisir !

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